‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux (volume 2)Chapitre 116 sur 121 · PÉLICAN A LUNETTES · texte numérisé non relu

PÉLICAN A LUNETTES

Sénégal et du cap de Bonne-Espérance; car notre Pélican vulgaire, ou rose, habite toutes ces contrées.

Le front et la région du lorum sont couverts de plumes; un grand espace circulaire formé par une peau nue, probablement plus ou moins rougeàtre ou couleur de chair, dans le vivant, entoure l’orbite des yeux; tout le plumage de la téte, du cou et du corps est d'un blanc pur; mais il est possible que ces parties ont pu étre légèrement teintes de rose clair, dans le vivant (41); les petites couvertures des ailes sont très-longues, subulées et blanches; celles du second rang sont aussi remarquables par leur longueur, mais leur couleur est d’un noir parfait ; les scapulaires , les pennes des ailes et celles de la queue sont aussi entièrement noires; la grande poche paraît avoir été colorée, dans le vivant, d’une teinte couleur de chair jaunàtre, plus ou moins rougeàtre, suivant les époques de l'année. Les pieds paraissent avoir été bruns. Longueur, quatre pieds quatre pouces.

Cette description est prise sur le seul individu que j'ai vu; il se trouve au Musée de Paris, et a été rapporté des terres Australes par l’expédition du capitaine Baudin.

(1) Le plus grand nombre des Mowettes, des Sternes, quelques espèces de Canards, de

Harles et de Pélicans ont un plumage plus ou moins rose dans le vivant; peu de temps après

la mort et par la seule action du jour, le plumage devient d’un blanc pur.

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CORMORAN LARGUP.

CARBO CRISTATrUS Temm

L’Adulte en plumage parfait d’hiver. — Planche 323.

Lorsque Jai publié la seconde édition du Manuel d’Or

nithologie où cet ciseau est décrit en plumage d'été ou

des noces, pag. 900, Jai donné, par erreur, sous la rubrique indiquée, le signalement de l’adulte en plumage d’hiver, et cette méprise a été répétée dans tous les articles descriptifs de différentes especes des Cormorans. C'est vers la fin de l’automne que notre Cormoran largup se revét de sa belle livrée et que la téte se trouve parée de ce large panache placé sur le front. L’espéce dans cet état a été figurée d'une manière trèsreconnaissable par Olaffen, Voyage en Islande, vol. 2, atlas, tab. 44. La Zoologie arctique, pag. 585, en fait mention d’après Fabricius, Fauna Groenlandica. C'est dans cet ouvrage et dans celui d’Olaffen que Latham a emprunté la description de son Carbo cristatus. Les auteurs mentionnés nous ayant laissé dans le doute sur l’époque à laquelle ces oiseaux sont parés, pour un temps, de leur belle livrée, il était présumable que conformément à la règle générale chez tous les oiseaux sujets à une double mue, on pouvait considérer comme attribut de la livrée de printemps ou des noces le développement le plus parfait du plumage. Les notices très-intéressantes publiées par M. Faber dans l’opuscule portant pour titre Prodromus der Islandischen ornithologie, pag. 53, esp. 2, nousont fait connaître l’époque de leur mue; mais l’auteur confond deux espèces distinctes, car il est totalement faux de croire que c'est le méme oiseau indiqué sous Carbo graculus; ce dernier est d’un quart moins grand que Carbo cristatus; sa queue est longue, cunéiforme, et son plumage, dans les deux saisons, très-différent de celui de notre Cormorar largup.

M. Faber rapporte de son Graculus, qui est notre Cristatus en plu-

RecurIL D'Olsesvx, 54°. LIvRAISON.

CORMORAN LARGUP.

mage de parade, que l’espèce est commune en Islande; elle se revét au mois d’octobre de l’elégante livrée dans laquelle nous la figurons pl. 522; la huppe frontale disparaît au mois de mars, et tout le plumage prend une teinte d'un verdàtre-terne; elle porte cette huppe frontale droite et toujours relevée pendant la natation et dans tous ses mouvemens, mais lorsqu'elle se repose à terre, la huppe reste couchée sur le sommet de la téte. Vers la fin de juin les jeunes sont en état de voler. Les ceufs de ces ciseaux, au nombre de quatre, ont une forme oblongue, très-petits en proportion de la taille de l’oiseau et recouverts d’une couche calcaire de couleur blanc-verdàtre ; les vieux font rarement entendre leur voix très-forte ; ils défendent leur progéniture avec beaucoup d’acharnement. Elle se distingue de tous les Cormorans connus par sa queue courte et arrondie et par son bec long et un peu grèle; un vert bouteille très-lustré couvre tout le plumage, et de larges bordures noires entourent les plumes du dos; la huppe frontale est le seul ornement extraordinaire de cette espèce ,

dont l’habitation paraît étre limitée aux régions septentrionales de

l'Europe.

GENRE ANHINGA.

GENUS PLOTUS. Linsb.

Bec long, parfaitement droit, grèle, en fuseau, très-aigu à la pointe; bords de la è pe 3 TOS o , O mandibule supérieure dilatés è la base, comprimés et fléchis en dedans sur le reste;

l'inférieure, plus courte que la supérieure, est taillée en angle très-ouvert; les

deux mandibules finement dentelées è la pointe.

Narines occultes, lingaires, cachées dans une rainure peu profonde.

Pieds courts, gros, forts, retirés dans l’abdomen et hors l’équilibre du corps; tarse beaucoup plus court que le doigt intermédiaire et l’externe, qui sont égaux;

pouce articulé intérieurement au niveau des autres doigts ; tous engagés dans une seule membrane.

Aes longues, la première rémige moins longue que la deuxième, troisiéme et quatrième; la troisigme la plus longue.

Queue très-longue, à pennes roides et élastiques.

L'articLe Anhinga a été parfaitement traité par Buffon. Son génie fécond en rapprochemens ingénieux a employé son brillant pinceau pour peindre les formes singulières de ce genre d’oiseaux, dont les caractères distinctifs nous offrent en effet l'image d’un reptile enté sur le corps d’un oiseau.

A la lecture d’un tel article, le naturaliste francais ne peut tracer qu’avec défiance de lui-méme une notice supplémentaire à ces pages admirables : le naturaliste étranger, convaincu de son infériorité devant un pareil modéle, devrait reculer en considérant toute la difficulté d’une tàche au-dessus de ses forces. C’est donc en invoquant l’indulgence du public, et encouragé par l’accueil favorable dont il honore ses écrits, que ce dernier se hasarde d’ajouter quelques lignes à la suite des articles composés par le Pline francais.

Jai déjà été plusieurs fois dans le cas d’appeler l’attention des naturalistes sur l’analogie des formes qui semblent se répéter exac-

tement, sous le méme parallèle, entre les espèces différentes d’un

Recuen D’OrseAvx, 64° LIVRAISON.

GENRE ANHINGA.

méme groupe, réparties dans les deux mondes (1). Le genre Arhinga nous fournit une preuve de plus à lappui de cette opinion sur le système de répartition des animaux dans les deux continens. L’Anhinga réparti sur une grande étendue de l’ancien continent et celui qu'on trouve sous le méme parallèle dans les deux Amériques présentent une organisation et des formes parfaitement identiques; ils offrent méme, par la nature et par les couleurs du plumage, la ressemblance la plus frappante : leur manière de vivre est la méme dans ces pays séparés par l’immense étendue de l’Océan, comme par une barrière impossible à franchir sous cette zone tropicale. Ces deux espèces ne different essentiellement que par quelques légères différences dans la grandeur du bec, par la nudité des còtés de la gorge, par les plumes des scapulaires et par des disparités constantes dans les couleurs de la robe aux différentes époques de l’àge et de la mue. Les variétés de plumage sous lesquelles on trouve les deux espèces mentionnées ont donné lieu à des emplois multipliés, et servent à porter le nombre nominal à quatre espèces.

Les espèces connues d’Anhingas semblent éprouver deux mues périodiques qui influent sur les couleurs de la livrée, particuli&rement sur celles du cou; quelques faisceaux de longues plumes effilées se montrent vers le temps des amours; dans l’Anhinga de l’ancien continent, ce sont les còtés du cou que la nature pare d'un ornement accessoire, composé de longues plumes blanches; dans l’Anhinga du Nouveau-Monde, l’occiput et une partie de la nuque sont garnis d'une espèce de crinière noire. Le jeune Anhinga est sujet à plusieurs mues avant de revétir la livrée de adulte.

Voici comment il convient de répartir les indications sur les quatre Anhingas mentionnés par les auteurs, et la place que doiventoccuper les figures données dans les ouvrages d’ornithologie.

Esp. 1. Anuinca Le Varant de nos pl. col. 580; le mdàle en livrée complete des noces, P/otus Le Vaillantit; et comme synonyme, Plotus Melanogaster, Lath. ind. orn. pag. 895, où les deux espèces de l'ancien et du nouveau continent offrent un amas confus de citations réunies. Anhinga roux du Senegal, Buff. pl. 107 : cette figure audessous de la critique, très-mal coloriée et chargée de roux, est faite sur un mdle adulte. Anhinga Melanogaster, Forst. zool ind. pl. 12:

(1) Voyezà l’article du genre Couroucow et dans les monographies de mammalogie les articles Felis et Molosse.

GENRE ANHINGA.

figure assez exacte du male adulte en livrée ordinaire. Patrie certaine, les parties orientales et méridionales de lAfrique, l’Inde et les files de Java et de Sumatra. i

Esp. 2. AntInGA NOIR; le male adulte, Buff. pl. enl. 960; et pl. 959 la femelle. Voyez aussi Lath. synop. tab. 106 Black bellied danter, la vieille femelle, Wilson Am. ornith. vol. 9, pl. 74. fig. 1 et 2: figures très-exactes du male et de la femelle. C'est Plotus Anhinga des méthodistes. Patrie, une grande étendue de pays dans les deux Amériques.

Les jeunes des deux espèces mentionnées se ressemblent par le manque total de noir aux parties inférieures du corps et au cou; ces parties sont dans le jeune de la première espèce d’un roux-clair ou isabelle, et dans la seconde d'un cendré terne, un peu plus nuancé de brun au ventre.

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