PRION A BANDEAU
teau, le dos, les trois pennes latérales de la queue et les moyennes
n gris-bleu clair; une large bande eue; les petites couver-
couvertures des ailes sont d’u noire termine les plumes du milieu de la qu tures des ailes , les barbes antérieures des scapulaires et des rémiges
sont noires; toutes les parties inférieures du cou et du corps sont
blanches, mais les cotés de la poitrine, les flancs et l’abdomen ont
une teinte bleuftre; la petite poche nue du ment les pieds sont noirs à palmures jaunàtres. Longueur totale,
on est bleuàtre; douze
pouces.
Cet oiseau est assez commun dans les parages Espérance; on dit qu'il se trouve aussi en Amérique et dans les
du cap de Bonne-
mers de l’Inde.
rici I
GENRE PELECANOIDE.
GENUS HALADROWMA. Iuricen.
Bec très-court, droit, comprimé, dur, tranchant, sillonné longitudinalement, à base un peu dilatée, et è pointe comprimée très-courbée.
Narines basales à la surface du bec, dirigées en haut, distinctes, leur base cachée sous un seul tube, divisé par une cloison intérieure.
Pieds courts; seulement trois doigts dirigés en avant, manquant de tout vestige de pouce ou d’onglet.
Ailes courtes; la première rémige la plus longue.
C'est è tort qu'on a ajouté è ces caractères génériques celui de l’existence d’une poche dilatable à la mandibule inférieure du bec; une très-petite poche, ou plutòt nudité gutturale, existe en effet dans une seule espèce, Proce/laria urinatrix , mais elle manque aux deux autres espèces , dépourvues, comme l’Urinatrix, de tout vestige de doigt postérieur; c'est aussi à cause du manque de ce doigt ou de cet ongle, qui tient lieu de pouce chez les autres Pétrels, qu'on a pu distraire les Haladromes ou Pélécanoides du genre Procellaria : la légère différence dans la structure du tube nasal et des couvertures des narines, un peu plus élevées que dans les autres Pétrels, n’auraient pas eu de valeur assez marquée et suffisamment tranchée pour servir de motif à l'établissement d'un nouveau groupe. Nous remarquons encore que ce nom de Pélécanoide a été mal choisi, vu qu'il parait indiquer quelque analogie entre ces oiseaux et ceux du genre Pelican; nous pouvons assurer qu'il n'existe pas la moindre ressemblance entre ces Pélécanoides et les Pélicans: on peut présumer que l’existence d’une petite peau gutturale nue, et plus ou moins dilatable, dont l’Urinazrix est pourvue, a pu donner lieu aux méthodistes compilateurs à faire usage de cette allusion impropre.
On dit que ces oiseaux plongent habituellement, et qu'ils ont la faculté de demeurer long-temps entre deux eaux; c'est la tout ce qui nous est parvenu relativement à leur manière de vivre.
Recuen D'OrseAux, 87° LIVRAION.
assirieiei e) SisIIzI iaia ja iaietaeca risi
pit:
Pelé
Fasti
\SzACE
inolde
Deras ol.
PELECANOÎDE BÉRARD.
HALADROMA BERARDI. Q
UO Va
Planche 51 7.
De la taille de notre Uria a/le ou Guillemot nain. Les narines, situées tout près du front, ont leurs ouvertures séparées par une cloison, et sont dirigées en haut; les tarses sont longs, et la queue est è pennes d’égale longueur.
Toutes les parties supérieures sont d’un noir assez pur, et les inférieures blanches; les joues cendrées et les cotés de la poitrine noiràtres. Les pennes extérieures de la queue sont étroitement bordées de blanc, et des croissans blancs aux plumes scapulaires paraissent servir d’indices que cet individu n'est pas encore revétu de la livrée parfaite propre à l’état adulte. Le bec est noir et les pieds sont glacés de gris. Il n'y a méme pas le plus léger indice d’un rudiment d’ongle au doigt postérieur, et c'est à tort que les auteurs de la zoologie du voyage du capitaine Freycinet présument que ce manque de tout pouce à l’individu qu’ils ont rapporté peut avoir été occasioné par inadvertance, lors de la préparation de la peau pour l’empaillage. La longueur totale de cette espèce est de huit pouces envi-
ron; jen ai vu un n’'ayant en totalité que six pouces neuf
lignes.
Le sujet décrit et figuré pl. 57, par MM. Quoy et Gaimard, a été pris à bord du navire, dans les parages des iles Malouines; il fait partie du Musée de Paris.
On doit réunir avec cette espèce, non-seulement le Proce//aria urinatrix des auteurs, mais encore un autre figuré très-récemment par M. Lesson, dans l’atlas du voyage du capitaine Duperrey, et publié, pl. 46, sous le nom de Puffin ou Puffinure de Garnot. On trouve cette espèce sur les mers qui baignent les còtes du Chili; le Pélécanoide plongeur ou Haladroma urinatrix vit à V’extrémité méridionale des terres de la Nouvelle-Hollande et de la Nouvelle-Zélande.
Recuer D'Orseaux, 87° LIVRAISON.
bi
GENRE ALBATROS 0)
GENUS DIOMEDEA. Luvsé.
Bec très-long, très-fort, tranchant, comprimé, droit, subitement courbé; arète arrondie; mandibule supérieure sillonnée sur les còtés, très-crochue è la pointe; l’inférieure lisse, tronquée au bout.
Narines latérales, éloignées de la base, tubulaires, couvertes sur les còtés, ouvertes par devant, placées dans le sillon.
Pieds courts, seulement trois doigts, très-longs, entièrement palmés, les latéraux bordés par un rudiment; ongles obtus, courts.
Ales très-longues, très-étroites; rémiges courtes, secondaires longues,
La difficulté qu'on éprouve pour obtenir de bonnes observations
sur les oiseaux qui ont établi leur demeure habituelle sur l’immense.
étendue des mers, a été reconnue par Buffon; ces pélagiens ailés vivent en effet, dans tout autre temps que celui des pontes et de l’incubation , très-éloignés de toute terre. Dans le peu de semaines consacrées à la reproduction de leurs espèces, ils établissent leur demeure temporaire sur les rivages déserts de terres jetées dans les vastes mers antarctiques, ou sur des flots, des caps, et des écueils que les marins s'efforcent d’éviter; les attérages les plus fréquentés par ces oiseaux sont très-souvent ceux vers lesquels les navires, qui sillonnent dans toutes les directions l'immense étendue de l’Océan, redoutent de diriger leur course. Les naturalistes embarqués sur des vaisseaux dont la destination n'a point de but scientifique trouvent peu de chances pour établir des observations sulvies; et de quelque nature que puisse étre la mission d'une campagne maritime, il faut le concours favorable des élémens pour étudier ces oiseaux pélagiens, et pour obtenir un nombre d’individus
qui puissent servir à la détermination des espèces: des lors on ne doit
(1) Voyez l’article Albatros dans les OEuvres du Buffon.
Recuzn. D'OIsEAUX, 75° LIVRAISON.
pitt:
GENRE ALBATROS
pas étre surpris du peu d’ordre qui règne dans la détermination de celles-ci, et du petit nombre qui nous sont exactement connues.
Buffon, guidé par les recherches du plus grand marm de son temps, de ce hardi navigateur anglais, sous la direction duquel le pavillon britannique visita toutes les mers, reconnut cette immense quantité de còtes, et préluda à l’empire de l'’Océan; Buffon dis-je laissa beaucoup è désirer pour le complément de l’histoire de ces oiseaux. Mais depuis qu'un élan nouveau donné aux recherches scientifiques a porté la marine anglaise et francaise dans toutes les directions du globe, que des naturalistes choisis dans les cadres de cette marine ont recu la mission d’étudier les productions des trois règnes, que les vastes colonies des possessions anglaises et nerlandaises dans l’Inde ont été explorées d’une manière plus scientifique , et que des Musées, destinés au dépòt des collections rassemblées par les savans, ont été élevés en Europe et en Amérique; depuis cette époque, très-rapprochée , l’histoire naturelle vient de faire plus de progrès et a acquis plus de richesses que pendant le temps qui est écoulé depuis la découverte des Amériques jusqu'à l'époque où les gcrits de Buffon ont fait naitre ce goùt des recherches. La connaissande plus exacte des oiseaux pélagiens a dù nécessairement y ver sa part; et nous présumons qu'une notice supplémentaire à des OEuvres de Buffon ne sera pas dépourvue d’intérét
trou cette partie
pour la science.
Les matériaux où nous comptons puiser ont été fournis par les relations et les manuscrits des naturalistes qui ont fait partie des expéditions anglaises, francaises et nerlandaises, par MM. Quoy et Gaimard, Lesson et Garnot, officiers de santé francais; Dougald Carmichael, capitame anglais; Boié et Macklot, naturalistes nerlandais. A ces relations peuvent étre ajoutées les remarques récentes de M. Marion de Procé , et les nombreuses observations de cabinets, que la vue d'un très-grand nombre d’individus recueillis sur les différens points du globe nous a mis à méme de faire.
Les limites que nous avons dù nous imposer dans le texte de cet ouvrage de luxe ne permettent pas d’entrer dans tous les détails fournis par les naturalistes mentionnés; nous donnerons d'une mapière succincte le résultat scientifique le plus propre à faire connoître L'histoire de ces oiseaux , et à fixer, plus ou moins, les rayons géo-
graphiques dans lesquels vivent les différentes espèces. Cette partie,
GENRE ALBATROS
qui traite des oiseaux pélagiens proprement dits, sera divisée en deux articles : il sera fait mention ici de tout ce qui a rapport au genre Albatros (Diomedea); nous renvoyons au genre Pezrel (Procellaria) et aux sections, ou petites familles SI l’on veut sous-
genres, et méme aux genres qui en font par
tie, tout ce qui ne sera pas applicable aux oiseaux pélagiens en général, car les espèces de Pai/le-en-queve (Phaéton), forment le dernier groupe des Pélagiens proprement dits. Nous nous rangeons de l’opinion de M. Lesson , en nous écartant sur ce point des vues de MM. Gaimard et Marion de Pr
océ, qui ne les admettent point sous cette dénomination, dans le fai
t plus ou moins arbitraire et assez insignifiante; car, ainsi que M. Lesson en fait la
remarque, il n°y a point d’oiseaux de mer qui soient une année entiére sans fréquenter la terre.
La critique faite par M. Marion sur la classification des espèces, et sur la confusion qui règne sous ces rapports dansla notice de M. Lesson, paraît étre juste; elle est du moins exacte selon nos observations, faites depuis plusieurs années sur un très-grand nombre d’individus, et s'accorde en tout point avec les notes manuscrites adressées récemment de Java par M. Boié. Il faut encore convenir avec M. Marion, qu'un observateur aussi judicieux que M. Lesson, qui donne l’exemple d’une réserve bien louable, aurait mieux fait de ne pas publier comme espèce nouvelle son Diomedea empomohora, établi au vol, lorsque ces oiseaux, que M. Marion associe à l’espèce Eaulans, passaient vers les flancs du vaisseau (1
Toutes les espèces comprises dans les genres Diomedea et Lestris (2) varient singulièrement aux différentes époques de l’Age, et
dans les différens états de mue, l’Exu/ans peut-étre plus que ses
congénères; car il est rare de trouver dans les cabinets trois sujets couverts absolument de la méme livrée, et qui se ressemblent com-
plétement sur toutes les parties du corps. Mes observations sont con-
(1) Nous possédons, en ornithologie, une série encore très-grande d’espèces inédites, dont
les nombreux échantillons sont offerts À notre investigation; pourquoi donc faire mention de
celles qui n’ont point été vues en nature et examinées avec soin ? Les espèces nominales établies sur des animaux bien connus, dont les dépouilles existent dans les cabinets, sont, il nous semble, en nombre plus que suflisant, pour qu'on puisse se dispenser d’augmenter cette liste, vrai tourment du naturaliste, par des espèces qu'on a vu voler dans les airs.
(2) Nous connaissons aujourd’hui quatre espèces de Stercoraires (Lestris ); savoir, Cataractes, — Pomarina, — Buffonii et Parasitica. M. Vieillot a figuré, Galerie des Oiseaux,
pl. 288, sous le nom de Pomarina, un Lestris cataractes.
GENRE ALBATROS
firmées par les relations de MM. Marion et Boié (5). Cette particularité bien constatée ne laisse plus aucun doute sur l’identité de D. ne les quatre autres espéces es données dans ce re-
— Melanophris,
exulans et spadicea : pour ce qui concer distinctes, nous présumons que les trois figur
et la description des espèces sous Brachyura » ne laisseront plus aucun doute sur
es d'Albatros, dont Exulars, Albatros mouton ,
cueil, — Chlororhynchos et Fuliginosa , existence bien constatée de cinq espec de désigner sous le nom d'
t la plus remarquable.
ème d’organisation ro-
que nous proposons forme l’'espéce la plus grande e
Ces oiseaux jouissent en général d’un syst u vol de longue haleine. Les Pétrels et les Al
buste, et approprié a eurs muscles sont terminés par
batros ont des ailes aigués,; eflilées; I permettent d’exécuter des trajets immenses
d’épais tendons qui leur largement palmés, leur facilitent les
sur la pleine mer; leurs pieds, moyens de se reposer sur les vagues; leur vue percante rend inévitable la perte du poisson, dont ils sont avides, et qu'ils saisissent, non en plongeant, mais en rasant la surface des flots. Les navigaontrent fréquemment ces oiseaux à des distances inouies de
teurs rene ement qu'on les voit dépasser les li-
toute terre, et ce n'est que rar mites ou les zones qu'ils habitent de préférence. Ces oiseaux fréquentent toutes les mers, et pour ainsi dire dans toutes les saisons; les observations du capitaine Carmichael è Vîle de Tristan da Cunha que dans le temps des amours et de la reprodes terres où sont leurs peuts : dans étendue de l’Océan semble
tendent A confirmer duction ils s'éloignent moins
tout autre temps de l'année l’immense abituel. Ce n'est pas seulement dans les tourmentes,
étre leur séjour h les coups de vent et lorsque les vagues sont très-élevées qu'on ol se joue il est vrai
apercoit les Albatros, leur puissant moyen de v
« Ces huit A2-
de l’Exulanstués par lui:
(3) M. Marion dit, en parlant de huit individus les deux ou trois cents individus
et tous ceux qui arréterent notre attention parmi
« batros; nt de la méme taille, et j'oserais dire de la mème
dont se composait leur iroupe, me parure
s deux qui presentassent exactement les mèmes couleurs. Il
« espèce, quoiqu'il n'y en eùt pa « y en avait d’entièòrement roux;
d'autres roux sur le dos, avec la téte et le ventre blancs;
artie antérieure de la téte et le dessous des ailes du plus
« plusieurs étaient bruns, avec la p
d'autres avaient seulement le dos gris; quelques uns enfin étaient tout blancs.
« beau blanc;
« Que l’on ne croie pas; LI 2) i
« sexe; tous, je le répete,
et deux individus màles que je disséquai
si — Tous ces détails ne different pas
au surplus, que ces différences provinssent de celles de l’àge ou du
gtaient de la plus grande taille, de dix à onze pieds d’envergure , me présentèrent des plum
de ceux fournis par MM. Boié et
« ages très-différens lun
« de l’autre.
Macklot.
tris tem et] Prix dl Que
Pine
lejelelsleaziti I: Salza jelasetotozzz nici iaceicici ear
GENRE ALBATROS. i des plus fortes tempétes,
mais ils se balancent aussi avec gràce et semblent voguer dans le fluide de Pair pendant les calmes et la séré-
CHEATS 9 4 OSE Ò ° a vie nité de l’atmosphère. M. Boié ‘confirme ce fait, contraire à l’opinion
de M. Gaimard, qui croit que, lorsque le calme aplanit la surface de l’Océan, ils fuient vers d’autres ré
gions, pour reparaître avec les vents. Leur vol s'effectue toujours en planant; s'ls battent quelquefois des ailes, c'est pour s'élever avec plus de rapidité : le plus habi-
tuellement leurs ailes étendues forment en dessous une concavité ;
elles n’offrent point de vibrations apparentes, quelles que soient les positions que ces oiseaux puissent prendre, soit qu'effleurant la surface I de l’onde ils soumettent leur vol à ses ondulations, soit que sélevant i ils décrivent de grandes courbes autour des vaisseaux ou des cétacés il flottans qui leur servent de pàture. Ils ont beaucoup de peine à prendre
leur vol quand ils sont une fois reposés sur l’eau; pour le faire il faut il
qu’ils y soient contraints par un motif puissant : on les voit alors cou- UH rir sur l’eau l'espace de plus de quarante à soixante toises avant de I réussir a s‘élever; en nageant, ils fuient avec une grande vitesse. Dans | | le vol ils s'élèvent avec facilité, tournent brusquement sur eux-mémes | ll à l’aide de leur queue, et vont contre le vent le plus fort, sans que leur | marche en paroisse ralentie, et sans imprimer à leurs ailes un bat- ll tement qui soit sensible à l’observateur: aussi toutes les relations s'accordent sur la force prodigieuse de leurs moyens de vol; on a vu des Pétrels voler pendant plusieurs jours de suite. Après s'étre abattus sur les eaux ils tiennent les ailes étendues un instant; couchées ili contre le corps, elles nuisent à l’élégance des formes par le renflement qu'elles produisent vers la partie postérieure du corps.
Cest vraiment, dit M. Gaimard, de ces viseaux qu'on pourrait dire avec justesse qu’au lieu de marger pour vivre, ils semblent ne ll vivre que pour manger. La plus grande partie de leur vie est em- ul ployée à parcourir l’Océan, et à rechercher péniblement une nour- {ll riture presque aussitòt digérée que prise (1). |
(1) On peut en dire autant de tous les oiseaux des hautes mers; les espèces des genres Lestris, Larus, Sula, etc., ont la méme voracité lorsqu’elles vivent dans l’abondance; mais en temps de disette et dans les grandes tourmentes des élémens , tous ces oiseaux, les A4/bazros et les Pétrels, selon M. Boié, pas méme exceptés , supportent très-long-temps la faim et la privation complète , pendant plusieurs jours, de toute nourriture; car il est prouvé que les Albatros et les Pétrels, à la suite de fortes tempétes de très-longue durée , sont aussi maigres que les Stercoraires , les Mouettes , les Pingouins et les Macareux qu'on trouve souvent expirés de faim le long des còtes maritimes.
RecveIL D'OIsEAUX, 75°. LIVRAISON.