‹ Nouveau système d'études philosophiquesChapitre 22 sur 101 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LA CERTITUDE, I*A CKOVAJSCE y Iȉ FOI.

1 . Il est des yérités qiiq nous possédons : il en est que nous pouvons conquérir. Ces vérités ne sont pas , ne pei,ivent pa^ étï^e autrement.que nous ne les connaissons.

Ainsi Dieu sait le secret de mon e:(istence , et je Tignorç ; il en sait le but , et je ne fais que le soup*çonner : il peut faire que je cesse d^étre , comme il ordonne que je coIltin^e d'être; e^ je ne puis ni Tun niTautr^. Mais le fsi^jt m^nie de mon existence actuelle, je le sï^i^, je le possède: comme lui, et il ne peut le détruire s^ps contradiction, loi «vérité, c'est ce qui est : je çuis; donc mon existeoce est une vérité,,miç vérité complète.

. Tous.ies jcayous du'c^ale so^t égaux : les trois angles, d'un- tlÛAUgle sont égftU]^/à deux droits. Ces vérités ^ jf l^s ai trauvâeSi. Nul êir^ dans l'univers ne les sait autres que: je ne. le$ s$^if ;:iiul ne peut les changer. .■»-:'./..•;:..•

Il' serait iacùle 4d pousser plus^oii;! l!ej(plicatîon , en muttipliant les exemples. On doit y recoonattre deux ordres de vérités; les unes de sentiment, les autres de démonstration^ pu, pour pa(r)er mieux, deux moyens de savoir ce qui est , la conscience et la raison.

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La manifestalion de la vérité s'appelle évidence.

Tantôt un simple retour sur soi, un regard inlérieur la découvre tout entière : dans ce cas on la nomme intuilive.

Tantôt il faut l'aller chercher sous les rapports qui l'enveloppent, et la tirer péniblement de sa retraite: alors elle s'appelle déductwe.

Le moyen est différent; le résultat est le même : et ce résultat , c'est la certitude.

La certitude est la conscience de la vérité. *

Nous disons la conscience , parce que les vérités découvertes, une fois acquises, ne se distinguent plus des vérités senties. Elles s'identifient avec nous^ et le doute n'a plus aucune prise sur elles.

Ainsi , il n'y a pas de degrés dans la certitude , parce qu'il n'y en a pas dans la vérité. Une chose est ou n'est pas ; on est certain au on ne l'est pas« Le comparatif du mot certain n'a été inventé que par l'ignorance, le superlatif que par l'orgueil. Il n'y a pas de vérité plus vraie que les autres.

2. Qu'elle est heureuse, l'intelligenoe toujours placée dans cette alternative , savoir par sentiment ^ savoir par étude ! Qu'il est vaste, qu'il est effrayant, l'abîme qui nous sépare d'^le! La liste de nos sentimens est bientôt épuisée; celle des vérités rationnelles, si nous la cherchons dans l'individu, l'est

* Nous rejetons toute autre nomenclature sur cette théorie : ceux qui ont compris nos principes verront faci~ lement pourquoi. Citer d* autres divisions, même pour les^ combattre , ce serait embrouiller notre enseignement*

plus vite encore. Les découvertes humaines ne sont imposantes que quand nous comparons les conquêtes de tous aux travaux d*un seul. Encore c'est dans les rangs Inférieurs qu'on admire : c'est l'enfant , c'est l'homme sauvage, c'est le chévrîer qui s'extasie à l'aspect de nos: sciences. Major è longinquo res^erert" tia. Mais le savant qui, sans s'arrêter- devant le^porlîque du temple, a pénétré les mystères du culte qu'on rend au génie des découvertes , est souvent i-etenu désabusé, s'il n'a pas voulu, comme les hiérophantes, du lieu , abuser le vulgaire. Pour quelques faits gravés sur les colonnes en caractères ineffaçables , combien n'a- 1- il pas lu d'incertitudes et d'erreurs î Que de fois, en croyant saluer la vérité, n'a-t-il vu sur son piédestal que l'audacieuse hypothèse î et que de systèmes grouppés autour de l'idole , comme ces enfans qui se jouent sur la statue colossale du fleuve égyptien \

Nous aimons à nous les représenter, ces êtres su« périeurs que le Créateur a placés dans l'intervalle immense qui nous sépare de l'intelligence infinie. Sans doute ils les possèdent, ils les contemplent en eux, sans \e% chercher autrement que par un coup d'œil, ces secrets que nous poursuivons si péniblement sans les trouver jamaîis. Ce qu'est la pensée , ce qu'est l'étendue , comment s'opère le mouvement dans les corps , la sensation dans les esprits ; comment apparaissent, comment se développent, comr ment s'épuisent la végétation et la vie : quel liei). merveilleux unit et concilie Tomniscience et 1a li?

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berté, rélernelle bonté et réternelle justice : quelle force perpétue la marche des moudes, et les tieut suspendus dans Tespace : et si la matière peut se diviser toujours; et si les nombres ont une fin, l'uni* vers des bornes : et si, de même que sur la terre, où chaque grain de poussière a ses habltans , cette sphère indéfinie , où notre terre n'est qu'un grain de poussière, est partout peuplée de créatures vivantes que pénètre la même lumière, que soutient la même providence : ils le savent, ils le sentent; comme nous sentons nos facultés , nos désirs , nos passions et nos misères : ou si nulle conscience créée ne peut embrasser tant de révélations, ils n'ont besoin que de comparer un moment pour connaître : ils calculent d'un seul jet de leur pensée toutes les lois du monde , comme avec quelques signes nous calculons les quantités. Sublime condition d'existence! seras- tu quelque jour la nôtre? sommes- nous déchus de ce rang, ou appelés à y parvenir? Qu'elle est belle celte idée de Milton , qui représente les anges rebelles discutant sur la prescience, et s'étonnant de ne plus comprendre ce mystère !

Qu'on ne dise pas que ces réfleiions sont des chimères. Il n'est pas de question sans réponse , pas d'ignorance sans une science possible, pas dedoutç sans une vérité qu'il appelle. Les énigmes que nous venons d'indiquer ont leur solution. JNous l'ignorons; mais quelqu'un la sait; le contraire est impossible.

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