VAUTOUR A CALOTTE
figure d’un sujet sous cette livrée dans l’atlas du voyage de M. Ruppel, pl. 22, pag. do
Burchel, dans son voyage en Afrique, fait mention du jeune , dont la livrée diffère peu de celle de l’individu figuré pl. 15 de ce recueil. Les individus que nous possédons n'ont aucun indice de blanc; tout l'oiseau est d’un brun noirAtre. M. Ruppel dit que la partie nue du cou est constamment blanche; je lai vue, è la vérité, sur un sujet en captivité, rose tendre ou rougedtre clair, suivant les mouvemens ou selon que le sang se porte dans les tégumens de la peau.
Les sujets è l’ige de deux ans ont à peu près le plumage de l’adulte; on voit alors moins de taches blanches sur les couvertures des ailes; et les grandes pennes secondaires, au lieu d’étre d'un blanc parfait comme dans l’adulte, sont d’un gris-brun-clair.
On sent qu'une différence si grande dans la livrée du jeune et de l’adulte doit produire des variétés très-marquées dans le plumage des sujets d’àge différent.
Cette espèce vit en Abyssinie, à la còte de Guinée et dans le pays
des Caffres.
GENRE CATHARTE.
GENLUS CH THARTES. ILLIGER.
Bec long, robuste chez quelques espècés, plus gréle dans d’autres; toujours comprimé, droit, seulement courbé à ] cire couvrant la moitié du bec.
trémité. Téte oblongue, a
Narines distantes de ]
a pointe, qui est un peu crochue et renflée. Une
Mandibule inférieure plus courte, obtuse à l’exlatie ; celle-ci et la partie supérieure du cou nus.
a base, placées vers le milieu et à la surface du bec, sans cloison nasale, perc ées à Jour, longues et trés-ouvertes; quelquefois surmontées par des caroncules charnues de forme variége.
Pieds è tarses nus, médiocres ou gréles;
unis à la base, Ongles courts, faibles.
Ales longues; 1
doigt du milieu long; celui-ci et l’extérieur
a première rémige moyenne, la deuxième moins ]
ongue que la troisième et la quatrième , qui sont les plus longues.
On peut diviser ce genre en deux sections géographiques ; la premiére, composte des espèces américaines, et la seconde de celles de l’ancien continent. Le passage des pece intermédiaire de PUrubu (1), deux Cathartes bien connus de
unes aux autres se voit dans l’es-
propre au nouveau monde. Les l’ancien continent ont les mandibules gréles; mais la troisime espèce , dont nous n’avons que le dessin de la
téte et du bec, a cette partie beaucoup plus forte, et la caroncule
unique dont elle est surmontée ressemble à celle du Dindon. Cet oiseau
a été vu dans les voyages entrepris au Congo; il habite probablement une grande partie des cétes occidentales de l’Afrique. Les Cathartes des deux mondes ont de grands
rapports dans la forme des narines et par
la manière dont elles sont percées ; ils ont les mémes habitudes et la méme voracité ; leurs bandes nombreuses se
(1) C'est 7attur brasiliensis Latham » Ind.
atratus de Wilson, vol. 9, pl.
Buffon, pl. enl. 187.
ornith. vol. 1, pag. 5, sp. 8, variété. Le Vultur 75, fol. 2, et Pultur urubu Vieillot. Le Vautour du Brésil,
RECUEIL D'OIsEAUX, 6°. LIvRAISON.
GENRE CATHARTE.
trouvent partout où les charognes infectent l’air, et ils recherchent avec une égale voracité les voiries et les immondices ; leur rapine <assouvit aussi sur des lézards , des insectes et sur les ceufs des oiseaux et des reptiles. Quoique liches et timides, ils attaquent les animaux blessés , et parviennent, par leur nombre, à se rendre maîtres d'une proie encore vivante , mais hors d’état de se défendre. Ils font avec les Vautours, auxquels les plus grandes espèces tiennent de très-prés, la curée des charognes : quelques espèces different de ces derniers par leur appétit plus décidé pour toutes sortes d’immondices ; ce qui les porte à suivre les caravanes et à fréquenter les rues des villes américaines et les camps des peuples nomades de l’Afrique.
Le naturaliste espagnol d’Azara donne quelques détails intéressans sur ces oiseaux observés en Amérique; tout ce qui a rapport aux moeurs et aux habitudes de ces espèces du nouveau monde convient également à l’espèce si commune en Afrique et qui est aussi répandue dans VYEurope méridionale : Cazhartes percnopterus du Manuel d'Ornithologie, le Iachama de Bruce et l’Ourigou rapace de Le Vaillant. Ils sont, dit le naturaliste espagnol, paisibles, exempts de cruauté et respectés par tous les autres oiseaux. Leur vue est percante et étendue ; leur odorat est très-sensible ; ils souffrent la privation de nourriture avec une patience extraordinaire , et ils ont assez de force pour soutenir leur vol à une grande hauteur sans se fatiguer. Tous sentent mauvais , ne crient point; ils marchent à pas pesans; ils prennent leur essor avec quelque peine et après avoir fait plusieurs sauts ; ils tournoient ensuite dans les airs pendant plusieurs heures, pour découvrir les charognes dont ils se nourrissent, sans jamais diriger leur attaque contre l’animal vivant et bien portant. Ils se perchent sur les plus gros arbres ou sur les rochers; vivent seuls ou par paires, mais se rassemblent en troupes pour s'acharner sur les animaux morts. Leur ponte est de deux ceufs.
Ce genre divisé en deux sections comprend , pour la première , les espèces suivantes : Cathartes vulturinus de nos planches coloriées , phi dan Cath. gryphus , pl. col. 135. — C. papa ou le roi des Vautours de Buffon , pl. enl. 428. — C. aura Vieillot, Ois. d'Amér. sept., pl. 1, et Wilson, Améric. ormith., pl. 75, fig. 1. — C. urubu sous le nom de Vautour du Brésil, Buffon , pl. enl. 187, le méme que l’urubu de Vicillot, Ois. d'Amér. sept., pl. 2, et Wilson, Ameér. orn., pl. 75, f. 2.
GENRE CATHARTE.
La seconde section est composée du Cathartes meleagrides, qui mest connu par le dessin de la téte. — Cazhartes percnopterus (1) sous le nom de Vautour de Norvège, pl. enl. 429, l’adulte ; et sous le nom de Vautour de Malte, pl. enl. 427 , le jeune de l'année. — Cat.
monachus , espèce nouvelle de nos planches coloriées 222.
(1) Ajoutez encore aux synonymes de ceite espèce publiés dans le Manuel d’ornithologie, 7/tur ginginianus , Latham Ind. ornith. vol. 1, sp. 16, ou le Yaztour de gingi, de Sonnerat, Voy. vol. 2, pag. 184, placé par erreur, pag. 7 du Manuel, comme synonyme du Chircow de Le Vail lant qui est la méme espèce, ou le jeune du Zultur indicus des meéthodistes; c'est notre Yaz-
tour indou. Voyez planche 26 de ce recueil,
a eigen
pra Panzano RIE N. N:
TE 3: d E N si IS & SY x di S DS S d i S S5 IS) E L È N E (af (ge) D È E | pt ‘o | È Î < N
CATHARTE CONDOR.
CATHARTES GRYPHUS. Temwm
Le Mdéle adulte.— Planche 155.
Ox doit è M. le baron de Humboldt la connaissance plus exacte de tout ce qui a rapport à l’histoire de cet oiseau, si imparfaitement décrit par tous les voyageurs qui ont visité avant lui les régions de lAmérique méridionale. Le mémoire publié par cet illustre savant détruit l’illusion attachée à l'idée que l'on se formait d’un oiseau gigantesque, indiqué sous le nom de Condor. «Il en est de cet oiseau, » dit M. de Humboldt, comme des Patagonset de tant d’autres objets » d’histoire naturelle descriptive : plus on les a examinés et plus ils se » sontrappetissés. » Que de contes exagérés ont été débités sur la force et la grandeur de notre Lammergeyer ou Gypaéte barbu des Alpes! Le fameux Aigle roc de Madagascar, dont parle Marco-Polo, qui enleve des Eléphans dans les airs, et dont les plumes auraient douze pas de long, ne sera sans doute qu’un rapace fort ordinaire. Jai tout lieu de croire que ce Roc est le méme oiseau que le Vautour oricou d’Afrique, décrit et figuré par M. Le Vaillant. Ce vautour est en effet le plus grand de tous les rapaces connus. Un autre oiseau africain, dont les dépouilles ne sont point encore parvenues entre les mains des naturalistes, peut avoir donné matière à la fable débitée au sujet de cet Aigle roc. D’après le dessin de la téte que je possede il paraît que ce rapace est du genre des Cathartes; sa téte a des rapports avec celle des Cazkartes condor, Vautourin et Papa; mais il paraît avoir le bec plus long et moins fort; l’appendice charnu à la téte consiste seulement dans une caroncule frontale, pareille en tout a celle du Dindon, et que lon dit étre capable de contraction et de dilatation, comme l’est cette partie chez le Dindon mile. Cet oiseau est d’une grande taille; il habite les còtes occidentales de l’Afrique,
et a été observé en Guinée par des voyageurs anglais.
CATHARTE CONDOR.
Le Condor surpasse en grandeur tous les autres Cathartes répandus dans les Amériques; plus grand d’un tiers environ que le Catharte Papa; c'est de cet oiseau quil se rapproche le plus pour toutes les formes du corps et des membres; le bec et les serres sont à la grandeur près les mémes; il e peut étre comparé a aucun des Vautours de l’ancien continent, et c'est à tort que des rapprochemens de cette nature ont été établis. Sa taille est moindre que celle des grandes especes de Vautours de l’ancien continent, tels que l’Oricow et VArrian cu grand Vautour d'Europe; il ne surpasse point en grandeur le Gypaéte barbu de nos Alpes, qui paratt méme plus grand, par la longueur de sa queue et de ses ailes.
Le Condor est sans doute mieux connu depuis que le mémoire de M. de Humboldt est mis a portée de presque tout le monde, par les extraits qui en ont été faits dans presque tous les ouvrages où il est question d’ornithologie; mais il nen est point de méme du portrait de cet oiseau qui ne se trouve que dans le grand ouvrage publié par ce savant voyageur, et qui, par sa chereté, ne peut étre acquis par tous les ornithologistes. Les figures données du Condor par Shaw et par Latham, étant au-dessous de toute critique, nous avons cru rendre service è la science en publiant, dans la planche 155, la figure du mdle, dessinée d’après l’individu qui fait partie da Muséum impérial à Vienne; seule collection en Europe où se trouve un couple de ces oiseaux; ce sont les mémes qui ont fait partie de la belle collection du Leverian museum à Londres; ils ont été acquis par l'Empereur d’Autriche, lors de la vente de cette brillante collection; ces deux individus', les seuls apportés en Europe depuis la découverte de P'Amérique, ont'été pris par le capitaine Middleton , dans les parages du detroit de Magellan.
Le Condor mdle a sur la téte une créte cartilagineuse qui occupe presque tout le coronal et une partie de la longueur du bec ; quoique cartilagineuse elle est garnie de petites papilles ou rugosités qui sont encore très-apparentes dans l’individu que j'ai eu sous les yeux. Cette créte un peu libre aux deux bouts, repose sur le front et sur la partie postérieure du bec; elle laisse au centre un espace libre où les narines sont percées; cet espace libre paraît surmonté d'un fort cartilage qui sert à porter la créte, et paraît destiné à recouvrir les fosses nasales, ainsi que cela se voit chez les autres Ca-
thartes dont les narines sont percées à jour è la surface du bec; ce
CATHARTE CONDOR.
caractère très-marqué dans tous les Cathartes de l’ancien comme du nouveau monde, suffit pour distinguer ceux-ci des Vautours dont les narines sont fendues aux bords du bec, et les fosses nasales fermées en partie et séparées par une cloison cartilagineuse. Au-dessous de la mandibule inférieure du bec l'on voit une peau làche et plissée, pareille à celle de nos dindons de basse-cour; tout le cou et la région du jabot sont dénués de plumes; la peau couverte de rides est garnie de petits poils très-courts, disposés à claire voie ; dans l’individu vivant elle est d’un rouge livide, et c'est aussi la couleur que M. de Humboldt donne à la créte et au grand barbillon de la gorge; au bas du cou, tout près du jabot, se trouve un petit fanon ou appendice membra: neux, qui paraît propre aux deux sexes; loreille est nue et à découvert, mais derrière cet organe paraissent des mammelons ou des rudimens de peau qui garnissent en différens sens les còtés du cou, depuis l’occiput jusque très-près du collier de duvet; ces membranes qui se présentent en rides ou plis sur le sujet monté, peuventavoir été plus ou moins molles et mammelonnées dans l’individu vivant. Un collier composé d’un duvet blanc entoure la nuque et les còtés du cou, mais le jabotest nu et garni seulement de quelques poils (1). Tout le plumage du corps, la queue et une partie des ailessont d'un noir légèrement grisàtre; les rémiges sont d’un noir profond; les pennes secondaires et les plus grandes des couvertures alaires sont d’un beau blanc sur leurs barbes extérieures; quelques-unes sont noires au bout et toutes le sont à leur base : l’oiseau figuré par M. de Humboldt paraît avoir moins de blanc à l’aile que l’individu male du cabinet de Vienne; ceci peut tenir à des causes purement accidentelles ; nous avons aussi trouvé que la tache blanche occupe un plus petit espace sur laile de l’individu femelle que dans le mile où elle est plus grande et d’un blanc très-pur, tandis que cette couleur est grisàtre chez la fe- (1) Il est nécessaire de faire observer à ceux qui compareront notre planche avec celle publiée
par M. de Humboldt, que le dessin fait par ce savant et retouché par Barrabant, représente la
téte et le cou dessinés d’après un individu vivant; ces mémes parties, dans la planche ci-jointe,
ont été dessinées sur un empaillé. Avant de la publier j'ai soumis ma gravure à M. de Humboldt;
ce savant trouve que l’occiput est trop relevé , le dos trop bossu et les rides transversales du cou
ne sont point indiquées ; tous ces défauts sont les suites d’une préparation vicieuse de la peau
dans l’individu monté. En comparant les figures publiées par M. de Humboldt aux sujets montés
de Vienne, je me suis apergu que les pieds auraient pu étre mieux rendus, le contour du bec
plus exact, et les orifices des narines mieux indiquées. Si M. de Humboldt avait pu faire retou-
cher son dessin d’après l’individu, il est certain que la figure de son Yultur gryphus n’aurait rien laissé è désirer.
CATHARTE CONDOR.
melle; ‘celle-ci est toujours dépourvue de la créte sur le sommet de la téte, et le barbillon du cou paraît réduit à un rudiment ou pli longitudinal peu distinct. Les pieds sont robustes, garnis d'écailles, et armés d’ongles absolument pareils a ces parties dans le Catharte Papa ; maisla couleur en est différente, les pieds du Condor étant d'un bleu cendré , marqués de rides blanches, et ceux du Papa sont noirs ou noiràtres. La longueur totale de l’individa mAle da Musée de Vienne est de quatre pieds quatre pouces six lignes; son envergure est de neuf pieds huit pouces; les plus longues pennes de la queue mesurent quatorze pouces deux lignes; la femelle a quatre pieds un pouce, et sa queue mesure treize pouces six lignes. M. de Humboldt n'a vu aucun Condor dont l’envergure dépassàt neuf pieds. Il paraît que les deux individus du Musée de Vienne ont des dimensions plus fortes que ceux vus par ce céleébre voyageur. Les oiseaux de proie different ordinairement beaucoup dans la taille selon les climats quils habitent; tous les individus des espèces de rapaces du cap de Bonne-Espérance sont toujours d’un tiers plus grand que les individus tués au Sénégal. Je parlerai plus en détail de ces différences dans un autre chapitre.
Selon levoyageur cité il paraît que la région où lesCondors se plaisent està une hauteur de deux mille cinq cents toises. Ils sont probablement répandus sur toute la grande chaîne des Andes; l’Amérique méridionale est leur patrie. Il serait cependant possible quiils se dirigeassent aussi dans les régions aériennes qui couvrent lAmérique septentrionale , car il est difficile d’assigner aux oiseaux des limites fixes que les espèces ne puissent franchir, comme on pourrait le faire avec plus de certitude è l’égard des mammifères. Ces oiseaux poussés par le besoin visitent quelquefois les plaines et les còtes de la mer du Sud ; mais ils séjournent peu d’'heures dans ces régions basses; M. de Humboldt n'a vu ces oiseaux en grand nombre que lorsque ses herborisations l’ont conduit jusqu’aux régions des neiges perpétuelles.
Le Condor ainsi que tous les autres Cathartes préfèrent les cadavres aux animaux vivans; il se nourrit cependant des uns et des autres. Malgré toutes ses perquisitions M. de Humboldt n'a jamais entendu citer l’exemple d’un Condor qui edit enlevé un enfant (1). Il est constaté qu'ils attaquent le bétail, et que plusieurs Condors viennent è bout de tuer des boeufs. Mais tout saccorde & prouver que les charognes forment la nourriture habituelle de cet oiseau.
Le Catharte a été indiqué par Linnée et par Latham sous le nom
CATHARTE CONDOR.
de VuLtuR GRYPHUS, voyez Lath., Ind. Orn., vol. 1, pag. 1. La femelle est désignée sous le nom de Vurrur MAGELLANICANUS, dans le Muscum Leverianum, no. 1, pag. 1. C'est le VurtuR Conpor de Shaw, Gener. zool., vol. 1, pag. 2, avec deux figures très-mauvaises et une troisieme calquée sur celle de M. de Humboldt. Yoyez surtout le mémoire détaillé de ce isavant, et les deux belles gravures qui l’accompagnent dans les Observations de Zool. et d'Anat. comp. , vol. 1, pag. 49.
Muséum de Vienne, seule collection où l'on voit le mile et la femelle de ce rare oiseau.
(1)Tlest physiquement impossible que le Condor, ou toutautre Catharte, Vautourou Gypaéte, puisse enlever dans les airs une proie quelconque par le moyen de ses serres ; les pieds de
tous les oiseaux qui composent ces trois genres, n’étant pas organisés de manière è pouvoir exécuter cet acte de préhension.
RecuriL D'OrsesUx, 23° LIVRAISON.
RITIRI LILILICIUIAttI
fi