‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux (volume 2)Chapitre 42 sur 121 · ILLIGER · texte numérisé non relu

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Le Mdle adulte. — Planche 257.

Marcerave, Pison, d’Azara, M. Geofiroy et le prince de Neuwied (1) ont donné des détails sur ce bel oiseau des conirées de l’Amérique méridionale; nous nous proposons de réunir dans cet article tout ce qui est connu sur les moeurs et sur les habitudes de l’espèce. D'Azara et le prince de Neuwied, qui ont soigneusement observé le Cariama, nous fournissent dans leurs écrits les détails les plus intéressans. Buffon a parlé de cet oiseau dans ses ceuvres, tom. VII, pag. 525. A l’exception de quelques vues générales, il a répété en partie ce que Marcgrave nous apprend.

Les Portugais appellent cet oiseau Cariama ou Sariama , les Brésiliens Ceriema, et les Guaranis, peuplade sauvage du Paraguay, Saria. Toutes ces dénominations paraissent avoir rapport au cri aigu de cet oiseau, que l’on entend à un mille de distance. Il ressemble aux oiseaux de rivage par ses jambes, ses pieds et ses ongles, et méme par l'ensemble de sa conformation. Il a le bec des Gallinacés, le port et le cou du Rhea Nandua ( Rhea Americana ), l'oeil des ciseaux de proie. Néanmoins on ne peut le rapprocher des oiseaux d’eau, parce quil vit dans les plaines montueuses, a la lisière des foréts claires , séches et élevées. Sa nourriture se compose de lézards et d’insectes. On le rencontre réuni par paires ou en petites troupes; il fuit l’homme de très-loin. Farouche et rusé, il sait éviter, par une surveillance

assidue, d’étre facilement découvert et poursuivi. Sa démarche or-

(1) Marcg., Zist. nat. du Brésil. — Geoffroy, Annales du Musée, vol. 13, pag. 362. — Azara, Voy. au Paraguay , vol. 4, pag. 175. — Prince de Neuwied, Beit. zur Naturges. A 2 7 FORI des Sariama ; avec une bonne figure de la téte grandeur naturelle. C'est le Pa/amedea cristata > re /

des Catalogues meéthodiques.

Recuer D'OIseAUx, 40°. LIvRAISON.

CARIAMA DE MARCGRAVE.

il soupgonne quelque sujet de

dinaire est grave et mesurée; quand de lui avant de se décider

crainte il examine avec attention autour

à demeurer ou è se mettre en Course. Les chasseurs, quoique en-

tourés de ces ciseaux, ont beaucoup de peine les immenses plaines du

a sen rendre maîtres.

Sa voix forte et sonore retentit au loin dans Brésil et du Paraguay. La course est le seul moyen par lequel il puisse se soustraire aux poursuites du cavalier qui l’a découvert ; mais celui-ci ne parvient à lui lancer son lacet, ou bien è le tirer, quaprès maints détours et une persévérance opiniàtre; étant fatigué, le Cariama se blottit contre terre, ou bien il se pose sur quelque buisson cu sur un arbre, et le chasseur est alors assuré de sa proie. Il place son nid, composé de branches sèches, enduites de bouse de vache, sur un arbre bas ou de moyenne hauteur, et pond deux ceufs blancs ; les jeunes sont couverts de duvet; ils ont l’iris d'un jaune vif, et sont très-promptement en etat de courir. Quoique la chair de ces oiseaux soit blanche et de très-bon goùt, on ne les chasse point au Brésil comme gibier. Les jeunes que l'on nourrit en domesticité mangent quelquefois de petits morceaux de viande, mais ils refusent le mais. Ils parcourent le bourg ou le village où ils sont élevés, sortent méme dans les campagnes et reviennent a leur demeure.

Le Cariama paraît, au premier coup d’eeil, avoir des rapporis avec le Secrétaire d’Afrique, mais ils different beaucoup lorsqu'on les compare avec plus d’attention ; le premier est plus rapproché des oiseaux coureurs, de l’Agami et du K amichi, tandis que le dernier offre, dans l'ensemble de ses formes, tous les caractères des ciseaux de proie. La charpente osseuse du Secrétaire indique plus exactement encore tous ces rapports que les formes extérieures ont fait préjuger ; et, s'il est permis d’en juger aussi d’après ces formes seulement, il semblerait probable que le squelette du Cariama, qui n'est point encore connu, doit avoir des rapports avec celui du Butor ( Ardea stellaris ), de lAgami (Psophia crepitans ), et des oiseaux compris dans l’ordre des Grales.

La langue du Cariama est de moitié plus courte que la mandibule inférieure, plus unie, entière, et terminée par une pointe cornée; l’estomac est de forme ovalaire et très-musculeux.

Le cou est couvert de longues plumes a barbes plus ou moins décomposées , flottantes, molles et soyeuses sur la nuque, à peu près de la méme manière que dans le Buzor; Poiseau les étale et les relève lors-

CARIAMA DE MARCGRAVE, quil est effrayé; une huppe plus légère, à barbes rar

es et désunies, forme une belle touffe sur le fr

ont, et savance sur la base du bec ; qu'elle ombrage; elle est disposée sur

deux plans parallèles comme dans les fupicoles. Le tour

des yeux est nu, et cette nudité communique au bec; la peau est bleuftre. Les pieds sont longs et gréles, et

les doigts très-courts; la queue est arrondie et de moyenne longueur. De longs cils noirs garnissent la paupière supérieure de |’ La couleur générale des parties supérieures du Cariama est d'un .

brun couleur de terre; les parties inférieures sont plus blanchAtres.

cell.

Toutes les plumes du cou sont finement rayées de zig-zags d'un br plus sombre que celles du fond du pluma milieu de la queue sont brunes 3 les autres

blanches à leur extrémité, et marbrées

un ge. Les deux pennes du noires en grande partie ,

de noir sur un fond blanchàtre à l'origine; les pennes des ailes sont noirAtres et coupées par

des bandes transversales qui sont blanches et piquetées de noiràtre. Sur les plumes du devant du cou, dont la teinte est blanchàtre, sont des zig-zags très-fins d’un brun clair ; les plumes de la poitrine et du ventre ont des raies longitudinales blanches, direction de la baguette. La partie nue de la jambe, doigts sont d’un rouge-orange; le bec, d’un beau r dans l’adulte, est noiràtre ou marbré de noir les jeunes; l’iris est jaune. D’Azar

qui suivent la le tarse et les ouge de corail et de rougedtre dans a donne pour longueur totale du jeune sujet qu'il décrit, trente pouces; celui du prince de Neuwied a un demi-pouce de plus, et le très-bel individu adulte de notre Musée, que nous figurons,

porte trente-deux pouces en longueur totale.

Cet oiseau, très-difficile à se procurer, vu son extréme défiance, est assez abondant dans les vastes solitudes , entourées de foréts claires, qui couvrent une partie du pays connu sous le nom de Brésil silest,

dit-on, plus rare au Paraguay.

Musées des Pays-Bas, de Paris et du prince de Neuwied.

GENRE GLAREOLE.

GENUS GLAREOLA. Brisson.

Bec plus court que la téte, convexe, large à la base, comprimé vers la pointe, qui,

à partir du milieu de sa longueur, fléchit subitement ; mandibule inférieure droite;

la supérieure sans échancrure.

Narines basales, latérales, obliquement fendues. . , ® 2 CI D

Pieds emplumés jusqu'è une petite distance du genou; tarses grèles; quatre doigts; le doigt postérieur assez long, articulé sur la partie interne du tarse; des trois

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doigts de devant, l’externe et celui du milieu réunis par une membrane courte. Ongles longs et subulés.

Ailes très-longues, la première rémige dépassant toutes les autres.

On avait donné aux Glaréoles le surnom de Perdrix de mer, appa: remment parce quele bec de ces oiseaux ressemble beaucoup à celui des petites espèces de Perdrix ou de Cailles ; C'est aussi d’après une connaissance très-superficielle de leurs habitudes, qu'elles ont été comparées aux MHirondelles et aux Martinets.

Les G/aréoles vivent dans les climats chauds de notre Europe ; elles outre-passent rarement une latitude de quarante-six à quarantehuit degrés; on peut dire que l’espèce de notre Glaréole d'Europe est en quelque sorte cosmopolite dans les limites de l’ancien continent, puisqu’on la trouve en Asie et en Afrique. Les trois autres espèces, qui me sont connues, vivent sous l’influence des régions les plus chaudes du globe, sans que toutefois des espèces organisées sur le méme plan aient été trouvées jusqu'ici dans les latitudes correspondantes du Nouveau-Monde. C'est sur les bords des grands lacs et des rivières de l’ancien continent, et particulièrement vers les marais d’une grande étendue, qu'elles établissent leur résidence habituelle. On les rencontre rarement sur les plages maritimes, où leur apparition n'est que passagère ou accidentelle. Ces oiseaux montrent dans la course autant d’agilité qu’ils ont de légèreté dans

le vol; aussi les voit-on saisir avec une adresse vraiment admirable

RecurIL D'OrseAux, 67°. LIVRAISON.

GENRE GLARÉOLE.

les petits insectes qui courent sur le sable, et poursuivre a tire d’ailes ou se jeter par un mouvement prompt de còté ou en arrière sur la proie ailée dont ils se saisissent avec une vitesse étonnante; leur vol long-temps soutenu est très-rapide, ils fendent l’air comme un trait. Les moucherons et les vers aquatiques forment leur principale nourriture; les lieux habituels de leur demeure sont les grands marais en jonchaies. Le changement de livrée se fait doublement chez l’espèce qui habite nos climats et chez celle des iles de l’Archipel des Indes; le plumage de la saison hibernale diffère très-peu de celui d'été, et consiste en quelques légères différences dans les teintes du. plumage » dans le dessin plus ou moins régulier du collier et dans la couleur sombre ou claire des pieds.

Ce petit groupe est composé de quatre espèces, savoir :

Esp. 1. GLARÉOLE A COLLIER, dans Buffon sous le nom de Perdrix de mer, pl. enl. 882. Glareola torquata, Manuel d’ornithologie, pag. 500. Voy. aussi Leach. Glareola patrincola. Linn. transact. vol. 13, p.151, tab. 12, fig. 1 et 2, très-médiocres. Glareola austriaca , senegalensis et nevia, Gmel., sont des états différens d’àge ou de plumage. Patrie, VEurope, l’Asie et Afrique.

Esp. 2. GLAREOLE ORIENTAL figuré par Leach. Linn. transac. vol. 13, tab. 13, fig. 1 et 2, données pour le mle et la femelle, mais représentant fig. 1 l'habit d'été, et fig. 2 l'habit d’hiver. Glareola orientalis. Facile à distinguer de l’espèce précédente par une queue beaucoup moins longue sans filets latéraux dans l’adulte, les ailes dans tous les Ages dépassant le bout des pennes caudales. Patrie, les différentes parties de l'Inde et les îles de cet Archipel.

Esp.3.GLartioLe LacTÈ, de nos pl. col. 599. Voyez Manuel d’ornith. pag. 503 Glareola lactea. Patrie, l'Inde, surtout le long des bords du Gange.

Esp. 4. GrarboLe fcmasse, Glareola grallaria. Manuel d’ornith. pag. 505. Voyez aussi Vieill. Galerie des Oiseaux, figure peu exacte; et Leach, Linn. transact. vol 13. fig. 1 et 2 sous le nom de G/areola australis ; figuré sous le plumage de l’adulte et du jeune àge. Patrie,

lOcéanie et les Moluques.

PRICLICOLIA

QRrsaae

Iq9:

Claréole lacle,, md.

GLAREOLE LACTE.

GLAREOLA LACTEA Temum

Planche 399.

CetTE espèce a la queue très-peu fourchue, blanche; la seule penne extérieure marquée d’une petite tache noire, toutes les autres noires' vers le bout et terminées de blanc; les parties supérieures du corps, les ailes, le cou et la poitrine sont d’un cendré-blanchétre très-pur; la gorge, le ventre, l’abdomen et les couvertures de la queue d'un blanc pur; les rémiges et toutes les couvertures du dessous des ailes d’un noir parfait; le lorum noiràtre; le bec, à bords rougedtres, est noir à sa partie cornée; les pieds sont bruns. Longueur, cinq

pouces neuf lignes. Les sexes ne different point.

L’espèce est commune sur les bords du Gange. On voit des individus dans les Musées des Pays-Bas et de Paris.

GENRE KAMICHI,

GENUS PALAMEDE4. Linn,

Bec court, conico-convexe, droit, très-courbé è la pointe, comprimé dans toute sa longueur; mandibule supérieure votée, l’inférieure plus courte, obtuse; fosse nasale grande. Téte très-petite, couverte de duvet.

Narines éloignées de la base, latérales, ovalaires, ouvertes; fosse nasale couverte d’une peau nue.

Pieds courts, gros; nudité du tibia peu étendue ; doigts très-longs, les latéraux égaux; le pouce point élevé sur le tarse et portant è terre; l’interne à rudiment très-court, l’externe uni è l’intermédiaire par une membrane plus longue. Ongles médiocres, pointus, celui du pouce long, à peu près droit.

Ailes très-amples; les deux premières rémiges plus courtes que la troisième et la qua-

triéme qui sont les plus longues; deux éperons très-forts aux bords des ailes.

Marcerave, Pison, Sonnini et Azara font mention des oiseaux qui composent ce genre. Les auteurs mentionnés saccordent dans les récitsqu'ils font de leurs moeurs douces et paisibles; ils n’attaquent point les autres animaux au milieu desquels ils vivent en paix; la possession des femelles peut seule exciter les màles à un combat que toutes les espèces d’animaux se livrent entre elles dans la saison des amours; pourvus à leurs ailes d’éperons forts et pointus, ils n'en font aucun usage pour troubler la tranquillité dans les lieux de leur demeure habituelle; la force apparente de ces armes n'est qu'un vain appareil de guerre, et elles ont été départies a des oiseaux les moins disposés à en faire usage. Ces oiseaux habitent les savannes à demi noyées ou les marécages, et quelquefois les bords des fleuves dans les endroits où l'eau est basse; ils ne nagent point habituellement mais arpentent les bords des étangs et les marécages pour se nourrir de plantes aquatiques. Nous savons, par les récits de tous les voyageurs, que les Kamichis sont uniquement herbivores et peut-étre granivores, mais qu'ils n’attaquent aucun animal; des personnes, sans doute mal informées, ont avancé que ces oiscaux étaient reptilivores et quils

RecuerL D'OrsesUx, 37°. LIVRAISON.

GENRE KAMICHI

prenaient le poisson et les grenouilles; mais il est prouvé que leur nourriture se compose uniquement du règne végétal, cause. première de leur naturel doux et paisible, ainsi que de leurs moeurs sociales. Il n'est cependant encore nullement prouvé que les Kamichis , quoique d'un instinct docile, sont effectivement des pàtres fidèles, doués d’une intelligence qui les porterait è la reconnaissance et à se familiariser avec lhomme; ces gardiens vigilans et incorruptibles, ainsi qu'on les dépeint, ne paraissent doués que de ces qualités qui les rendent plus propres que d’autres ciseaux à subir le joug de la domesticité, et sous ce rapport ils tiennent de très-près aux Gallinacés, non-seulement par la forme à peu près semblable du bec, mais encore par leur structure interne que l’on dit étre organisée à peu près comme celle des Gallinacés. Le jabot a une ampleur considérable aussi bien que l’estomac qui difféere, suivant le témoignage de Sonnini, par sa forme seulement, de celui des Gallinacés ; sa membrane externe est très:musculeuse ; l’interne est veloutée de méme que dans la plupart des mammifères herbivores. Les intestins sont longs et leurs tuniques sont très-fortes.

Ces oiseaux ont la voix forte et sonore; leur cri, selon Maregrave, est terrible, et d’Azara dit, du Chaja, que sa voix est formidable. Les deux espèces qui sont connues se rapprochent du Dindon par la forme du corps, mais ils sont plus gros et plus charnus. Ils vivent habituellement dans les plaines marécageuses; on les approche difficilement:d’assez près pour les tuer, leur défiance contribue aussi à rendre leur capture rare. On ne voit point de différence marquée dans le plumage des sexes; ils se perchent sur les buissons et à la cime des plus hauts arbres, mais on les voit plus habituellement è terre; leur démarche est grave et ils n’entrent point dans les foréts. Les uns disent qu'ils font un nid spacieux, avec de petites branches, sur les buissons entourés d'eau, et d’autres quils le placent dans les joncs au milieu des eaux. Leur couvée est de deux ceufs de la grosseur de ceux du Cygne; les jeunes sont couverts de duvet; ils suivent leurs parens et pourvoient aussi probablement dès leur naissance à leur subsistance , ce qui les rapproche encore des oiseaux Gallinacés,

Ces considérations réunies, prises du naturel et des habitudes des Kamichis, nous ont fait adopter dans la classification métho-

dique du Manuel d’Ornithologie (voyez analyse du système géné-

GENRE KAMICHI

ral ) l’ordre établi sous le nom Aflectorides, où se trouvent rangés , a la suite de celui des Ga/linacés , les genres Psophia , Dicholophus ; Glareola et Palamedea. N'ayant pu connaftre, à l’époque de la publication de la deuxième édition du Manuel, l’oiseau que les Catalogues méthodiques signalent sous le nom de Parra shavari. , nous avions cru devoir classer provisoirement dans cet ordre le genre Chauna d'Illiger (1). Jen ai fait mention sans garantir l’exactitude des caractères indiqués, et il me semblait, alje dit, que la description donnée par d’Azara de son Chaja, indique de nombreux rapprochemens avec les Kamichis. Notre opinion sur la place que le Chaja doit occuper, s'est trouvée récemment confirmée par l’examen des dépouilles de cet oiseau et par les rapports des voyageurs qui ont été a méme de l’observer dans son pays natal. Le Chaja est en eflet une seconde espèce de Kamichi (Palamedea), et cette découverte nous porte à rayer le genre Chauna d'Illiger de la liste du système d’ornithologie.

Le genre Pa/amedea, tel qu'lest composé aujourd’hui, comprendra deux espèces, savoir : le Kamichi de Buff., pl. enl. 451, qui est le Palamedea cornuta, et le Chaja de d’Azara Parra chavaria des catalogues. Linné et Latham donnent sous le nom de Pa/amedea cristata , le Cariama de Maregrave, le méme que le Saria de d’Azara, comme une seconde espèce de ce genre, mais cet oiseau en doit étre distrait ; il forme le genre Dicholophus des méthodes nouvelles.

Nous publierons incessamment la figure et la description du Cariama.

(1) Iliger, Prodromus mammalium et avium, a établi son genre Chauna sur l’espèce du Parra chavaria des méthodes , sans doute d’après les seules indications très-vagues des auteurs. M. Vieillot, en Sappropriant plus tard les vues du savant Illiger, avait aussi formé ce genre

sous le nom Opistolophus.

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KAMICHI CHAJA,

PILAMEDEA CHAUVARIA. Temwm.

L’Adulte. — Planche 19.

Nous voyons dans Azara-(1) que cet oiseau jette assez souvent un cri très-fort, aigu et clair, non-seulement pendant le jour, mais encore dans la nuit, pour peu qu'il entende quelque bruit; le cri du màle est chaja, celui de la femelle chajali ; ils se répondent alternativement. On les voit tantòt seuls, tantòt par paires, tantòt en troupes nombreuses. Il n'y a pas de différence entre l’un et l'autre; ils ne fréquentent que les marécages; et si quelquefois on les rencontre sur le bord des rivières, c'est dans les endroits où l’eau est basse et peu courante. Ils ne nagent point, mais entrent dans l'eau comme les Hérons; ce n'est pas pour manger les poissons, les grenouilles, etc., car ils ne se nourrissent que des feuilles des plantes aquatiques et de quelques autres. D’Azara a vu des Chajas élevés, dès leur premier Age, dans des habitations champétres ; ils étaient aussi accoutumés à la domesticité que ies poules. On assura au naturaliste espagnol qu'ls mangeaient de petits morcéaux de viande crue; mais il les vit becqueter de l’herbe. Ils se perchent à la cime des plus grands arbres; a terre leur démarche est grave; la ponte qui a lieu au commencement d'aodt, produit deux petits; quoique revétus d’un simple duvet, ils suivent leur pere et mère. Les uns disent que ces oiseaux font un nid spacieux, avec de petites branches , sur les buissons entourés d’eau, et d’autres quiils le placent dans les jones au milieu des caux. Leur ensemble paraît gros et

arrondi. Ils ont le cou long, la téte petite et semblable à celle

(1) Histoire du Paraguay, vol. 4, pag. 179. D’Azara a été dans l’idée que Buffon avait parlé du Chaja dans son article du K'amicki 5 il vent que l'on jette au feu la description et la figure que Buffon a données du Kamichi, et cela parce qwelles ne se rapportent pas à la description du Chaja. Des rapprochemens de cette nature se retrouvent en plusieurs endroits, dans l’ouvrage de d’Azara; partout ils sont erronés.

Recue D’OIsEAUX, 37°. LIVRAISON.

SOA

KAMICHI CHAJA

du Kamichi, dont ils different seulement, sous ce rapport, par un bec moins long et par le manque de corne au front. Ces deux espèces sont aussi pourvues d'un duvet cotonneux qui garnit la base des plumes comme dans le Cygre ; tout le plumage du cou est un peu liche et tenant de la nature du duvet. La peau du corps est séparée dela chair par un intervalle d’une ligne et demie, remplie par des tégumens cellulaires où Vair s’introduit; on trouve cette

méme disposition lache de la peau dans quelques espèces de Fòus

et de Cormorans.

a l’aile armée de la méme manière que le Kamichi ;

Le Chaja è l’os du fouet se termine en aléne, et sur le bord de la partie exté-

rieure sont deux éperons pointus, très-forts, 0sseux, un peu recour-

bés en haut et trigones. Une touffe de plumes longùes et effilées

forment au dessous de l’occiput une sorte de diadéme immobile;

la partie supérieure du cou, sur deux pouces de longueur, est

revétue de plumes duvetées; au dessous on volt un espace ou col-

lier à peu près nu, d’un blanc-rougeàtre , suivi d'un autre collier très-pourvu de plumes d'un noir. couleur d’ardoise ; le sommet de la téte est cendré de méme que les plumes Ton

rieures du cou et toutes celles du dessous 1 cendré couleur de plomb,

gues implantées a

l’occiput; les parties infé du corps, ainsi que les cuisses, sont d’ui ches et de bordures plus claires; le corps et les

marqué de larges mé plombée un peu plus foncée; la base

ailes sont colorés d’une teinte du tuyau des rémiges est blanche., le reste est noir , ainsi que toutes les pennes alaires et caudales; la queue est légèrement arrondie, et

on voit du blanc sur le poignet des ailes et sur les pennes secondaires

les tarses, les doigts et le haut de la

les plus rapprochées du ‘corps; ; le bec est noir; le

jambe sont de couleur rose ou cendré-rougeàtre tour de l'oeil et la cire d'un rouge-sanguin , et l’iris brun-roussatre. La longueur totale de Vadulte est de trente et un à trente-deux

pouces; le tarse a cinq pouces cinq lignes; le bec a un pouce trois

ou quatre lignes.

On trouve cette espèce au Paraguay sur les deux rives de la

Plata, et au Brésil dans les districts les plus éloignés des habitations.

L’individu que nous figurons planche 219, fait partie du cabinet de M. Bonjour, de Paris; le Musée de cette ville possède deux sujets semblables , rapportés par M. de Saint-Hilaire, de son voyage

au Brésil.

DS

GENRE OUTARDE

GENUS OTIS. Linn.

A DU) e ® 14 , Bec de la longueur de la téte ou plus court, droit, conique, comprimé ou légèreta ©. , ® . p o ment déprimé à la base; pointe de la mandibule supérieure un peu vottée. Narines ovales, ouvertes, rapprochées, distantes de la base. Pieds longs, nus au-dessus du genou, seulement trois doigts devant, courts, réunis à leur base, bordés par un rudiment de membrane; pouce nul. Ailes médiocres; la première rémige de moyenne longueur, la deuxi&me de trèspeu moins longue que la troisiòme, qui est la plus longue.

Les Outardes ont, avec le port massif des Gallinacées, plusieurs caractères en commun avec les Gralles. Elles forment le passage gradué des Gallinacées iridactyles, tels que les Tinamous et les Turnix, aux petites espèces de coureurs qui vivent le long des plages maritimes. Toutes les espèces, composant ce groupe, sont des oiseaux lourds, qui font peu usage des moyens dont ils semblent doués par la force musculaire et l’étendue de leurs ailes; ils savent se soustraire aux poursuites de leurs ennemis par une course accélérée : ne trouvant plus moyen de sy soustraire, on les voit prendre recours au vol, qu'ils exécutent en rasant la terre. Elles vivent dans les blés, dans les plaines couvertes de broussailles naines, ou dans les déserts, mais toujours en des localités d’où elles sont à méme de découvrir au loin l’ennemi qui pourrait leur nuire; c'est ainsi qu'elles fréquentent les blés et les herbes assez bas, sur lesquels elles puissent promener leur regard méfiant. Leur nourriture consiste en herbes, insectes, graines et semences. Un mile suffit à plusieurs femelles, qui vivent solitaires après avoir été fécondées. La mue paraît avoir lieu deux fois dans l'année. Le male, chez le plus grand nombre des espèces, diffère de la femelle par un plumage plus bigarré et par des ornemens accessoires; le jeune mile, igé d'un ou de deux ans, porte la livrée de la femelle : chez quelques espèces, le màle prend en hiver la livrée de la femelle. Leur nid ressemble à celui des Gallinacées ; les petits

Recver D’'OrsEAvE, 90°. LIVRAISON.

GENRE OUTARDE

courent, ei prennent eux-mòmes, dès leur naissance , leurs alimens. Toutes les espèces connues sont de l’ancien continent ; il n'en est pas encore venu du Nouveau-Monde.

Les espèces bien constatées sont :

Esp. 1. OUTARDE BARBUE, 0U Grande Outarde, des pl. enl. de Buffon 245. Le très-vieux mile a une touffe de plumes à barbes désunies è la commissure du bec. C'est Oris raRDA des catalogues. Patrie, différentes parties de l'Europe.

Esp.2. Ourarpk Lomone, bien figurée par Edwards, Glan., pl. 12; passablement par Seligmann, et d’une manière très-exacte dans l’Atlas du voyage de M. Ruppell en Egypte, pl. 16. Le Paon sauvage de Lucon de Sonnerat, tab. 49 , qu'on associe à cette espèce, paraît former une espèce distincte qu’on n'a pas encore vue en nature. C'est Oris ARABE des Méthodes. Pazrie, l’Asie, l’Afrique septentrionale et méridionale.

Esp. 5. OurARDE DenHAM ou A NUQUE RoUSSE, décrite dans le Voyage du major Denham. Ce sera Oris Dennam. Patrie, le nord et le midi de l’Afrique, vers le centre.

Esp. 4. Ourarpe nusa. Une figure tres-exacte du màle dans VAtlas du voyage de M. Ruppell en Egypte, pl. 1. C'est Oris nua. Patrie, l’intérieur de l’Afrique septentrionale.

Esp.5.Ourarpe Cuurer. Ce jeune male est figuré dans Edwards, tab. 250. Miller, tab. 33, fournit une figure passable du jeune, sous le nom de Oris inpica. C'est Oris BencaLensIs. Patrie , le continent de l’Inde.

Esp. 6. OurarDE PLomsée de nos pl. col. 552. C'est Oris carurescens. Patrie, Afrique méridionale, pays des Caffres.

Esp. 7. Ovrarpe ToroufioLe ou carre. Le mile et la femelle décrits dans la traduction allemande de l’Index de Latham, par Bechstein. C'est Otis carri de Lichtenstein. Pazrie, l'Afrique, Sénégal et Cafrerie.

Esp.8. Ourarpe Knornan; ou le Kror-cock de Kolbe. Une figure passable du male dans Lath.; Syn., vol. 4, tab. 69; la femelle diflère beaucoup du mile. C'est Ois arra des catalogues. Patrie, l’Afrique mériodionale.

Esp. 9g. QurarRpE canepEtIbRE; Buff., pl. enl. 25 et 10, male et femelle. C'est Oris TETRA. Patrie, l'Europe méridionale.

Esp.10.OurarDE HovsARA, Une bonne figure du màle dans Vieill., Galerie. des Oiseaux, vol. 2, pl. 227; et Jacq., Voy., tab. 9; sous

lì Das

GENRE OUTARDE

Psophia undulata; la femelle n'est pas connue. C'est Oris novBARA. Patrie, l'Espagne, le Levant et les Etats barbaresques.

Esp. 11. OvrarpE orEILLARD de nos pl. col. 533 : le vieux mile. C'est Otis auRITA. Pazrie, le continent indien.

Nous ne faisons pas mention d'une autre espèce de l’Inde, des environs de Pondichéry, plus petite que la Houbara, à taille svelte et è cou long: nous n'en connaissons que le jeune dge. Otis chilensis n'est pas de ce genre, vu quil a quatre doigts aux pieds. Le Rahaad de Buffon, Otis Rahaad Lath., sp. 9, pourrait bien étre la femelle de notre Houbara; mais ce Rahaad de Schaw n'a pas été vu en

nature.

TUIR AREE RIE RETEnE Vetarsista ti tresmatatittetatttazizent

ant rcasztitii

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