‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux (volume 2)Chapitre 15 sur 121 · GENRE ÉPERONNIER · texte numérisé non relu

GENRE ÉPERONNIER

È È = nn nouvelles nous mettent à méme de fournir aujourd hui la monogra

phie de ce petit groupe, composé de quatre espèces , dont trois sont

4 s sc er figurées dans ce recueil; pour la quatrieme, nous pouyons Telvoyer,

avec quelques remarques et corrections indispensables , aux deux

planches enluminées de Buffon et d'Edwards, et è la figure en noir du voyage de Sonnerat: ces figures, plus ou moms incorrectes ,

peuvent étre rapportées, non (comme nous le présumions a tort) au

Chinquis décrit dans l’ouvrage des Gallinacés, mais elles devront faire partie des synonymes de notre Eperonnier argus de Malacca, dont nous donnons la description dans ce recueil.

N’ayant point de données certaines sur les moeurs de ces ciseaux, nous passons icì & Pénumération des espèces connues.

Esp. 1. EpERONNIER CHINQUIS, vieux méle, de nos pl. col. 539. Voy. aussi Hist. des Gall., vol. 2, pag: 363, et Galerie des Ois., pl. 203, un jeune mdle. On peut citer encore, quoique avec doute, l’indication superficielle du Pavo thibetanus des méthodistes. C'est notre PoryeLectron cninquis. Patrie, la Chine.

Esp. 2. EPERONNIER ARGUS. Assez bien rendu par Sonnerat, pl. 99; mal enluminé et à queue de forme exagérée dans Buffon, pl. enl. 492 et 495, et Edwards, tab. 67 et 69. Ce sera, si l’on veut, le Pavo bicalcaratus des auteurs, ou POLYPLECTRON BICALCARATUM. Patrie , la presqu'île de Malacca.

Esp. 3. EreRoNNIER A ToUPET. De nos pl. col. 540. PoLyPLECTRON empÒanum. Patrie, incertaine; probablement Sumatra.

Esp. 4. EPERONNIER CHALCURE, de nos pl. col. 519. PoLyPLECTRON

cnaccurum. Patrie, Vîle de Sumatra.

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EPERONNIER CHINQUIS.

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EPERONNIER CHINQUIS.

POLYPLECTRON CHINQUIS. Temm

Le Méle adulte. — Planche 539.

La taille de ce bel oiseau est celle du Faisan tricolore huppé, vulgairement connu sous le nom de Faisan doré de la Chine; mais il est moins svelte , ses ailes ne dépassent pas l’origine de la queue, qui est large, assez longue et très-arrondie. Cette espèce ne porte point de huppe; les petites plumes du sommet de la téte qui en tiennent lieu sont contournées, de facon que leur pointe est dirigée vers le bec; ces petites plumes, plus ou moins ébouriffées, sont. d’un brun grisàtre; la gorge est blanchatre; les plumes du cou, de la poitrine et du ventreontune teinte brune assez terne, coupée par des bandes transversales ondulées et d’un brun noiràtre; les rémiges sont d’un brun lustré moucheté de gris-brun, leurs baguettes sont brunes; les autres pennes des ailes, les couvertures et les scapulaires ont un ton gris jaunàtre parsemé de petites bandes d'un brun noiràtre; on voit, vers le bout de toutes ces couvertures, sur les scapulaires et sur les plumes de la partie nuquale, une grande tache ceillée ou miroir de forme ronde, d'un bleu éclatant à reflets pourprés et opalins; ces taches, trèsbrillantes et richement nuancées, sont toutes entourées d’un cercle noir, et ce cercle est encadré par une bande externe d’un jaune blanchàtre ; le dos, le croupion et les couvertures de la base de la queue sont d’un brun clair moucheté et transversalement ondulé de jaune blanchàtre ; les pennes de la queue et la rangée de pennes plus courtes qui couvre les grandes rectrices sont d'un brun terne parsemé de petits points jaune d’ocre; à un pouce de l’extrémité des pennes de la rangée supérieure, et à un pouce et demi du bout des vingt-deux rectrices, se trouvent deux miroirs de forme ovale, accolés et séparés par la baguette : ces taches brillantes reflètent comme celles des ailes en bleu et en pourpre; mais cette dernière nuance a moins d’éclat que celle des miroirs des ailes: elles sont, comme ces

ÉPERONNIER CHINQUIS.

i s i i int d'un cadre gris derniers, entourées d'un cercle noir qui est cem g

i r rele noir. La terne; ce dernier est du double plus large que le ce

mandibule supérieure du bec est rougeàtre à son origine, et to; vers le bout; l’inférieure est jaunàtre et brune vers le bout; la per ophtalmique est couverte de petites plumes disposées a claire-voie ; l’iris est jaune, les pieds sont noirs et les ongles gris. La logie totale du male est de vingt-deux pouces ; la queue porte dix pouces, le bec treize lignes, et le tarse trois pouces.

La femelle differe du màle par le plumage à miroirs moins brillans et par sa queue moins longue; les pieds sont d'un gris terne, et on voit à l’endroit où le mile porte l'éperon inférieur un tubercule calleux assez proéminent

Le Chinquis, dans le jeune dge, a le plumage d'un gris terreux, avec de grandes taches brunes et des raies de cette couleur. La couleur du plumage change dès la première mue et devient moins irrégulière ; sur les ailes et sur la queue se forment de grandes taches arrondies indiquant l’endroit où doivent se former, dans l’adulte, ces miroirs brillans que l’on voit paraître à la seconde mue: ils sont alors privés de ce lustre éclatant de pourpre et d’opale; leur teinte est d’un bleu foncé, le cercle jaune blanchàtre n’existe pas. Ce n'est qu'a la troisime mue, et à l’age de deux ans accomplis, que ces Gallinacés prennent le plumage de l’adulte; c'est alors que les miroirs sont colorés de teintes bleues, pourprées et opalines, que les cercles sont fortement dessinés, et que la queue prend toute sa longueur.

En captivité, ils ne sont pas très-farouches ; on parviendrait à les faire à l’état de domesticité, et, par des soins bien dirigés, on pourrait en obtenir des ceufs qu'on ferait couver par une poule.

Tous les Chinquis obtenus vivans ou en peau préparée arrivent en Europe par la voie de Canton ; les Chinois de Pékin nourrissent ces oiseaux dans leurs ménageries. On dit qu'ils vivent dans la chaîne montueuse qui sépare l’Indoustan du Thibet. Le sujet figuré pl. 559 a vécu pendant cinq ou six ans dans une ménagerie près de La Haye; sa dépouille fait partie du Musée des Pays-Bas. Le Musée de Paris possèéde un male àgé de deux ans, qui a vécu quelque temps

en captivité; on y voit aussi un jeune à plumage couvert de taches noiràtres.

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EPERONNIER A TOUPET.

(CLTEeeeeee EPERONNIER A TOUPET.

POLYPLECTRON EMPHANUM. Teuw.

Le Mdle adulte. — Planche 540.

CETTE espèce, très-temarquable et richement décorée , porte sur la téte une huppe longue à plumes effilées; son plumage, nuancé de teintes métalliques très-brillantes, n’est point couvert de ces miroirs dont le dos et les ailes des deux autres espèces sont ornés; mais la queue, formée de méme de deux rangées de pennes, porte des taches ovales et lustrées comme dans le Chinquis et l’Argus.

Le mdle, dont nous donnons la figure; est de la taille de l’Eperonnier argus ; une huppe frontale et coronale, composée de plumes longues, tubulées et à barbes soyeuses, orne la téte; une large bande blanche passe au-dessus des yeux, et une plaque d’un blanc éclatant couvre le méat auditif. La huppe,; la nuque, la poitrine et le

devant du cou sont d’un noir-verdAtre et è reflets métalliques; le

ventre et l’abdomen sont d’un noir parfait; la partie supérieure de.

toutes les couvertures des ailes et une partie des pennes secondaires resplendissent d’un vert bleuàtre très-brillant, changeant suivant les jours dont ces parties sont éclairées; chaque plume est terminée par une bande d’un noir mat; le dos et le croupion portent des zig-zags brun-jaunatre sur un fond brun terne. La queue, trésarrondie quoique peu longue, est formée de deux rangées de pennes brunes marquées d’une multitude de points couleur d’ocre; chaque rangée est munie, vers le bout et de chaque còté de la tige, d’un grand miroir ovoide vert métallique très-resplendissant ; ces miroirs sont entourés de deux cercles, l’interne est noir, et l’externe d’un brun clair; les pennes ont, vers le bout, une petite bande noire, et leur extréme pointe porte une bande blanche; les rémiges sont brunes; l'espace nu des yeux paraît avoir été rougeàtre dans le vivant; le bec, les pieds et les deux éperons dont chaque tarse est armé sont couleur de corne. La femelle n'est pas connue.

Ce bel individu mfle, que l’on croit originaire d’une des fles de

ÈPERONNIER A TOUPET. la Sonde ou des Moluques, a été acquis par et fait partie de la riche collection d'Oiseaux for

, d 9 dant du célebre maréchal Masséna , dont les hauts faits d’armes le s si honorables, è la gloire des légions fran-

galerie le nom d’Eperonnier Nauil a été décrit par M. Lesson.

le prince d’Essling,

mée par le descen-

lient, par des souvenir caises. Cet oiseau porte dans sa

poléon, et cest aussi sous ce nom q

EPERONNIER CHALCURE.

POLYPLECTRON CHALCURUM. Temw.

Planche 519.

Nous n’en connaissons que le mAle, et seulement d’après l’individu unique du Musée de Paris. Cet individu pourrait bien ne pas étre complètement adulte. par le plumage, quoique ses éperons, assez forts, indiquent que ce ne peut étre un jeune de l’année.

Cette espèce parait manquer de ces rangées de taches ou de miroirs brillans dont le plumage des trois autres est décoré; les pennes de la queue, qui ne comptent pas deux rangées , sont couvertes, depuis la moitié de leur longueur, d'une teinte dorée couleur de bronze; tout le reste du plumage est d’un brun terne.

Un brun terre d’ombre couvre la téte, le cou, la poitrine, le ventre, les flancs et l’abdomen; les ailes portent cette mème teinte, si l’on en excepte quelques unes des grandes couvertures rayées, ainsi que les scapulaires , le manteau et le dos de croissans noirs sur un fond brun-roussàtre; les grandes couvertures de la queue et les pennes caudales sont parsemées de bandes de ces deux couleurs; mais toutes ces pennes, depuis le milieu jusqu’au bout, sont d'un violet a reflets verts et pourprés. Chaque tarse est armé de deux éperons très-pointus; le bec très-gréle est blanchàtre, et les pieds sont gris. Longueur totale , dix-huit pouces.

L’individu da Musée de Paris, dont nous publions le portrait, a éé envoyé de Sumatra par M. Diard.

p eronnier < paleure, mado.

Proper

EPERONNIER ARGUS.

EPERONNIER ARGUS.

POLYPLECTRON BICALCARATUM. Tewm.

Avant d’entrer dans les détails descriptifs relatifs à cette seconde espèce , il nous faudra passer en revue les figures publiées de l’Eperonnier des auteurs, basées sur des dessins peu soignés, et enluminées d’après les indications probablement des deux espèces séparées, sans caracières authentiques et précis, sous les noms de Pavo bicalcaratus et thibetanus, ou réunies et confondues sous le nom d’Eperonnier.

Les diagnoses de Linnée et des auteurs systématiques ne portent en effet aucun indice de caractères bien déterminés, à l’aide desquels on puisse reconnaitre leur Pavo bicalcaratus ou thibetanus, et l’on se verrait étrangement embarrassé s'il fallait recourir à la description de l’Eperonnier; pour s'assurer si c'est de notre Chirquis ou de notre Argus qu'on a voulu tracer la description et le portrait; toutefois, nous en exceptons la figure en noir et la description succincte de Sonnerat, qu'on est en droit de rapporter à notre Argus, vu la taille, qui est en eflet d’un tiers moindre que le Faisan vulgaire, la nudité des joues couverte d’une peau jaune, et la couleur verte des petits miroirs, caractères qui ne vont point au Chinquis de la taille à peu près du Faisan vulgaire, à grands miroirs bleus et pourprés entourés de deux cercles, et à joues couvertes de petites plumes clair-semées : la figure jointe à la description de Sonnerat donne une idée nette des deux rangées de pennes dont la queue est composée, mais cette queue est proportionnellement trop courte. La planche enluminée 492 des oiseaux de Buffon doit étre reléguée au nombre des dessins imaginaires; celle de la femelle, pl. 495, est plus exacte : on peut se faire une idée assez nette de notre £peronnier argus, en supprimant de cette figure les trois rangées de miroirs, à la queue celle du milieu, et en ne prenant aucune notice

des bordures jaunes qui entourent les miroirs des ailes et des pennes

Recuen. D’Orseaux, 88 LIVRAISON.

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