DEUXIÈME Partie
celle de runilé. Par conséquent , ce n'est point un système , mais une folie.
Là, point de règle, point de but, CBaque sentiment de crainte ou d'amour, chaque phénomène, régulier ou imprévu , peut enfanter un Dieu, c'està-diréV une volonté supérieure : et comme dans ce monde, tout est différences, tout est contrastes dans les détails, si vous ne pouvez vous élever jusqu'à l'harmonie de l'ensemble , vous allez multiplier indéfiniment les causes. L'homme heureux et l'infortuné ^ le savant et l'idiot, le beau et le difforme, la lumière et l'obscurité, la vie et la nvort, les pensas du crime et celles de la vertu , ne peuvent être le produit du même principe. Les rapports du feu et de l'eau , ceux du ciel et de la terre , ceux de l'agriculture et de la musique, des combats et des amours vous échappent; votre esprit les dédare inconciliables, et vous imaginez un Pluton , un Neptune, un Jupiter, uneCybèle, un Pan, un Apollon, une Vénus, un Mars, de bons et de mauvais génies, sans vous inquiéter de ce que deviendront toutes ces puissances , et laissant à de plus habiles le soin de régler , de concilier tant d'attributions diverses. Cependant ce besoin d'unité , principe de toute science, finit toujours par se faire sentir, et c'est alors que dans l'impossibilité de subordonner toutes ces volontés à une intelligence souveraine , parce que la déclarer souveraine serait établir qu'elle peut se passer des autres, et par conséquent renverser toutes \es croyances, on ne trouve rien de mieux- à imag^inep
a5o philosophie.
qu'une souveraineté stupide , qui gouverne les yeux fermés tout ce peuple de divinités clairvoyantes; absurdité fantasque , qui prouve que le polythéisme ne peut se réduire en système, puisqu'aussitèt qu'il arrive à celte perfection, il s'évanouit.
Laissons donc de c&té ces extravagances , quoique bien des hommes a%nt cru , quoique bien d'autres croient encore pouvoir s'en contenter pour expliquer leur origine et celle de toutes choses. Nous ne der^. vous chercl^er , même dans les erreurs de la raison , que ce qui porte le cachet de cette faculté puissante^ Or, nous ne voyons que trois égaremens possibles^ hors de la route du vrai , que trois systèmes œii mé-. ritent examen et discussion , soit à cause de leur importance, soit à cause de l'influence qu'ils exercèrent sur la pensée de Thomme : le panthéisme ,, la doctrine de l'unité» et celle des atomes.
Nous n'examinerons même pas le dualisme des Mages > reproduit par Ms^nès, malgré le respect qu'on doit avoir pour un système dont Saini-Augustin ne se détacha qu'avec peine. La doctrine des deux principes n'explique ni l'origine de l'homme, ni celle de quoi que ce soit, par la raison suivante.
Ou les deux principies sont d'accord pour créer; et alors il n'y a qu'ua principe.
Ou ils sont en opposition , et alors il vî!j a qu*an principe.
£n eflet, Tun veut créer, l'autre veut que rien ne soit. Si Heu i^'est i le principe créateur est