M. DCCC. XXXVIII
Poule sonnera/ .
COQ ET POULE SONNERAT
G A L L U S S O N N E R A T I. Temm.
Planches 202 et 233.
Sonnerat a cru trouver dans l’espèce de Coq et de Poule propre aux contrées de PIndostan, la souche ou le type de notre espèce commune des basses-cours, nommée Coq villageois . Nous avons réfuté cette supposition dans le second volume, page 246, de louvrage des Gallinacés , et nous croyons avoir prouvé que ce n’est point de cette espèce, mais du Bankiva(i) y que sont originaires la plupart de ces races domestiques répandues sur la surface du globe ; on les trouve partout où la civilisation des peuples a fait sentir 1 utilité
et les bienfaits de l’économie rurale.
Nous avons dédié ce Coq et cette Poule sauvages à la mémoire de l’illustre voyageur qui en fit la découverte ; l’espèce vit encore de nos jours dans les contrées montueuses et boisées de l’Indostan , et il ne paraît point qu’on ait fait des tentatives pour la réduire à la domesticité j il est certain qu’elle forme une espece distincte des races domestiques nourries par les Indiens et par les Colons établis dans les possessions soumises au pouvoir de l’Angleterre,
(i) Gallus Banliva. Ilist. des Pigeons et des Gallinacés, vol. 2, pag. 87 et suivantes. On trouve cette espèce dans les bois solitaires des îles de Java et de Sumatra.
Recueil d’Oiseaux > 3gc. livraison.
COQ ET POULE SONNERAT
dans la presqu’île de l’Inde 5 les races domestiques de ces pays sont absolument les mêmes que toutes celles des autres pays du globe.
Le Coq Sonnerat a le port, les formes et la taille de nos races les plus fortes du Coq villageois 5 la crête et les barbillons ne diffèrent point, mais les plumes du cou et celles des ailes offrent un contraste frappant avec ces parties dans nos volailles de basse-cour 5 leur forme est oblongue sans être acuminée comme celle de nos Coqs j leur tuyau est large , déprimé et fort 5 il donne naissance à une plaque cartilagineuse, en lame aplatie, très-dure, parfaitement lisse et polie : une substance semblable couvre les plumes d une espèce nouvelle du genre Bec-ouvert $ l’on voit des epanouissemens pareils aux plumes de quelques Pigeons , des Jaseurs et de quelques autres oiseaux. La Poule diffère des nôtres par le manque de crête et de barbillons, et par un plumage différent qui 11 est point sujet à varier.
Les plumes du sommet de la tête et celles du cou sont plus longues selon qu’elles approchent du corps , mais elles ont une forme arrondie vers le bout 5 leur baguette est grosse, très-déprimée ; une raie blanche, très-luisante, en couvre le dessus jusque vers l’extrémité, où se trouve une large plaque blanche, de substance cartilagineuse, et au bout un second épanouissement d’un roux-vif 5 les plumes du dos sont longues et étroites, d’un brun-noirâtre marqué de taches plus claires 5 une large raie blanche suit la direction des baguettes 5 la poitrine, le ventre, les flancs, les cuisses et l’abdomen ont une teinte noirâtre à reflets verdâtres ; les petites et les moyennes couvertures des ailes ont les baguettes déprimées ; elles n’ont point de barbes, mais toutes sont termiénes par une lame cartilagineuse large, polie et luisante 5 elles sont d’un roux-marron très-vif, et leur réunion forme une large plaque qui paraît enduite d'une couche de vernis > les pennes secondaires des ailes sont d’un noir à reflets verts ; celles
COQ ET POULE SONNERAT
de la queue, adossées en deux plans verticaux, sont au nombre de quatorze, d’un noir lustré de vert 5 les deux plumes du milieu ont des reflets violets et pourprés ; elles se courbent en forme de faucille le long des deux plans et sont en partie recouvertes par les longues plumes du croupion d’un violet paré de reflets métalliques 5 les pieds sont cendrés ; les yeux jaunes et les appendices charnus d’un rouge-pourpré. Le Coq a, de la pointe du bec à l’extrémité de la queue, deux pieds quatre pouces 5 depuis le plan des pieds au sommet de la tete il est haut de quatorze à quinze pouces.
La femelle ou la poule est d’un tiers plus petite 5 elle n’a point de crête ni de barbillons ; la gorge et le sommet de la tête sont couverts de plumes, et le tour des yeux seulement est nu et de couleur rougeâtre 5 elle n’a point de plumes longues au bas du cou, et on ne voit point de trace de la substance cornée sur aucune des parties du plumage 5 toutes les parties supérieures sont d’un gris plus ou moins noirâtre, marqué de petits points cendrés ; des raies blanches, assez étroites, occupent le centre des plumes et suivent la direction de la baguette; l’aile est grise, nuancée de gris plus foncé et de brun; la queue brune; la face blanchâtre, variée de brun ; toutes les parties inférieures ont une teinte brune-cendrée; sur chaque plume est peint une large bande longitudinale ou une tache en mèche d’un blanc pur.
On trouve la description de ce Gallinacé dans Sonnerat , Voyage aux Indes, vol. 2, pag. i55, tab. g4 et g5 , c’est le Phasianus gallus de la méthode de Latham. Les lieux de sa demeure sont les forêts en montagnes et quelques autres parties boisées de l’Indostan. Sonnerat en a trouvé dans les montagnes des Gaëtes; il paraît que l’espèce est commune dans toutes les parties orientales de l’Inde.
On voit plusieurs individus dans les Musées de Paris et des Pays-Bas.
C O (] brow^e/, adulte
Hu?f.