GENRE ÉPERONNIER
Pavo bicalcaratus des auteurs , ou Polyplectron bicalcaratum. Patrie , la presqu’île de Malacca.
Esp. 3. Eperonnier a toupet. De nos pi. col. 54 o. Polyplectron emphanum. Patrie , incertaine ; probablement Sumatra.
Esp. 4. Eperonnier chalcure, de nos pl. col. 5 19. Polyplectron ehalcurum. Patrie , l’île de Sumatra.
ÉPERONNIER CHINQUIS.
POLYPLECTRON CHINQUIS. Temm.
Le Mâle adulte . — Planche 55g.
^ taille de ce bel oiseau est celle du Faisan tricolore huppé, ' u^§airement connu sous le nom de Faisan doré de la Chine; mais il esl moins svelte, ses ailes ne dépassent pas l’origine de la queue, qui ^ large, assez longue et très-arrondie. Cette espèce ne porte point j. ^uPpc; les petites plumes du sommet de la tête qui en tiennent k U SOnt extournées , de façon que leur pointe est dirigée vers le ’ ces petites plumes, plus ou moins ébouriffées , sont dun brun
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atle; la gorge est blanchâtre; les plumes du cou, de la poitrine et du
sal le0r,t:une teinte brune assez terne, coupée par des bandes transver-
0lldQlées et d’un brun noirâtre; les rémiges sont d’un brun lustré
lcbeté de gris-brun, leurs baguettes sont brunes; les autres pennes ues a;jp 1 b . . A
par ' ’ 1CS Couvertures et les scapulaires ont un ton gris jaunâtre
é de petites bandes d’un brun noirâtre; on voit, vers le bout
ÉPERONNIER CHINQUIS.
de toutes ces couvertures, sur les scapulaires et sur les plumes de la partie nuquale, une grande tache œillée ou miroir de forme ronde, d’un bleu éclatant à reflets pourprés et opalins; ces taches, trèsbrillantes et richement nuancées, sont toutes entourées d’un cercle noir, et ce cercle est encadré par une bande externe d’un jaune blanchâtre; le dos, le croupion et les couvertures de la base de la queue sont d’un brun clair moucheté et transversalement ondulé de jaune blanchâtre; les pennes de la queue et la rangée de pennes plus courtes qui couvre les grandes rectrices sont d’un brun terne parsemé de petits points jaune d’ocre; à un pouce de l’extrémité des pennes de la rangée supérieure, et à un pouce et demi du bout des vingt-deux rectrices, se trouvent deux miroirs de forme ovale, accolés et séparés par la baguette : ces taches brillantes reflètent comme celles des ailes en bleu et en pourpre; mais cette dernière nuance a moins d éclat que celle des miroirs des ailes: elles sont, comme ces derniers, entourés d’un cercle noir qui est ceint d’un cadre gris terne; ce dernier est du double plus large que le cercle noir. La mandibule supérieure du bec est rougeâtre à son origine, et noire vers le bout; l’inférieure est jaunâtre et brune vers le bout; la partie ophtalmique est couverte de petites plumes disposées à claire-voie; l’iris est jaune, les pieds sont noirs et les ongles gris. La longueur totale du mâle est de vingt-deux pouces; la queue porte dix pouces, le bec treize lignes, et le tarse trois pouces.
La femelle diffère du mâle par le plumage à miroirs moins brillans et par sa queue moins longue; les pieds sont d’un gris terne, et on voit à l’endroit où le mâle porte l’éperon inferieur un tubercule calleux assez proéminent
Le Chinquis, dans le jeune âge, a le plumage d’un gris terreux ■> avec de grandes taches brunes et des raies de cette couleur. La cou-
ÉPERONNIER CHINQÜIS.
four du plumage change dès la première mue et devient moins irrégulière; sur les ailes et sur la queue se forment de grandes taches arrondies indiquant l’endroit où doivent se former, dans l’adulte, ces miroirs brillans que l’on voit paraître à la. seconde mue : ils sont alors privés de ce lustre éclatant de pourpre et d’opale; leur teinte est d un hleu foncé, le cercle jaune blanchâtre n’existe pas. Ce nestquà la troisième mue, et à l’âge de deux ans accomplis, que ces Gallinacés prennent le plumage de l’adulte; c’est alors que les miroirs sont c°l°rés de teintes bleues, pourprées et opalines, que les cercles sont fortement dessinés , et que la queue prend toute sa longueur.
En captivité, ils ne sont pas très-farouches; on parviendrait à les faire à l’état de domesticité, et, par des soins bien dirigés, on pourrau en obtenir des œufs qu’on ferait couver par une poule.
Tous les Chinquis obtenus vivans ou en peau préparée arrivent Cri Europe par la voie de Canton; les Chinois de Pékin nourrissent es oiseaux dans leurs ménageries. On dit qu ils vivent dans la chaîne m°ntueuse qui sépare l’Indouslan du Thibet. Le sujet figuré pl. 55g a vécu pendant cinq ou six ans dans une ménagerie près de La p^^fo sa dépouille fait partie du Musée des Pays-Bas. Le Musée de aifo possède un mâle âgé de deux ans, qui a vécu quelque temps Captivité; on y voit aussi un jeune à plumage couvert de taches Pâtres.
ÉPERONNIER ARGUS
ÉPERONNIER ARGUS
POLYPLECTRON B IC A LC A RA TV M. Tkmm.
Avant d’entrer dans les détails descriptifs relatifs à cette seconde espèce, il nous faudra passer en revue les figures publiées de l’Eperon* nier des auteurs, basées sur des dessins peu soignés, et enluminées d’après les indications probablement des deux espèces séparées, sans caractères authentiques et précis, sous les noms de Pavo bicalcaratus et tliibetanus , ou réunies et confondues sous le nom d 'Epe~ ronnier .
Les diagnoses de Linnée et des auteurs systématiques ne portent en effet aucun indice de caractères bien déterminés, à l’aide desquels on puisse reconnaître leur Pavo bicalcaratus ou thïbetanus , et l’on se verrait étrangement embarrassé s’il fallait recourir à la description de l’Eperonnier, pour s’assurer si c’est de notre Chinquis on de notre Argus qu’on a voulu tracer la description et le portrait? toutefois, nous en exceptons la figure en noir et la description succincte de Sonnerat, qu’on est en droit de rapporter à notre Argus , vu la taille, qui est en effet d’un tiers moindre que le Faisan vul" gaire, la nudité des joues couverte d’une peau jaune, et la coulent verte des petits miroirs, caractères qui ne vont point au ChinqnlS de la taille à peu près du Faisan vulgaire, à grands miroirs bleus et pourprés entourés de deux cercles, et à joues couvertes de petite5 plumes clair-semées : la figure jointe à la description de Sonner^1
ÉPERONNIER ARGUS
donne une idée nette des deux rangées de pennes dont la queue est composée , mais cette queue est proportionnellement trop courte. La planche enluminée 4ga des oiseaux de Buffon doit être reléguée 311 nombre des dessins imaginaires; celle de la femelle, pl. 4g3,est Plus exacte : on peut se faire une idée assez nette de notre Epe - T°mier argus , en supprimant de cette figure les trois rangées de ^fi^oirs, à la queue celle du milieu, et en ne prenant aucune notice dos bordures jaunes qui entourent les miroirs des ailes et des pennes Candales; les plumes de la tête pourraient être relevées et former Uïle ^uppe frontale.
No^ indiquons comme différences caractéristiques entre le Chin- ^ s et 1 4rgus, que ce dernier est plus petit; il porte une courte Ppo composée de plumes assez larges; ses joues sont nues; les °ds des ailes sont beaucoup plus petits, d’un vert métallique, ^ ent0Urés d’un seul cercle noir; tout le plumage offre des teintes *Jnes beaucoup plus sombres.
^ male a les plumes du front alongees en huppe; elles sont laiges, ^ brun noirâtre, et marquées de blanc à leur base; tout le îeste ^ a tete et le cou portent des plumes tres-courtes, d un noiiatre
sllT’ la §or§e est blanchâtre ’> les ioues’ le tour des yeux etla cire
c°Uverts d’une peau jaunâtre; de très-petits miroirs ronds,
beau vert-foncé nuancé de bleuâtre, mais sans teintes pourpiées
couvrent la partie supérieure du dos, les scapulaires et
tas couvertures des ailes; ces miroirs sont encadrés d un cercle coir . i r ’ . •
^Ue ] °nd du P^umaëe sur le(luel ces tacbes sont réparties, ainsi
g0ü^e dos et ta croupion , sont d’un brun jaunâtre tout couvert de
do^ s laPprocbées d’un noir parfait; la poitrine, le ventre, lab-
ctas ? et CL1*sses sont d’un brun terre-d’ombre , et les baguettes
P umes de la poitrine blanches; les pennes des ailes sont dun
ÉPERONNIER ARGUS
brun très-foncé ; la queue, composée comme celle du Chinquis, à deux plans, a des miroirs aussi grands, accolés de même, mais sont d’un vert brillant et entourés d’un large cercle noir; le reste de la queue est marbré comme les plumes du dos, mais le bout des deux rangées de pennes est roussâtre, marqué de grandes taches d’ut1 noir parfait. Le bec est brun , l’iris jaune et les pieds couleur de corne noirâtre. Longueur totale du mâle, de dix-huit à dix-need pouces; la femelle ne nous est pas connue.
Le Musée des Pays-Bas a reçu deux mâles de cette espèce faisait partie d’une collection de mammifères et d’oiseaux rassemblés a Malacca. L’un de ces sujets a le tarse armé de deux éperons, grands» forts, et de grosseur égale; l’autre en porte trois au pied gauche et deux au pied droit.