‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux, pour servir de suite et de complément aux planches enluminées de Buffon, édition in-folio et in-4⁰ de l'Imprimerie Royale, 1770 (volume 3)Chapitre 27 sur 110 · CAILLE NATTÉE · texte numérisé non relu

CAILLE NATTÉE

les plumes du cou, du dos, des scapulaires, et celles qui couvrent le croupion sont peintes au milieu d’une tache lancéolée d’un blancroussâtre, bordée de noir 5 le reste des barbes est marqué de grandes taches noires coupées par des bandes rousses et cendrées 5 les couvertures des ailes sont cendrées et coupées par des bandes jaunâtres bordées de noir^ les pennes sont cendrées.

La femelle diffère du mâle par le manque de la tache triangulaire et des bandes demi-circulaires à la gorge 5 celles-ci sont indiquées par une série de petites taches noires disposées de la même manière que les bandes chez le mâle 5 la gorge est dun blanc pur$ les partie8 supérieures ne different point d une manière très-marquée , celles du cou et du dessous du corps sont d’un blanc-roussâtre , irrégulièrement marqué de taches noires et de raies longitudinale* blanches 5 ces dernières sont disposées sur les flancs 5 le milieu du ventre est blanc.

Sonnerat a parlé de cette espèce sous le nom de petite Caille & Gingi , et Sonnini l’indique dans l’article de la Caille de la côte de Co/ omandeL Cest Perdix CoromAndelica , Lath. Ind. Ornith. vol> pag. 654. Sp. 38. Les descriptions des auteurs mentionnés niu" diquent point la tache noire triangulaire à la gorge du mâle aduhe’

ce qui fait présumer qu’ils n’ont vu que de jeunes mâles ou bien femelles.

Gctte espèce habite le continent de l’Inde, elle paraît cominP^ au Bengale. On trouve les individus des deux sexes dans les de Paris et des Pays-Bas.

PERDRIX ROUSSE-GORGE

PERDIX CAMBAYEN SIS. Lath.

Le Mâle et la Femelle adultes. — Planche 4 4 7 , fig.

1 et 2.

résulte souvent les erreurs les plus graves de l’empressement du ou met à classer les animaux dans nos méthodes , et à publier les Résultats d’une première observation basée sur l’examen, quelquetrès-superficiel , d’un sujet unique. L’article que nous publions peut servir de preuve nouvelle que les publications trop précoces disent plus ou moins à l’étude de l’histoire naturelle; elles tendent °Uvent à porter la confusion dans la classification méthodique.

^atham, induit en erreur par l’examen d’un sujet de cette espèce ^eposé dans les galeries du Musée britannique à Londres, sur lequel c°iuposa son article Perdix cambayensis , Ind. Omit. vol. a, [•p6 ’ SP* 44, ne s’est point douté que l’individu avait été mu-

e’ banque d’ongle au doigt postérieur lui parut sans doute très- ^traordinaire , puisqu’il fait mention à deux reprises de la phrase blt° Postico mutico , dans un article de quatre lignes. Fixant mon de SUr ce^e remarque faite par Latham, et d avance frappé

analogie entre le manque d’ongle chez cette espèce, et l’absence

ÜEIL D 0ISEAUX , 75e LIVEAISOH.

PERDRIX ROUSSE-GORGE

bien constatée de tout ongle dans le Cryptonix ou Roulonl couronné . Voyez les PI. col. 35o et 35 1. J’associai ce Perdix cambayensis a l’espèce bien connue. Me trouvant à Londres, j’y vis l’individu qul avait servi à la description de Latham ; et sans doute prévenu en faveur de l’absence de l’ongle au doigt postérieur, je ne m’aperças point de l’état imparfait du sujet : ce n’est qu’après avoir eu sous les yeux une multitude de dépouilles de la même espèce, toutes pourvues d’un ongle au doigt postérieur , que je me doutai de l’état de dégradation du sujet déposé au Musée britannique. Cet individu est un jeune mâle revêtu en partie du plumage de l’adulte, mais ressemblant plus au total à la vieille femelle dont le portrait accompagne cet article. Il résulte de tout ceci que le Perdix cambayensis est uue véritable Perdrix, et qu’il faut rayer tout l’article du Cryptonix roU$ fourni dans l’histoire des Gallinacés, vol. 3, pag. 534. Le genre Cryptonix ne comprendra que l’espèce unique sous Cryptonix coro natus.

L’espèce étant réintégrée à sa véritable place, nous ferons observer qu’elle s’éloigne un peu des Perdrix par la forme du bec , qui est très court, plus haut que large, à mandibule supérieure très-fléchie ; tarse du mâle est pourvu d’un tubercule très-fort; les sujets très vieux ont ce tubercule extraordinairement développé , pouvant pÎL^ que tenir lieu d’éperon obtus. L’espèce est encore caractérisée par petite taille, moindre que celle de notre caille d’Europe, dont e^e n’a pas la coupe d’aile ; les pennes sont étagées comme chez les Pei^11 proprement dites. Les sexes diffèrent par les couleurs du pluma» mais le mâle et la femelle ont toute la région gutturale d’un beau 1

foncé. ^

Le mâle adulte , en état parfait du plumage, est facile à distmg de la femelle par les belles bandes noires et blanches dont toutes

PERDRIX ROUSSE-GORGE

]°ues et 1»

Ip.

Parties inférieures sont couvertes, ses bandes transversales, trèsr%ulières , sont peu larges sur toutes les parties du devant du cou et de la poitrine : elles occupent plus d’étendue sur le ventre et sur ^es flancs; les cuisses et la région abdominale sont d’une teinte isa- ^efle foncée. Les parties inférieures chez la femelle sont d un roux lsabelle, sans taches ni raies, mais un peu teint de couleur lie de vin a^a poitrine. Le plumage des deux sexes n’olfre à peu près aucune disparité dans la distribution des couleurs des parties supérieures et de |a tete5 trois raies, dont une rousse et deux blanches passent sur les une raie blanche et une rousse passent au-dessus des yeux , autre bande blanche en dessous : elles aboutissent au coté du cou; s°mmet de la tête est varié de gris et de noirâtre ; tout le dos est bI>ls marqué de nombreux zigzags très-déliés; les ailes sont aussi de 0|flour cendrée variée de zigzags, mais chaque plume porte une le blanche plus ou moins large; sur la baguette quelques unes ^ eRcore de grandes taches noires irrégulières, et des bandes trans- ^sales jaunâtres ou roussâtres encadrées de noir ; la queue est ar- ^ Rdie5 rayée ^ grand intervalle de roux jaunâtre encadré de noii : ^otervaqe entre cto bandes est couvert de zigzags très-fins; les pieds, °Rgles et la mandibule inférieure sont jaunes ; la mandibule sub tieure est brune- Longueur de cinq pouces huit ou dix lignes à x pouces au plus.

espèce est très-abondante dans tous les cantons cultivés de ' ’ °n la trouve en grand nombre sur les marchés, dans les villes p engale, particulièrement à Calcutta. Les Musées de Paris et des ^as obtenu des individus de MM. Duvaucel et Dussumier.

C oli

in sonnm/s

aie.

COLIN SONNINI

PERDIX S ONNINII. Temm

Le Mâle. — Planche 76.

ç E c°nserve à ce Colin , qui n’a été désigné dans aucune méthode, rio^eu^eiïleïlt dune manière peu satisfaisante par les voyageurs, le

.^U naturaliste qui le premier nous a donné sur fhistoire de ^ OlSP^n •

renseignemens plus positifs. M. Virey le décrit dans ^Va‘U^e^e ^es œuvi>es de Buffon (1)5 avant lui l’abbé Rozier

part dans le Journal de Physique de l’année 1772, tom. 2,

f0 1 * 5 Pag* 217 , et figuré planche 2 5 Barrère et Laborde en les q USS^ mention$ mais ces indications ont été confondues avec c°lin ^P**0118? également très-succinctes, de l’espèce du Zoné-

jaw , m’ habite des climats où la température ne se refroidit Urte " point que les substances végétales languissent dans

de u0ti . 10n teiïlporaire , n’est point contraint, par un manque ^0rit vu UUre °U Par Lln trop âpre, d’abandonner les lieux qui SE^enta* aitle3 il n’émigre point comme le Coléniqui$ l’espèce est f dans les contrées de l’Amérique méridionale. Ces Colins

Rec°Eil âeS^n.)V. 7>p . l33>

Ciseaux, lS-. liyraiso*.

COLIN SONNINI

ainsi que tous leurs congénères vont par compagnies de sept ou

huit, jusqu’à quinze ou seize; lorsque la troupe prend son vol?

les vieux se lèvent les premiers. Us habitent de préférence les petites

bornes sur la lisière des bois, et ils ne sont pas si sauvages qu’on

n’en rencontre plusieurs compagnies dans le voisinage des habitations'

Les jeunes ne se lèvent pas facilement, et se cachent fort bien dans

les grandes herbes entrelacées dans les buissons et les petits palmier

épineux, où ils se retranchent. Quand ils partent, ils ne poussent

point de cri, et filent droit tout de suite; leur vol n’est pas éleve

de plus de cinq ou six pieds; les jeunes éparpillés se rappellent entre

eux par un petit sifflement assez semblable à celui de nos Perdreau*-

Ce Colin pond en différens temps et fait deux couvées. Sonni111 rapporte qu’il a vu nourrir en cage de ces oiseaux , avec de petite5 graines, mais ils conservaient toujours un caractère sauvage farouche , et ils s’agitaient extraordinairement lorsqu’on s’approcha11

d’eux.

Ce Colin se distingue, au premier coup d’œil, du Zonécol ’ifl’ ( Perdix cristata Lath.) par les couleurs plus foncées de son p^u

mage ; le roux-marron, le cendré-rougeâtre et le noir en forment teintes principales; tandis que dans le Zonécolin , c’est le bL0 jaunâtre, le cendré-brun, le noir et le roux qui dominent : chez dernier la femelle diffère beaucoup du mâle par les distribué0 des couleurs du plumage , tandis que chez le Colin Sonnini le

mage de la femelle ne diffère de celui du mâle que par les tel*1 moins vives : dans le Zonécolin les quatre ou cinq longues plulïl6 droites qui forment la huppe sont implantées en avant des yeü*j vers le front ; dans le Colin Sonnini, de semblables plumes for0 une huppe , mais qui se relève au milieu du crâne et dont les p^0 sont implantées entre les yeux.

tes

COLIN SONNINI

ba longueur totale est de sept pouces et jusqu a trois ou quatre %nes; le bec est comme dans le Zonécolin , et le tarse a aussi la même fugueur. Quatre ou cinq plumes étroites, dont les deux plus longues Mesurent un pouce , sont implantées sur le haut de la tête , entre ^es yeux 5 elles sont jaunâtres avec un peu de brun au milieu ; k front est jaunâtre, et c’est aussi la couleur qui entoure la base ^es deux mandibules ; toute la gorge et une large bande derrière yeux sont d’un roux-foncé, sans que les plumes soient bordées Une couleur différente ; les plumes de la nuque et des côtés du ^°U Portent des taches blanches, noires, et de couleur marron ; le aut du dos est d’un cendré-roux avec de nombreux zigzags noirs ;

tn 0 0 7

es les autres parties supérieures portent, sur un fond cendré- °Ux’ de grandes taches noires et des zigzags bruns, et les couvertes des ailes ne sont point bordées de couleurs claires ; la poitrine Un Cendré-rougeâtre clair, qui est à points noirs, porte encore ^elques taches blanches disséminées; toutes les plumes des parties heures, ainsi que les couvertures inférieures de la queue, ont s grandes taches ovoïdes d’un blanc pur, disposées de chaque e de la plume le long de ses bords : ces taches sont entourées de r et le milieu de la plume est d’un beau roux-marron 5 les rémiges ^ pennes secondaires sont brunes; les pennes de la queue sont ** brun très-foncé, avec une multitude de petits zigzags noirs; est noir et les pieds sont jaunâtres.

a femelle , toujours un peu moins grande , n’a point de ces Pale^ ad°ngées sur la tête; les couleurs de son plumage sont plus j ’ mais les distributions en sont les mêmes.

9utre terir^ne cet article des Colins par la remarque que plusieurs 0lseaux portent ce même nom dans les écrits de Fernandez (1).

V°yez Ferna .

naez, Hist . civium novœ Hisp . cap . 24 * s5 , 5g, 85 et i54«

COLIN SONNINI

Nonobstant les indications succinctes de cet auteur et l’impossibilité de reconnaître les espèces différentes qu’il se contente de signaler par les noms les plus barbares, nous voyons cependant les méthodistes s’aviser de les produire , comme autant d’espèces distinctes d’oiseaux • Parmi ces Colins de Fernandez indiqués plutôt que décrits, on doit rayer les suivans de la liste des espèces de Perdrix d’Amérique. Le Cacacolin , du chapitre i54$ les deux espèces d 'Accola ou Cailles d’eau, aux chapitres 10 et i3i$ le grand Colin de Buffon (1) et que Fernandez indique au chapitre 3ÿ, sans lui donner de nom $ YOcocolin, chapitre 85 , indiqué par Buffon (a) sous le nom d’Ococolin ou Perdrix de montagne du Mexique , le même oisean dont Brisson fait une espèce de Rollier(5), et ensuite une espèce de Caille ou de Perdrix (4) ; Fernandez parle encore d’un autre Oco colin au chapitre 1 11, mais celui-ci est du genre Pie. La prétendue Caille des îles Malouines (5) , figurée par Buffon , est encore un Colim mais que je n’ai jamais vu en nature.

Musées de Paris et des Pays-Bas.

(1) Perdix novæ Hispaniæ. Lath. , Ind. Ornith. , v.z, p. 653, sp. 33.

(2) Perdix nævia. Lath., Ind. Ornith. , v. 2, p. 649, sp. 19.

(3) Galgulus mexicanus cristatus. Briss., Ornith. , v. 2 , p. 84.

(4) Perdix monlana mexicana. Briss., Ornith., v. 1 ,p. 226, sp. 3.

(5) Perdix falklandica. Lath., Ind., v. 2 ,p. 653, sp. 3a.

Rouloul couronné, mâle/.

flù'eâ

Roui oui couronné, /ew

Ilüet,

CRYPTONIX ou ROULOUL COURONNÉ.

CRYPTONIX CORONATU S. Temm.

Le Mâle , planche 35o. — La Femelle , planche 55 1

Nous avons fait observer dans le discours sur le genre Tétras publié dans le troisième volume de l’Histoire naturelle des Pigeons et des ^hinacés , pag. 1 10, que le Rouloul de l’Encyclopédie fait partie du Nombre des oiseaux classés par Gmelin, treizième édition des œuvres do Linné, dans le genre Tetrao $ Latham le range parmi les Perdrix.

La forme du bec et des narines des Gryptonix distingue ceux-ci , du premier coup d’œil, des oiseaux compris dans le genre des Peitandis que le manque de l’ongle au doigt postérieur est un aractere qu’on ne trouve dans aucun genre d oiseaux j il est meme Probable que ce manque d’ongle a paru aux yeux de certains naturistes, comme une difformité individuelle, puisque Sparmann et aïïi , qui donnent des figures sous tous les autres rapports assez eXactes du mâle de l’espèce de cet article, le représentent portant 0rigle au doigt postérieur : cependant, je puis assurer que ce arique d’ongle n’est point accidentel dans les oiseaux de ce genre, ^que sur plus de vingt individus qui m’ont été envoyés de Batavia ,

ECÜElL d’ Oiseaux, 5q'

LIVRAISON

CRYPTONIX OU ROULOUL COURONNÉ.

je n ai vu dans aucun sujet des deux sexes , le moindre indice d’une substance cornée au doigt postérieur.

Sonnerat est le premier qui ait fait connaître ce singulier Gallinace ;• indécis sur la place que l’espèce doit occuper, il établit des rapprochemens entre le Faisan et le Ramier d’Europe, et cette circonstance semble avoir déterminé Sparmann à en faire un Faisan, sous le nom .de Phasianus cristatus( i), Latham etGmelin par contre,

• Se sont avisés d’en faire un Pigeon , sous le nom de Columba cristata (2); ces derniers font ensuite de la femelle une véritable Perdrix, sous le 110m de Per dix viridis (3); et finalement, nous voyons l’auteur Anglais réunir toutes ces indications dans le supplément à l’index, sous la dénomination de Per dix coronata. J’ai cru devoir faire de ces

oiseaux un genre distinct, également différent de celui du Pigeon, du Faisan et de la Perdrix.

Le Cryptonix couronné se distingue par sa taille assez forte, par la nudité très-grande dans laquelle les yeux sont placés; cette peau nue forme autour de l’orbite une membrane proéminente, dont Ie bord est profondément échancré; les deux sexes portent encore sur la base du bec cinq ou six crins qui décrivent le quart de cercle.

La longueur totale du mâle adulte est de dix pouces; le bec porte neuf lignes; sa hauteur, à la base, est de cinq lignes; le tarse a un pouce huit lignes, il est dépourvu d’ergot et de tubercule calleux; le doigt du milieu avec l’ongle mesure un pouce quatre lignes, et le moignon ou doigt de derrière a cinq lignes.

Outre que le mâle diffère beaucoup de la femelle par les couleur* du plumage, il s’en distingue encore par cette belle touffe de longue9

(1) Sparmann, Muséum Caris. , f asc. 5, t. 64.

(2) Gmel. Syst. natuf. 1, pag. 774; et Lath. Ind. Orn. v. 2, pag. 596.

(3) Tetrao viridis. Gmel. pag. 76i.

CRYPTONIX OU ROULOUL COURONNE, plumes à barbes décomposées , qui ceint l’occiput en forme de diadème, et que l’oiseau porte toujours à moitié relevée. Le front est noir; de la base du bec s’élèvent six crins, dont les plus longs mesurent un pouce quatre ou cinq lignes; ces crins, assez épais, sont courbés en arrière, ils forment une huppe que l’oiseau peut relever °u abaisser à volonté ; l’espace entre ces crins et le diadème est d un blanc pur; les plumes qui forment le diadème sont d’un rouge Mordoré, longues d’un pouce neuf lignes, et disposées en demicercle autour de l’occiput; le tour des yeux ainsi qu’un grand espace derrière est nu, d’un rouge clair, et ce rouge paraît également dans les interstices que laissent les petites plumes clair-semées , disposées sur les côtés de la tête et à l’entour du bec; un cercle proéminent, de couleur rose, et garni d’échancrures, entoure l’or- ^lle des yeux et s’élève un peu au-dessus; les joues, la nuque, les Scapulaires et toutes les parties inférieures du plumage sont d’un noir a rcflets brillans de couleur violette; le dos, le croupion et les plumes d^i recouvrent une grande partie de la queue sont d un vert trèsf°ncé ; les pennes de la queue sont noires; toutes les couvertures des adcs et les pennes secondaires sont d’un brun-rougeatre très-foncé ; 111 les plus petites couvertures régnent des reflets violets; les rémiges 0rit d un brun foncé sur leurs barbes intérieures , mais les barbes ^térieures sont rousses et marquées de petits zigzags noirs; la man- 1 11 le supérieure du bec est presque entièrement noire; 1 inférieure lest qu’à la pointe; le reste ainsi que la base de la mandibule

upérieure est rouee; les pieds sont d’un rouge-jaunâtre; les ongles

Sotltbrun, i, -r

luns, et 1 iris d un rouge vil.

a femelle, toujours un peu moins grande que le mâle, en diffère !ez Par les couleurs du plumage ; elle por te comme le mâle les six s arqués sur la base du bec, mais point de diadème sur 1 occiput ;

CRYPTONIX OU ROULOUL COURONNÉ, la nudité ophtalmique a la même forme que chez le mâle 5 tout le haut de la tête, les joues, la nuque et la gorge sont couverts de petites plumes très-courtes et cotonneuses ; elles sont dun bruncendré, mais avec une légère nuance violette 5 le cou, la poitrine, les flancs, tout le dos et les couvertures supérieures de la queue sont dun beau vert-céladon; le ventre et l’abdomen sont d’un vertcendré, et les pennes de la queue sont d’un noir - verdâtre ; les scapulaires et toutes les couvertures des ailes sont d’un beau rouxmarron j les pennes secondaires sont brunes 5 les rémiges sont de couleur plus claire que chez le mâle.

Le Cryptomx couronné vit dans les grandes forêts, sans jamais se montrer dans les plaines; c’est un oiseau très-méfiant et farouche, qui ne peut résister à la captivité; le cri d’appel du mâle est un petit gloussement, plus sonore que celui de la Perdrix grise.

Ces oiseaux habitent dans les forêts de la presqu’île de Malaca; ils sont très-abondans dans toutes les parties de Plie de Sumatra, qui est séparée de la terre ferme par le détroit de Malaca; ils sont en grand nombre dans le district de Palambang. L’espèce est rare à Java. Plusieurs individus m’ont été adressés de Batavia, et les naturalistes voyageurs en ont rapporté de ces pays.

Musées des Pays-Bas et de Paris.

GENRE MÉGAPODE.

GENUS MEGAPODIUS. Temm.

l'r-r grêle, faible, droit, un peu fléchi vers la pointe, pas bombé, aussi large que haut •la base; mandibule inférieure droite, point cachée par les bords allongés de la

supérieure.

^ arines distantes de la base du bec et plus près de la pointe, ovoïdes, ouvertes ; fosse u^sale longue, couverte d’une membrane entièrement garnie de petites plumes, ^ûgion des yeux nue; cou garni de plumes clair-semées.

grands, forts; tarse près du double plus long que le doigt du milieu; tous les doigts longs, le postérieur posant à terre dans toute sa longueur; les antérieurs a Peu près égaux; l’interne uni à sa base ; l’externe divise. Ongles très-longs, faible— ^eut courbés, trigones, déprimés.

l*es médiocres ; les deux premières rémiges plus courtes que la troisième et la quari^me ) qui sont les plus longues.

^Es Gallinacés qui composent ce genre ne nous étaient point ^ COï>e connus à l’époque de la publication de la seconde édition ^ ^nuel d’Ornithologie. Les deux espèces , sur lesquelles notre p0UVeau genre a été primitivement établi , ont été rapportées par ^xpédition du capitaine Freycinet; depuis cette époque ces mêmes p^eCes et une troisième sont parvenues au Musée des Pays-Bas ^ les soins de M. Reinwardt qui a rapporté plusieurs individus s Voyages dans les Moluques.

^CUElL n’O

Oiseaux, 37'. livraison. ' >

GENRE MÉGAPODE.

Ce genre doit prendre rang parmi les Gallinacés à queue courte. Il paraît convenablement placé entre les genres Cryptonyx et Tinamus . On peut considérer ces oiseaux comme les représentai des Tinamous dans les contrées chaudes de l’ancien continent ; quelques unes de leurs habitudes , leur port , même la nature du plumage , les couleurs et leur distribution offrent, en quelque sorte, des rapports entre ces oiseaux et nos Mégapodes. Je ne vois point par quel motif on peut leur supposer des rapports avec les Peintades ou avec les Lophophores mais il est certain que leurs doigts et la forme des ongles indiquent quelques rapprochemens avec ces mêmes parties dans le genre Menura. MM. Gaimard et Reinward1 nous ont communiqué quelques détails relatifs à la manière de vivre de ces Gallinacés ; il nous restera cependant encore plusieurs lacunes à remplir dans la partie descriptive de leurs mœurs et de leurs habitudes.

Ces Gallinacés habitent la lisière des grandes forêts qui bordent leS plages maritimes; ils courent plus qu’ils ne volent; leur retraite est dans les bois où leur genre de vie n’a point encore été observé; surpllS en plaine le long des bords de la mer, ils partent au moindre inchce de danger et vont se cacher dans l’épaisseur des bois ou des jonchai^’ dont ils s’écartent peu ; leur vol est de courte durée et en effleurant b terre; le cri de ces oiseaux paraît être une espèce de gloussement. leuV démarche , observée en captivité, est vacillante; les pieds sont pbceS en arrière, projetant le corps en avant, absolument comme dans Tinamous. Cette position des membres moteurs doit nécessaire1*16*1 contribuer beaucoup à les rendre très-ingambes. Leur bec est petn grêle en proportion du corps ; leur queue courte est recouverte, efl grande partie, par les ailes; ils ont le cou couvert de plumes dffl?0 sées à claire-voie, qui laissent voir la peau dans certaines part*e *

GENRE MÉGAPODE.

Les mâles ne diffèrent point des femelles. Mais ce qui rend ces oiseaux lrès-remarquables est la manière singulière de l’incubation. Ils pa- Mt que ces Gallinacés ne couvent point leurs œufs et que sous Ce rapport , semblables aux Amphibies , aux Ornithorhynques et \ lEchidné, ils abandonnent l’incubation à la chaleur du soleil tardant ses rayons perpendiculaires sur un sable brûlant ; le fait est certain , puisqu’on trouve les œufs sur les bords de la mer dans des enfoncemens pratiqués dans le sable et recouverts de ce même SaUe , de feuilles et de plantes 5 des milliers d’œufs, déposés de cette Manière , couvrent les plages maritimes dans les îles où ces oiseaux °nt établi leur demeure 5 les naturels savent apprécier l’étonnante fécondité de ces pourvoyeurs ailés 5 leurs œufs,, recherchés avec S°m5 forment une partie de la subsistance des sauvages qui man- ?eïu aussi la chair de ces oiseaux 5 on a lieu de croire que quelques lnsulaires sont parvenus à les réduire cà un état demi-domestique. ^es œufs de ces oiseaux sont d’une grosseur excessivement dispro- P01 donnée à leur taille, de forme ovalaire et d’égale grosseur au bouts. Il serait curieux à savoir de quelle manière les jeunes ^ c°Riportent au sortir de l’œuf. Les soins maternels que les femelles ^ tous les Gallinacés connus prodiguent avec tant cl assiduité et ^ courage à leur progéniture, manqueraient-ils totalement aces c§apodes qui , par leurs formes totales et par leur étonnante fé- 0lacbté, ressemblent si complètement à tous les autres Gallinacés?

Ml

se

°Us publierons dans ce recueil les figures des trois espèces nou-

5 c°mprises dans ce genre, savoir: les Mégapodes Freycinet, yardt et La Peyr

M ^m°ment de faire imprimer cet article nous apprenons par

ussumier, amateur plein de zèle et observateur exact (1), (OM. Du • r

ssumier , de retour de son second voyage à Manille > a visité quelques autres îles

GENRE MÉGAPODE.

que les détails donnés par nous relativement à la ponte des Méga~ podes sont exacts 5 il ajoute que les tentatives faites pour obtenir des individus de l’espèce qui sera publiée sous le nom de Lapérouse, ont été infructueuses. Il paraît que ces oiseaux déposent? pendant la nuit, leurs œufs dans le sable du rivage 5 on les voit courir sur la grève avec une vitesse étonnante $ mais à l’indice du danger ils se cachent dans les bois et dans les jonchaies de Rot~ tings, où ils se blotissent sans qu’il soit possible au chasseur de les faire sortir de ces retraites qui favorisent leur fuite.

Il est probable qu’il existe encore à Célèbes une quatrième espèce de Mégapode beaucoup plus grande que les trois autres qui u°llS sont connues. On peut juger de sa taille par la grandeur des ce^s qui ont la forme de ceux de notre Cygne domestique^ leur l°tl'‘

gueur est de quatre pouces cinq ou six lignes. M. Reinwafdt a

Je

rapporté de Célèbes plusieurs de ces œufs trouvés par lui sur rivage 5 il en a ramassé un très-grand nombre $ disséminés çà et ^ sur un espace de terrain très-étendu , chaque œuf se trouvait enf°ul dans le sable dont il était recouvert. Ce voyageur, nonobstapt toutes les peines qu’il s’est données , n’a pu parvenir à se procurcf l’oiseau qui est connu des habitans de Célèbes sous le noin Malèo.

de l’Archipel des Philippines et des Mariannes; il a séjourné au Bengale, d’où il i’app°rte belle collection d’oiseaux, rassemblée dans le but d’en faire hommage au Musée du Jar<^in

une

du

v ““ *' ville

Roi à Paris. Quoique formant lui-même une collection ornithologique à Bordeaux , s ^ natale, M. Dussumier met un rare dévouement à enrichir le Musée de Paris des objets qu’il rapporte de ses courses lointaines. Le Musée des Pays-Bas lui doit aussi quelques P rares et intéressantes dans cette branche de l’histoire naturelle.

/ Jr <•//<■ .

Me g ap ode Freucirie//

MÉGAPODE FREYCINET.

MEGAPODIUS FREYCINETI. Gaimard.

U Adulte. — Planche 220.

Suivant le rapport de MM. Quoy et Gaimard il parait que cette espèce vit dans nn état demi-domestique, à peu près comme nos Canards sauvages, nos Gygognes et nos Pigeons de colombier ; plusieurs îles du vaste archipel de la mer des Indes en sont peuplées. A Guébé ce Gallinacé porte le nom de Blèvine et chez les ^Pous celui de Mankirio. Ces peuples en apportaient de vivans aUx voyageurs français, pour être mangés. M. Gaimard en a hnmêîue chassé dans la petite île de Bony; ils se tiennent dans les ieu* humides, volent peu et en effleurant la teue.

? Ce Mégapode Frejcinet a le port et la taille du Tinamou cendré ^ Amérique ; sa queue courte est arrondie par le bout, les ailes eu couvrent plus de moitié; les pieds sont très-forts , munis d’ongles ^r°s5 faiblement arqués, déprimés au bout et de moitié longueur es doigts qui sont à peu près égaux ; les plumes de l’occiput sont j n Peu plus longues et plus touffues que celles du sommet de tête 5 les petites plumes de la partie supérieure du cou sont à tt'e-voie, de façon que la peau nue, colorée de rougeâtre-terne , Rl?'GUElL d’Oiseaux, 57'.

LIVRAISON

MÉGAPODE FREYCINET.

se distingue dans les intervalles qu’elles laissent entre elles. Le plumage de toutes les parties, sans exception, est d’un noir couleur d’ardoise ou mine de plomb , un peu plus foncé sur les ailes et sur la queue qu’au ventre ; le bec est couleur de corne-claire, et les pieds ainsi que les ongles sont d’un noir parfait. Longueur totale, de treize à quatorze pouces; tarse, deux pouces six lignes.

Les œufs sont d’une grandeur disproportionnée en rapport à la taille de l’oiseau qui les produit; à peu près d’égale grosseur aux deux bouts , longs de trois pouces et demi et d’un rouge-clair. On trouve des amas considérables de ces œufs le long du rivage de la mer ; les cavités qui les recèlent sont recouvertes de sable, et les naturels savent reconnaître, à des indices certains, les lieux où ces oiseaux ont enfoui et caché leurs œufs; ils les recherchent avec beaucoup de soin.

Cette espèce, dédiée par M. Gaimard au chef de l’expédition dont il a fait partie, vit à la terre de Papous, à Guébé, à Anxboine et à Banda. M. Reinwardt nous a rapporté l’espèce de la dernier6 de ces îles. Les œufs y ont été trouvés isolés et dispersés çà et là? mais chaque œuf était soigneusement recouvert par un amas fragmens de plantes sèches ou de feuilles.

Musées des Pays-Bas et de Paris.

cle

MÉGAPODE A PIEDS ROUGES.

MEGAPODIUS RU B RI PE S. Temm.

Le Mâle adulte . — Planche 4 1 1 .

La seconde espèce de ce groupe est facile à reconnaître de celle Publiée planche a 20, et de la troisième nommée dans le pays Ta von (4) 5 qUe M. Gaimard vient de dédier à la mémoire de l’infortuné La Peyrouse : ces deux especes ont les pieds noirs 5 celle-ci les a d’un beau rouge. Elle ne diffère point par la taille du Mégapode L reycinet $ mais il y a une assez grande disparité dans les couleurs

du plumage.

Notre Mégapode à pieds rouges a , comme ses congénères , une fp'ancle partie de la gorge et les joues couvertes à claire-voie de petites plumes ÿ l’intervalle qu’elles laissent entre elles montie la peau nue > plus ou moins rougeâtre de ces parties 5 de petites plumes brunes al°ugées couvrent la tête et l’occiput ; le cou, la partie supérieure du dos5 la poitrine et tout le devant du corps sont d’un bleuâtre terne, °u couleur de plomb $ les ailes et le dos ont une teinte olivâtre foncée 5 cioupion , l’abdomen, les côtés des cuisses et la queue sont îoux-

^ Ô) Nous faisons suivre ici la description du Mégapode Tavon figuré dans la partie zoolodu Voyage du capitaine Freycinet. C’est sans doute par erreur que M. Gaimard s’attri-

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eparation générique du groupe Megapodius . ^Egueil b?Oiseaux ? 69e.

LIVRAISON

MÉGAPODE A PIEDS ROUGES.

marron 5 le bec est brun $ les pieds sont d’un rouge- ver mil Ion , et les ongles, à peu près droits ou très-peu courbés, sont noirs. Longueur totale, treize pouces.

J’ai lieu de croire que les sexes ne diffèrent point : quatre individus rapportés par M. Reinwardt, de ses voyages dans l’archipel des Indes, ne présentent aucune différence dans les couleurs du plumage.

Le grand Mégapode, connu aux Célèbes sous le nom de Maleo, ne nous est point encore parvenu. J’en fais la remarque, afin que l’espèce décrite dans cet article ne soit pas confondue avec ce quatrième Mégapode, l’un et l’autre se trouvant aux Célèbes : celle du présent article habite aussi Pîle d’Amboine. M. Reinwardt a trouvé les œufs de cet oiseau enfouis isolément sous le sable du rivage, et recouverts de débris de plantes.

La découverte des oiseaux que j’ai désignés sous le nom de Mégapodes paraît dater du temps des premiers navigateurs dans ces régions $ il en est fait mention dans le Voyage autour du Monde par Magellan. Pigafetta dit, pag. 88, en parlant des oiseaux qui habitent l’ile Massana ou Massaça , une des Petites Philippines : cc II y a aussi d’autres oiseaux noirs et gros comme une poule (i), qui font des œufs aussi gros que ceux du canard, et qui sont fort bons à ma11' ger. On nous dit que la femelle pond ces œufs dans le sable , et que la chaleur du soleil suffit pour les faire éclore. »

Cette remarque, et toutes celles consignées dans notre article dn genre Mégapode et dans ceux des espèces du Mégapode Freycinet et LaPeyrouse , ne laissent plus aucun doute sur la singulière habitué propre à toutes les espèces connues de ce genre. Il nous tarde d’ap" prendre, par nos naturalistes voyageurs, si les jeunes Mégapodes nés

(i) Probablement notre Mégapode Freycinet, pl. 220.

MÉGAPODE A PIEDS ROUGES.

sur le sable de la grève, par la seule influence de la chaleur du soleil , n’obtiennent aucun soin ni aucune protection de la part de leurs parens ou de parens adoptifs, ou bien s ils sont abandonnés à eux-

mêmes dès leur naissance.

MÉGAPODE LA PEYROUSE,

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