HÉRON FLUTE DU SOLEIL
Il a la gorge d'un blanc pur, qui descend par une bande étroite sur le devant du cou; le ventre, les cuisses, l’abdomen , le dos et la queue, sont de méme d’un blanc pur dans l’adulte et un peu mélé de jaunàtre chez les jeunes; la téte, les joues, et une grande partie des longues plumes du panache, d'un bleu-noiràtre; les fines pointes de ces plumes sont jaunes; une tache rousse couvre les còtés du cou; tout le reste de cette partie est d’un olive-jaunàtre; le manteau et les ailes sont couleur de plomb, mais les petites et les moyennes couvertures sont rousses avec deux bandes longitudinales sur chaque plume; les pieds sont noirs; la partie nue des joues bleue et comme saupoudrée de blanc; enfin le bec bleudtre à sa base, rougedtre sur les deux tiers de sa longueur, et noire è la pointe. Longueur totale, de vingt-un è vingt-deux pouces.
On le trouve au Paraguay et au Brésil.
Musées des Pays-Bas, de Paris et de M. Bonjour.
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NYCTICORAX LIMNOPHILE.
NYCTICORAX LIMNOPHILAX. — Temm.
L’Adulte. — Planche 581.
Le bec de cet oiseau, exactement semblable, quoique sur une échelle moins grande, à celui de notre Nycticorax-bihoreau d'Europe, en a toutes les proportions relatives; ses pieds sont aussi les mémes, et munis de doigts et d’ongles beaucoup plus courts que chez les oiseaux du genre Héron (Ardea); mais l’ongle du doigt du milieu, quoique de moitié moins long, est toujours pectiné, absolument comme chez notre Bihoreau, auquel il ressemble par le port, mais en diffère par le manque du bouquet de ces longues plumes subulées è l’occiput, remplacées, dans cette espèce naine, par une très-ample huppe occipitale formée par des plumes larges, disposées par étages, qui augmentent en longueur en raison de leur éloignement de l’occiput et forment sur la nuque une touffe trèslarge. Les deux sexes portent une méme livrée.
Toutes les plumes de la téte et celles de la nuque sont noires, marquées à petite distance de leur extrémité par une tache blanche plus ou moins grande; de semblables taches sont aussi répandues sur les plumes qui revétent la partie inférieure dela nuque et doni la teinte est d’un brun sombre; la gorge est blanche, mais tout le reste du cou est tacheté irrégulièerement de brun, de blanc et de noir, et marqué d’un petit nombre de mèches noires ou blanches; le dos et le manteau sont bruns, à gouttelettes blanches; les ailes marbrées de zigzags irréguliers d’un jaune-rougeàtre et d’un brunnoiràtre ; toutes les grandes pennes des ailes sont d’un noir bleuàtre à pointes extrémes blanches; celles de la queue ne sont pas terminées de blanc; la poitrine et toutes les autres parties inférieures portent de très-larges mèches blanches, longitudinales, disposées sur
RecuriL D'OrseAUx, 98° LIVRAISON.
NYCTICORAX. LIMNOPHILE,
un fond roussitre marbré de brun. La cire nue du bec sétend sur le lorum et forme un cercle glabre autour des yeux; cette nudité est jaunàtre, le bec est brun, l’iris brun et les pieds jaunàtres.
Longueur totale, prise de la pointe du bec à l’extrémité de la queue, seize pouces six lignes.
Cet oiscau très-rare est seulement de passage è Java; il habite probablement d’autres îles de ce vaste archipel ; il visite périodiquement les bords des lacs et les mémes lieux aquatiques fréquentés par les Hérons et par notre Bihoreau, qui est absolument le méme è
Java, au Japon et en Europe.
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NYCTICORAX GOISAGI.
NYCTICORAX GOISAGI. Temm.
L'Adulte. — Planche 582.
Certe espèce nouvelle est caractérisée par un bec très-court, è peine aussi long que la téte; ce bec offre en raccourci les mémes formes générales d'inclinaison, une aréte semblable et des narines formées comme ces mémes parties dans notre Bitoreau d'Europe, que nous avons vu étre également habitant du Japon.
Le Goisagi adulte est d’un tiers moins grand que le Bihoreau ; le sommet de la téte, l’occiput et la nuque sont couverts de larges et longues plumes qui forment une ample touffe occipitale; ces plumes ainsi que celles du front sont d'un beau roux pourpré; les joues sont d’un roux de rouille, la nuque d'un roux terne, le tout sans taches ni raies. La gorge et le devant du cou sont d’une teinte cendrée blanchAtre, et ces parties sont marquées de larges mèches longitudinales rousses, noires et blanches, le noir occupant le milieu de la plume, tandis que l’une et l’autre des deux nuances, rousse et blanche, en couvrent les parties latérales; la poitrine et toutes les autres parties inférieures sont également teintées des mémes couleurs, mais les larges mèches blanches occupent le centre des plumes, et leurs bords sont marbrés de roux, de brun et de noir. Tout le dos et les ailes portent une teinte roux-marron, couverte d’une multitude de stries et de zigzags noirs; les pennes des ailes sont d'un noircendré et leur bout est roux de rouille; celles de la queue sont d’un noir-bleuAtre. L’iris des yeux est rouge, les paupières et les nudités grises; le bec et les pieds jaunàtres. Longueur totale, de la pointe du bec au bout de la queue, quinze pouces, et jusqu'au bout des ongles dix-neuf pouces; le bec porte à peu près deux pouces. Les deux sexes se ressemblent exactement, et les jeunes de l'année
Recuem D'OrseAUx, 98° LIvrAISON.
NYCTICORAX GOISAGI.
different très-peu de l’adulte, seulement par des teintes moins pures et par un plus grand nombre de taches aux parties inféricures.
Cette espèce habite les bois marécageux et le bord des eaux douces; soit en montagnes ou en plaines, elle niche sur les arbres des foréts et sy tient cachée de jour, ne cherchant sa nourriture que de nuit, absolument comme le font nos Brhoreaux et nos Butors d'Europe. Son nom japonais est Awogoisagi ou simplement Goisagi, que nous conservons à cette belle espèce.
GENRE CIGOGNE
GENUS CICONIA. Brisson.
Bec long, droit, fort, uni, cylindrique, en còne alongé, aigu, tranchant; aréte arrondie, d’égale hauteur avec la téte; mandibule inférieure parfaitement droite ou se courbant un peu en haut.
Narines longitudinalement fendues dans la substance cornée, placées près de la base à l’aréte supérieure.
Pieds très-longs; trois doigts de devant réunis par une membrane jusqu'à la première articulation; le doigt postérieur articulé è niveau des autres doigts; orgles courts, déprimés, sans dentelures.
Ailes médiocres; la première rémige plus courte que la deuxième, et celle-ci un
peu moins longue que les trois suivantes, qui sont les plus longues.
Le culte que les peuples, plongés dans l’ignorance et dans la barbarie des premiers éiges du monde, ont rendu à quelques animaux, semble avoir pris naissance, non d’un respect stupide ou d’une crainte inspirée par la terreur, mais du sentiment inné de la reconnaissance, qualité si profondément gravée dans le coeur de l'espèce humaine, que lorsque les premières notions des connaissances et des arts ont fait passer les nations, à demi civilisées, du culte des astres à celui des animaux, et successivement au culte rendu à l'homme déifié , elles ont conservé en méme temps quelques unes des idées superstitieuses pour certaines espèces d’animaux utiles dans les travaux agrestes, ou dont l’apparition périodique pouvait servir à garantir les trésors confiés à la terre des atteintes et de la voracité des espèces parasites; tandis que quelques autres espèces également révérées annoncaient l’approche d’une époque où la nature promet une nouvelle fécondité. Lorsqu'enfin ce culte , prodigué à la eréature, se fut concentré dans l’adoration du Créateur, l’espèce humaine n'en a pas moins conservé un respect provoqué par des lois, plus tard par des
habitudes en faveur de quelques animaux; et de nos jours encore
RecueIL D’'OrsrAUx, dI°. LIVRAISON.
GENRE CIGOGNE
certaines espèces continuent è jouir d’une hospitalité et d'une protection toute particulières.
Nous voyons sous cette égide protectrice vivre, dans tous les pays du globe, les espèces classées dans le genre Cigogne. Ici des lois servent à en propager les espèces; là, des traditions populaires empéchent leur destruction ; leur demeure est préparée par la main des hommes dans quelques pays; dans d’autres, les lieux où elles viennent se rassembler en grande troupe sont respectés; dans la plupart des contrées civilisées, la reconnaissance publique impose une forte amende sur celui qui les détruit.
Lappétit de ces oiseaux leur procure cette protection en quelque sorte religieuse. Ils purgent le sol de cette immense quantité de reptiles qui menagaient de le couvrir entièrement par leur facile reproduction et par leur longévité. Cloaque vivant, leur énorme estomac, leur facile digestion, et de là leur appétit vorace, sans cesse aiguillonné par de nouveaux besoins, engloutit les cadavres en putréfaction et les immondices les plus infects. La grande taille où ils parviennent, et leur prodigieuse multiplicité dans les contrées les plus chaudes du globe sont remarquables ; il semble que les espèces de ce genre solent organisées de manière à prévenir , par leur étonnante voracité, les fléaux les plus redoutables à l’espèce humaine sous cette zone brùlante. La chasse assidue aux reptiles transporte ces oiseaux à deux époques de l'année vers des lieux opposés : c'est du moins le cas de ceux qui habitent les contrées tempérées et septentrionales du globe; par cette migration périodique, ils se font une température presque constamment égale. Les grandes espèces de la zone torride 6migrent aussi, mais leurs voyages sont plus limités ; ces migrations ont lieu par grandes bandes, compostes le plus souvent d’individus
“age à peu pres égal, les jeunes de l’année voyageant rarement en compagnie des adultes, qui partent les premiers. On les apprivoise facilement; ils semblent méme rechercher dans tous les pays les lieux très-peuplés. Leur mue n'a lieu qu'une fois dans l'année; les deux sexes ne different point par les couleurs du plumage; mais les jeunes ont une livrée plus ou moins disparate.
La bienveillance que l'on accorde généralement:dans tous les pays aux Cigognes, joint à la douceur de leur caractère, ont rendu ces oiseaux presque familiers. Les très - grandes espèces de l’Inde, de
méme que celles de nos climats, vivent sous la protection de l'homme,
GENRE CIGOGNE
et se rassemblent autour de ses demeures; le gite qu'on leur prépare est souvent embelli et rendu plus commode; on provoque leur établissement en construisant des aires sur des poteaux très-élevés, ou au-dessus des cheminées. Dans l’Inde, on est parvenu à rendre les grandes espèces à demi-domestiques; de grands troupeaux de ces oiseaux fournissent à quelques districts une branche d’industrie et de commerce; la préparation et la vente de ces plumes élégantes et légères, connues sous le nom de marabdou, occupe la population de plusieurs villages aux environs de Calcutta et de Madras. L'exportation de ces plumes pourrait également offrir un bénéfice au commerce dansles les du Grand-Archipel, où se trouvent plusieurs de ces grandes espèces de Cigognes, dont les couvertures inférieures de la queue fournissent ces belles plumes longues, à barbes déliées et flottantes , si recherchées aujourd'hui pour la parure, et dont l’élégance , la souplesse des barbules, la légèreté, et peut-étre encore la nouveauté, les font prévaloir, pour une toilette recherchée, aux plumes d’Autruche, aux panaches des oiseaux de Paradis, et aux aigrettes des Hérons.
Les Cigognes sont silencieuses; le seul bruit quelles fassent entendre est celui qui résulte d’un battement des mandibules lune contre l’autre; ce battement est plus fort à mesure que loiseau étend davantage le bec sur le dos et le ramène avec force vers la poitrine. Dans le vol elles tiennent le cou tendu en avant et les jambes roides en arrière, de facon qu'il est facile de distinguer de très-loin une Ci gogne d'un Heron.
Linnée avait réuni les espèces de ces deux genres différens par les moeurs, par les habitudes, et dans les formes totales; mais il isole quelques Jadirus (mycteria) qui portent les mémes caractères extérieurs que les Cigogres : les uns et les autres ont un méme genre de vie. Nous les avons réunis, avec Illiger, dans le genre Ciconza, dont le tableau méthodique peut comprendre aujourd'hui les espèces suivantes :
Esp. 1. Cicoene MARABOU, de nos pl. col. 500. Ciconia marabou ; toujours confondue avec une autre espèce voisine, et comprises toutes les deux sous le nom de Ardea dubia, Gmel Syst., 1, pag: 624; plus tard sous celui d’Argala, Lath. Ind., vol. 2, pag. 676. Pazrie, le
continent de l’Inde et le Grand-Archipel asiatique.
Esp. 2. Cicoene ARGALE, de nos pl. col. 501. Ciconia argala, con-
GENRE CIGOGNE
fondue avec le précédent sous le méme nom indiqué, et très-mal figuré par Lath., Supp., tab. 115. Patrie, les différentes parties de Afrique, depuis l'Egypte jusqu’au cap de Bonne-Espérance.
Esp. 5. CicoeNE CHEVELUE, de nos pl. col. 512. Ciconia capillata , probablement le méme oiseau indiqué sous le nom de Boorong cambing, ou Bouron oolair par Mardsen Sumat., pag. 98, et qui fait aussi partie des synonymes de Ardea dubia des méthodes; c’est encore Ciconia javanica, du catalogue de M. Horsfield. Linn., transact., vol. 13, pag. 188. Patrie certaine , Java et Sumatra.
Esp. 4. Cicoene sasiru, nom de cette espèce au Brésil : c'est le Jabiru de Cayenne de Bulf., pl. enl. 8417, très-bonne figure. On peut lui donner le nom de Cicoria mycteria , au lieu de Mycteria Americana qu'elle porte dans les catalogues méthodiques. Pazrie, VAmérique méridionale.
Esp. 5. Cicocne src-seLLe. On peut lui donner le nom de Ciconia ephippiorkyncha , au lieu de Mycteria Senegalensis qu'elle porte dans l’Index de Latham; elle sera figurée dans ce recueil, et dans l’atlas du voyage de M. Ruppel en Egypte. Voyez un contour grossier du bec dans Linn., transact., vol. 5, p. 52, tab. 3, c'est Mycteria Senegalensis des méthodes. Patrie , les rivières et les còtes occidentales d’Afrique.
Esp. 6. Cicocne icatvornAGE. Ciconia australis, qui sera également figurée dans ce recucil, vu que la planche donnée par Lath., Syn., Supp., vol. 2, pag. 294, pl. 158, est au-dessous de la critique. C'est Mycteria australis des méthodes. Paztrie, l’Océanie.
Esp. 7. Cicoene macnari. Ciconia magnaria du Manuel d’Ornithologie, pag. 563, ou Ciconia Americana de Brisson, le méme que celui de Maregrave et le Bagueri de Azara , no. 542. Patrie, lAmérique méridionale, et accidentellement en Europe. On /a dit de passage dans l’Amérique septentrionale (1). i
Esp. 8. Cisocne sLAncne, ou Cicoria alba des méthodes. Bulfl., pl. enl. 866. Patrie, l'Europe, l'Asie et l'Afrique septentrionale.
Esp. g. Cicocne norre, ou Cicoria nigra des méthodes. Voyez les portraits très-exacts dé' cette espèce dans les oiseaux de Nauman. Naturs. der Vog. Deutshl. Patrie, le centre et les parties orientales
de l'Europe. On le trouve aussi en Afrique.
(1) Il est possible, comme le prétend M. Lichtenstein, qu'on trouve en Nubie une Cigogne différente de celle d'Europe, qu'il vent associer au Maguari du Manuel d’Ornithologie. Sùr
est-il que le Maguari du Manuel ne diffère pas des sujets du Breésil.
qué
si
GENRE CIGOGNE
Esp. 10. Cicocne vioLeTtTE. Ciconia leucocephala, figurée par Buff., pl. enl. 906, sous le nom de Heron de la céte de Coromandel. Patrie, l’Inde, Afrique septentrionale, et les îles de Java et de Sumatra.
Esp. 11. Cicocne AaBDIMI : c'est l’espèce nouvelle décrite par M. Lichtenstein sous le nom de Cicoria abdimii dans le catalogue de vente du Musée de Berlin , pag. 76, n°. 785. Nous en donnerons le portrait. Pazrie, l’Egypte et les cétes occidentales d’Afrique.
Ces espèces citées me sont parfaitement bien connues dans les différens périodes de l’àge. Les catalogues méthodiques en citent encore une que je n'ai point vue; elle se trouve indiquée par Latham sous le nom de Mycteria asiatica, et pourrait bien ne pas étre du
genre Cigogne; pour en juger, il sera nécessaire de la voir en nature.