‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux (volume 2)Chapitre 14 sur 121 · LD · texte numérisé non relu

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TRAGOPAN SATYRE ou NÉPAUL,.

TVRACGOPAN SATYRUS. C$n

Vieux Mdle, pl. 543. — La Femelle; pl. 544.

Cet ciseau, souvent balloté d’un genre à l’autre, se trouve former maintenant, avec deux et peut-étre trois autres espèces, un genre distinct, désigné sous le nom de Tragopan. Le temps et des recherches ultérieures nous apprendront si cette classification est plus ou moins exacte, et sil n’eùt pas été préférable d’en former une section du genre Phasianus, groupe qu'on pourrait sous-diviser trèsconvenablement, selon les formes différentes sous lesquelles se présentent les rectrices, et d’après la longueur de celles-ci ou la manière dont la queue est étagée.

Le vieux mdle a toute la téte couverte de plumes longues et effilées, sur le front et l’occiput, d'un noir parfait, mais d’un rouge de feu sur le milieu du cràne : ces plumes réunies forment une ample et belle huppe, d’où nait latéralement de chaque còté et a hauteur des yeux un appendice charnu et glabre, qui, lorsque l’oiseau le relève, ressemble à une paire de cornes d’un bleu clair. La nudité ophtalmique, colorée de pourpre et de bleu, est garnie d’un duvet noir, court et rare; une teinte incarnat ou bleudtre couvre la nudité du cou et les pendeloques qui y prennent naissance. La partie inférieure du devant du cou, les còtés du cou et les tempes sont d’un noir parfait; tout le reste du cou, la nuque, la poitrine, le poignet des ailes et leurs petites couvertures sont d’un marron-écarlate ; tout le ventre et les flancs sont de cette couleur marquée de grandes et de petites taches blanches, entourées par un cercle noir; sur la région des cuisses et vers l’abdomen se trouvent des teintes rouges moins vives, marquées, selon l’àge des individus, de zigzags noirs

et roux ou de grandes taches grises ou blanches; les ailes sont aussi

TRAGOPAN SATYRE 0U NÉPAUL.

marbrées de ces taches perlées et cerclées, et elles sont abondamment réparties sur le dos, dont le fond du plumage est brun-olivAtre marqué de marbrures noires. Longueur totale, de vingt à vingt-trols pouces.

La femelle, moins grande que le mile, a toute la téte et le devant du cou garnis de plumes courtes : elle manque toujours d’éperons dont les pieds du mdle sont armés. Tout le dessous du corps est d’un roussàtre clair marqué de taches blanches, peu distinctes, mais plus apparentes au ventre; en dessus, la teinte est d'un brun-roux marbré de noir et marqué de taches en forme de fer de lance, et d'un blanc-jaunàtre.

Le bec, dans les deux sexes, est jaunatre, et les tarses sont d’un brun clair.

Ils habitent les régions élevées et froides des montagnes du Népaul

et de l’Himalaya. On voit des sujets dans plusieurs musées.

Tragopan rapaul , fenello:

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TRAGOPAN PUCRAS.

TRAGOPAN PUCRASIA. Gounp.

Le vieux méle. — Planche 545 (4).

La gravure de la planche destinée à accompagner ce texte descriptifayant été faite depuis long-temps, méme avant la publication des deux ouvrages anglais (2), où se trouvent dé très-bonnes figures de notre oiseau, nous n’avons pu supprimer cette figure pour en donner une autre plus intéressante sous le point de vue de la nouveauté; mais l’obligation nous est imposée de changer le nom spécifique donné à cette espèce, que nous supposions inédite à l’époque où nous en vimes le premier sujet envoyé du Bengale au musée de Paris par M. Alfred Duvaucel, à qui elle fut dédiée. Cet oiseau étant connu maintenant, décrit et figuré, nous adoptons la dénomination qui vient d’obtenir titre de priorité.

Cette espèce forme le passage des Tragopans aux Farsans; elle ne porte pas au-dessus des yeux ces appendices en forme de cornes; le cou et la région des yeux sont totalement garnis de plumes, et la queue, tout aussi courte, est plus étagée et moins large que dans les deux autres 7ragopans.

Le male a l’occiput orné d’une huppe élégante et légère, composée de très-longues plumes en forme de petites spatules, et qui sont trèsétagées, de facon que celles implantées vers la nuque sont du double plus longues que celles du sinciput : ces dernières sont brunes, toutes les autres ont des reflets d’acier poli, verts et bleuàtres; toute

la téte, les joues et la gorge portent ces teintes; les còtés du cou

(1) Sous le nom de Tragopan Duvaucel, qu'on est prié de remplacer par celui porté en téte du texte de cette description.

(2) Phasianus pucrasia, Hardw. et Gray, Illustr. of Zool., le mAle.— Gould, Birds of the Himalaya mountains, tab. 60 et 6r, màle et femelle.

TRAGOPAN PUCRAS.

portent une tache blanche longitudinale; le devant du cou, la partie médiane de la poitrine et du ventre, ainsi que les couvertures du dessous de la queue sont d'un beau marron foncé; la partie posté-

rieure et les cétés du cou, le dos, les flancs et les cuisses sont coua bande centrale noire, en-

verts de plumes longues et pointues, re; les ailes sont brunes,

tourée par une teinte grise plus ou moins pu bordées de roux et tachetées en bandes longitudinales noires; le bec est noir et les pieds sont bruns. Longueur, vingt-et-un pouces.

La femelle porte a l’occiput une très-petite huppe de plumes brunes marbrées; tout le plumage supérieur offre des marbrures noires sur un fond brun-rougetre, et en dessous des bandes longitudinales sur un fond isabelle; la gorge et les còtés du cou sont blancs; les couvertures inférieures de la queue sont d’un roux ardent à pointe des plumes blanche.

Cette belle espèce habite les parties froides et élevées des monts Himalaya, où elle vit de la méme manière que les autres Gallinacés qui abondent dans ces régions de l’Inde.

On trouve des sujets dans plusieurs musées.

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DINDON OEILLE.

MECTEAGRIS OCELLATA. Guwv.

i Le Male. — Planche 112.

M. Guvier décrit cette belle espèce dans les termes suivans :

Ce magnifique oiseau réumit à.la forme» ‘singulière du Dindon un éclat de coulettgui le cède è. ‘peineà din du Paon. Les gens d’un vaisseau envoyé a-la- coupe du bois ‘des dimpéché «dans la baie de Honduras, en virent trois, dont ils réussirerit a prendere un vivant. Ils l’envoyèrént à sir Henri Halfort, médecin lu roi ‘d'Angleterre; mais cet individu se noya dans la Tamise en arrivafit, o Londres, et le chevalier Halfort er fit présent à M. Bullock, proprigtaire d'un riche

cabinet d’Histoire Naturelle, dit le Temple Egypten, danssla-tue de Piccadilly. C'est à la vente de cette collection que le cabinet du Roi. en a fait l’acquisition : acquisition précieuse aussi pour la science; car, jusqu'à présent, les naturalistes n’avaient compté qu'une espèce dans le genre des Dindons.

La taille et le port de ce Gallinacé sont les mémes que dans le Dindon commun; mais sa queue est moins large, et l'on ne sait.pas sil fait la roue de la méme manière. Le bec est le méme qu'au Dindon, et sa base est aussi surmontée d’une caroncule qui sans doute éprouvait les mémes dilatations que celle du dindon. La téte et les deux tiers supérieurs du cou sont nus, et paraissent avoir été colorés de bleu et de rouge. Sur chaque sourcil est une rangée de cinq ou six tubercules charnus; et sur le milieu du crine en est un groupe de cinq autres très-rapprochés. De chaque còté du cou on volt six ou sept de ces tubercules, rangés très-régulièrement au-dessus les uns des autres, à des distances à peu près égales. Il n°y en a point sur le cou, ni dessous; et l'on n’apercoit aucune trace de l’espèce de

jabot charnu qui pend au bas du cou du Dindon. Je n'ai point vu non

RecueI D'OrsAUX, 19° LIVRAISON.

DINDON OEILLÉ.

plus de vestige de ce pinceau de gros poils qui caractérise si particulièrement le Dindon mile; mais comme le plumage de la poitrine ill était endommagé, je n’oserais aflirmer que cette espèce en soit tout du dessous du corps sont coupées carrément, comme all Dindon. Celles du bas du

cou, de la partie supérieure du dos, des scapulaires et de tout le desées de deux lignes ,

jours dépourvue. Toutes les plumes du dessus e

il sous du corps, sont d’un vert bronzé, et bord | | une noire et l’autrè qui est plus extérieure, d'un bronzé un peu | doré. Les plumes du milieu et du bas du dos ont leurs couleurs distribuées de méme , mais plus belles ; cest-a-dire qu'a mesure qu'elles | descendent vers le croupion , leur partie vert bronzé passe par degrés i | à un bleu de saphir, qui , selon les reflets de la lumière , se change en un vert d’émeraude , et la bordure bronze doré s'élargit de plus en plus, prend sur le haut du dos l'éclat de lor; et vers le bas, ainsi | que sur le croupion, cet or, en augmentant toujours d’éclat et de largeur, prend une teinte rouge de cuivre qui , à certaines expositions, est presque aussi vive que celle de la gorge de l’oiseau-mouche , appelé Rubis-topaze. Ligclat de cette bordure d’or rouge est d’autant plus È frappant, qu'elle est séparée de la partie verte et bleue de la plume par une ligne d’un beau noir de velours. Les plumes du croupion ont leur partie cachée gris-cendré vermiculée de brun-noiràtre. Cette partie grise vermiculée prend plus d'étendue, et se montre au (ICI dehors sur les dernières d’entre elles, ainsi que sur les couvertures i | I supérieures et sur les pennes de la queue ; en sorte que la partie bleue et verte, entourée de toutes parts par un cercle noir, et bordée en outre du còté du bout de la plume par une large bande de la plus belle couleur d’or changeant en cuivre , y représente des yeux assez analogues, pour leur disposition , à ceux de la queue de l’éperonnier (pavo bicalcaratus), mais infiniment plus grands et plus éclatans en couleur. Il parait qu'en comptant cenx du bout de la queue, il y a quatre rangées transversales de ces yeux ainsi s6parés par des espaces gris et vermiculés.

Les plumes des flancs et celles du dessous de la queue sont semblables à celles da haut du croupion, mais leur vert est plus foncé, et leur doré est plus rouge.

MIRI Les petites couvertures de l’aile sont d’un beau vert d’émeraude,

il a avec un bord étroit, d’un noir de velours. Les grandes couvertures | x ; 3

| secondaires sont d’une belle couleur de cuivre métallique avec des

DINDON OEFILLÉ.

reflets dorés. Leur partie couverte est vert d'émeraude près de la tige, et vermiculée de gris et de blanc le long du bord couvert. L’aile batarde et les couvertures primaires sont d’un brun-noiràtre , avec des bandes transversales étroites et obliques blanches. C'est aussi la couleur de toutes les pennes; mais le bord externe des dernières pennes primaires et de presque toutes les secondaires est blanc; et quand l’aile est fermée, ces bords blancs réunis forment sur son milieu une large bande longitudinale blanche. Les pennes secondaires les plus voisines du dos ont dans leur brun des teintes vert doré. Tout le dessous de l’aile est bordé en travers de blanc et de gris-brunàtre. Je ne compte que quatorze pennes à la queue de cet individu, qui est ronde par le bout. Toutes ces pennes en dessous sont noiràtres, légerement vermiculges de blanchàtre. Les plumes des cuisses sont noiràtres. Les jambes sont un peu plus élevées et plus fortes quau Dindon commun, et armées d’éperons beaucoup plus forts et plus pointus à proportion. Leur couleur paraît avoir été d’un beau rouge.

Les plus beaux Dindons sauvages ont le fond de leurs plumes d’un bronze changeant en cuivre, une large bordure noire, et un autre petit bord fauve mat; leur queue formée de pennes plus longues et plus fortes que dans notre oiseau , n'a, ni sur les plumes, ni sur les couvertures, rien qui ressemble à des yeux.

Il n'est pas douteux que notre oiseau de Honduras ne forme une

espèce aussi nouvelle que brillante.

Musée de Paris.

GENRE EPERONNIER.

GENUS POLYPLECTRON. Tenmm.

Bec médiocre, gréle, droit, comprimé; base couverte de plumes; mandibule supérieure courbée vers la pointe.

Narines latérales, au milieu du bec, à moitié couvertes par une membrane nue, ouvertes par devant.

Pieds. Tarse long, gréle, armé de plusieurs éperons dans le mdle (1), tuberculés dans la femelle; doigts antérieurs réunis par des membranes; pouce élevé de terre; ongles petits, celui du pouce très-court.

Queue longue, arrondie ou étagée, à vingt-deux rectrices, recouvertes en partie par une seconde rangée de pennes.

Ailes. Les quatre premières rémiges étagées, plus courtes que la cinquième et la

sixième, qui sont les plus longues.

Nous avons établi ce genre dans l’Histoire naturelle des Gallinacés, vol. 2, pag. 563. A cette époque, on ne pouvait avoir qu’une idée imparfaite de ces oiseaux, indiqués assez vaguement, et reposant sur une figure en noir de Sonnerat et sur deux planches enluminées des OEuvres de Buffon, faites de mémoire ou d’après des dessins peu corrects. La description détaillée fournie dans le second volume des Gallinacés avait été basée sur l’examen de trois sujets acquis à Canton, et rapportés vivans de cette partie de la Chine par les navires de la compagnie des Indes. Ces trois individus, tous du sexe masculin, ont servi aux détails donnés dans l'article de /'Eperonnier chinquis, que nous présumions alors devoir envisager comme l’espèce unique du genre; depuis ce temps nous avons été à méme d’examiner un plus grand nombre d’individus de ces Chinquis, que nous avons pu comparer successivement à des dépouilles d’espèces différentes obtenues de la presqu'île de Malacca et de Sumatra. Ces acquisitions

(1) Ce nombre d’éperons paraît varier accidentellement ; il est rarement de trois à chaque pied, habituellement de deux, et quelquefois de trois à l’un des pieds seulement.

RecueiL D’Orseaux, 88° LIvRAISON.

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