CAILLE NATTÉE
que les bandes chez le male; la gorge est d'un blanc pur; les parties supérieures ne different point d'une maniére très-marquée , mais celles du cou et du dessous du corps sont d’un blanc-roussàtre, irrégulièrement marqué de taches noires et de raies longitudinales blanches; ces dernières sont disposées sur les flancs; le milieu du ventre est blanc.
Sonnerat a parlé de cette espèce sous le nom de petite Caille de Gingi, et Sonnini l’indique dans l'article de la Caille de la céle de Coromandel. C'est Perpix Coromanpenica, Lath. Ind. Ornith. vol. 2, pag. 664. Sp. 38. Les descriptions des auteurs mentionnés n’indiquent point la tache noire triangulaire à la gorge du male adulte, ce qui fait présumer quils n’ont vu que de jeunes màles ou bien des femelles.
Cette espèce habite le continent de l’Inde, elle paraît commune au Bengale. On trouve les individus des deux sexes dans les Musées
de Paris et des Pays-Bas.
per
PERDRIX ROUSSE-GORGE
PERDIX CAMBAYENSIS. Lat.
Le Mdle et la Femelle adultes. — Planche 447, fig. 1 et 2.
IL résulte souvent les erreurs les plus graves de l’empressement qu'on met a classer les animaux dans nos méthodes, et à publier les résultats d'une première observation basée sur Vexamen, quelquefois très-:superficiel, d'un sujet unique. L’article que nous publions ici peut servir de preuve nouvelle que les publications trop précoces nuisent plus ou moins à l’étude de l’histoire naturelle; elles tendent souvent à porter la confusion dans la classification méthodique.
Latham, induit en erreur par l’examen d’un sujet de cette espèce dé posé dans les galeries du Musée britannique à Londres, sur lequel il composa son article Perdir cambayensis, Ind. Ornit. vol. 2, page 655, sp. 44, ne s'est point douté que l’individu avait été mutilé; le manque d’ongle au doigt postérieur lui parut sans doute trèsextraordinaire, puisqu'il fait mention &à deux reprises de la phrase digito postico mutico , dans un article de quatre lignes. Fixant mon attention sur cette remarque faite par Latham, et d’avance frappé de l’analogie entre le manque d’ongle chez cette espèce, et l’absence bien constatée de tout ongle dans le Cryptorix ou Roulonl couronne. Voyez les PI. col. 550 et 351. Jassociai ce Perdix cambayensis à l’espèce bien connue. Me trouvant à Londres, jy vis l’individu qui avait servi à la description de Latham; et sans doute prévenu en faveur de l'absence de l’ongle au doigt postérieur, je ne m'apergus point de l’état imparfait du sujet : ce n'est qu’après avoir eu sous les yeux une multitude de dépouilles de la méme espèce, toutes pourvues d’un ongle au doigt postérieur, que je me doutai de l’état de dégradation du sujet déposé au Musée britannique. Cet individu est
REGUEIL D'OISEAUX, 75° LIVRAISON.
PERDRIX ROUSSE-GORGE
un jeune mile revéta en partie du plumage de l’adulte, mais ressemblant plus au total à la vieille femelle dont le portrait accompagne cet article. Il resulte de tout ceci que le Perdix cambayensis est une véritable Perdrix, et qu'il faut rayer tout l’article du Cryptonia roux fourni dans l'histoire des Gallinacés, vol. 3, pag. 534. Le genre Cryptonix ne comprendra que l’espèce unique sous Cryptonix coronalus.
L’espece étant réintégrée a sa véritable place, nous ferons observer qu'elle s'éloigne un peu des Perdrix par la forme du bec, qui est trèscourt, plus haut que large, à mandibule supérieure très-fléchie ; le tarse du màle est pourvu d'un tubercule très-fort; les sujets trèsvieux ont ce tubercule extraordinairement développé , pouvant presque tenir lieu d’éperon obtus. L'espèce est encore caractérisée par la petite taille, moindre que celle de notre caille d'Europe, dont elle n'a pas la coupe d’aile; les pennes sont étagées comme chez les Perdrix proprement dites. Les sexes diflèrent par les couleurs du plumage , mais le male et la femelle ont toute la région gutturale d’un beau roux foncé.
Le mile adulte, en état parfait du plumage, est facile à distinguer de la femelle par les belles bandes noires et blanches dont toutes les parties inférieures sont couvertes, ses bandes transversales, trèsrégulières, sont peu larges sur toutes les parties du devant du cou et de la poitrine : elles occupent plus d’'étendue sur le ventre et sur les flancs; les cuisses et la région abdominale sont d’une teinte isabelle foncée. Les parties inférieures chez la femelle sont d'un roux isabelle, sans taches ni raies, mais un peu teint de couleur lie de vin à la poitrine. Le plumage des deux sexes n’offre à peu près aucune disparité dans la distribution des couleurs des parties supérieures et de la téte; trois raies, dont une rousse et deux blanches passent sur les joues; une raie blanche et une rousse passent au-dessus des yeux, et l’autre bande blanche en dessous - elles aboutissent au còté du cou; le sommet de la téte est varié de gris et de noiràtre; tout le dos est gris marqué de nombreux zigzags très-déliés; les ailes sont aussi de couleur cendrée variée de zigzags, mais chaque plume porte une raie blanche plus ou moins large; sur la baguette quelques unes ont encore de grandes taches noires irrégulières, et des bandes transversales jaunàtres ou roussàtres encadrées de noir; la queue est ar-
rondie, rayée à grand intervalle de roux jaunatre encadré de noir :
PERDRIX ROUSSE-GORGE
l’intervalle entre ces bandes est couvert de zigzags très-fins; les pieds, les ongles et la mandibule inférieure sont jaunes; la mandibule supérieure est brune. Longueur de cinq pouces huit ou dix lignes è six pouces au plus. |
Cette espèce est très-abondante dans tous les cantons cultivés de l'Inde; on la trouve en grand nombre sur les marchés, dans les villes du Bengale, particulirement à Calcutta. Les Musées de Paris et des Pays-Bas ont obtenu des individus de MM. Duvaucel et Dussumier.
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COLIN SONNINI
PERDIX SONNINII. Tenwm:
Le Mdle. — Planche n5.
Ji conserve à ce Colin, qui n'a été désigné dans aucune méthode, et seulement d’une manière peu satisfaisante par les voyageurs, le nom du naturaliste qui le premier nous a donné sur l’histoire de cet oiseau des renseignemens plus positifs. M. Virey le décrit dans la nouvelle édition des ceuvres de Buffon (1) avant lui PabbéRozier l’avait indiqué dans le Journal de Physique de Pannée 1772 tom. 2, part. 1°°., pag. 217, et figuré planche 2; Barrèfe et Laborde en font aussi mention; mais ces indications ont été ‘confondues avec les descriptions, également très-succinctes, de l’espece du Zonécolin.
Ce Colin, qui habite des climats où la température ne se refroidit jamais è tel point que les substances végétales languissent dans une Inanition temporaire, n'est point contraint, par un manque de nourriture ou par un froid trop àpre, d’abandonner les lieux qui l'ont vu naître ; il n'émigre point comme le Coléniqui; l’espèce est sédentaire dans les contrées de l’Amérique méridionale. Ces Colins ainsi que tous leurs congénères vont par compagnies de sept ou huit, jusqu'à quinze ou seize; lorsque la troupe prend son vol, les vieux se lèvent les premiers. Ils habitent de préférence les petites bornes sur la lisière des bois, et ils ne sont pas si sauvages qu'on n’en rencontre plusieurs compagnies dans le voisinage des habitations. Les jeunes ne se lèvent pas facilement, et se cachent fort bien dans les grandes herbes entrelacées dans les buissons et les petits palmiers épineux, où ils se retranchent. Quand ils partent, ils ne poussent point de cri, et filent droit tout de suite; leur vol n'est pas élevé
(1) Buffon, édit. de Sonn., v. 7, p. 135.
RecuEIL D’'OrseAUX, 13° LIVRAISON.
COLIN SONNINI
de plus de cinq ou six pieds; les jeunes éparpillés se rappellent entre eux par un petit sifflement assez semblable a celui de nos Perdreaux. Ce Colin pond en différens temps et fait deux couvées. Sonnini rapporte qu'il a vu nourrir en cage de ces ciseaux, avec de petites graines , mais ils conservaient toujours un caractère sauvage et farouche, et ils s'agitaient extraordinairement lorsqu'on s'approchait d’eux.
Ce Colin se distingue, au premier coup d’ceeil, du Zoneécolin, ( Perdix cristata Lath.) par les couleurs plus foncées de son plumage ; le roux-marron, le cendré-rougedtre et le noir en forment les teintes principales; tandis que dans le Zonécolin, c'est le blancjaunàtre, le cendré-brun, le noir et le roux qui dominent : chez ce dernier la femelle differe beaucoup du màale par les distributions des couleurs du plumage, tandis que chez le Colin Sonnini le plumage de la femelle ne diffère de celui du male que par les teintes moins vives : dans le Zonécolin les quatre ou cinq longues plumes droites qui forment la huppe sont implantées en avant des yeux, vers le front; dans le Colin Sonnini, de semblables plumes forment une huppe , mais qui se relève au milieu du cràne et dont les plumes sont implantées entre les yeux.
La longueur totale est de sept pouces et jusqu'à trois ou quatre lignes; le bec est comme dans le Zonccolin, et le tarse a aussi la méme longueur. Quatre ou cinq plumes étroites, dont les deux plus longues mesurent un pouce, sont implantées sur le haut de la téte, entre les yeux; elles sont jaundtres avec un peu de brun au milieu; le front est jaundtre, et c'est aussi la couleur qui entoure la base des deux mandibules; toute la gorge et une large bande derrière les yeux sont d’un roux-foncé, sans que les plumes soient bordées d'une couleur différente ; les plumes de la nuque et des cétés du cou portent des taches blanches, noires, et de couleur marron; le haut du dos est d’un cendréroux avec de nombreux zigzags noirs; toutes les autres parties supérieures portent, sur un fond cendréroux, de grandes taches noires et des zigzags bruns, et les couvertures des ailes ne sont point bordées de couleurs claires ; la poitrine d'un cendré-rougedtre clair, qui est à points noirs, porte encore quelques taches blanches disséminées; toutes les plumes des parties inférieures, ainsi que les couvertures inférieures de la queue, ont trois grandes taches ovoides d’un blanc pur, disposées de chaque
COLIN SONNINI
còté de la plume le long de ses bords; ces taches sont entourées de noir et le milieu de la plume est d'un beau roux-marron ; les rémiges et les pennes secondaires sont brunes les pennes de la queue sont d’un brun très-foncé, avec une multitude de petits zigzags noirs; le bec est noir et les pieds sont jaunàtres.
La femelle, toujours un peu moins grande, n'a point de ces plumes allongées sur la téte; les couleurs de son plumage sont plus pàles, mais les distributions en sont les mémes.
Je termine cet article des Colins par la remarque que plusieurs autres oiseaux portent ce méme nom dans les écrits de Fernandez (1). Nonobstant les indications succinctes de cet auteur et l’impossibilité de reconnaitre les espèces différentes quil se contente de signaler par les noms les plus barbares, nous voyons cependant les méthodistes s‘aviser de les produire, comme autant d’espèces distinctes d’oiseaux .
Parmi ces Colins de Fernandez indiqués plutòt que décrits, on doit rayer les suivans de la liste des espèces de Perdrix d’Amérique. Le Cacacolin, du chapitre 154; les deux espèces d’Accolins ou Cailles d’eau, aux chapitres 10 et 151; le grand Colin de Buffon (2) et que Fernandez indique au chapitre 59, sans lui donner de nom; l’Ococolin, chapitre 85, indiqué par Buffon (3) sous le nom d’Ococolin ou Perdrix de montagne du Mexique, le méme oiseau dont Brisson fait une espèce de Rollier (4), et ensuite une espèce de Caille ou de Perdrix (5); Fernandez parle encore d’un autre Ococolin au chapitre 211, mais celui-ci est du genre Pie. La prétendue Caille des fles Malouines (6), figurée par Buffon, est encore un Colin, mais que je n'ai jamais vu en nature.
Musées de Paris et des Pays-Bas.
(1) Zoyez Fernandez, Mist. avium nova Hisp. cap. 24,25, 39, 85 et 134. (2) Perdix nove Hispania. Lath., Ind. Ornith. , v. 2, p. 653, sp. 33.
(3) Perdix nevia. Lath., Ind. Ornith.,v.2, p- 649, sp. 19.
(4) Galgulus mexicanus cristatus. Briss., Ornith.,v. 2 > pi 84
(5) Perdix montana mexicana. Briss., Ornith., v. 1, p. 226, sp. 3.
(6) Perdix falklandica. Latk., Ind., v. 2,p. 653, sp. 32.
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CRYPTONIX cv ROULOUL COURONNE.
CRYPFONIX CORONALCUS. Teui
Le Mdale, planche 350. — La Femelle, planche 551.
Nous avons fait observer dans le discours sur le genre Tétras publié dans le troisieme volume de IHistoire naturelle des Pigeons et des Gallinacés, pag. 110, que le Rouloul de l’Encyclopédie fait partie du nombre des oiseaux classés par Gmelin, treizième édition des ceuvres de Linné, dans le genre Tetrao; Latham le range parmi les Perdrix.
La forme du bec et des narines des Gryptonix distingue ceux-ci, du premier coup d’ceil, des ciseaux compris dans le genre des Perdrix, tandis que le manque de l’ongle au doigt postérieur est un caractère qu’on ne trouve dans aucun genre d’oiseaux; il est mémé probable que ce manque d’ongle a paru aux yeux de certains naturalistes, comme une difformité individuelle, puisque Sparmann et Latham, qui donnent des figures sous tous les autres rapports assez exactes du màle de l’espèce de cet article, le représentent portant un ongle au doigt postérieur : cependant, je puis assurer que ce manque d’ongle n'est point accidentel dans les oiseaux de ce genre, puisque sur plus de vingt individus qui mont été envoyés de Batavia, Je n'ai vu dans aucun sujet des deux sexes, le moindre indice d’une substance cornée au doigt postérieur.
Sonnerat est le premier qui ait fait connaître ce singulier Gallinacé ; indécis sur la place que l’espèce doit occuper, il établit des rapprochemens entre le Faisan et le Ramier d'Europe, et cette circonstance semble avoir déterminé Sparmann è en faire un Faisan, sous le nom de Phasianus cristatus (1); Latham et Gmelin par contre,
se sont avisés d’en faire un Pigeon , sous le nom de Columba cristata (2);
(1) Sparmann, Museum Carls., fasc. 3, t. 64:
(2) Gmel. Syst. natur: 1, pag. 774; et Lath. Ind. Orn. v. 2, pag. 596.
Recver D’Olsesux, 59°. LIVRAISON.
CRYPTONIX 0U ROULOUL COURONNE.
ces derniers font ensuite de la femelle une véritable Perdrix, sous le nom de Perdix viridis (1); et finalement, nous voyons l’auteur Anglais réunir toutes ces indications dans le supplément à l'index, sous la dénomination de Perdix coronata. Jai cru devoir faire de ces oiseaux un genre distinct, également diff&rent de celui du Pigeon, du Faisan et de la Perdrix.
Le Cryptonix couronné se distingue par sa taille assez forte, par la nudité très-grande dans laquelle les yeux sont placés ; cette peau nue forme autour de l’orbite une membrane proéminente, dont le bord est profondément échancré; les deux sexes portent encore sur la base du bec cinq ou six crins qui décrivent le quart de cercle.
La longueur totale du mile adulte est de dix pouces; le bec porte neuf lignes; sa hauteur, à la base, est de cinq lignes; le tarse a un pouce huit lignes, il est dépourvu d'ergot et de tubercule calleux; le doigt du milieu avec l’ongle mesure un pouce quatre lignes, et le moignon ou doigt de derrière a cinq lignes.
Outre que le male diflère beaucoup de la femelle par les couleurs du plumage, il seen distingue encore par cette belle touffe de longues plumes à barbes décomposées, qui ceint l’occiput en forme de diadème, et que l’oiseau porte toujours à moitié relevée. Le front est noir; de la base du bec s'élèvent six crins, dont les plus longs mesurent un pouce quatre ou cinq lignes; ces crins, assez épais, sont courbés en arrière, ils forment une huppe que l’oiseau peut relever ou abaisser à volonté; l’espace entre ces crins et le diadème est d’un blanc pur; les plumes qui forment le diadème sont d’un rouge mordoré, longues d'un pouce neuf lignes, et disposées en demicercle autour de l’occiput; le tour des yeux ainsi qu’un grand espace derrière est nu, d'un rouge clair, et ce rouge paraît également dans les interstices que laissent les petites plumes clair-semées, disposées sur les còtés de la téte et à l’entour du bec; un cercle proéminent, de couleur rose, et garni d'échancrures, entoure l’orbite des yeux et s'élèéve un peu au-dessus; les joues, la nuque, les scapulaires et toutes les parties inférieures du plumage sont d’un noir à reflets brillans de couleur violette; le dos, le croupion et les plumes qui recouvrent une grande partie de la queue sont d’un vert trèsfoncé; les pennes de la queue sont noires; toutes les couvertures des
ailes et les pennes secondaires sont d’un brun-rougeatre très-foncé ; e)
(1) Tetrao viridis. Gel. pag. 761.
CRYPTONIX 0U ROULOUL COURONNE.
sur les plus petites couvertures règnent des reflets violets ; les rémiges sont d'un brun foncé sur leurs barbes intérieures, mais les barbes extérieures sont rousses et marquées de petits zigzags noirs; la mandibule supérieure du bec est presque entièrement noire; l’inférieure ne l’est qu'a la pointe; le reste ainsi que la base de la mandibule supérieure est rouge ; les pieds sont d'un rouge-jaunàtre; les ongles sont bruns, et l’iris d’un rouge vif.
La femelle, toujours un peu moins grande que le màle, en diffère assez par les couleurs du plumage; elle porte comme le mdle les six crins arqués sur la base du bec, mais point de diadème sur l’occiput; la nudité ophtalmique a la méme forme que chez le mile; tout le haut de la téte, les joues, la nuque et la gorge sont couverts de petites plumes très-courtes et cotonneuses; elles sont d'un bruncendré, mais avec une légère nuance violette ; le cou, la poitrine, les flanes, tout le dos et les couvertures supérieures de la queue sont d'un beau vert-céladon; le ventre et l’abdomen sont d’un vertcendré, et les pennes de la queue sont d’un noir-verditre ; les scapulaires et toutes les couvertures des ailes sont d'un beau rouxmarron; les pennes secondaires sont brunes; les rémiges sont de couleur plus claire que chez le mdle.
Le Cryptonix couronné vit dans les grandes foréts, sans jamais se montrer dans les plaines; c'est un oiseau très-méfiant et farouche, qui ne peut résister à la captivité; le cri d'appel du mdle est un petit gloussement, plus sonore que celui de la Perdrix grise.
Ces oiseaux habitent dans les foréts de la presqu'île de Malaca; ils sont très-abondans dans toutes les parties de l’île de Sumatra, qui est séparée de la terre ferme par le détroit de Malaca; ils sont en grand nombre dans le district de Palambang. L’espèce est rare à Java. Plusieurs individus mont été adressés de Batavia, et les naturalistes voyageurs en ont rapporté de ces pays.
Musées des Pays-Bas et de Paris.
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GENRE MEGAPODE.
GENUS MEGAPODIUS. Teuw.
Bec gréle, faible, droit, un peu fléchi vers la pointe, pas bombé, aussi large que haut à la base; mandibaule inférieure droite, point cachée par les bords allongés de la supérieure.
Narines distantes de la base du bec et plus près de la pointe , ovoides, ouvertes; fosse nasale longue, couverte d'une membrane entièrement garnie de petites plumes. Région des yeux nue; cou garni de plumes clair-semées.
Pieds grands, forts; tarse près du double plus long que le doigt du milieu; tous les doigts longs, le postérieur posant à terre dans toute sa longueur; les antérieurs à peu près égaux; l’interne uni è sa base; l’externe divisé. Orggles très-longs, faiblement courbés, trigones, déprimés.
Ailes médiocres; les deux premières rémiges plus courtes que la troisième et la qua-
trième, qui sont les plus longues.
Les Gallinacés qui composent ce genre ne nous étaient point encore connus à l’époque de la publication de la seconde édition du Manuel d’Ornithologie. Les deux espèces, sur lesquelles notre nouveau genre a été primitivement établi, ont été rapportées par l’expédition du capitaine Freycinet; depuis cette époque ces memes espèces et une troisièéme sont parvenues au Musée des Pays-Bas par les soins de M. Reinwardt qui a rapporté plusieurs individus de ses voyages dans les Moluques.
Ce genre doit prendre rang parmi les Gallinacés a queue courte. Il paraît convenablement placé entre les genres Cryptonyx et Tinamus. On peut considérer ces oiseaux comme les représentans des Tinamous dans les contrées chaudes de l’ancien continent; quelques unes de leurs habitudes, leur port, méme la nature du plumage , les couleurs et leur distribution offrent, en quelque sorte, des rapports entre ces oiseaux et nos Meégapodes. Je ne vois point par quel motif on peut leur supposer des rapports avec les Pein-
tades ou avec les Lophophores, mais il est certain que leurs doigts
RecurIL D'OiseAUx, 37°. LIVRAISON.
GENRE MÉGAPODE.
et la forme des ongles indiquent quelques rapprochemens avec ces mémes parties dans le genre Menura. MM. Gaimard et Reinwardt nous ont communiqué quelques détails relatifs a la manière de vivre de ces Gallinacés; il nous restera cependant encore plusieurs lacunes à remplir dans la partie descriptive de leurs moeurs et de leurs habitudes.
Ces Gallinacés habitent la lisière des grandes foréts qui bordent les plages maritimes; ils courent plus qu'ils ne volent; leur retraite est dans les bois où leur genre de vie n'a point encore été observé; surpris en plaine le long des bords de la mer, ils partent au moindre indice de danger et vont se cacher dans l’épaisseur des bois ou des Jonchaies, dont ils s'écartent peu ; leur vol est de courte durée et en effleurant la terre; le cri de ces oiseaux paraft étre une espèce de gloussement. Leur démarche, observée en captivité, est vacillante; les pieds sont placés en arrière, projetant le corps en avant, absolument comme dans les Tinamous. Cette position des membres moteurs doit nécessairement contribuer beaucoup à les rendre très-ingambes. Leur bec est petit et gréle en proportion du corps ; leur queue courte est recouverte, en grande partie, par les ailes; ils ont le cou couvert de plumes disposées a claire-voie, qui laissent voir la peau dans certaines parties. Les males ne different point des femelles. Mais ce qui rend ces oiseaux très-remarquables est la manière singuliére de l'incubation. Il paraît que ces Gallinacés ne couvent point leurs ceufs et que sous ce rapport, semblables aux Amphibies, aux Ornithorhynques et a l’Echidné, ils abandonnent l’incubation à la chaleur du soleil dardant ses rayons perpendiculaires sur un sable brùlant; le fait est certain, puisqu’on trouve les ceufs sur les bords de la mer dans des enfoncemens pratiqués dans le sable et recouverts de ce méme sable, de feuilles et de plantes; des milliers d’oeufs, déposés de cette manière, couvrent les plages maritimes dans les îles où ces oiseaux ont établi leur demeure; les naturels savent apprécier l’étonnante fecondité de ces pourvoyeurs ailés; leurs ceufs, recherchés avec soin, forment une partie de la subsistance des sauvages qui mangent aussi la chair de ces oiseaux ; on a lieu de croire que quelques insulaires sont parvenus à les réduire à un état demi-domestique. Les ceufs de ces oiseaux sont d’une grosseur excessivement disproportionnée à leur taille, de forme ovalaire et d’égale grosseur aux
deux bouts. Il serait curieux à savoir de quelle manière les jeunes
GENRE MEGAPODE.
se comportent au sortir de l’ceuf. Les soins maternels que les femelles de tous les Gallinacés connus prodiguent avec tant d’assiduité et de courage à leur progéniture, manqueraient-ils totalement à ces Megapodes qui, par leurs formes totales et par leur étonnante fécondité, ressemblent si complètement à tous les autres Gallinacés?
Nous publierons dans ce recueil les figures des trois espèces nouvelles, comprises dans ce genre, savoir: les Mégapodes Freycinet, Reinwardt er La Peyrouse.
Au moment de faire imprimer cet article nous apprenons par M. Dussumier, amateur plein de zèle et observateur exact (1), que les détails donnés par nous relativement à la ponte des Mégapodes sont exacts; il ajoute que les tentatives faites pour obtenir des individus de l’espèce qui sera publiée sous le nom de Lapérouse, ont été infructueuses. Il paraît que ces oiseaux déposent, pendant la nuit, leurs ceufs dans le sable du rivage; on les voit courir sur la gréve avec une vitesse étonnante; mais à l'indice du danger ils se cachent dans les bois et dans les jonchaies de Rottings, où ils se blotissent sans qu'il soit possible au chasseur de les faire sortir de ces retraites qui favorisent leur fuite.
Il est probable qu'il existe encore à Célèbes une quatrième espèce de Mégapode beaucoup plus grande que les trois autres qui nous sont connues. On peut juger de sa taille par la grandeur des ceufs qui ont la forme de ceux de notre Cygne domestique; leur longueur est de quatre pouces cinq ou six lignes. M. Reinwardt a rapporté de Ceélèbes plusieurs de ces ceufs trouvés par lui sur le rivage; il en a ramassé un très-grand nombre; disséminés cà et là sur un espace de terrain très-étendu, chaque ceuf se trouvait enfoui dans le sable dont il était recouvert. Ce voyageur, nonobstant toutes les peines qu'il s'est données, n'a pu parvenir a se procurer
l’oiseau qui est connu des habitans de Célèbes sous le ‘nom de
Maleéo.
(1) M. Dussumier, de retour de son second voyage à Manille , a visité quelques autres îles de l’Archipel des Philippines et des Mariannes; il a séjourné au Bengale, d’où il rapporte une belle collection d’oiseaux , rassemblée dans le but d’en faire hommage au Musée du Jardin du Roi à Paris. Quoique formant lui-méme une collection ornithologique à Bordeaux, sa ville natale, M. Dussumier met un rare dévouement à enrichir le Musée de Paris des objets uniques qu'il rapporte de ses courses lointaines. Le Musée des Pays-Bas lui doit aussi quelques pièces
rares et intéressantes dans cette branche de l’histoire naturelle.
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MEGAPODE FREYCINET.
ORI CINATI Cio.
L’Adulte. — Planche 220.
Survant le rapport de MM. Quoy et Gaimard il paraît que cette espèce vit dans un état demi-domestique, à peu près comme nos Canards sauvages, nos Cygognes et nos Pigeons de colombier; plusieurs îles du vaste archipel de Ja mer des Indes en sont peuplées. A Guébé ce Gallinacé porte le nom de B/evine et chez les Papous celui de Markirio. Ces peuples en apportaient de vivans aux voyageurs francais, pour étre mangés. M. Gaimard en a luiméme chassé dans la petite ile de Bony; ils se tiennent dans les lieux humides, volent peu et en effleurant la terre.
Le Mégapode' Freycinet a le port et la taille du Tinamou cendré d'Amérique; sa queue courte est arrondie par le bout, les ailes en couvrent plus de moitié; les pieds sont très-forts, munis d’ongles gros, faiblement arqués, déprimés au bout et de moitié longueur des doigts qui sont a peu près égaux; les plumes de l’occiput sont un peu plus longues et plus touffues que celles du sommet de la téte; les petites plumes de la partie supérieure du cou sont à claire-voie, de facon que la peau nue, colorée de rougeatre-terne, se distingue dans les intervalles qu'elles laissent entre elles. Le plumage de toutes les parties, sans exception, est d’un noir couleur d’ardoise ou mine de plomb, un peu plus foncé sur les ailes et sur la queue qu’au ventre; le bec est couleur de corne-claire, et les pieds ainsi que les ongles sont d’un noir parfait. Longueur totale, de treize à quatorze pouces; tarse, deux pouces six lignes.
Les ceufs sont d’une grandeur disproportionnée en rapport a la taille de l’oiseau qui les produit; a peu près d’égale grosseur aux deux bouts, longs de trois pouces et demi et d'un rouge-clair. On trouve
Recover D'Orsrsvx, 37° LIVRAISON.
MÉGAPODE FREYCINET.
des amas considérables de ces ceufs le long du rivage de la mer; les cavités qui les recèlent sont recouvertes de sable, et les naturels savent reconnaître, à des indices certalns, les lieux où ces ciseaux ont enfoui et caché leurs ceufs; ils les recherchent avec beaucoup de soin.
Cette espèce, dédiée par M. Gaimard au chef de l’expédition dont il a fait partie, vit à la terre de Papous, à Guébé, à Amboine et & Banda. M. Reinwardt nous a rapporté l’espèce de la dernière de ces iles. Les'ceufs y ont été trouvés isolés et dispersés cà et la; mais chaque ceuf était soigneusement recouvert par un amas de fragmens de plantes seches ou de feuilles.
Mustes des Pays-Bas et de Paris.
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