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marabow, adulie.
CIGOGNE MARABOU
CICONIA MARABOU. Tewmwm.
L’Adulte.— Planche 500.
Crs oiseaux sont très-vénérés dans l’Inde, et presque aussi sacrés aux yeux des Hindous que l’Ibis l'était chez les Egyptiens. C'est un crime que de violer en eux les droits de l’hospitalité; ils sont placés en quelque sorte sous la sauve-garde publique, ei deviennent souvent à charge, méme quelquefois redoutables aux habitans. Leur nombre, dans les villes habitées par les Européens, est particulièrement remarquable ; ils se promènent dansles rues de Calcutta, vivent sur les habitations de cette ville, et y sont protégés par une ordonnance de police, défendant, sous peine d’une amende de dix guinées, de tuer un de ces oiseaux. M. Dussumier, de qui je tiens ce fait, m’apprend, dans une de ses lettres, qu'ils n'habitent les environs de Calcutta que pendant six mois de l'année, à l'époque de la mousson du sud-ouest, temps auquel ils ne vaquent point à la reproduction. Leur voracité est extraordinaire : ils se rendent régulièrement à des heures de la journée au fort William pour dévorer les débris du repas des soldats qui y sont casernés ; on les voit parcourir avec la méme exactitude les divers quartiers de la ville à la recherche des voieries et des charognes : partout les autres oiseaux les craignent, et n’approchent de leur proie que lorsque leur appétit est satisfait. Le Vautour chaugoun (1), très-commun à Calcutta, se tient respec-
(1) Cet oiseau, dont nous avons publié le portrait de ladulte, planche coloriée 26, sous le nom de Zautour indou, ou Chaugoun, a fourni à M. Dussumier l’observation suivante , qu'il ma fait l’amitié de me communiquer. Ce Vautour se tient sur les bords du Gange, où il se nourrit de cadavres. Il y trouve trop abondamment cette nourriture pour chercher les poissons qui peuvent éire jetés sur la plage. On le voit souvent au milieu du fleuve sur des cadavres flottans, qu'il sait ramener au rivage en ouvrant les ailes au vent en guise de voiles. Il ne déterre point les cadavres; le Gange, qui sert de sépulture à la classe indigente
RecurIL D'OISEAUX, DI°. LIVRAISON.
CIGOGNE MARABOU
tueusement è l’écart; les chiens méme, qui abondent dans la ville, n’osent leur disputer les charognes. Il arrive souvent qu'ils donnent des coups de bec très-rudes aux passans, et lorsqu’on les irrite, ils se défendent avec avantage méme contre l'homme , obligé quelquefois deleur céder. M. Du Bois de Bauchène, Frangais établi sur les bords du Gange, m’a conté que passant à cheval dans un endroit isolé, et ayant harcelé un très-grand Marabou, l’animal devint si furieux, qu'il s'élanca à plusieurs reprises sur lui et sur sa monture, en le poursuivant avec acharnement; il ne parvint à sen débarrasser qu'en le frappant de son arme et en le terrassant. M. Dussumier dit que ces oiseaux semblent redouter la trop grande chaleur; on les voit, vers onze heures du matin, sélever dans les airs en tournoyant, demeurer dans ces régions élevées, où on les voit voler à perte de vue en décrivant des cercles, et redescendre lorsque la chaleur du jour diminue d’intensité.
La préparation et la vente des plumes, connues sous le nom de marabous, occupent la population de plusieurs villages où on élève des troupeaux de ces ciseaux, comme on fait dans nos contrées des Oies. Ces plumes , si recherchées aujourd'hui pour la parure, et dont le prix est très-dlevé, surtout en raison de leur longueur et de leur parfaite blancheur, sont implantées dans le croupion, et forment les couvertures inférieures de la queue; on en voit de gris bleuàtre ou de blanc, mais généralement sans mélange sur le méme individu. M. Dussumier pense que le sexe donne lieu à cette variété : il est certain que ce n'est point un eflet de l’age, car j'ai vu les dépouilles de sujets vieux et jeunes, munis de ces plumes blanches ou grises. Le sexe de ces individus n’ayant point été constaté, nous ne pouvons décider la question relativement à cette différence dans la couleur. Le sujet adulte, figuré pl. 500, est muni de marabous gris ; jen ai vu à Londres de vivans dont les plumes étaient d’un blanc pur; ces dernières sont plus recherchées; elles ont aussi plus de prix dans le commerce que les plumes de la Cigogne argala du Sénégal, en ce quelles sont plus longues et à barbes duvetées plus fines (1). On
du peuple, en fournit une assez grande quantité. On voit souvent sur le dos de ce Vautour un ou deux Corbeaux, Corvzs splendens de nos planches coloriées, occupés à chercher les insectes parasites dont il est couvert, et le Vautour souffrir cette opgration avec beaucoup de patience.
(1) Les plumes connues sous le noms de faux-marabous sont, le plus souvent, des couvertures inférieures de la queue du Paon, de la Cigogne, ou bien de quelques autres oiseaux
exotiques.
CIGOGNE MARABOU
pourrait encore employer les plumes de la Cigogne chevelue de VArchipel asiatique, qui sont longues, d’un blanc éclatant, et à barbes aussi fines et déliées que celles de la Cigogne marabou.
Les trois espèces de très-grandes Cigognes étrangères ont probablement été confondues, et placées collectivement sous la rubrique Ardea dubia dans les catalogues méthodiques. Latham les comprend dans les synonymes de son Ardea argala, dénomination que je conserve è l’espèce du Sénégal, tandis que je propose pour celle-ci le nom de Marabou, puisque les plumes de cette espèce sont connues sous cette dénomination dans le commerce.
Il est, en effet, très-facile de commettre des erreurs dans la synonymie d’espèces qui offrent de si nombreux rapports d’organisation et de formes extérieures, et dont les moeurs sont à peu près les mémes: les jeunes des deux premières espèces se ressemblent à tel point, qu'à les voir superficiellement, on les jugera de méme espèce; les seules formes du bec et des narines peuvent servir comparativement de moyen pour les distinguer : la troisigme espèce est plus facile & reconnaître dans tous les périodes de l'ige, par le manque de sac, par la plaque cornée et lisse du sommet de la téte, et par les rainures transversales du bec. On parvient à distinguer les jeunes Marabous des jeunes de l’Argala en comparant les becs, la longueur de la poche gutturale, et la couleur de l’iris des yeux; mais ces derniers caractères ne peuvent étre d’aucun secours dans l’examen des dépouilles de ces oiseaux. Les trois espèces figurées dans ce recueil, planches 300, 301 et 512, ont été dessinées sur le vivant.
Le Marabou a le bec fléchi en ligne courbe de la base à la pointe; l’Argala a la base un peu plus bombée et l’aréte en ligne parfaitement droite : le premier a les narines ovoides; le second a cette ouverture d’une forme oblongue; la poche du Marabou est très-longue, souvent de plus d’un pied; celle de l’Argala est plus courte : l'un a l’iris d'un blanc pur, l’autre brun dans tous les iges; le plumage de l’adulte offre des différences très-marquées ; celui des jeunes ne présente aucun caractère tranché; la livrée des jeunes de la Cigogre chevelue est à peu près la méme : le Marabou est plus grand que lArgala.
Le Marabou adulte a tout le plumage des parties supérieures d'un cendré-bleufdtre foncé ; la queue d’un noir-bleudtre; les grandes cou-
vertures des ailes et les pennes secondaires couleur de plomb; le bec
CIGOGNE MARABOU
d’an jaune livide; la peau nue de la téte d’un rouge blafard, varié de taches noires; le cou et la longue poche d'un rouge pile dans l'état ouge plus ou moins foncé lorsque l’oiseau s'agite ; le reste
de repos, etr et les panaches, connus sous le nom de ma-
du plumage est blanc, rabous, d'un blanc éclatant, ou d’une teinte gris-ardoise : les pieds sont noirs, mais gris ou blanchAtres dans le vivant : ce qui est produit parla sonillure des excrémens liquides, et par la poussière blanche dont leur plumage est saupoudré; quelques poils clair-semés couvrent les parties nues; V’iris d'un blanc pur. Jen ai vu de cinq, de six et jusqu'à sept pieds de haut.
Les jeunes ont un plumage brun-mat, lavé de cendré et de noiràtre; les parties blanches ont une teinte sale et terne, et les parties nues plus garnies de poils, et souvent d’un duvet ou de petites plumes brunes, placées à l’occiput et le long de la nuque.
On trouve cette espèce dans toute l'Inde, à Java et a Sumatra : les coloristes anglais lui donnent le nom d’adjudant; il porte dans les iles Malaies les noms de Bangou sula, de Burong kambing et de Burong gaza.
Musées des Pays-Bas et de Paris.
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