‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux (volume 3)Chapitre 15 sur 173 · ADDITION A L’ARTICLE · texte numérisé non relu

ADDITION A L’ARTICLE

DU CATHARTE VAUTOURIN.

Un vieux mile de l’espèece du Cazharte vautourin (voyez pl. 31 de ce recueil), recu depuis peu au Musée des Pays-Bas, et qui vient de la Nouvelle-Californie, sert de preuve que cette partie de l’Amérique nourrit une seconde espèce très-voisine du Condor des Andes. Le Catharte vautourin adulte égale, pour la taille et pour l’envergure, le Catharte condor. Il en diffère constamment par la forme du bec, et en ce que le Cazharte vautourin mile n’a aucune espèce de caroncules ou de barbillons; le cou et la téte des deux sexes sont glabres;

il n'a non plus des pennes blanches aux ailes.

Catharte Vautow

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CATHARTE VAUTOURIN.

CATHARTESVULTURINUS.Temwm.

Planche 31.

Cet oiseau a été indiqué par Latham dans le second supplément du Synopsis, sous le nom de Vu/tur californianus. Shaw , naturalist. miscell., vol. 10, tab. 301, ena publié une figure dessinée sur le méme individu qui nous a servi de modéle. Le docteur Menzies en a fait hommage au Muséum Britannique , et c'est la seule collection où j'ai vu cet oiseau assez bien conservé, mais mal monté. Notre figure se ressent aussi un peu de ce vice de la préparation , qui fait que la téte est trop petite et le cou trop gréle en proportion du corps.

Le Catharte vautourin est à peu près de la grandeur du Condor, et c'est de cet oiseau qu'il se rapproche le plus, quoiqu'il en diffère un peu par la forme du:bec, par le manque total de caroncules et par Ja longueur des ailes qui dépassent la queue de plusieurs pouces; les tarses sont aussi plus courts ; la région du jabot et la partie du bas du cou sont garnies, comme chez les Vautours, de plusieurs rangées de plumes longues et acuminées; toutes les plumes qui couvrent les parties inférieures sont longues , étroites et pointues; la queue est composte de douze pennes d’égale longueur.

La couleur générale du plumage est un brun-noiràtre ou couleur de suie; toute la téte et le cou sont couverts d’une peau lisse, parsemée è claire voie d’un poil très-court et fin; cette peau dans l’individu monté portait quelques traces d’une couleur rougeàtre , ce qui fait présumer que les parties nues sont rouges; le bec est un peu comprimé et d’un blanc-jaunatre ; les pieds sont noirs. Longueur totale, trois pieds.

L'individu du Muséum Britannique a été trouvé dans la Californie.

Recurn D'OrseAUXx , 6°. LIVRAISON.

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CATHARTE MOINE.

CATHARTES MONACHUS. Temm

Planche 22.

Cr Catharte d’Afrique est d'un quart moins grand dans ses dimensions principales que le Cazharte alimoche ou Ourigourap qui habite le méme pays et qu'on trouve aussi dans les contrées méridionales de l'Europe. Au premier coup-d’eeil on le prendrait pour le jeune de ce Catharte d'Europe; mais en comparant nos deux ciseaux on trouve des différences constantes qui ne tiennent point uniquement è la couleur du plumage. Notre Cazharte moine est plus petit, il a la queue carrée, tandis que l’Alimoche a cette partie étagée et conique; le sommet de la téte, les joues et le devant du cou seulement sont nus; l’occiput et toute la partie postérieure du cou sont garnis d’un duvet très-court, serré et lisse; le jeune Alimoche a des plumes allongées qui garnissent l’occiput et la nuque; le duvet couvre le sommet de la téte et on en voit encore de petites touffes clair-semées sur le devant du cou; toutes ces différences, jointes è la couleur uniforme brune-chocolat qui couvre les parties du corps du Catharte moine et qui paraft étre celle de la livrée de l’adulte, paraissent suffisantes pour en former une espèce distincte.

Tout le plumage de cette espèce est à peu près d’une seule nuance brune-sombre ou couleur de chocolat; les ailes, toutes les parties du corps ainsi que la queue sont de cette couleur; les rémiges seules sont noires; le sommet de la téte, la région des yeux et des oreilles , ainsi que tout le devant du cou, sont nus; un duvet cendré, cotonneux, court et très-serré, couvre l’occiput et toute la partie postérieure du cou; la partie inférieure du devant du cou et le jabot sont garnis par des plumes courtes et lisses, qui semblent former

un plastron dont la région du jabot est couverte; la fraise qui en-

Recuer D’'OrseAux, 38°. LIVRAISON.

CATHARTE MOINE.

toure le cou est, comme dans toutes les espèces de ce genre, composée de plumes contournées, cachant d’une manière imparfaite

le duvet blanc de leur base. Les tarses sont emplumés sur un petit

espace au dessous du genou; le reste ainsi que les doigts sont de

couleur jaune; la partie nue de la téte paraît avoir été, dans le vivant, d’un rougeatre-livide , celle de la gorge indique des nuances jaunàtres et la cire est de couleur foncée. Longueur totale, deux pieds deux pouces; tarse, trois pouces; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du bec, deux pouces six lignes.

Les individus plus jeunes que celui que nous venons de décrire, ont du duvet clair-semé et très-court sur quelques parties du sommet de la téte et du devant du cou; les plumes brunes du dos et des ailes sont terminges de roussàtre. Notre planche 229 représente un individu adulte revétu de faibles indices de ces touffes clair-semées de duvet sur les parties nues de la téte et de la gorge.

On a trouvé cette espèce sur les còtes occidentales d’Afrique ; le sujet qui fait partie du Musée des Pays-Bas et celui du Musée de

Paris ont été envoyés du Sénégal.

GENRE GYPAETE.

GENUS GYPATAETUS. Stor,

Bec très-fort, long; mandibule supérieure convexe, arrondie, élevée vers la pointe qui se courbe en crochet; mandibule inférieure droite, garnie, dans l’espèce européenne , d’un bouquet de crins; la téte et le cou garnis de plumes.

Narines ovales, recouvertes de poils roides dirigés en avant.

Pieds courts, forts, quatre doigts; les trois antérieurs réunis par une courte membrane; le doigt du milieu très-long; ongles faiblement crochus, ceux du doigt intérieur et du pouce plus grands que les autres.

Atles longues; la première rémige un peu plus courte que la deuxième et la troisièéme, qui sont les plus longues.

Doufs de la force et de la noblesse des Azgles, mais partageant avec les Yautours l’habitude de se repaître indifféremment de charognes et de proies vivantes, les Gypaétes pouvaient naturellement prendre place dans la méthode, entre les genres Zu/tur, Cathartes et le genre Falco ; en effet l'ensemble de leurs caractères étant mieux connu, on a pu leur assigner définitivement cette place.

Ces oiseaux, comme tous les animaux qui ne s’offrent que rarement aux regards de l’homme, et qui sont en outre remarquables soit par une taille gigantesque, soit par une conformation particulire, ont été souvent l’objet des erreurs ou des récits fabuleux du vulgaire; les uns ont raconté qu'ils les avaient vus enlever des quadrupèdes d'un volume beaucoup supérieur au leur; d'autres ont dit avoir été témoins de combats entre ces oiseaux et des hommes, dans lesquels ceux-ci , ayant été vaincus , étaient restés la proie des vainqueurs, qui les emportaient dans leurs aires pour les déchirer plus a l’aise, et faire à leurs petits une distribution de membres encore palpitans : on a assuré que des enfans avaient été enlevés en présence des parens, sans que ceux-ci auraient eu des moyens de dé-

fense suffisans pour s'opposer à la force redoutable de ces ciseaux. Ces

RecuriL D’'OrseAUX , 73°. LIVRAISON.

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GENRE GYPAETE

récits outrés ou absurdes tendent néanmoins è accorder aux Gypaétes une force extraordinaire, non dans les moyens de préhension , mais dans le choc vigoureux de leur première attaque. Ils sont redoutables par l’impétuosité avec laquelle ils tombent du haut des airs sur leur proie , qui consiste le plus souvent en bouqguetins , chamots, moutons, chevres, loups, renards, marmottes, lièvres, etc. Aussi rusés que doués de force, ils savent épier l’instant qu'un de ces animaux, le plus souvent de jeunes individus ou les traîneurs d’une troupe, s'écarte sur les bords des précipices; tombant alors sur leur proie avec impétuosité, et aidés de leur puissant moyen de vol, ils la renversent et la précipitent dans l’abime, l’achèvent sur la place à coups vigoureux d’aile et de bec, sansjamais rien emporter dans leurs serres, qui ne sont point propres à saisir. Leur estomac digère les 0s, la peau , les poils et les plumes; on ne les voit point vomir en boules les substances difficiles à digérer, comme le font les aigles et le plus grand nombre des autres ciseaux de proie.

On cite quelques exemples d’attaques de ces oiseaux dirigées contre l'homme : des enfans égarés sur les Hautes-Alpes suisses ont pu étre précipités et dévorés par des Gypaétes, mais ces attaques sont trèsrares.

Les Gypaétes ne vivent point aussi solitaires que les Aigles; ils se réunissent quelquefois trois ou quatre, et parcourent ensemble les montagnes., en chassant de compagnie et se jetant tous a la fois sur la proie. Ils choisissent pour établir leur nid l'infracture la plus inaccessible des rochers ; ce nid, d'une étendue considérable, se compose de bùches entrelacées et cimentées en quelque sorte par des débris mous de matières animales et végétales.

On a essayé d’admettre dans le nombre des Gypaétes inscrits dans nos méthodes, des Aigles, des Autours et des Vautours. Daudin présente sous ce nom générique une réunion bizarre d’espèces qui ne peuvent étre classées dans ce genre, où nous n’admettons provisoirement que le seul Gypaéte d'Europe, d’Asie et d’Afrique, et, avec quelque doute, le Caffe de Le Vaillant, Oiseaux d’Afrique, v. 4, pl. 6,

espèce qui depuis Le Vaillant n'a point encore été vue par les orni-

thologistes.

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VUZZAA

Gvpaîte barbw, adele.

GYPAETE BARBU.

GYPAETUS BARBATUS. Cuv.

L’Adulte en livrée complete. — Planche 451.

Lr fameux Lammergeyr de Suisse , quoique assez bien connu de nos jours, et dont les dépouilles montées se trouvent dans les principaux cabinets d’ornithologie, ne faisant point partie des planches enluminées de Buffon, nous présumons qu'il sera agréable aux naturalistes de voir dans ce recueil le portrait de l’adulte et la description exacte de la livrée du jeune age.

Le front du Gypaéte est plat et l’occiput élevé ; les pieds sont emplumés jusqu'aux doigts; les ailes et la queue sont très-longues et proportionnées a la force du vol; l’attitude dans l’état de repos ou à terre est peu gracieuse.

La livrée parfaite de l’adulte différe assez de celle du jeune, dans les premiers périodes de l’àge, pour avoir pu fournir matière a la supposition erronée de l’existence de deux espèces distinctes de Gypaétes en Europe, désignées sous les noms de Leucocephalus et de Melanocephalus. C'est encore avec le Gypaéte commun qu'il faut énumérer le Nisser ou l Aigle d’or de Bruce, pl. 51. Voyez tous les autres synonymes dans le Manuel d’Ornithologie, deuxième édition, vol. 1, pag. 11.

Dans l’adulte, on voit une large bande noire partant de la base du bec, surmontant les paupières et se dirigeant derrière l’oeil vers le sommet de la téte , dont les plumes courtes, de méme que celles des joues, sont d’un blanc-jaunftre; la gorge et.une partie du devant du cou ont une teinte roux-doré; l’occiput, la nuque et le cou d’unrouxblanchàtre; la poitrine et toutes les parties inférieures d’un roux plus ou moins vif ou doré, suivant l’àge des individus; les vieux ont sur la poitrine une rangée de taches d'un brun-noiràtre, et de grandes taches d'un brun-cendré sont placées vers le bout des couvertures

inférieures de la queue; toutes les autres parties inférieures sont uni-

RecueIL D'OlseAUX, 73° LIVRAISON.

TESTIMIREiNI

GYPAETE BARBU.

colores : les plumes du dos, les scapulaires, les petites et moyennes couvertures des ailes sont d'un cendré-brunftre plus ou moins lustré, marqué vers le bout de chaque plume d'une tache blanchatre plus ou moins grande; une raie blanche suit la direction des baguettes; les grandes couvertures sont cendrées, et les pennes des ailes d’un brun-cendré a baguettes blanches; toutes celles de la queue ont dans le milieu une teinte cendrée et du brun-cendré vers les bords des barbes; leurs baguettes sont blanchatres. Le bec est d'un brun couleur de corne vers la pointe, plus ou moins cendré bleuàtre; des crins roides partant de la base du bec garnissent les narines; un gros bouquet de crins noirs, placé a l’enfourchure des branches de la mandibule inférieure caractérise cette espèce de Gypaéte; les pieds ont une teinte ‘cendré-bleuàtre : l’iris des yeux est d’un beau jaune; il est entouré par un cercle coloré de la sclérotique, qui est d’un rouge-orange. La longueur totale de l’individu de forte taille est de quatre pieds deux ou six pouces au plus, et l’envergure de neuf ou dix pieds.

Le plumage des jeunes, de sept ou huit pieds d’envergure , est beaucoup plus foncé que celui de l’adulte. Toute la téte et le cou sont d’un brun-noirAtre; la poitrine, les flancs , le ventre et les cuisses d’un brun-roussAtre clair, plus ou moins marqué de taches d’un bruncendré; toutes les parties supérieures du corps sont d'un brun foncé, irrégulièrement varié de taches d'un brun-cendré, et souvent tapiré de taches blanches et de quelques plumes à baguettes blanchAtres. Le plumage prend une teinte plus claire dans l’age moyen. On voit à la troisieme mue des plumes blanches à la téte et aux joues; la poitrine se couvre d’une teinte dorée, et toutes les parties inférieures passent au roussàtre.

Cet oiseau de proie habite les plus hautes montagnes de l'Europe , de V'Asie et de l'Afrique; la chaîne des Pyrénées et des Alpes helvétiennes, la Sardaigne , la Grèce et le Tyrol leur servent de retraite en Europe ; en Asie on les a vus dans les chaînes du Caucase et de l’Himalaya , sur les montagnes de la Sibérie et de la Perse, et en Afrique sur les plus hautes montagnes du centre et vers les bords de la mer Rouge, principalement dans les parties de ces montagnes qui sont les moins accessibles et où le gros gibier vit en grandes troupes. Cet ciseau devient de plus en plus rare dans le voisinage des lieux élevés des chaînes solitaires, vers lesquels l'homme étend sa domination.

On voit des sujets dans les principaux Musées du continent.

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