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GENRE ALBATROS
Les relations des voyageurs nous apprennent encore qu'on n'a point trouve dans l’estomac des Albatros des débris de poissons ou de mollusques. Nous avions beau, dit M. Gaimard, éire entourés de poissons volans, de méduses, de biphores, de physales, de vélelles, ils ne sen nourrissaient point, et recherchaient avec avidité d’autres alimens. On trouvait toujours dans leur ventricule des débris de seèches et de calmars. Mais M. Marion a rencontré des troupes de ces oiseaux sur le corps d'un énorme cétacé flottant sur les ondes; et M. Carmichael assure que leur principale nourriture consiste en charogne et en débris de ces géans des mers; ce qui porte a croire qu'ils ne sont nullement piscivores.
Jusqu'ici nous avons offert le résumé des observations faites en pleine mer sur ce genre d'oiseaux; la relation très - intéressante de M. Carmichael nous fournit les moyens de compléter leur histoire par des observations faites dans l’île Tristan da Cunha, située au 37°. degré latitude sud. Ces notices servent à remplir les lacunes de la connaissance plus sénérale des moeurs et des habitudes de ces o1seaux. L’auteur compte quatre espèces; mais il sépare nominalement VExulans da Spadicea, quoique leur attribuant les mèmes moeurs : ce qui confirme, selon mon opinion , de la manière la plus authentique, V'identité que nous venons de signaler plus haut; identité constatée par les voyageurs et par toutes les observations que nous avons été à méme de faire sur une multitude d’individus.
A notre retour, en nous promenant dans les montagnes, dit M. Dougal-Carmichael, nous passàmes parmi des troupes d'Albatros , occupés de l’incubation ou donnant leurs soins à leurs petits. Ily en a de quatre espèces qui couvent dansl'ile : aucune d’elles pond plus d'un ceuf, Diomedea Exulans, Spadicea, Chlororhyncos et Fuliginosa ; les deux premiers ne se donnent aucune peine dans la construction de leur nid: le plus souvent c'est un endroit sec, un peu concave pour eviter la chute de l’oeuf; cet ceuf'est blanc, très-gros, singulièrement oblong, et d’égale grosseur aux deux bouts.
Diomedea fuliginosa est très-abondant dans cette saison; leurs nids sont très-rapprochés les uns des autres: dans un espace environ d’un acre, jlen vis plus de cent. Ces nids sont construits de boue, élevés de cinq ou six pouces, et légèrement déprimés au faîte. A Vépoque de notre passage, les jeunes avalent atteint plus de la moitié
de leur accroissement, et étaient couverts d’un duvet blanc. Il y avait
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quelque chose de grotesque dans l’attitude de ces oiseaux posés comme autant de statues sur ces petits monticules, et ne se dérangeant nullement è notre approche. Parvenus tout près d’eux, ils formèrent un cliquetis singulier avec leurs becs, et si nous les touchions, ils lancaient sur nous un déluge d’huile fétide sortant de leur estomac.
Diomedea chlororkynchos, construit son nid isolé et A Yécart dans quelque ‘angle, choississant particulièrement les rigoles étroites qui portent l'eau des terres dans les ravins; c'est là quil élève le nid, dans une forme pyramidale, à la hauteur de dix ou douze pouces, avec une digue autour de la base. Il est remarquable qu’étant irrité, les plumes des joues se séparent, comme pour laisser apercevoir une bande de peau nue de couleur orange, allant de la commissure du bec jusque vers l’occiput.
Tous ces oiseaux nourrissent leurs petits en dégorgeant les alimens; on ne les voit jamais porter aucune proie dans le bec, car la chair putride et visqueuse des cétacés et des phoques qui leur sert de nourriture principale, n'est pas une substance transportable à quelque distance que ce soit. Ils ne montrent aucune défiance, et pas la moindre disposition de se déranger de la route qui nous conduisait vers eux, pas méme étant frappés ou enlevés de leur nid vers lequel ils se dirigeaient incontinent. Ils ont de la peine à se servir de leurs ailes pour prendre l’essor, et sont obligés de courir l’espace de vingt ou trente toises avant de quitter la terre; aussi ont-ils l'habitude de se rendre sur les bords des précipices, où du haut des rochers ils sélancent dans les airs.
Nous terminons cet article par un apercu sur la répartition géographique des Albatros, et par l’index de ces espèces, dont la connaissance est basée sur des observations souvent renouvelées, et qui ont été constatées par l’examen des dépouilles.
Les voyageurs à bord de la Coqui/le virent des Albatros des le a6e. degré de latitude sud; mais les parallèles qu'ils aiment de préférence sont dans l’intervalle de 35 à 40°.
Diomedea exulans est de toutes les espèces celle qui s'éloigne le plus de toute terre; il n’habite, dit M. Lesson, que o sura extra-tropicales , et c'est principalement dans les mers qui baignent les trois grands caps avancés dans le sud qu'on l’observe le pas cl munément. M. Roquefeuil, dans son voyage de circumnavigation ,
È A 9 Pa dit en avoir tué dans les mers des còtes nord-ouest de l’Amérique.
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M. Gaimard vit l'’Exu/ans près de la terre de feu, par le 55° de latitude, dans la baie francaise aux iles Malouines, et enfin longeant la còte orientale d’Amérique, s'avancer jusque sous le tropique.
Le tableau suivant nous a été adressé de Java par M. Boié; il repose sur des observations chronologiques faites dans la traversée du cap de Bonne-Espérance a l’île de Java.
Le 22 avril, par latitude orientale 37° 51‘, et longitude orientale 94° 50', nous vimes DromepEA fuliginosa.— Exulans. PROCELLARIA fregatta , coerulea, et deux espèces indéterminées.
Par latitude 38° 26', et longitude 26° 55', DroweprA /uliginosa et ProcELLARIA fregatta.
Par latitude 39° 14', et longitude 28° 40', DiomeDEA /uliginosa , et ProcELLARIA fregatta.
Le > mai, par latitude australe 57°, et longitude orientale 40°, Diomepra fuliginosa. — Exulans, et toutes les procellaires vues au cap de Bonne-Espérance.
Le 4 mai, par latitude australe 40° 25’, et longitude orientale 61° 11‘, Diowepra fuliginosa. ProceLLARIA capensis er urinatrix.
Le g mai, latitude australe 41°, et longitude orientale 78, DiomeDEA fuliginosa. — Exulans. ProcELLARIA gigantea. — Puffinus. — Desolata. — Vittata. — Urinatrix. — Coerulea. — Fregatta s plus deux autres indéterminées, et LesTRIS cataractes.
Le 12 mai, latitude australe 39°, et longitude orientale 87°. Diomepea fuliginosa, chlororhynchos er exulans. — PROCELLARIA capersis, et LesTRIS cataractes.
Le 17 mai, latitude australe 34°, et longitude orientale 97°. Pro- CELLARIA capensis, et LestRIS cataractes.
Le 19 mai, latitude australe 31°, et longitude 100°. Diomepra melanophris et chlororhynchus. PROCELLARIA fregatta et Capensis.
Les espèces qui nous sont bien connues sous toutes les livrées , sont :
Esp. 1. ALsatROs mouron. Des pl. enl. 237 de Buffon, sur un sujet en livrée d’adulte, auquel on doit ajouter toutes les variétés indiquées par les auteurs, et l’espèce nominale du Chocolat albatros des navigateurs anglais, que les méthodes désignent sous D. spadicea. Notre espèce porte le nom de Drowepea exuLans. Pazrie, les mers antarctiques des deux mondes , le plus souvent à de grandes distances de toute terre.
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Esp. o. ÀArsATtROs A COURTE quevE ou TRAPU. Je propose de dé- il signer ainsi l’A/batros de la Chine, des pl. enl. 963 de Buffon, et en | | latin par le nom de Dromepra sRAcHIURA. Nous publierons la des- Li] cription de cette espèéce donnée erroneusement comme varigté.
Patrie, les mers antarctiques de l’australe-Asie, entre le Japon et l’Océanie.
Esp. 3. AtBATROS souRcILS NOIRS, de nos pl. col. 456. Espèce sou- il vent confondue avec le Ch/ororkynchos, et quelquefois avec l’Exu- SUINI lansz c'est DioMEDEA MELANOPHRIS. Patrie, les mers qui baignent les trois grands caps des régions australes; commun au cap de Bonne- Espérance.
Esp. 4. ALsATROS RUBAN JAUNE. L’adulte figure d’une manière re- i connaissable dans le Synopsis de Lath. , vol. 5, tab. 94. Voyez aussi i) l’adulte de nos pl. col. 468. C'est le véritable DiomEDEA cLoRORHTEN- || cHos des catalogues méthodiques. Pazrie, les régions: antarctiques | très-éloignées de toute terre.
Esp. 5. AusATROs FuLIGINEUX. L’adulte pl. col. 469, toujours fa- ii cile è distinguer a son bec noir et par sa queue conique. C'est | DiomeDEA ruLicinosa. Patrie, commun dans toutes les mers aus- til
trales et dans les régions des trois grands caps. |
AECUEI D'OrseAUX, 75°. LIVRAISON.
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