‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux, pour servir de suite et de complément aux planches enluminées de Buffon, édition in-folio et in-4⁰ de l'Imprimerie Royale, 1770 (volume 3)Chapitre 28 sur 110 · OU T AVON · texte numérisé non relu

OU T AVON

MEGAPODIUS LAPEYROUSIL Gaimard.

Cette espèce, découverte pendant l’expédition du Voyage autoui du Monde, sous la conduite du capitaine Freycinet, est plus petite que les deux autres décrites par nous, et figurées dans les planches et 4i 1 3 elle a les tarses moins élevés, et sa taille est environ d un quart moins grande dans toutes ses dimensions. Les plumes de la partie postérieure de la tête sont dun brun-claii , effilées et sus Ceptibles de se redresser un peu j celles du dos et des ailes sont brunes, irrégulièrement mélangées de roux vers la pointe $ la couleui îousse est un peu plus claire sur la queue, à la poitrine et au ventre. Le ^ec est noirâtre en dessus, et couleur de corne dans ses autres parties.

peau nue du cou est d’une teinte jaune tirant sur le rougeâtre ; ies tarses sont jaunâtres 5 les doigts et les ongles sont noirs.

Gette espèce a été dédiée par M. Gaimard à la mémoire du célébré et Malheureux navigateur La Peyrouse. On la trouve dans 1 archipel ^es Mariannes, où autrefois elle était très-commune. Les anciens ha-

MÉGAPODE LA PEYROUSE.

bitans lui donnèrent le nom de Sasségniatj on assure même qu’elle vivait en domesticité. Aujourd’hui on ne trouve plus de ces oiseaux dans les îles principales de l’archipel mentionné, telles que Guam, Rotta et autres j il faut aller à Tinian pour en trouver, encore sontils rares.

M. Dussumier a rapporté de Fîle Luçon un œuf de cet oiseau , que les habitans nomment Tavon . La couleur en est la même que celle des œufs des autres Mégapodes, c’est-à-dire d’un rougeâtre trèsclair; ils sont très-grands en proportion de la taille de l’oiseau. On trouve ces œufs enfouis dans le sable , et recouverts par des feuilles ou bien de toutes autres matières qui sont à portée de l’endroit où la couveuse dépose ses œufs.

M. Dussumier m’a dit qu’en langue tagalle , le mot tavon signifie enfouir , étymologie qui servirait de preuve certaine et viendrait à l’appui du témoignage des voyageurs sur une habitude si remarquable dans des oiseaux de l’ordre des gallinacés.

L’individu tué par M. Bérard dans l’île de Tinian est déposé dans les galeries du Musée de Paris.

Nous ne fournirons point de portrait de cette espèce, vu qu’elle est très-bien figurée dans la partie zoologique du voyage du capitaine Freycinet.

GENRE TINAMOU.

GENUS TINAMUS. Lath.

Bec médiocre ou long, grêle, droit, déprimé, plus large que haut ; pointe arrondie, obtuse; arête distincte formant une longue fosse nasale.

Narines latérales, percées dans la fosse nasale, vers le milieu du bec, ovoïdes,

percées de part en part.

Pieds ■ tarse long, garni d’aspérités à la partie postérieure, ou lisse; doigts courts , entièrement divisés ; le pouce très-court , élevé ou touchant la terre. Ongles petits et déprimés.

Queue nulle ou totalement cachée.

N ües courtes. Les quatre premières rémiges étagées; la première très-courte.

Si les oiseaux de l'ancien Continent et ceux de la paitie septen tonale du Nouveau-Monde , qui composent le genre de la Perdrix, s°nt exposés aux poursuites d’une multitude d ennemis, ceux de la Panie méridionale de l’Amérique, compris dans le genre qui fait le Suîet de cet article , sont encore plus que les premiers en butte aux attaques d’animaux qui cherchent à en faire leur proie. Une multitude Espèces différentes d’oiseaux de rapine, attirées par l’abondance du bibier-les troupes affamées des jaguars et autres mammifères carnastrs; le nombre considérable de reptiles qui se propagent dans ces Ulaudes contrées; plusieurs espèces d’insectes venimeux dont le sol

^ÏCUtIL D OISEAUX , y 0e LIVRAISON.

GENRE TINAMOU.

est couvert ; les fourmis marchant en essaims nombreux et en colonnes pressées 5 tout concourt à la destruction d’un genre d’oiseaux dépourvu de défense et souvent incapable, par son vol lourd et peu soutenu, de se dérober à la poursuite de ses adversaires. Point de tranquillité pour eux sur la surface de la terre, où ils se trouvent enveloppés par leurs persécuteurs; point de refuge assuré dans les airs, où les véloces oiseaux de proie, dont les espèces sont très-nombreuses dans ces contrées, fondent dessus avec la rapidité de l’éclair 5 aucun espoir d’échapper dans l’épaisseur des humides forêts, où lanimal carnassier et les serpens ont établi leur repaire.

L’instinct a enseigné aux Tinamous des bois un moyen plus sûr de se soustraire à tous ces dangers : cet instinct , qui paraît être commandé par la localité, les fait échapper pendant le jour à la poursuite opiniâtre, et les garantit pendant la nuit d’être enveloppés dans leur sommeil; c’est en se posant sur les plus grosses branches des arbres, et par une habitude qui semble contraire en quelque sorte à celle de tous les autres oiseaux auxquels on pourrait les comparer, qu’ils se dérobent aux enquêtes de leurs nombreux ennemis. G est pour se soustraire aux mêmes dangers que les Colins, ou Perdrix d’Amérique, et presque tous les oiseaux fissipèdes et palmipèdes de ces contrées, se perchent la nuit sur les arbres, ou se dérobent , sotis l’ombrage hospitalier du feuillage, aux poursuites de cette multitude d’oiseaux de rapine et de mammifères carnassiers attirés par l’abou dance du gibier.

1 rpp.

Plus exposées aux poursuites de leurs ennemis, ces espèces de

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namous, qui ont reçu pour demeures habituelles les champs et pays découverts, se voient réduites à chercher leur refuge dans url autre expédient, qui leur réussit pour se dérober aux yeux des an1 maux , mais duquel l’homme a su profiter pour leur livrer une guel

GENRE TINAMOU.

à mort. Opiniâtrément blottis dans les fourrés des herbes très-hautes , Tinamous des champs ne prennent que rarement recours au vol, et se laissent facilement tuer à coups de bâton par le chasseur qui a

PR découvrir leur remise.

Si les Tinamous de la Guiane ont toujours l’habitude de se poser sur les branches basses des arbres, c’est qu’ils y trouvent un refuge contre les poursuites de leurs nombreux ennemis : l’absolue nécessité qui commande cette précaution à la Guiane nest point la même au Paraguay ni au Brésil, vu que ces oiseaux, très-nombreux dans ces contrées, y sont moins en butte aux persécutions d’animaux et de reptiles voraces. Toutefois, il est certain que M. d’Azara a eu tort de dire si positivement que lesYnambus ne se posent jamais sur les aAres, puisque des observations plus récentes faites au Brésil nous or>t appris que deux espèces également propres aux contrées de la Guiane s’y posent de même pendant la nuit sur les branches basses

des arbres. J’observerai encore qu’à 1 exception de ces deux espèce ,

toutes les autres décrites par M. d’Azara sous le nom SYnambus , s°tH étrangères aux contrées de la Guiane, et ne se trouvent qu au Paraguay. Quelques-unes de ces dernières vivent aussi au Bresi .

P est essentiel de prévenir les naturalistes que le Choro (1) e M- d’Azara n’est point un Tinamou ; l’oiseau décrit sous ce nom est Une Poule d’eau des mieux caractérisées. L’Uni (a) du même auteur est le véritable Tocro ou la Perdix Guyanensis des nomenclateurs. Gette espèce se trouve également à la Guiane , où elle est absolument , méme : ce que j’ai eu occasion de vérifier sur des individus des deu* pays. ; •

de ne m’occuperai point à prouver ici que les Tinamous ne so

1 Azara. / ' oy, au Parctg; V- 4, P‘ *44, n- 333, , 7z°. 334.

Traduct • franç •

GENRE TINAMOU.

point des Perdrix ni des Cailles, bien moins des Outardes; le naturaliste un peu exercé à observer les caractères distinctifs des genres, se gardera bien de les confondre avec les espèces qui composent les genres d’oiseaux mentionnés.

Il paraît que Linné n’a point été à même de voir une dépouille de Tinamou , puisqu’il range ces oiseaux dans le vaste cadre qu’il a donné au genre Tetrao$ des caractères marquans et faciles à saisir distinguent les Tinamous de tous les Gallinacées, tant de l’Ancien que du Nouveau-Monde. C’est Latham qui leur a le premier assigné un genre particulier, sous la dénomination de Tinamus j depuis, le savant professeur Illiger a pu trouver bon de changer ce nom adopté contre celui de Crjrpturus (1).

Lne des causes qui a le plus contribué à faire croire aux naturalistes que les Tinamous d’Amérique étaient du même genre que Perdrix ou les Cailles de l’ancien Continent , c’est que les colons, tant ceux de la Guiane que les Espagnols établis au Paraguay, et les Portugais du Brésil donnent aux grandes espèces de Tinamous le nom de Perdrix 3 et aux petites espèces, le nom de Caille. Les indigèneS de la Guiane désignent ces oiseaux par le nom de Tinamou j au Paraguay et au Brésil, ils sont connus sous le nom d ’Ynambu.

Les Tinamous sont des oiseaux stupides, peu sociables, dont le vol est lourd, peu élevé et de très-peu de durée; mais en revanche courent avec une extrême vitesse. Quelques espèces habitent les découverts et les champs, d’autres vivent toujours dans l’épaisseOr des forêts. Ils vivent en petite famille, mais ne se réunissent poh^ comme le font nos Perdrix, qui prennent leur vol ensemble. La jeune famille des Tinamous est davantage éparpillée; chaque individu se choisit un abri: ce qui fait que lorsqu’une telle compagnie prell(1

(i) Illiger, Prod. Mamm. et Av. p. 244, Gen. 23.

GENRE TINAMOU.

l’essor , elle se disperse toujours de côté et d autre, et ne vole point vers un meme endroit comme le font le plus souvent les compagnies de Perdrix. Ils se nourrissent d’insectes et de fruits qu ils ramassent à terre; leur nid est comme celui de la plupart des Gallinacées, sans aucun apprêt; leur ponte est de plusieurs œufs verdâtres, et communément deux fois par an : le cri d’appel qu ils font entendre de jour kinine de nuit est un sifflement lent, mais assez fort. Il n’y a guère de différence dans les sexes ; leur plumage est coloré des mêmes teintes.

Sonnini dit que leur chair est blanche, ferme, cassante et succulente, surtout celle des ailes dont le goût a beaucoup de rapport avec celui de la Perdrix rouge; mais les cuisses et le croupion sont dordinaire d’une amertume qui les rend désagréables : cette amertume vient ^es fruits du balisier dont ces oiseaux se nourrissent, et l’on trouve la même amertume dans les pigeons ramiers qui mangent de ces fruits : mais, lorsque les Tinamous se nourrissent d’autres fruits, c°mme de cerises sauvages , etc. , alors toute leur chair est bonne , Sa°s cependant avoir de fumet. Ils aiment de préférence, non-seule-

^ent les cerises sauvages , mais encore les fruits du palmier Comon et même ceux de l’arbre à café. Ce n’est pas sur les arbres mêmes ^ ils cueillent ces fruits, ils se contentent de les ramasser à terre;

cherchent: ils grattent aussi la terre et la creusent pour y faire eUrnid, qui n’est composé pour l’ordinaire que d’une couche d’herbes eclles; ils font communément deux pontes par an, et toutes deux

^-nombreuses (1).

^es plumes des Tinamous, particulièrement celles du dos et du ^ °upion, ont des baguettes très-larges, lisses et voûtées à leur par- ^ supérieure, profondément cannelées en dessous et très-peu adr mites à la peau; les baguettes vers le milieu des plumes devien-

édit, de Sonn., v. 14 > p- 33.

GENRE TINAMOU.

nent tout à coup très-minces 5 elles sont à tel point déliées , que vers le bout il n’est plus possible de les distinguer des barbes : dans quelques espèces, il sort deux plumes du même tuyau, l’inférieure est simplement garnie de duvet 5 nous avons vu que la même particularité a lieu dans le genre des véritables Tetrao. Les Tinamous ont le corps massif, très-charnu, le cou long et mince, portant une tête petite et plate 5 les jambes longues et grêles.

Ceux qui aiment les coupes nombreuses, et qui désirent un échafaudage artificiel très-compliqué peuvent séparer génériquement les Tinamous sans queue de ceux qui en ont une, mais cachée sous les plumes du croupion, et par là occulte. Nous les sectionnons, en remarquant toutefois que la charpente osseuse et la manière de vivre de ces oiseaux n’offrent aucune différence propre à faire admettre une séparation générique.

La connaissance exacte des différentes espèces de Tinamous nous a offert jusqu’ici de grandes difficultés : les formes totales du corps ? les caractères empruntés du bec et des pieds, et les couleurs sombres et mélangées du plumage, donnent à toutes ces espèces une appa' rence d’analogie très-marquée 5 tandis que les légères nuances dans le plumage et la distribution assez irrégulière des taches et des raieS dont il est peint aux différentes époques de l’âge et de la mue porteut à faire naître le doute sur l’identité reconnue des individus. Les ob servations établies sur un très-grand nombre de dépouilles de Tina mous, et l’examen comparatif de toutes les espèces connues me tent à même de fournir un tableau plus exact de ce genre que ce ^ donné dans le troisième volume des Pigeons et des Gallinacées. publication récente du second volume des oiseaux du Brésil? P M.deSpix(i) , nous met à même d’intercaler les portraits des espèc

(1) Sous le titre à tous égards peu vrai de Avium species novae .

GENRE TINAMOU.

rapportées par lui à leur véritable place. On verra parcelle révision que des neuf espèces données par M. de Spix comme inédites, il s’en trouve seulement deux qu’on puisse appeler nouvelles (1).

" SECTION, COMPOSÉE DES TINAMOUS QUI n’oNT POINT DE PENNES

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