AN1IINGA LE VAILLANT
plumes scapulaires et sur toutes les couvertures, ont une teinte isabelle couverte d’un lustre brillant; une partie du devant du cou, la poitrine et tout le dessous du corps, sont d’un noir à reflets vertbouteille; le bec, la nudité ophtalmique et la très-petite bande nue de chaque côté du cou sont d’un beau jaune. Longueur totale, envi-
ron trois pieds.
L’Anhinga de l’ancien continent a le bec plus grêle et plus effile à la pointe que celui du Nouveau-Monde; ce dernier est un peu plus grand, et la nudité bifurquée du menton est plus étendue dans celui-ci que chez, son congénère de l’ancien continent; les deux espèces ont, à l’état adulte, des plis transversaux sur les barbes extérieures des deux pennes du milieu de la queue; les plumes scapulaires portent dans les deux espèces de belles bandes argentines; mais dans l’Anbinga de l’ancien continent elles sont très longues et peu larges; celui du Nouveau-Monde les a courtes et en forme de fer
de lance.
Nous avons établi cette description sur un grand nombre d’individus rapportés du Sénégal, du Gap de Bonne-Espérance et des îles de l’Archipel indien ; la même espèce paraît répandue dans toutes ces contrées. L’individu figuré pl. 38o a été rapporté du Sénégal.
G ii i lie m o l vieillards, e/i éic -
Prè/re-
GUILLEMOT WUMIZUSUME.
(J fil A Jf'UMlZ US U ME. Temm
Adulte en été. — Planche 67g.
La belle et élégante espèce dont nous fournissons ici le portrait du plumage parfait d’été est remarquable par les dilférens états sous lesquels se présente le plumage aux différentes périodes de l’âge et de la mue. Plusieurs individus capturés dans les mers du Japon et sur les côtes de la Corée nous mettent à même de donner la description de ces livrées.
La huppe frontale, élégante et légère, est composée d’un faisceau de longues plumes subulées propre aux deux sexes; mais cette belle, touffe n’est qu’un ornement passager ; elle existe seulement pendant le temps des amours : les deux sexes n’en portent aucun vestige pendant tout le reste de l’année; la livrée des noces, outre cette parure, porte encore des plumes d’un blanc éclatant, longues et subulées au-dessus des yeux, derrière le méat auditif et à la nuque ; plus bas, vers la partie supérieure du cou , elles se présentent en fines mèches blanches sur le fond noir qui recouvre toute cette partie. Le front, la huppe, le sommet de la tête, les joues et une large bande longitudinale, qui de la nuque se dirige sur les côtés de la
Recueil d’Oiseaux, 98e livraison.
GUILLEMOT WUMIZUSUME.
poitrine et tout le long des flancs, sont d’un noir plein ; la face et le menton sont d’un gris cendré; tout le dessus du corps est d’un beau gris bleuâtre, mais les couvertures des ailes sont d’un gris noirâtre; le reste des ailes et la petite queue arrondie sont d’un noir mat. A partir du menton, toutes les autres parties inférieures sont d’un blanc pur; les pieds et les doigts sont jaunes, et les palmures noires.
La livrée hybernale n’offre aucun indice de huppe ni de plumes subulées; toute la tête, la gorge et la nuque sont noires; quelques individus portent de petites mèches blanches plus ou moins nombreuses, selon l’époque de l’année.
Les jeunes ont du cendré noirâtre sur les parties qui sont noires chez l’adulte; les parties supérieures sont d’un cendré terne, et les parties inférieures d’un blanc terne.
Bec couvert de plumes jusqu’aux orifices des narines, et jaunâtre à la pointe; ce bec est comprimé, grêle et plus court que la tête. Longueur totale, environ dix pouces.
Pallas^ Fauna rossica , pag. 367, décrit une espèce voisine de celle-ci , sous Uria senicula , tab. 85; cest Alca antiqua de Gmel. et de Latham. M. le professeur Brandt en fait un genre distinct sous le nom de Synthliboramphus antiquus ; Monographia alcarum , tab. 5.
On trouve notre espece sur les cotes de Corée et au Japon ; son nom japonais est umizusume.
GENRE STARIQUE
GE NUS P HA LE RI S. Temm.
Bec plus court que la tête, déprimé, dilaté sur les côtés, presque quadrangulaire, échancré à la pointe; mandibule inférieure formant un angle saillant.
Narines marginales au milieu du bec, linéaires, à moitié fermées par derrière et en dessus, percées de part en part.
Pieds courts, retirés dans l’abdomen; tarse grêle, seulement trois doigts devant; ongles très-courbés.
Ailes médiocres, première rémige la plus longue.
Ces oiseaux, assez voisins des Guillemots de petite taille et pas fort éloignés des Macareux et des Pingouins , vivent de la même manière que ces habitans des régions glaciales de notre globe; ils voguent sur les ondes, au milieu des glaçons, avec une agilité et une grâce admirables; leurs essaims nombreux donnent de la vie à ces contrées, où les frimas ont établi leur empire. Leur migration n’est jamais portée très-avant vers les climats plus doux et leur demeure semble circonscrite dans les limites des régions polaires arctiques. C’est vers le Groënland et le Kamtschatka qu’habitent les deux espèces qui nous sont connues, et dont on doit la connaissance aux voyageurs intrépides qui ont parcouru ces mers
Recueil d’Oiseaux, 34e- livraison.
GENRE STÂR1QUE.
septentrionales $ la troisième n a point encore ete constatée pai l’examen de sa dépouille* Ces trois especes ont ete îndicjuees^ savoir, notre Starique perroquet ^ Phaleris psittacula3 sous les noms de Alca psittacula Lath., sp. 8; et la figure du bec de grandeur naturelle, tab. g5, fig. 2, indique l’état adulte. Le jeune âge de cette espèce est décrit sous le nom de Alca tetracula Lath. ^ sp. y , et tab. g5 , fig. 3.
Starique cristatelle, Phaleris cristatella , sous le nom de Alca cristatella Lath., sp. 6, f adulte, et Alca pygmea , id. , sp. 11, le jeune de l’année.
La troisième espèce, sous le nom de Alca antigua , ne mest point connue.
Starique
crtslcdeues
ZZue/ ,
STARIQUE CRISTATELLE.
P H A L E R I S C R I S TA T E L LA. Temm
U Adulte* — Planche 200.
La figure lithographiée de l’adulte, accompagnée d’une notice sur cette espece , a été donnée par M. Valenciennes dans l’ouvrage de M. Clioris, V oyage pittoresque autour du monde , page 18 et suwantes . CVst , ainsi que nous l’avons annoncé dans l’introduction de ce genre, les Alca cristatella et pjgmea des catalogues méthodiques. On voit une figure de la tête de cet oiseau dans Lath., syn. , vol . ô, tab. 9 5,/ig. 4.
L’adulte est de la taille d’une forte Caille; les deux sexes sont caractérisés par une huppe frontale, composée de quelques plumes dont les deux côtés des barbes sont accolées ; ces plumes , au nombre de six ou de huit, forment une aigrette recourbée en avant jusque sur la pointe du bec; des plumes très-longues, effilées et d’un blancpur , prennent naissance aux côtés du bec ; elles garnissent aussi le front et sont disposées sur les joues et vers les oreilles ; elles sont très-longues, déliées, et d’un blanc très-pur dans les individus fort âgés, mais plus courtes chez les jeunes. Le plumage est, en général, d’un brun-noirâtre, plus foncé en dessus, plus pâle en dessous,
Recueil d’Oiseaux, 34e- livraison.
STÀRIQUE CRISTATELLE.
et tirant sur le cendré-bleuâtre à la région pectorale, et sur un cendré un peu jaunâtre vers le bas-ventre 3 le bec est d un jaunerougeâtre, sa base est d’un rouge-vif; les vieux ont tout le bec d’un beau rouge 5 les pieds sont d’un noir -cendré. Longueur totale, six pouces six lignes 5 bec long de six lignes.
Les jeunes de l’année ont le bec plus déprimé que les adultes 3 il est d’un brun-noirâtre 3 dans cet état la huppe frontale manque , et ils n’ont point de longues plumes blanches aux côtés de la tête 3 les plumes du méat auditif sont terminées par de petites soies blanches, très-courtes 3 toutes celles du front sont noires, mais une ligne blanche suit la direction de la baguette 3 toutes les parties inférieures sont noires, excepté les scapulaires qui ont une teinte cendrée 3 la gorge et la poitrine sont d’un blanc-jaunâtre sale3 tout le reste des parties inférieures est d’un blanc pur. Les individus , dans l’état de mue ou à l’époque du passage d’une livrée à l’autre, sont tapirés de plumes noires et blanches.
O11 le trouve, dit M. Valenciennes, dans les mers voisines du Japon et sur les côtes de l’ile Martamey ou Yesso , d’où les navigateurs russes ont rapporté les premiers échantillons. M. Choris en a reçu un à l’île de S.-Laurent, dans le détroit de Bering. Le
jour il nage sur la mer 3 la nuit il se retire dans les antres du îivage et dans les fentes des rochers. C’est le Starick des Kamschadales.
Musées de Paris et des Pays-Bas.