‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux, pour servir de suite et de complément aux planches enluminées de Buffon, édition in-folio et in-4⁰ de l'Imprimerie Royale, 1770 (volume 3)Chapitre 3 sur 110 · COQ BRONZÉ · texte numérisé non relu

COQ BRONZÉ

l’Ayam-alas; toutes celles du croupier présentent absolument la même forme que dans nos Coqs de basse-cour, dont le Coq Bankiva , qu’on trouve à Java et à Sumatra, paraît être la souche primordiale (1).

Un vert métallique à reflets pourprés très-éclatans est répandu sur la tête, le cou et le manteau $ toutes ces plumes portent un bord du plus beau vert-velouté; du noir lustré de pourpre et de violet couvre le devant du cou, la poitrine et toutes les parties inférieures ; les longues plumes du dos et des couvertures alaires sont peintes de pourpre brillant et bordées de larges franges couleur grenat ; les autres couvertures, les pennes des ailes et toutes celles de la queue sont d’un pourpre brillant de reflets métalliques, variant selon le jour qui les éclaire ; le tarse porte un fort éperon ; les pieds et le bec sont cendrés, et les parties nues d’un rouge vif.

L’espèce vit à Pitat-Lanoago , dans les forêts de l’intérieur, dont elle habite la lisière. Il est probable qu’elle ne se trouve pas sur le continent de l’Inde, et elle n’a pas été vue à Java.

Le sujet capturé à Sumatra est déposé dans le Musée de Paris.

(i) Voyez, pour plus de détails à cet égard , l’article Coq, dans le deuxième volume de l’histoire des Pigeons et des Gallinacées.

COQ AYAM-ALAS

GALLUS FURCATUS. Temm.

Planche 483.

Les Javanais désignent cette espèce sous le nom d’ Ayam-Alas ; ils la distinguent de leur Ayam-Bankwa , autre espèce sauvage , ainsi que de YAyam , dénomination sous laquelle le Coq de basse-cour est connu. Mardien dit que Sumatra nourrit un Coq sauvage, nommé par les Malais Ayam- Baroogo , probablement notre Coq bronzé, pl. enl. 3^4, et XAyam-Iago, espèce de très-forte taille trouvée dans la même île.

L 'Ayam-Alas porte sur la tête une crête lisse ; un seul barbillon pend en membrane flottante de la mandibule inférieure du bec jusqu’au bas de la partie nue du devant du cou 5 le tour des yeux est glabre , et toutes ces parties nues sont d’une belle couleur rouge. Les plumes de l’occiput et du cou ont une forme arrondie; celles du dos sont ovales par le bout; un bleu à reflet violet teint l’origine des barbes ; vers l’extrémité elles sont d’un beau vert à reflets métalliques, et le bord est entouré par un croissant d’un noir velouté ; les plumes du croupion et les couvertures des ailes sont longues : les premières, d’un noir à légers reflets dorés, sont lisérées de jaune; celles des ailes portent

Recueil d’Oiseaux, 81e. livraison.

COQ AYAM-ALAS.

de larges bordures d’un roux brillant 5 la poitrine, le ventre et l’abdomen sont noirs 5 la queue, composée du même nombre de pennes que dans nos Coqs de basse-cour, est d’un vert à reflets métalliques. On avait remarqué que cette espèce porte la queue dans une direction horizontale : des observations récentes démentent cette assertion. L’iris des yeux est jaunâtre; le bec d’un brun-jaunâtre, et les pieds armés d’un fort éperon brun. La longueur, depuis la pointe du bec à l’extrémité de la queue, est de deux pieds.

La poule, d’un tiers moins grande, n’a pas de barbillons; toute la gorge et la région ophthalmique, à un petit cercle près, qui est glabre, sont couvertes de plumes. La tête et le cou sont d’un gris-brun ; la gorge blanche; la poitrine, le ventre et l’abdomen d’un gris isabelle; le dos et les couvertures des ailes d’un vert à reflets dorés , bordés de grisbrun avec une raie jaunâtre occupant le milieu; les grandes couvertures et les pennes secondaires noirâtres, à reflets métalliques, et ondées de jaunâtre; les grandes pennes de la queue brunes à légers reflets verdâtres, et bordées de noirâtre; les rémiges d’un gris-brun.

On trouve l’espèce à la lisière des forêts ou montagnes , où elle se tient cachée pendant le jour. Elle est défiante et farouche ^ aussi ne parvient-on pas facilement à lui faire subir la domesticité. Le chant du Coq ressemble à la moitié du chant de nos Coqs de basse-cour ; on pourrait le rendre par les deux syllabes co-crik. Elle habite l’île de Java, et selon le témoignage de quelques colons, aussi dans quelques parties de l’île de Sumatra.

LOPHOPHORE CUVIER

LOPHOPHORUS CU P IE RI. Temm.

Le Mâle. — Planche 1 .

Le genre que j’ai désigné par le nom de Lophophore est composé aujourd’hui de deux espèces (1), dont on ne connaît que les mâles.

Les femelles n’ont point encore été envoyées des parties reculées de l’Indostan où ces espèces habitent. Il est probable qu’étant privées des ornemens extraordinaires et des belles couleurs propres aux mâles, elles auront paru moins dignes de fixer l’attention des curieux. Les naturalistes ne connaissent point encore les mœurs de ces gallinacés ; mais à juger une partie de leurs habitudes d apres la forme du bec, surtout par le prolongement très-courbé de sa pointe qui est déprimée, large et à bords tranchans, on peut en induire que cet instrument formé en pioche est propre à fouir, et que ces oiseaux s en servent aux mêmes fins que certaines espèces de Perdrix et de Francolins d’Afrique et de l’Inde ( i ) , qui ont la mandibule supérieure du bec à

(1) La seconde espèce est le Lophophore resplendissant, décrit dans mon ouvrage des Gallinacés. Nous donnerons dans ce recueil la ligure de cet oiseau , remarquablement orné par une belle hupe composée de palettes dorées, fixées à l’extrémité d’une tige flexible.

(2) Voyez les Francolins à long bec de Sumatra, le Francolin Ourikinas d Afrique, et la nouvelle espèce de perdrix découverte par M. Le Vaillant, qui sera publiée dans ce recueil sous le nom de Perdix Le Vaillantii .

Recueil d’Oiseaux , ire. livraison.

LOPHOPHORE CUVIER

peu près semblable. Un instrument de cette forme convient aux habitudes de ces gallinacés dont la nourriture se compose presque uni’ quement de plantes bulbeuses qu’ils sont obligés de chercher en pénétrant les terrains plus ou moins compactes où elles croissent. B est à présumer que les Lophophores , munis d’un instrument pareil a celui des Perdrix africaines, mais plus fort et composé d’un prolongement corné très-solide (1), s’en servent comme celles-ci, et que lé plantes bulbeuses forment aussi leur principale nourriture (2).

Le mâle de l’espèce figurée dans notre planche ire. a le sincip^1 orné d’une huppe de plumes très-longues , effilées et à barbes courtes) un peu décomposées. Les joues sont nues, la queue que l’oiseau portf dans une direction horizontale, est de moyenne longueur et légère' ment arrondie.

La huppe, le cou ainsi que les parties supérieures et inférieures à1 corps sont d’un noir à reflet violet très-brillant 5 les ailes et la queu« ont une teinte noire, dépourvue de lustre 5 toutes les plumes de cfiparties portent des zigzags très-déliés d’une teinte grisâtre. Il semblé à en juger par quelques plumes isolées dépourvues de ces raies griseé que la livrée de l’adulte diffère de celle du jeune. Les plumes $ croupion et les couvertures de la queue sont toutes terminées paf une large zone blanche 5 les parties inférieures, ainsi que je viens 1 indiquer , sont d un ton violet lustré $ mais l’unique individu confié et qui a servi de modèle à notre planche, a quelques plumes de '1 gorge parsemées de zigzags gris très-fins, ce qui me fait croire

(1) Voyez le détail du bec du Lophophore Cuvier figuré de grandeur naturelle.

(2) Les caractères établis pour ce genre, ainsi que ceux propres aux autres groupes dont aurons à traiter dans ce recueil , seront publiés avec les généralités dans un discours où il sera ^ mention du naturel et des habitudes des oiseaux. Une feuille séparée servira d’introduction à t0Ü les genres; elle paraîtra lorsque nous aurons publié par la gravure une série d’espèces nouvel5' ou bien lorsque toutes celles d’un genre auront été données.

LOPHOPHORE CUVIER

ces plumes sont un reste de la livrée du jeune âge. Les pieds sont gris, de même que leperon assez fort et acéré dont les tarses sont armés; le bec est jaune; la nudité ophtalmique qui communique au bec est garnie de très- petites papilles, et paraît avoir été rouge dans l’individu vivant. La longueur totale est de dix-huit pouces.

On trouve une très-courte notice sur cette espèce dans le Synopsis de Latham, sous le nom de Coloured pheasant. Syn. supp ., vol. 1 , pag. 210. Je n’ai pu trouver, dans les cabinets de l’Angleterre, le sujet qui a servi de modèle au naturaliste anglais. Il est probable que l’indication très-succincte qu’il donne de l’espèce est prise sur un dessin envoyé du Bengale.

Le Muséum royal de Paris, seule collection en Europe où se trouve un individu de cette espèce propre au continent de l’Inde, en doit la possession aux soins de MM. Diard et Duvaucel, deux jeunes naturalistes élèves de M. Cuvier, dont j’aurai souvent occasion de parler dans cet ouvrage. Les galeries du Muséum de Paris renferment plusieurs espèces nouvelles ou peu connues d’animaux , qui sont les fruits des voyages que ces naturalistes ont entrepris dans l’Inde et à Sumatra.

GENRE FAISAN

GENUS PHASIANUS. Linné.

^ec médiocre , à base nue; mandibule supérieure voûtée, convexe, déprimée vers le bout.

Narines basales, latérales, à moitié fermées par une membrane voûtée; joues nues’ couvertes de petits mamelons cartilagineux; tête et gorge couvertes de

plumes.

leds : tr°ls doigts devant et un derrière; les trois doigts divisés, réunis par une courte membrane; le pouce n’appuyant que sur l’ongle. Un seul éperon, court de forme conique au tarse.

e tles-longue5 fortement étagée et à pennes du milieu dépassant beaucoup

toutes les ant

autres.

ÀjJ

es courtes ; les trois rémiges extérieures plus courtes que la quatrième et la "nc{uième, qui sont jes pjus longues.

TotJS les méthodistes modernes sont d’accord de séparer en deux genres distincts les Coqs (Gallus) et les Faisans (Phasianus). Linné | ^atham. en ont fait un seul genre, où ils ont également trouvé à asser ^ Argus ou Luen (Argus), le Hoatzin ( Opisthocomus), un ^■u'sophage (Musophaga), quelques Pénélopes (Penelope), et deux °phophores (Lophophorus) , qui forment, sans contredit, avec les 9S et les Faisans l’assemblage le plus bizarre. Nous avons fourni,

d Oiseaux, 82' livraison.

GENRE FAISAN

dans l’ouvrage des Gallinacées, les motifs de la séparation générique des Coqs 5 ceux-ci étant distraits du genre P hasianus , nous éloignons encore de cette coupe, telle que Latham en donne l’index , les espèces désignées sous les noms de Phasianus Argus, sp. 5 ; son Phasianus Africanus, sp. 8, indication d’un Musophage qu’on trouve assez abondamment au Sénégal, sur les bords de la Gambie; plus, Phasianus cristalus, sp. 7, ou Faisan huppé des pl. enl. de BufFon, 33y, qui forme le genre Opisthocomus les Phasianus Motmot , Mexicanus et Paraqua, sp. 9, 10 et 12, qui sont du genre Penelope ; enfin les Phasianus Impeyanus et leucomelanos , sp. 11 et i3, dont nous avons formé le genre Lophophorus. Voyez ces espèces pl. 5i3 et 1 de ce recueil. Le supplément à l’Index du même auteur porte le Phasianus ignitus, que nous classons avec les Coqs dans la deuxième section du genre Gallus, espèce paraissant former le passage de ces oiseaux aux Faisans. Les espèces à énumérer dans ce genre sont :

Esp . 1. Faisan noir et blanc ou argenté, qui tient le plus près des Coqs de la division Houpifère par sa queue plus ou moins réunie en deux plans. Bufïon, pl. enl. 123 et 12L C’est Phasianus Nijct hemerus des méthodes. Patrie , la Chine, et se multiplie en assez grand nombre dans les ménageries d’Europe.

Esp. 2. Faisan vulgaire ou FOiseau du Phase. BufF. pl. enl. 12* et 122. C’est Phasianus Colchicus des méthodes. Patrie , les con" trées chaudes de l’Asie et de l’Europe orientale ; se propage efl liberté dans plusieurs parties tempérées de l’Europe où il a été ifl" troduit.

Esp. 3. Faisan a collier, décrit dans l’histoire des Gallinacés 1 vol. 2, p. 326 et suivantes. C’est Phasianus torquatus. Patne’ difFérentes parties de la Chine.

Esp. 4. Faisan versicolore, de nos pl. col. 486 le mâle, et 4p^ 3

GENRE FAISAN

femelle. Voyez aussi Galerie des Oiseaux, pl. 2o5. Phasianus versicolore. Patrie, le Japon.

Esp. 5. Faisan Sœmmerring, de nos pl. col. 487 le mâle, et 488 la femelle ; ce sera Phasianus Sœmmerringii. Patrie, le Japon.

Esp. 6. Faisan superbe, qui repose sur quelques indications et sur les figures des papiers de soie de la Chine ; cest Phasianus superbus des méthodes. Patrie, les contrées les plus reculées de la Chine ; se trouve en domesticité dans quelques ménageries de Pékin.

Esp. rj . Faisan vénéré , de nos pl. col. 485 le mâle; la femelle n’est pas connue. Voyez aussi la description d’une plume de la queue , histoire des Gallinacés, vol. 2, fig. i36, sous le faux nom de Superbe ; c’est Phasianus veneratus. Patrie, les contrées tempérées de la Chine; très-rare dans les ménageries du pays.

Esp . 8. Faisan Amiierst, connu par une figure publiée dans les Transactions linnéennes, vol. 16, pag. 129, tab. i5, où le mâle de cette belle espèce se trouve figuré sous le nom de Phasianus Amiierstiæ. Voyez la description dans ce recueil. Patrie, Gochinchine et royaume d’Ava.

Esp. g. Faisan tricolore, ou Faisan dore de Buffon , pl. enl. 217* Tuasianus pictus des méthodes. Patrie, la Chine et le Japon; se multiplie dans les ménageries en Europe.

FAISAN VÉNÉRÉ

P H A S IA NUS VENERA1US. Temm.

Le Mâle adulte. — Planche 485.

Ce beau Faisan, paré de couleurs fortement tranchées et à rectrices d’une longueur énorme, est de la taille du Faisan argenté ou bicolore de la Chine, par conséquent un peu plus grand que notre Faisan vulgaire ; son bec est plus droit, plus déprimé, surtout bien moins courbé à la pointe que celui des autres espèces de ce genre; une très-petite partie des joues est dénuée de plumes: elle forme un cercle de petites papilles rouges à l’entour de l’orbite; la queue, trèsétagée, a une longueur remarquable, même disproportionnée pour la taille de l’oiseau : elle est composée de dix-huit pennes très-étroites , dont les quatre du milieu forment la gouttière renversée; les pennes latérlaes de chaque côté n’ont guère plus de trois ou quatre pouces , tandis que les deux du milieu portent au-delà de quatre pieds de longueur.

Aucune huppe ou parure accessoire n’orne la tête de ce Faisan ; une calotte blanche couvre le sommet du crâne et l’occiput ; ce grand espace blanc est bordé, sur les côtés, par une bande noire de peu de largeur , mais qui se dilate vers le trou auditif, et entoure la

afl veziere;

FAISAN VÉNÉRÉ

plaque blanche de la tête; sur le front, le blanc est également bordé par un bandeau noir : deux colliers, plus larges sur le devant du cou quà la nuque, couvrent cette partie; le collier supérieur est d’un blanc pur, et s’étend sur la gorge jusqu’à la base du bec; l’inférieur descend en pointe vers la région thorachique. La partie du bas du c°u, tout le manteau, le dos et le croupion sont couverts de plumes <1U1? par la manière tranchée dont elles sont colorées, font l’effet décailles j leur teinte est d’un jaune d’or très-vif, et toutes sont terminées par un bord, en forme de croissant, d’un noir parfait; celles de la poitrine , des côtés du ventre , et les grandes plumes des dancs, sont peintes de deux bandes en losange, d’un noir parfait, disposées sur un fond blanc éclatant; elles ont, vers le bout, un C1 oissant d’un noir pur, et leur bord terminal est entouré par une ^arge bande mordorée; les plus longues des dernières plumes des flancs ont leur extrémité colorée de jaune d’or. Tout le milieu du ventre, les cuisses et l’abdomen sont d’un noir velouté; celles des couvertures inférieures de la queue sont noires, tachetées de jaune d°r. Les pennes de la queue sont larges environ de deux pouces; efles se terminent en pointe, et sont voûtées en forme de gouttière renversée ; la baguette est fortement cannelée dans toute la longueur. La couleur des barbes de ces pennes est d’un blanc-grisâtre , se nuançant par demi-teinte en un roux doré, de manière que cette dernière c°uleur est très-prononcée sur les bords des barbules; on compte qnarante-sept barres en forme de croissant sur chaque côté des barbes : ces bandes sont parallèles à la base et à l’extrémité de la Penne; mais depuis le quart jusqu’aux trois quarts environ de la ^°ngueur, elles alternent; leur teinte est plus ou moins noire à l’orifûne de la penne , brune au centre , et marron vers l’extrémité. Les pteds et les éperons sont d’un gris-clair; le bec est blanc. Longueur

FAISAN VÉNÉRÉ

totale, variant sans doute beaucoup en proportion du plus ou moins de longueur des pennes du milieu de la queue, dont les plus grandes, examinées par nous, portent quatre pieds cinq pouces.

C’est par erreur que nous avons fait mention des deux longues pennes de la queue de cet oiseau à l’article du Faisan superbe. Voyez l’histoire des Gallinnacés, vol. a, pag. 356. L’article qui traite de ces pennes doit être rapporté au Faisan vénéré du présent article, dont nous sommes parvenus à obtenir deux dépouilles du mâle, l’une parfaite et portant des pennes intermédiaires de plus de quatre pieds; l’autre en mue et n’ayant qu’une queue d’un pied et demi de long, dont les pennes étaient enveloppées dans l’étui. La femelle de ce bel oiseau si remarquable, ne nous est pas connue. Les Chinois de qualité nourrissent, dit-on, ce Faisan dans les ménageries; c’est un oiseau très-rare et de grand prix dans le pays , qu’on apporte à Pékin des confins de l’Empire. On assure même que l’exportation en est interdite, et la contravention punie sévèrement. Toujours est-il sûr que les papiers de meuble ni les peintures chinoises ne portent la figure de ce Faisan, ce qui ferait soupçonner que l’espèce est peu connue des Chinois, et quelle est rare dans le pays où ces papiers se fabriquent.

Faisan

versicolor, /i,ne//<>

FAISAN VERSICOLORE

PH ASIANVS VERSICOLOR. Vieill.

Le Mâle . Planche 486. — La Femelle. Planche 4g3.

M* Vieillot, dans la Galerie des Oiseaux, vol. 2, p. 26, pl. ao5, décrit et figure notre Faisan d’après un individu envoyé par M. Diard au Musée du Jardin du Roi à Paris. On avait étiqueté cette espèce du nom de Phasianus Vïardi, en mémoire du donateur. M. Vieillot prenant aucune notice de cette dénomination, publia la figuie du mâle sous la rubrique portée en tête de ce chapitre , et commit prieur de désigner pour patrie de ce taisan 1 île de Java, où, selon 1 assertion de l’auteur cité, Use trouverait dans F état sauvage j tandis fiuc M. Diard fit connaître sur l’étiquette accompagnant 1 envoi du a*san , qu’il avait été acheté à Java , mais que le Japon est sa patrie,

Ce dont M. Vieillot aurait pu s’assurer.

Le Faisan versicolore est à peu près de la taille et a les foi mes u Faisan vulgaire d’Europe, mais sa queue est propoitionellement P Os courte 5 toutes les plumes du cou, du manteau et de la poitrine ut terminées en deux lobes arrondis , séparés pai une forte ecWrure ; l’espace nu des joues, ainsi que les plumes de l’occiput

FAISAN VERSICOLORE

réunies de chaque côté en touffe, ressemblent à ces parties dans notre Faisan d’Europe.

Le sommet de la tête , la nuque et la partie du haut du cou sont d’un vert doré à reflets pourpre et violet ; gorge et devant du cou d’un bleu vif à reflets violets; partie inférieure du cou, poitrine et toutes les parties inférieures du corps d’un vert foncé très-vif et d’un lustre éclatant ; plumes du manteau et scapulaires couverts de petites zones blancs-jaunâtres sur fond du plus riche vert métallique lustré de pourpre et de violet, et entourées de bordures d’un jaune doré; dos et croupion d’un gris nuancé de verdâtre et à reflets; couvertures gris, lilas et vert, distribués par nuances, selon la lumière qui éclaire ces parties; les pennes de la queue, peu longues et faiblement étagées, portent une teinte gris-verdâtre; ces pennes latérales sont parsemées de petits points noirs presque imperceptibles ; les quatre du milieu portent, le long de la baguette, de petites bandes qui alternent à intervalle double de leur longueur : ces bandes sont plus larges et moins distantes vers le bout de ces pennes ; elles sont bordées sur toute leur longueur de barbes désunies, qui pendent de chaque côté en larges franges d’un gris pourpré. Le tarse du mâle est armé d’un éperon; les pieds sont rougeâtres, les papilles autour des yeux sont rouges et le bec est jaune. Longueur totale deux pieds sept ou huit pouces; la queue a de quatorze à quinze pouces.

La femelle ressemble , par la couleur du plumage , à la femelle dn Faisan d’Europe : on la distinguera par la taille moins forte, à sa queue proportionellement moins longue , au grand nombre de taches noires dont les parties inférieures sont couvertes , et à la teinte légèrement verdâtre, couverte d’un lustre métallique, des plumes des parties supérieures, toutes bordées, comme dans nos Faisans, de lisérés d’un jaune doré; l’échancrure et les lobes aux plumes de !a

Faisan ,1 'oewo^’r '/'</■

FAISAN VERSICOLORE

poitrine sont faiblement marquées chez la femelle. Sa longueur totale est de seize à dix-sept pouces.

Ce beau Faisan est commun au Japon 5 il vit dans les bois, et a les mêmes habitudes que notre Faisan d'Europe. Le Musée des Pays- Bas possède des sujets envoyés du Japon par M. Van - Siebold ;

Blomhof, ancien résident à Dezima, en a rapporté une paire. Celle que M. Diard a envoyée au Musée de Paris a été achetée a Batavia.

FAISAN SOEMMERRING.

PHASIANUS SŒMMERRIJS/GIL Temm.

Le Mâle . Planche 487. — * La Femelle. Planche 488.

Cette espèce remarquable et nouvelle, de l’ordre des Gallinacés, "0Us fournit une occasion favorable de présenter l’expression de notre hommage empressé à un homme célèbre, à un vieillard respecta e, * Un anatomiste distingué, qui , par ses travaux scientifiques et par aménité de sa vie privée, répandit le goût de 1 étude, et fait SOn commerce agréable. Puisse la dédicace de cette espèce, offerte fo professeur de Sœmmerring, être accueillie pai ce d y

RecUIEL d’OiSEÀUX, 82e, LIVRAISON.

FAISAN SOEMMERRING.

naturalistes , comme l’expression de la haute estime qu’il inspire aux amis des sciences , qui s’empressèrent de fêter à Francfort , le 7 avril 1828, le jubilé donné en son honneur, à l’occasion du cinquam tième anniversaire de sa carrière doctorale !

Ce beau Faisan est de taille intermédiaire entre le Faisan vulgaire d’Europe et le Faisan tricolore ou doré de la Chine et du Japon. Sa queue, rassemblée en faisceau, est plus longue que celle du Faisan doré; un petit espace nu d’un beau rouge couvre la région ophthah mique, et un autre semé de papilles blanches existe au-dessous des yeux. Le mâle n’a point de huppe ni de touffes à l’occiput; h queue est longue, très-étagée, composée de dix- huit pennes très' larges, à surface plane; les deux du milieu offrent une grande di“ mension.

La majeure partie du plumage du mâle est colorée d’un pourp^ éclatant de couleur dor, et chatoyant en teintes opalines, selon Ie jour qui l’éclaire; la couleur pourprée domine sur la tête, le cou» le manteau et la poitrine ; un pourpre brillant , chatoyant agréable ment par les reflets que produisent des bordures imitant l’or et b nacre, produit sur le dos et sur le croupion une bigarrure à reflet variés; le plumage du ventre et des ailes est d’un roussâtre mêlé de reflets pourprés et parsemés de grandes taches noires; la queue est d ’u*1 roux ardent, lavée, par nuances, de demi-teintes plus ou moins claires» et coupée, à grand intervalle, de treize bandes transversales noire5 et peu larges; les pieds sont d’un gris clair, et le bec est jaune. Lon' gueur totale trois pieds six, huit ou dix pouces, selon la longuet*1 des pennes du milieu de la queue, dont la plus grande dimensie*11 est de deux pieds huit pouces.

La femelle a une queue de six pouces de long; elle est régulière ment étagée. La couleur du plumage ne diffère pas beaucoup ^

FAISAN SOEMMERRING.

Celle de la femelle du Tétras de bruyère. Un roux plus ou moins pourpré , couvert de grandes taches noires, forme la teinte des parties supérieures 5 toutes les plumes ont une bande longitudinale dun roux plus clair, qui suit la direction des baguettes; les plumes de la gorge et du devant du cou sont blanchâtres , et une réunion de petites zones noires en dessine les contours; la poitrine est variée de zigzags noirs sur fond cendré roussâtre 5 le milieu du ventre blanc ; les flancs et les ailes marqués de grandes taches noires et rousses , et les pennes terminées de blanc; la queue, d’un roux très-vif, a, vers le bout des pennes (les deux du milieu exceptées) , une bande d’un noir parfait, suivie d’un bout terminal blanc ; les deux du milieu sont rousses , couvertes de nombreux zigzags noirs et à bout terminal d’un blanc teï*ne. La longueur totale est de dix-neuf à vingt pouces.

Cette belle espèce vit au Japon. Le Musée des Pays-Bas a reçu quelques individus des deux sexes par les soins de M. le docteur

^an-Siebold.

FAISAN D’AMHERST

P H A SI A NUS A MH ERS IA A. Leadb.

Ca beauté de cet autre Faisan découvert récemment, nous & 8 en donner la description succincte, prise sur les deux sUj qui ont servi à l’indication et à la figure publiée à Lon P

FAISAN D’AMHERST

M. Leadbeater, dans les Transactions linnéennes, vol. 16, p. 129, fig. i5, en noir. Nous en aurions donné une ligure coloriée, mais le nombre borné de nos planches nous interdit cette publication.

Ce magnifique oiseau est à peu près de la taille du Faisan vulgaire d’Europe ; mais les formes , les parures accesoires du plumage et la queue sont comme dans le Faisan tricolore ou doré ; le grand espace opbthalmique nu est d’un bleu azur; et un barbillon très-court de la même couleur, marque de chaque côté la commissure des mandibules.

L’occiput est orné, comme dans le Faisan doré , d’une ample auréole ou hausse-col formée de douze rangées de plumes, dont les plus longues de la rangée inférieure ont plus de quatre pouces : cette auréole, que l’oiseau a la faculté d’étaler en éventail, recouvre toute la partie postérieure du cou ; ces plumes sont d’une teinte blanche opaline , et terminées de deux bandes en croissant : la première est d’un vert opalin, et l’extérieure bleue 5 au-dessus du hausse-col, et à l'occiput s’élève un petit panache de plumes longues et subulées, d’un pourpre éclatant; toute la tête, le cou, le dos et les scapulaires sont d’un riche vert métallique, et chaque plume est terminée par un croissant noir velouté; les couvertures des ailes sont d’un bleu métallique à bords noirs; le ventre et l’abdomen d’un blanc pur, mais les couvertures inférieures de la queue ont une teinte verdâtre métallique; tout le croupion est d’un jaune éclatant, et la région supérieure du coccix d’un rouge vif; les longues plumes qui viennent couvrir les pennes caudales sont blanches, marquées de bandes vertes? et terminées de rouge vif; la très -longue queue a toutes les pennes en forme de gouttière renversée, et rassemblées en faisceau comme l’est celle du Faisan doré; ces pennes sont blanches, à bords mordorés, et marquées à large intervalle de bandes diagonales d’un vert foncé» L’iris est blanc ; les pieds et le bec sont gris. La longueur totale dLt

FAISAN D’AMHERST

mâle est de quatre pieds trois pouces; les deux longues plumes du milieu de la queue ont une dimension de trois pieds deux pouces. La femelle n’est pas connue.

Deux mâles de ce rare oiseau furent présentés par le roi d Ava à l’envoyé anglais M. Cambell, qui en fit hommage à l’épouse de l’ambassadeur , milady Amherst. Cette dame les apporta vivans à Londres, °ù ils sont morts. Une des dépouilles a été conservée par milady Amherst; l’autre fait partie du cabinet de M. Leadbeater, à Londres.

GENRE LOPHOPHORE

GENUS LOPHOPHORUS. Temm.

^ ec ^0rtj long, très-courbé, large à la base, à bords saillans; mandibule supérieure v°uiée , très-longue, dépassant l’inférieure, large et tranchante à sou extrémité; Uete élevée, distincte; mandibule inférieure cachée par les parois saillantes de la

supérieure.

aGines basales, latérales, à moitié fermées par une membrane couverte de plumes rares.

e s‘ tarse couvert de plumes à sa partie supérieure; un éperon long et acéré; les 11 °is doigts de devant réunis par des membranes; le pouce élevé; ongles longs,

c°niprimés.

e,ï courtes, les trois rémiges également étagées, plus courtes que la quatrième et !a cinquième, qui sont les plus longues. leile droite , arrondie.

genre a été formé par nous (1) sur l’examen de la seule espèce ^ Clite sous te nom de Faisan impey , introduit dans la méthode Latham d’après un dessin rapporté de i’fnde par une dame ^ §ïaise. Plus tard on a reçu quelques dépouilles du mâle; mais cest P peu d’années que les deux sexes ont été importés en Euiope.

( )V0ye2 Histoire naturelle des Gallinacés, vol. 2, pag. 355, et Manuel d’Ornithologie, ‘ ySe tlu sytsèrue.

RECIJE,L D’°ISEAUX, 86« L1VRMSON.

GENRE LOPHOPHORE

Les peaux qu’on a pu se procurer sont des sujets morts dans les ménageries des possessions anglaises dans l’Inde. La queue et les ailes de ces individus, le plus souvent mal dépouillés ou à pennes usées dans l’état de domesticité, n’ont pu permettre de prendre une idée bien nette de la forme et de la longueur de ses parties 5 trois ou quatre sujets tués à l’état sauvage , obtenus très-récemment , nous fournissent les moyens de donner des figures exactes des deux sexes.

Induits en erreur par des rapprochemensdansla forme du bec d’un Galiinacé publié dans la première livraison de ce recueil, nous avions cru reconnaître, dans l’oiseau figuré par nous sous le nom de Lop/iophore Cuvier, une seconde espèce à ajouter à notre Lophophore type; mais un examen plus sévère fait sur un plus grand nombre de dépouilles des deux sexes a servi de preuve que l’espèce dédiée à M. Cuvier doit prendre rang dans le genre Gallus , division Hou pif ère ; coupe que nous signalons dans l’Histoire naturelle des Gallinacés, vol. 2, pag. 2y3, par l’espèce du Houpifère Macartney , à laquelle nous réunissons le Houpifère Cuvier (1), pl. 1 de ce recueil ; plus, une troisième espèce nouvelle , rapportée de l’Inde par M. Reynaud , et que M. Lesson se propose de publier dans la centurie de planches enluminées, dont la ire livraison vient de paraître. Nous laissons à MM. Reynaud et Lesson le soin de donner un nom et de décrire le mâle et la femelle de ce Houpifère, que nous présumons être la même espèce que le Faisan Gardneri, indiqué par Wallien dans le i5e volume des Transactions linnéennes, page 166. Il est assez présumable que la description mentionnée a été faite sur un jeune mâle revêtu d’une partie du plumage de la femelle. Si, par suite, on jugeait préférable d’isoler les Houpifères des Coqs et des

(1) Ce sera Gallus Cuvieri au lieu de Lophophorus Cuvieri, publie planche i de la pre" mière livraison de ce recueil.

GENRE LOPHOPHORE

Faisans on pourrait so servir de la dénomination Euplocomus 9 pour designer ce groupe, qui tient au genre Gallus par 1 espece du Macartney, et qui forme le passage au genre Phasianus par la troisième espèce nouvelle que nous venons de signaler.

F*e peu que nous savons relativement aux mœurs du seul Lophophore connu , est réduit aux renseignemens obtenus par des voyageurs anglais. On nous a communiqué que cette espèce habite les forets élevées de la chaîne des monts Hymalaya. Cest à la lisiere des bois et dans les plus hautes régions encore peu explorées quon a trouvé ce beau Gallinacé. Il se fait difficilement à l’état de domestieité; plusieurs essais ont eu lieu dans la vaste ménagerie du chefl^ti du gouvernement anglais dans l’Inde $ mais ces oiseaux, duiïe humeur trop inquiète et farouche, se refusent à tous les soins, et meurent peu de temps après la perte de leur liberté. On a observé (IUe le mâle ne chante point comme les Coqs, mais qu’il a la voix a Peu-près semblable, dans les différentes intonations, à celle de

nos Faisans.

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