‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux, pour servir de suite et de complément aux planches enluminées de Buffon, édition in-folio et in-4⁰ de l'Imprimerie Royale, 1770 (volume 4)Chapitre 54 sur 93 · GARRULE OUTREMER · texte numérisé non relu

GARRULE OUTREMER

Le Garrule outremer est plus grand que le Floridanus ; le premier a toutes les pennes de la queue de longueur égale, en quoi il est bien reconnaissable de toutes les autres espèces de ce genre; la teinte bleue du dos est plus vive que dans le Floi'idanus 3 et toutes les couleurs azurées ont plus d’éclat ; on ne voit point de collier bleu, et les couvertures inférieures de la queue sont moins nuancées de cette couleur; enfin les ailes sont, proportionnellement à la taille, plus

longues.

Le Garrule outremer est en effet remarquable par sa longue queue parfaitement carrée, ou à pennes égales. Le sommet de la tête, L nuque et les joues sont d’une teinte outremer pur; les petites plumes du capistrum tournées en avant sont aussi de cette couleur; celles du lorum contournées ont une teinte noirâtre; manteau et milieu du dos cendrés , nuancés d’outremer ; ailes et queue de cette dernière teinte , mais les barbes intérieures des pennes alaires et caudales noirâtres ; gorge , abdomen et couvertures de la queue blanchâtres ; tout le reste des parties inférieures d’un cendré très-légèrement nuancé de brun clair; le bec et les pieds noirs. Longueur, treize pouces.

On le trouve au Mexique. L’individu figuré fait partie du Musée des Pays-Bas.

GENRE CASSICAN.

U E N US B A R I TA . Cuvier.

ec long, droit, fort, très-dur, convexe et bombé, mais un peu plane à la base, qui s’avance entre les plumes du front; point de fosse nasale; extrémités des mandibules fortement échanerées; la supérieure subitement courbée à la pointe, rare- Rient en croc aigu. Base garnie de fortes soies très-raides.

Narines Iatérales’ ™ Peu <“*“*« d* '<* base, fendues longitudinalement dans la masse cornee du bec, couvertes, à moitié fermées par la substance cornée.

Kds robustes> ta>’se pl-s long que le doigt intermédiaire ; latéraux inégaux; l’externe réuni jusqu’à la première articulation, l’interne divisé; pouce long, très-fort.

' 6S med‘ocres ou longues; les quatre premières rémiges étagées et la sixième la Plus longue, ou les quatre premières étagées et la cinquième la plus longue.

Ce genre a été établi par M. Cuvier dans le Règne animal ,

V°l 1 ’ Pa8- 340 » et Ie rai ad°pté dans X Analyse du Système géni r< où il forme le septième genre des omnivores. Buffon avait ec«t et figuré une espèce sous le nom de Cassican , pl. enl. 628, cest d’après ce type que le nom a été donné au genre, dans e1üel il est convenable de comprendre le Calybè du même auteur, P1- enl. 654. Cette réunion offre les types de deux sections dans le groupe qui est composé aujourd’hui d’un petit nombre d’espèces '"'liquées dans ce chapitre. Nous y avons associé l’une des deux sPeces placées dans le genre Vanga. Voyez page lviii, genre 7%

^ecueil d’Oiseaux, 46°* livraison.

GENRE CASSICAN.

de X Analyse citée (1), tandis que la première espèce de ce dernier genre, indiquée sous le nom dlÉcorcheitr de Madagascar , Buff*? pl. enl. 228 , vient se grouper avec la Pie-grièche blanchot de Yaill* , Ois. d’Afr.j avec le Geai longup du même auteur ou Corçus gale riculatus de Latham , et un grand nombre d’especes nouvelles dans notre genre Batara (1). Par ce moyen nous pouvons supprimer le genre V angas que nous invitons de rayer du Système.

On connaît bien peu les moeurs et les habitudes de ces oiseaux*

Ils ont une voix criarde. On leur attribue aussi des habitudes très-

bruyantes et un appétit vorace. Ce que nous en savons porte a conjecturer que leur manière de vivre diffère moins des moeurs connues des Corbeaux que de tout autre genre d’oiseaux. Ayant eu l’occasion d’observer , vivans , trois individus des deux espèces mentionnées ici sous les nos. 5 et 4 , j’ai pu 111e convaincre, par leur manière detre en captivité, que ces rapports sont en effet trèsmarqués avec ceux des Corbeaux et des Corneilles de nos climats* Leurs mouvemens brusques , les bonds et la démarche sautillante -> sont les mêmes que dans nos Corbeaux $ ils s’arrangent à peu près de toute sorte de nourriture 5 la chair crue , les graines , les gros insectes -, leur servent indistinctement d’alimensj ils sont voraces et gloutons comme les Corbeaux , et les formes totales du corps ne les en éloi" gnent pas beaucoup 3 on ne peut cependant les réunir dans une même coupe systématique, vu les différences très-marquées dans les formes du bec et des narines. Tant que notre imagination , linhtee

cionnoiib

(1) Ce soi-disant V anga offre tous les caractères des Ccissicans ; nous en pl. col. 27*5 y sous le nom de Cassican destructeur .

(2) Nous publierons incessamment quelques espèces de ce groupe indiqué dans 1 ’Jnaty*

du système, pag. lviii, genre 6e. L’article où les caractères génériques sei’ont indiqués,

Y index des espèces dont le genre Æatara(Tamnophilus) est composé. Il est subdivise en ou trois sections géographiques.

GENRE CASSICAN.

par le peu de connaissances que nous pouvons avoir du grand ensemble de la création, aura besoin, pour subvenir à ces faibles moyens, d’un échafaudage artificiel, tel que celui représenté par les termes conventionnels de classes et ordres, subdivisés en genres et en sections, nous devrons avoir recours à ces coupes méthodiques pour y répartir les nombreuses espèces d’animaux dont nous sommes environnés. Ces considérations me portent à séparer génériquement les Cassicans des Corbeaux , en faisant remarquer en même temps, que c’est par l’intermédiaire des espèces des Cassicans que la nature semble passer des formes propres aux Corbeaux à celles des Bataras, et par les nombreuses espèces de cette coupe à celle non moins riche en espèces distinctes et variées, dont le genre Pie-grièche est composé; car il faut convenir que la forme plus ou moins crochue et les fortes échancrures des mandibules servent à rapprocher les Cassicans de certaines Pie-grièches. C’est sous le rapport de leur grande ressemblance avec les Corbeaux et avec le Cassenoix de nos climats , et comme ayant des mœurs et des appétits à peu près semblables, que les Cassicans doivent être placés à la suite de ces genres d’oiseaux. Ils ont été répartis par Latham dans les genres Corpus et Coraciasj Shaw en place parmi les Graculus ; une espèce fait partie du genre Paradisea; d’autres espèces de la Nouvelle- Guinée, que je connais par des fragmens, devront probablement obtenir une place dans ce genre. Toutes les espèces qui me sont connues, sont des mers de l’Inde et de l’Océanie. Voici le tableau de celles qui peuvent être admises dans cette coupe générique, subdivisée provisoirement en deux sections basées sur une très-légère différence dans la forme de l’arête du bec et sur celle des ailes.

i“'e. Section. Une arête distincte, qui s’avance entre les plumes d" front. Les ailes arrondies, à sixième penne la plus longue.

GENRE CASSICAN.

Esp. 1. Cassican chalybe, Barita chalybea, sous le nom de Calybé , BufF. , pl. enl. 654 , connu dans les systèmes sous les noms de Para disea chalybea Lath. , sp. 10, et Paradisea viridis Gmel.j beaucoup mieux figuré par Le Vaillant que dans aucun autre ouvrage. Patrie , la Nouvelle-Guinée et les îles Papous.

ae. Section . Sans arête et à surface à peu près plane 5 les ailes médiocres, à quatrième ou cinquième rémige la plus longue.

Esp . 2. Cassican anaphone, Barita anaphonesis. Espèce nouvelle, qui sera figurée dans ce recueil. Totalement cendrée-noirâtre $ les seules couvertures du dessous de la queue et le bout des pennes des ailes et de la queue blancs 5 cette dernière à pennes égales. Espèce indiquée par M. Cuvier, Règne anim. , pag. 34o , comme étant caractérisée par une queue étagée. L’individu du Musée de Paris , sur lequel repose cette indication , a toutes les pennes latérales de la queue en pleine mue, ce qui la fait paraître étagée $ ces pennes sont à peu près égales dans l’état parfait. Patrie , la grande terre et les îles de l’Océanie.

Esp. 5. Cassican réveilleur , Barita strepera , sous le nom de Grand Calybé, Vaill., Ois. de Paradis, etc. , pl. 24 ; et Zool. miscell. , vol. 2, tab. 86, aussi figuré dans White, Birds of New Holland $ Coracias strepera Lath., Ind. Orn. , sp. 21. J’ai lieu de croire que la femelle diffère par les couleurs du plumage, et qu’elle n’a pas encore été décrite. Le mâle a un miroir blanc aux rémiges 5 la base des ailes et de la queue est blanche. Les jeunes sont roussâtres en dessous. Patrie , les îles et la terre ferme de l’Océanie.

Esp. 4. Cassican fluteur, Barita tibicen , il n’est pas figuré, mais indiqué exactement sous le nom de Coracias tibicen Lath. , Ind* supp. , vol. 2, sp. 2. Patrie, l’Océanie.

Esp. 5. Cassican varie, Barita varia, sous le seul nom de Cas si'

GENRE CASSICAN.

Can de la Nouvelle- Guinée, BufF, pi. enl. 628 5 Cor acias varia Lath. , Ind., vol. 1, sp. 22. Les jeunes ont toutes les plumes noires de la tête, du cou, du dos et des ailes, terminées par des raies roussatres; toutes les parties blanches sont teintées de grisâtre. Patrie , les îles Philippines et Papous.

Psp. 6. Cassican destructeur, Barita destructor , des planches coloriées 275, le mâle adulte. Patrie , l’Océanie.

Je ne classe point les indications douteuses, très-succinctement indiquées par Latham (1) sous les noms de Corvus pacificus , tropi eus, cyanoleucus et melanoleucus . Des naturalistes moins scrupuleux les placent, sans autre examen, dans ce genre. Il est certain que ces espèces n’existent point dans les collections que j’ai vues.

(0 Nous savons que Latham a décrit un très-grand nombre d’espèces nouvelles de l’Inde et f 6 l0ceame, qui reposent uniquement sur des dessins d’oiseaux.

Prè/re

Cas sic an (n/mnocépha/e- «</«&■.

CASS1CAN GYMNOCÉPHALE.

B A RI T A GYMNOCEPHALA. Temm.

U Adulte. — Planche 670.

Cette acquisition nouvelle en ornithologie ajoute une septième espèce au catalogue du genre Cassican. Les teintes vives et brillantes de ce bel et rare oiseau , la nature toute particulière, en quelque sorte hétérogène, de certaines parties du plumage, la forme massive du bec, et sa tête plus ou moins glabre, contribuent à la singulière apparence qu’il présente au premier coup d’oeil ; mais en l’examinant plus rigoureusement, on voit toutes les formes du bec, des narines, des pieds et des ailes offrir une ressemblance parfaite avec celles des Cassicans réunis dans l’index systématique placé en tête de ce groupe; la forme totale du bec est seulement plus massive et nioins longue que dans les autres espèces inscrites dans ce genre.

Le vieux mâle, dont nous donnons le portrait , a le sommet de la *cte couvert de filamens cartilagineux en lames plus ou moins contournées: ces filamens, très-courts, sont rudes au toucher, et offrent SUr les peaux séchées une teinte jaunâtre qui paraît aussi être celle de la peau parfaitement glabre dont l’orbite des yeux est entouré; ^ lorum est couvert d’un petit pinceau de plumes rouges; on voit

Recueil d’Oiseaux, 97e livraison.

CASSICAN GYMNOCÉPHALE.

sur le méat auditif une ample et grosse touffe en forme de brosse, couvrant toute cette partie ; ses petites pennes sont de nature cartilagineuse, droites, un peu dilatées vers la pointe, pourvues dune rainure médiane, et striées de chaque coté de cette rainure; vues à la loupe, on les prendrait pour une touffe de petits zoophytes : ces brosses sont d’un gris-brun, mais leur base est rouge; tout le devant du cou, les côtés et un large collier cervical sont d’un rougecramoisi très-vif; à la base du cou, vers la région thorachique, se trouvent encore quelques rangées de lames cartilagineuses ; celles-ci ressemblent par leurs formes à de petites plumes à barbes agglomérées. Les parties supérieures du plumage, les ailes, la queue, la poitrine, le ventre et l’abdomen sont d’un noir à reflets d’acier poli, et chaque plume est comme encadrée par un bord velouté; on voit plus ou moins de taches ponceau aux flancs ; les cuisses sont d’un rouge-cramoisi ; les pieds sont jaunâtres, et le bec noir. Longueur, buit pouces.

Les jeunes ont la tête totalement chauve, seulement marquée de points rugueux; le méat auditif est couvert de petites plumes rouges; le ventre marqué de rouge terne et de noir mat, et toutes les autres couleurs sont ternes ou plus ou moins brunâtres.

Cette intéressante espèce a été rapportée de Bornéo, et envoyée au musée des Pays-Bas par M. Diard.

y/üe/'.

( ' as sic an de&triccfeur , màl".

Si

ei

si

ïti

Pi

So

So

CASSICAN DESTRUCTEUR.

B A RI TJ DESTRUCTOR. T

Page 1