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ANHINGA LE VAILLANT.
PLOTUS LE VAILLANTII. Temm
Planche 380.
Mdle, plumage des noces.
Mr voyant dans l’obligation de changer le nom de P/otus mélanogaster, rubrique sous laquelle Latham confond nos deux espèces, Jai cru ne pouvoir faire un choix ‘plus heureux qu’en donnant à l’espèce peu connue de cet article le nom de mon défunt ami. Les ornithologistes de tous les pays applaudiront sans doute A ce choix.
Comme voyageur, Le Vaillant pouvait se glorifier d’avoir pénétré le premier dans cette partie de lAfrique méridionale où le flambeau de la civilisation n’avait point encore lui pour ces hordes dispersées; ce pays, de nos jours bien plus facile à parcourir, n’a été exploré d'une maniére classique, et sous le rapport de l’étude de la nature, que par lui. Il fut, comme naturaliste, mieux versé que tous ses devanciers et que ses contemporains dans l’étude pratique de l’ornithologie; sa mémoire est honorée par tous ceux qui partagent ses goùts et qui aspirent à marcher sur ses traces; elle m’est particulièrement chère. Je dois à Le Vaillant et à ses écrits mes premières pensées et mon premier élan en histoire naturelle; ses ouvrages et ses conseils me servirent de guides dans l’étude pratique de cette science, et je me plais à reconnaître qu'il posa, à son retour d’Afrique, les premières bases d’une collection qui, passant depuis du père au fils, fait aujourd'hui le plus bel ornement du Muséum des Pays-Bas.
Le Vaillant nous fournit dans son second voyage en Afrique les premiers renseignemens exacts sur la manière de vivre de l’espèce figurée pl. 380.
La dénomination de Slanghals-vogel (ciseau à cou de serpent) que les Hottentots de Le Vaillant donnèrent à l'Anhinga, le caractérise d'une manière bien simple et bien vraie. Soit que l’Anhinga
Recuen D'OrsrAux, 64°. LIVRAISON.
ANHINGA LE VAILLANT.
se perche, soit qu'il nage ou quil vole, il est certain que la partie la plus apparente et la plus remarquable de son corps est toujours son long cou grèle, continuellement en oscillation ; dans le vol seul, immobile et tendu, il forme avec la queue une ligne horizontale trèsdroite; sa longue queue à pennes fortes et élastiques sert de gouvernail lorsque ces oiseaux nagent entre deux eaux à la poursuite des poissons dont ils font leur principale nourriture. Quand l’Anhinga saisit un petit poisson, il l’avale tout entier; mais sil est trop gros, il l’emporte ou sur un rocher ou sur un tronc d’arbre, et le fixant sous un de ses pieds, il le dépèce a coups de bec. Il établit son nid sur les arbres ou sur les rochers, dans le voisinage des eaux; d’un naturel excessivement farouche il est très-difficile de l’approcher, surtout quand il nage; sa téte dans cet état est la seule partie qui soit à découvert; il plonge continuellement et reparaît à une grande distance de l’endroit où il s'est submergé.
L’Anhinga màle adulte en plumage ordinaire a la téte et le cou roussàtre clair ou roussàtre mélé de brun; le sommet de la téte et la nuque étant toujours plus sombres que le devant du cou, la gorge est blanche ou blanchàtre ; une bande d’un blanc pur s'étend sur les còtés du cou depuis l’angle du bec jusque vers la moitié de la longueur du cou; les très-longues plumes scapulaires, les pennes secondaires les plus proches du corps, et toutes les couvertures des ailes portent longitudinalement une large bande d’un blanc velouté argentin; les bords des plumes sont d'un noir parfait; une partie du devant du cou, la poitrine et toutes les parties inférieures, sont d’un noir lustré ; tout le reste du plumage et la queue dans toute son étendue sont d’un noir parfait. La femelle differe peu du male, seulement par des teintes moins pures et plus claires. Les jeunes de l'année portent les traces des bandes blanches des còtés du cou; tout le reste du cou est d’un isabelle clair, le ventre et les parties inféricures d'un isabelle foncé; le dos brun marqué longitudinalement de brun plus sombre; les plumes scapulaires ne sont point allongées en filets; quoique beaucoup plus courtes que dans l’adulte, elles sont cependant marquées de grisbrun le long des baguettes; toutes les couvertures des ailes portent des bordures d’un gris-brun terne; les ailes et la queue sont d’un noir mat, et les deux pennes caudales du milieu ne sont point gaufrées sur les barbes extérieures; les flancs et les cuisses sont d'un brun
terne. Les jeunes, dans le passage d’une livrée a l’autre, ont le ventre
ANHINGA LE VAILLANT.
et la poitrine tapir de longueur guettes.
és de plumes noires et isabelles; |
es scapulaires moyenne sont d’un gris-br
un argentin le long des ba- Le très-vieux mAle en plumage de noces, figur
é pI. 580, a lesommet de la téte et l’occiput d’un roux-
mordoré; une large bande d’un noir parfait couvre les còtés du cou; au-dessous de cette bande se dessine
la raie blanche latérale propre aux deux sexes et à tous les 4
ges; mais dans le temps
des amours se montrent sur toute l’étendue de
cette ligne de longues plumes à barbes décomposées et d'un blanc
éclatant; le devant du cou est d’un isabelle clair
et sa partie postérieure d’un roux-brun mordor.
6; les bandes disposées sur plumes scapulaires et sur toutes les couvertures, Isabelle couverte d’un lustre brillant; une par la poitrine et tout le dessous du Cor bouteille; le bec,
les longues ont une teinte tie du devant du cou, ps, sont d’un noir à reflets vertla nudité ophtalmique et la très-petite bande nue de chaque cété du cou sont d'un beau jaune. Longueur totale, environ trois pieds.
L'Anhinga de l’ancien continent a le bec plus gréle et plus effilé a la pointe que celui du N ouveau-Monde; ce dernier est un peu plus grand, et la nudité bifarquée du menton est plus étendue dans celui-ci que chez son congénére de l’ancien continent 3 les deux espèces ont, à l’état adulte, des plis transversaux sur térieures des deux pennes du milieu de la queue; laires portent dans les deux especes de belles bandes argentines ; mais dans l’Anhinga de l’ancien continent elles sont tr
les barbes ex-
les plumes scapu-
ès longues et peu larges; celui du Nouveau-Monde les a courtes et en forme de fer de lance.
Nous avons établi cette description sur un grand nombre d’individus rapportés du Sénégal, du Cap de Bonne-Espérance et des îles de l’Archipel indien; la méme espéce paraît répandue dans toutes ces contrées. L'individu figuré pl. 580 a été rapporté du Sénégal.
PETSTORSIA
Irètre
Guillemot
ele.
al 7: