‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux (volume 3)Chapitre 8 sur 173 · VAUTOUR ROYAL · texte numérisé non relu

VAUTOUR ROYAL

KULTUR PONTICERIANUS. Lirn.

Planche 2.

Les compilateurs ont fait naître des doutes sur les diff&rences qui existent entre le grand Vautour royal de Pondichéry, décrit et { iguré par Sonnerat, et le Vautour Oricou figuré dans les Ozseaux d'Afrique de M. Le Vaillant, deux espèces de rapaces très-distinctes, qui different par la taille, par les formes et par le plumage. L’Oricou , de la taille du Pélican, est le plus puissant des oiseaux de rapine ignoble; il surpasse en grandeur le Catharte condor, tandis que le Vautour royal n’est guère plus grand qu’une Oie. A ces diff&rences de taille, on peut en ajouter d’autres qui ont rapport aux formes; celle qui est la plus caractérisée se trouve dans l’espèce de membrane làche placée aux còtés du cou, dont les deux espèces sont pourvues; dans l'Oricou, la membrane entoure toute la partie postérieure du méat auditif, où elle forme une espece de conque; puis elle s'6tend, en diminuant de largeur, sur le reste de la partie nue du cou. Dans le Vautour royal, la membrane est formée par un petit fanon qui prend son origine à près d'un pouce de distance au-dessous du méat auditif, et sélargit en s'arrondissant dans le milieu. Ces membranes plus ou moins larges, plus ou moins làches et flottantes, sont des appendices que plusieurs espèces de Vautours et de Cathartes ont recu en partage; elles sont absolument de la nature des fanons dont les Dindons et les Pénélopes sont pourvus, et consistent en des prolongemens de peau très-fine, réunis par des tégumens trèsdéliés. Le Vautour royal a les ailes un peu plus courtes que la queue, tandis que l’Oricou les a plus longues.

L'adulte du Vautour royal a toute la téte et le cou nus ; ces parties sont colorées d’une teinte couleur de chair, et la peau est par-

semée de quelques poils assez courts, disposés à claire-voie ; le petit

(No VAUTOUR ROYAL.

ou appendice membraneux placé de chaque coté du cou

| i lambeau petit duvet brun; autour

(a est également nu; le jabot est couvert d'un In de cette partie rèégne un duvet blanc plus long; toute la partie supé- | rieure du bas du cou, ainsi que les còtés, sont entourés d'une fraise

de plumes courtes, arrondies; le plumage est généralement coloré

d'une teinte brune, noiràtre; les rémiges sont noires. Le bec est d'un noir bleudtre, la cire jaundtre, et les pieds d'un jaune foncé. LoniN gueur, deux pieds cinq pouces. Ig Les jeunes ont la téte et le cou plus ou moins garnis d'un duvet court, mais les adultes ont toutes ces parties nues. Les petits paquets de duvet dont le cou des Vautours et des Cathartes est couvert, indique toujours une livrée de jeune dge; un autre indice de cet état se remarque dans le plumage plus ou moins varié : le plumage des adultes, dans toutes les espèces, est constamment coloré par grandes masses. Le Vautour royal a été indiqué et figuré par Sonnerat, dans son Voyage aux Indes, sous le nom de Vautour royal de Pondichery. Il en donne une mauvaise figure pl. 104. C'est Yultur Ponticerianus. Lars. Ind. Orn. v. 2, pag: 7, sp. 14.

Cet oiseau a été envoyé du Bengale; il est probablement répandu I sur tout le continent de l’Inde.

Vl On trouve des individus dans les Musées de Paris, des Pays-Bas ,

NRE et dans le cabinet de M. Laugier.

LR

bOT.

Vaulour ACGYPus, adito

Vaio

VAUTOUR ORICOU ov GY PIUS.

VULTUR AURICULARIS. Daup.

Jeune ou femelle ? — Planche 407.

Ce Vautour, dit Le Vaillant, est un oiseau de montagne, comme les autres espéces de ce genre; les abris que forment les couches pierreuses et les cavernes qui s’y rencontrent sont l’habitation de ces oiseaux : ils y passent la nuit et viennent S’y reposer de jour lorsqu’ils sont repus. On les apercoit en grand nombre, au lever du soleil, perchés sur les rochers, à l’entrée de leur demeure, et, quelquefois, une chaîne entière de montagnes.en est parsemée dans la majeure partie de toute son ctendue. Ils nichent dans les cavernes des rochers; la femelle y pond deux ceufs blanes et trés-rarement trois : en janvier, les petits sont éclos. Les colons du Cap donnent à cet oiseau le nom de Zywarte-aas V. ogel (oiseau de charogne noir), pour le distinguer du Chasse-fiente, qu'ils désignent par le nom de Stront-jager ou Stront-vogel. Dans les voyages de Burchel, il est aussi fait mention de cet oiseau, et Savigny le décrit dans son Orni-

thologie égyptienne, sous le nom d’Egypius ( voyez tab. 11, figure d’un jeune individu), dénomination que nous conservons conjointement avec celle de Le Vaillant. M. Ruppel, en parlant de l’Oricou, dans sa Revue critique, de décembre 1830, dit, que les replis de la peau au meat auditif de l’Oricou figuré par Le Vaillant, pl. 9, sont factices : c'est, dit-il, un individu défisuré ; et il trouve cette /alsification évidente sur un sujet que possède le duc de Rivoli. Il dit, de plus, qu’aucun naturaliste n°a revu l’oiseau que Le Vaillant dif avoir

trouve en Afrique*, Aujourd’hui, M. Ruppel fait de nouveau mention

* Jai déjà dit ailleurs que, dans le musée des Pays-Bas, à Leiden, se trouve non-seulement le sujet identique de Le Vaillant, mais encore deux autres qui ressemblent exactement À la figure de Le Vaillant; plus, que presque tous les originaux des espèces de Rapaces, décrits et

Recven D’OrseAvx, 69° LivrAISON.

VAUTOUR ORICOU ov MEGYPIUS.

de l’Oricou et de lAEgypius, et il pense que ladomesticité ou bien le manque de nourriture font naître et servent à développer ces replis cutanés de l’oreille qu’auparavant il croyait étre artificiels et dùs à l’imposture. (Voyez Revue des Vautours, Atlas du Voyage , page 47» Neue Wirbelthiere.) Ge manque de toute trace du repli de la peau aux oreilles chez un grand nombre d’individus et, par contre, l’existence très-caractéristique et assez fortement prononcée chez quelques autres sujets, me semble plutòt étre en rapport avec l’age; peut-étre depend-il aussi du sexe; mais, je présume qu'on doit l’attribuer à une diff&rence d’àge ; car, nous savons positivement que le jeune Oricou ne porte point d’indice d’une duplicature de la peau au méat auditif. Sur dix peaux recues du nord comme du sud de l’Afrique, il sen trouve seulement deux à replis bien prononcés, plus le sujet identique de Le Vaillant; un troisième porte la trace légèrement indiquée d’une duplicature; mais les sept autres dépouilles n’en fournissent aucun indice. On doit observer que ces trois sujets pourvus de lobules externes, plus le quatrième individu rapporté par Le Vaillant, ont tous le bec plus ou moins coloré de jaunàtre; que le sujet de Le Vaillant l’a fortement nuancé de jaune d'ocre; mais que, par contre, tous ceux dépourvus du repli cutané ont le bec noir ou brunftre foncé : indice assez certain d’un àge moins avancé. — M. Tcharner de Bellerive, naturaliste établi à Berne, en Suisse, nous marque qu'il a recu un individu de l’Oricou, qui avait l’appendice membraneux, indiqué par un léger repli de la peau. Cet individu a été trouvé par M. Schimper, dans la Basse-Égypte.

L’Oricou ou lAgypius est le plus grand des vautours connus; c'est celui dont le bec est le plus puissant et offre le plus de développement en bauteur. On le distingue facilement et dans toutes les

périodes de l’àge à la fraise *, composée de plumes courtes et arron-

figurés dans son Ornithologie d’Afrique, font aussi partie de cet établissement; qu'on peut y voir son Oricou, le Chassefiente er le Chaugoun, et juger, par cette vue, sì j'ai raison ou tort dans l’indication de mes espèces.

* Je ne pense pas quiil soit inutile de remarquer ici que, quoique les plumes de la fraise ou du collier du bas du cou offrent, chez les Vautours, un caractère très-marquant, propre è servir de premier moyen pour reconnaître et distinguer les espèces, on doit cependant observer qu'il convient d’en faire usage avec une certaine réserve. La vue d’un très-grand nombre de dépouilles de Vautours, portant de longues fraises à plumes effilées, implantées dans un ample collier de duvet, m'a prouvé que, lorsque ces oiseaux ont été tués dans l’époque

de la mue périodique, ou bien, que les plumes de la fraise se trouvent étre usées par le

VAUTOUR ORICOU ou /AEGYPIUS.

dies, aux très-longues plumes acuminéges et courbées du ventre, qui recouvrent mal un duvet blanc, et en ce que les cuisses sont pourvues du seul duvet, sans étre couvertes de piumes. Dans une période, probablement assez avancée de l’àge, il est muni d’un repli ou duplicature de la peau, s'étendant de l’orifice des oreilles jusque vers la moitié, ou au-delà, de la partie nue du cou.

La livrée, dans laquelle on trouve le plus grand nombre des sujets rapportés du nord comme du midi de lAfrique, est d’une teinte brune couleur de suie. Tous les sujets munis de la duplicature de la peau, ou portant le fanon longitudinal à l’oreille, ont le cou et la tète à peu près ou totalement glabres et d’une teinte couleur de chair; la pointe du bec, ou bien toute la partie cornée, d’un jaune-ocre. Tandis que les sujets manquant de fanon longitudinal portent un léger duvet, la peau est cendrée, livide et leur bec est totalement noir. Le jeune, au sortir du nid, est décrit, par Le Vaillant, en ces termes : En naissant, le jeune oiseau est couvert d’un duvet blanchAtre. Au sortir du nid, son plumage est d’un brun clair, et toutes ses plumes sont bordées d’une teinte roussàtre ; celles de la poitrine ne sont point alors contournées en lames de sabre, et sa tète et son cou sont entièrement couverts d’un fin duvet très-touffu. Les grands Namaquois nomment l’Oricou Ghap, en faisant précéder ce mot d’un fort clappement de langue.

Un bon nombre d’individus de l’Oricou , originaires du midi et du nord de l’Afrique, font partie du musée des Pays-Bas. Il paraît assez certain que cette espèce vit aussi en Grèce, aux environs d’Athènes; il forme, par conséquent, une nouvelle espèce à ajouter

au catalague des oiseaux d’Europe.

frottement continuel de la partie rase ou glabre du cou, contre laquelle la téte se trouve retirée dans l’état de repos; on peut, dans l’un et l’autre cas, rencontrer des individus qui n’ont pas une seule plume longue et effilée au collier. Celui-ci n'est alors composé que du seul duvet, ce qui donne alors matière au doute, et doit souvent étre la cause d’erreurs dans l’indication spécifique. Voilà du moins la cause à laquelle jattribue l’erreur manifeste et la confusion d’espèces et de citations mal appliquées que fait M. Ruppel de son 7ultur kolbii et de son Z’ultur chassefiente; dans l’indication récente de ses Vautours, pag. 46 et 47, Neue

Wirb. Thier. Abyss.

IIRTRIRIRIHIHiONA

Indou ,

utour

Va

Huet

VAUTOUR INDOU, O0U CHAUGOUN.

VULTUR INDICUS. Lara.

L’Adulte.—Planche 26.

Nous donnons la figure d'un individu adulte de l’espèce décrite par Sonnerat, sous le nom de grand Vautour des Indes (1). M. Le Vaillant en a figuré le jeune, sous le nom de Chaugour, planche 11 de son Ornithologie d’Afrique; ces deux espèces nominales doivent étre réunies. L'oiseau qui a servi de modéle à la planche publiée dans l'Ornithologie d’Afrique fait aujourd'hui partie du Musée des Pays-Bas; nous pouvons garantir son identité avec les individus adultes qui ont été envoyés du Bengale. Jai vu dans le nombre de ceux-ci deux sujets qui marquent le passage de la livrée du jeune dge a celle de l'adulte.

Sonnerat dit que ces oiseaux sont voraces; ils habitent pendant le jour les bords de la mer, pour prendre les poissons morts que les vagues jettent sur le rivage; ils vivent généralement de pourriture et déterrent les cadavres; ils ont le vol lourd, quoiqu'ils aient l’aile forte.

Les individus. adultes ont la téte et le cou dénués de plumes; quelques uns conservent pendant assez long-temps de petites méches de duvets, distribuées à claire-voie; les jeunes ont tout le cou garni d’un petit duvet qui disparaît avec l’àge; on voit chez le plus grand nombre quelques poils rares et courts à la téte. Tout le plumage supérieur est d'un cendré-isabelle, varié de brun et de blanchatre; les parties inférieures sont d’un fauve très-clair sans taches; un petit duvet court, serré et très-lisse couvre la poitrine, ce duvet est d'un brun-foncé; le bec est noir, mais la pointe est plus claire;

la peau nue de la téte est d'un cendré roussatre, Sonnerat dit que

(1) Sonnerat, Yoy. Ind. vol. 2, page 183, tab. 105.— FaLco picus, Lath. Zrd. Orn. sp. 15.

Recuer D'Orsesux, 5°. LIVRAISON.

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