HIRONDELLE DE MER A BEC GRÉLE
servent pour reconnaitre les espèces d’un genre naturel, ne seront plus sì faciles à vérifier; une méthode toute indigeste de minuties remplacera la série naturelle ; les espèces seront constamment ballottées de genre en genre, et l’on sera surpris de volr sécrouler avant sa confection complette un échafaudage méthodique où tout a été concu, excepté lharmonie avec la nature.
Notre espèce, qui fait le sujet de cet article, a le bec droit et gréle ; les mandibules, vers la pointe, un peu fléchies en dedans; les pieds courts; la palmure des doigts large et complette ; la queue longue , conique et dépassée par les ailes. Un gris-blanchàtre couvre le sommet de la téte et toute la nuque; ce gris passe, par des nuances, au cendré-brun et prend un ton noir-enfumé sur les plumes des ailes et de la queue; les parties inférieures du corps sont de cette couleur; les còtés du cou ont une légère teinte cendré-bleuàtre ; la gorge et le devant du cou sont noirs; les pieds sont bruns et le bec est noir. Longueur totale, de dix pouces et demi à onze pouces.
On trouve cette espèce sur les còtes occidentales de l’Afrique; l’individu que nous figurons sous son plumage parfait a été rapporté du Sénégal. La liveée du jeune n'est point encore connue.
Musées des Pays-Bas et de Paris.
GENRE MOUETTE®
€ENUS LARUS. Lunsé.
Bec long ou de médiocre grandeur, très-fort, dur, comprimé, tranchant sur les bords, fortement courbé vers la pointe; mandibule inférieure formant un angle saillant, plus courte que la supérieure.
Narineslatérales au milieu du bec, longitudinalement fendues, ou un peu oblongues, étroites, percées de part en part.
Pieds gréles, nus au-dessus du genou; tarse long; trois doigts devant entièrement palmés; le pouce libre, court ou remplacé par un tubercule, s'articulant très-haut sur le tarse, au-dessus des autres doigts, et ne touchant point la terre.
Ailes longues; la première rémige è peu près de la longueur de la deuxième.
Queue è pennes d'égale longueur, ou de forme un peu fourchue.
ii ses
Cxs ciseaux, vrais Vautours ou Cathartes des mers, sont làches et voraces. A l’instar de ces cloaques vivans qui purgent la terre de cadavres, ils n’osent attaquer que des animaux faibles, les cadavres qui flottent sur la mer, les mollusques , le frai dont la mer est couverte, les poissons, les insectes qui nagent à la surface ou qui volent sur les eaux sont leur paàture. Ils purgent les plages maritimes des cadavres
que la mer rejette sur ses rivages. Avides el gourmands, ils se battent
(1) Nous avons dit, deuxième édition du Manuel d’Ornithologie, vol. 2, pag. 755, que l’habitude de sectionner ce genre en Goe/ands et Mouettes nous fit adopter alors cette division reconnue vicieuse; ayant remarqué depuis qu'elle expose à des erreurs graves dans la nomenclature, nous avons pensé qu'il serait préferable d’adopter lun de ces noms généralisé à toutes les espèces du genre: nous supprimons conséquemment le premier, et adoptons le second, généralement plus en vogue. Le nom de Mauve, inscrit en téte du genre dans le Manuel, aurait pu étre conservé s'il n’offrait l’inconvénient d’un changement de noms connus et adoptés; il est encore vicieux , vu qu’ayant été donné à un genre de plantes, on ne doit plus en faire usage dans la zoologie. Je propose de donner À notre Grand noir Manteau (Larus marinus) le nom de Mouette Goeland, afin qu'on puisse le distinguer plus exactement des deux autres espèces, dont le manteau est noir.
Voyez l’article Goeland et Mouette dans les OEuvres de Buffon, et la synonymie plus détaillée des espèces d'Europe dans le Manuel, deuxième édition.
Recuerr D'OIsEAUX , 77°. LIVRAISON.
GENRE MOUETTE
avec fureur et sarrachent leur proie; l’individu maladif ou blessé, fat-il de leur espèce, est promptement dépecé et englouti : les substances animales se digèrent promptement dans leurs viscères, et de là résulte une faim sans cesse aiguillonnée par le besoin. Aussi patiens que voraces, ils peuvent se passer long-temps de toute nourriture, surtout lorsque la tempéte contrarie leur goùt dominant; c'est alors qu'on les voit ròder partout, parcourir' d’un vol rapide des espaces très-étendus, explorer les terres, les rivières et les lacs, et saisir tout ce qui peut assouvir leur faim. Comme les rapaces, ils dégorgent les 0s, les écailles, le poil et les plumes que leur gloutonnerie leur fait avaler, et qui passent facilement par leur large bec et leur ample viscère. Ils bravent les plus fortes tempétes, mais ne peuvent résister aux rafales; ils se balancent avec une souplesse admirable au-dessus des vagues, et tombent avec vélocité sur la proie, soit qu'elle nage ou quelle vole. Quelques espèces se nourrisent habituellement d’insectes ailés, de vers et de très-petits mollusques qu’elles viennent capturer sur les eaux douces ou saumatres. Repus, ils se posent souvent à terre; mais dans les temps calmes ils semblent choisir les eaux pour s'y reposer à l’abri du danger; le nid, sans aucun apprét, est formé par quelques brins d’'herbe, dans un enfoncement a la sommité des dunes ou entre les rochers et les plages rocailleuses. Les femelles ne different des miles que par leur taille un peu moins forte. Le plumage des jeunes diffère beaucoup de celui des vieux; il varie tellement depuis la naissance jusqu'à l'état adulte, et méme jusqu’à l’àge avancé, qu'il n’est pas étonnant qu'un très-grand nombre d’espèces nominales ont été formées; leur mue double, et la différence entre la livrée du printemps et celle d’automne n'a pas peu servi à augmenter la confusion que j'ai pris à tàche de rétablir plus ou moins dans le Manuel, auquel nous référons pour les espèces européennes données dans notre indication succincte des espèces aujourd'hui bien connues (1).
(1) Nous avons dit, Manuel, page 755 : « Les marques auxquelles on peut reconnaiître les « individus dans la livrée parfaite sont, 1° la couleur blanche de la queue, sans taches ou « bandes noires; 2° aucune trace de taches noires au bec. » — Ce qui est vrai et constant pour les espèces d'Europe, mais qu’on ne doit pas étendre à toutes les espèces étrangères; car Larus leucomelas a dans l’état adulte une large bande noire placée vers le bout des pennes, et Larus melanurus a la queue noire dans tous les àges, et terminée par une bande blanche chez l’adulte seulement. Le bec de quelques espèces est rayé de noir parfait sur un fond rouge vif; exemple de plus à l’appui de cette règle que, dans la nature organisée , on ne peut établir des caractères
applicables rigoureusement à toutes les espèces d’un genre.
GENRE MOUETTE
On a proposé récemment trois coupes génériques dans ce groupe très-naturel, Larus, Gavia et Xema; on a cherché vainement è les définir par des mots : c'est aujourd'hui de vogue; on voit des genres et des coupes nouvelles dans celles qui sont les plus naturelles, et dont les espèces sont les mieux assorties; une queue fourchue a valu au Larus sabinii le nom générique Xema. Comme cette coupe a été basée sur la vue d’un sujet unique en plumage parfait d’adulte, on sest empressé d’en faire un genre nouveau ; mais cette brillante conquéte méthodique n'est plus propre à recevoir le jeune Larus sabinii, dont les pennes de la queue, au premier période de l’àge, sont égales; Larus minutus jeune serait à ce titre une Xema, et l’adulte une Gavia cu un Larus, car dans le premier état elle a la queue fourchue, tandis que l’adulte a les pennes égales : le coup d’ceil minuticux du méthodiste sur les deux états de Larus tridaciylus pourrait valoir à cette espèce une place dans deux genres, et peut-étre bien dans un troisiéme, vu le manque de pouce, remplacé par un tubercule.
Nous classsons nos Mouettes (Larus) par ordre de grandeur, ne pouvant les sectionner géographiquement, vu que plusieurs espèces vivent sous l’un et l’autre hémisphère.
Esp. 1. MoveTTE BURGERMEISTER, figurée sous ce nom par Naumann, Ois. d’Allem., tab. 35. Voyez la description des livrées diffé. rentes, Manuel, vol. 2 et 3 (1). C'est, de Brunnich, Larus cLavcus : confondue avec notre espèce cinquième par plusieurs naturalistes. Patrie, les régions du cercle arctique.
Esp. 2. MovETTE GOELAND ou Granp MANTEAU NOIR de nos còtes, très-bien figuré par Pennant, Brit. zool., tab. L; car le Goeland noir manteau de Bufl., pl enl. ggo, ze doit pas étre cité Ici; jai acquis la certitude que cette planche de Buffon est faite sur la petite espèce de nos còtes, Larus flavipes, notre Mouette à pieds jaunes. C'est Larus marinus. Pazrie, le nord et les parties tempérées de l'Europe.
Esp. 5. MOUETTE A QUEUE BLANCHE ET NOIRE, figurée par Vieill. Galer. des Ois., pl. très-distincte du n° 2; quoique ayant comme cette espèce et comme celle du n° 6 le manteau noir, jen rapproche comme jeune dge Larus pacificus, Lath. Supp., Ind. esp. 1. C'est
3 è 9 , ® Larus LeucomsLas. Patrie, les rivages de l’Océanie.
(1) Ce troisième volume sera publié très-incessamment ; le manuscrit est prét depuis long-
temps, mais il doit subir encore une révision sévére.
GENRE MOUETTE
Esp. 4. MouETTE 1CHTYAETE, figurée par Gmelin, voy. tab. 50 et 31, mais point illustrée par une planche coloriée; Pallas en fait aussi mention sous ce nom de LARuUSs ICHTYAETUS. Patrie, les contrées chaudes de lAsie, les bouches du Gange, l’Afrique septentrionale , la mer Rouge; rarement en Europe.
Esp. 5. MOUETTE A MANTEAU BLEU, t0Ujours confondue avec le Burgermeister, mal figurée, pl. enl. 255 de Buffon; voyez les autres synonymes dans le Manuel, vol. 2 et 3. C'est LARUS ARGENTATUS. Patrie, è peu près cosmopolite, dans les régions situées entre le cercle arctique et antarctique.
Esp. 6. MoverTE A PIeDs saunes. Voyez la figure de Buft., pl. enl. g9g0, sous le nom de Noir Manteau. Ce sera LARUS FLAVIPES. Patrie, toute l'Europe et une partie de l'Afrique; vit aussi dans les deux Amériques, plus commun vers le midi que dans le nord.
Esp. 7. MovertE GLAUCOIDE; pas encore figurée, mais bien connue des naturalistes, et décrite par Meyer, Taschenb., vol. 3, p. 197 (1). Cest Larus craucoines. Patrie, le cercle arctique; de passage vers le midi de l'Europe.
Esp. 8. Moverre QuevE NOIRE, de nos pl. col. 459, et de la pl. 57 en noir de Patlas de Krusenstern. LArus meLanuRUS. Patrie, le Japon et l’Asie.
Esp. 9g. MoverTE D'AupoUIN, dont nous donnons une figure pi. col. 480. Découverte et décrite par M. Payraudeau, Ann. des Scien., aotit 1826, pag. 462. Larus Aupovrnm. Patrie, Europe méridionale.
Esp. 10. MoveTTE BLANCHE ou sénarteur, de Buffon pl. enl. 994. Cest Larus esurnEUs. Pazrie, les contrées du cercle arctique.
Esp. 11. MOUETTE A PIEDS BLEUS, Buff., pl. enl. 977 , sous le nom de Grande mouette cendrée. C'est, de Linné , Larus canus. Patrie, l'Europe.
Esp. 19. MovETTE TRIDACTYLE. L’adulte par Naumann. Vogel. Deut., t. 56., Nachtr. La pl. enl, 587 de Buff. est le jeune en mue. C'est Lanus rripAactYyLus. Pazrie, l'Europe et l'Asie.
Esp. 15. MovETTE A cAPUCHON NOIR, pas figurée, mais décrite dans le Manuel, vol. 2 et 5. Larus meLANOcEPHALUS. Patrie, les contrées
orientales de l'Europe et l’Asie.
(1) Cette espèce distincte, commune dans le nord et de passage sur nos còtes, est d’un tiers à peu près moindre que Larus glaucus; elle a comme cette Mouette le bout des rémiges d'un
blanc pur; tous les àges seront décrits Manuel, vol. 3.
GENRE MOUETTE
Esp. 14. MoverTE A capucHon cenpRÉ, figurée par le prince de Neuwied, Zool. Beit., pl. col. , et par Vieillot, Galerie des Oiseaux, pl. 289. C'est Larus cirrocePHALUS. Palrie, lAmérique meridionale.
Esp. 15. MovetTE A IRIS BLANC, de nos pl. col. 366. L’adulte. C'est Larus LeucoPaTHALMUS. Pazrie, l’Afrique septentrionale , mer Rouge et l’Inde.
Esp. 16. MovetTE A cAPUcHON PLOMBE, figurée par Wilson, Americ. Ornit., vol. 9g, pl. 74, fig. 4, sous le faux nom de Ridibundus ; aussi Cat. car., tab. 89. Larus ATRIciLLA. Patrie, l’Amérique septentrionale et la mer Méditerranée.
Esp. 17. MOUETTE RIFUSE 0U CAPUCHON BRUN, de Buff. pl. enl. 970, mieux Naumann; voyez Deutchl, t. 32, figure 44, la livrée d'été, et pl. enl. 969 la livrée d'hiver. Voyez les Synonymes, Manuel., Larus ripisunpus. Patrie, très-répandu en Europe.
Esp. 18. MovETTE A MASQUE BRUN, pas figurée, mais décrite dans le Manuel d’Ornit. Cest Larus caristratus. Patrie, le nord de l'Europe.
Esp. 19. MoverTE A BEC NOIR, des pl. col. 504; l’adulte en livrée d'eté. C'est Larus meLanoraYncHnus. Patrie, les cotes de l’Amérique méridionale.
Esp. 20. MoveTTE SABINE, illustrée par une figure en noir, Transact. Linn., vol. 12, pag. 520, tab. 29. Cest Larus sABINI. Patrie, les régions du cercle arctique; les jeunes, de passage le long de nos còtes.
Esp. 21. MovertE PYGMÉE, figurée par Falck., voy. tab. 24; mieux par Naumann. Vogteusch, pl do, ba. 7 C'est Larus MINUTUS. Patrie, VEurope et l'Asie.
Nous ne classons point quelques espèces nouvelles qui nous sont connues seulement par la vue d’'individus dans le premier période de l’Age, ou dans la seule livrée d’hiver; on peut se passer de ces indications tronquées d’espèces encore peu connues ol qui reposent sur des indications vagues d’un diagnostique établi sans examen comparatif des espèces connues.
Les espèces sous Cataractes:— Pomarina.— Buffoni (1) et Para-
0» . . n hi o po sitica, dont Crepidata est le jeune, sont du genre Lestris. L'espèce
(1) C'est le Labbe à longue queue de Buffon, pl. 762. Voyez Boié, Voyage en Norwège. M. Vieillot, Galerie des Oiseaux, a figuré sous le nom de Stercorarius pomarinus , pl. 288, un Lestris cataractes.
Recuem D'OlseAUXx, 77° LIVRAISON.
GENRE MOQUETTE
indiquée par Latham sous Larus pulo-condor, est un jeune oiseau au sortir du nid qu'on ne peut classer. La Grande Mouette de D'Azara, esp. 409, me paraît un Larus marinus. La Mouette cendrée et
Mouette blanche du méme auteur sont le plumage d'été et d’hiver
du Larus cirrocephalus.
DA Lrewe/.
Mouette quewe NOW.