‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux, pour servir de suite et de complément aux planches enluminées de Buffon, édition in-folio et in-4⁰ de l'Imprimerie Royale, 1770 (volume 3)Chapitre 106 sur 110 · PÉLICAN A LUNETTES · texte numérisé non relu

PÉLICAN A LUNETTES

P . conspicillatus du présent article $ cinq espèces distinctes , dont je puis garantir Inexistence.

Le Pélican à lunettes est nommé d’après un caractère marquant dans cette nouvelle espèce 5 les deux grandes nudités à peu près circulaires , dont les yeux sont entourés , ne se trouvent telles dans aucun Pélican connu. La taille surpasse celle de nos plus grands Pélicans roses d’Europe , mais elle est plus en rapport avec celle des individus qui nous ont été envoyés d^Egypte , du Sénégal et du cap de Bonne-Espérance 5 car notre Pélican vulgaire, ou rose, habite toutes ces contrées.

Le front et la région du lorum sont couverts de plumes 5 un grand espace circulaire formé par une peau nue, probablement plus ou moins rougeâtre ou couleur de chair, dans le vivant, entoure l’orbite des yeux 5 tout le plumage de la tête, du cou et du corps est d’un blanc pur 5 mais il est possible que ces parties ont pu être légèrement teintes de rose clair, dans le vivant (1)$ les petites couvertures des ailes sont très - longues , subulées et blanches ; celles du second rang sont aussi remarquables par leur longueur, mais leur couleur est d’un noir parfait 5 les scapulaires, les pennes des ailes et celles de la queue sont aussi entièrement noires $ la grande poche paraît avoir été colorée, dans le vivant, d’une teinte couleur de chair jaunâtre , plus ou moins rougeâtre , suivant les époques de l’année. Les pieds paraissent avoir été bruns* Longueur, quatre pieds quatre pouces.

Cette description est prise sur le seul individu que j’ai vu 5 il se trouve au Musée de Paris, et a été rapporté des terres Australes par l’expédition du capitaine Baudin.

(1) Le plus grand nombre des Mouettes, des Sternes, quelques espèces de Canards, c|e Ilarles et de Pélicans ont un plumage plus ou moins rose dans le vivant; peu de temps ap1 la mort et par la seule action du jour, le plumage devient d’un blanc pur.

//izet,

CORMORAN LARGUP.

CA R B O CRIS1ATU S. Temm.

L’Adulte en plumage parfait d’hiver. — Planche 022.

Lorsque j’ai publié la seconde édition du Manuel d’Ornithologie où cet oiseau est décrit en plumage d’été ou des noces, pag. 900, j’ai donné, par erreur, sous la rubrique indiquée , le signalement de l’adulte en plumage d’hiver, et cette méprise a été répétée dans tous les articles descriptifs de différentes espèces des Cormorans. C’est vers la fin de l’automne que notre Cormoran largup se revêt de sa belle livrée et que la tête se trouve parée de ce large panache placé sur le fi ont. L espece dans cet état a ete figurée d’une manière trèsreconnaissable par Olaflèn, Voyage en Islande, vol. 2, atlas, tab. 44. La Zoologie arctique , pag. 583 , en fait mention d’après Fabricius , bauna Groenlandica. C’est dans cet ouvrage et dans celui d’Olaffen que Latham a emprunté la description de son Carbo cristatus. Les auteurs mentionnés nous ayant laissé dans le doute sur l’époque à laquelle ces oiseaux sont parés , pour un temps , de leur belle livrée , il était présumable que conformément à la règle générale chez tous les oiseaux sujets à une double mue , on pouvait considérer comme attribut de la livrée de printemps ou des noces le développement le

Recueil d’ Oiseaux , 54e. livraison.

CORMORAN LARGUP.

plus parfait du plumage. Les notices très-intéressantes publiées par M. Faber dans l’opuscule portant pour titre Prodromus der Islandischen ornithologie , pag. 53, esp. 2, nous ont fait connaître l’époque de leur mue 5 mais Fauteur confond deux espèces distinctes, car il est totalement faux de croire que c^est le même oiseau indiqué sous Carbo graculusj ce dernier est d’un quart moins grand que Carbo cristatus 3 sa queue est longue, cunéiforme, et son plumage, dans les deux saisons, très-différent de celui de notre Cormoran largup . M. Faber rapporte de son Graculus , qui est notre Cristatus en plumage de parade, que l’espèce est commune en Islande 3 elle se revêt au mois d’octobre de l’élégante livrée dans laquelle nous la figurons pl. 3223 la huppe frontale disparaît au mois de mars, et tout le plumage prend une teinte d’un verdâtre- terne 3 elle porte cette huppe frontale droite et toujours relevée pendant la natation et dans tous ses mouvemens, mais lorsqu’elle se repose à terre, la huppe reste couchée sur le sommet de la tête. Vers la fin de juin les jeunes sont en état de voler. Les œufs de ces oiseaux, au nombre de quatre, ont une forme oblongue, très-petits en proportion de la taille de l’oiseau et recouverts d’une couche calcaire de couleur blanc- verdâtre 3 les vieux font rarement entendre leur voix très-forte 3 ils défendent leur progéniture avec beaucoup d’acharnement. Elle se distingue de tous les Cormorans connus par sa queue courte et arrondie et par son bec long et un peu grêle 3 un vert bouteille très-lustré couvre tout le plumage, et de larges bordures noires entourent les plumes du dos 3 la huppe frontale est le seul ornement extraordinaire de cette espèce , dont l’habitation paraît être limitée aux régions septentrionales de l’Europe.

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