‹ Nouveau système d'études philosophiquesChapitre 96 sur 101 · DEUXIÈME PARTIE. 45l · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. 45l

frèrea qu'ils devraient éclairer : puis , quand ils en ont fait des étxes stupides , « Voyez , disentrils avec impudence, s'il y a là autre chose que matière à seiv vitude! »

Et pourtant, est-il nne action plus honorable j -un devoir plus sacré que d'attirer son semblable i la hauteur où l'on est parvenu? n'est-ce pas en. quelque jsorte participer au titre de Créateur? Que dirions* nous si au lieu d'élever les sourds-muets au rang d'hox^me et de chrétien , le vénérable abbé do L'Épée les eût attelés à la charme?

Laissons-là des sophismes qui révoltent , et répondons à des objections plus spécieuses.

L'esclavage existe, c!est une triste vérité : Is morale le réprouve : la civilisation moderne doit tendre â le détruire en tous lieux. Mais faut- il sur le cham|^ proclamer la liberté dans les colonies? Ces hommes abrutis, par un crime sans doute, mais enfin abrutis , faut-il leur mettre en main le plus redoutable de tous les droits, quand on ne sait pas en faire usage? Crierez-vous comme ce démagogue : « Périssent les colonies plutôt qu'un principe? »

Non, cent fois non : je n'irai pas dire au gardien de la ménagerie : cr Lâchez ce tigre; sa nature est l'indépendance, sa demeure les forêts. » On ne remédie pas en un jour au mal que des siècles ont produit* Mais adoucissez lesclavage ; faites-en lentement un état de domesticité volontaire ; surtout répandez parmi ceux que vous voulez un jour appeler à là dignité d'homme, les lumières qui la font comprendre,

léà vertus qui la décorent. La tâche est àlséé, le zâoyen tout prêt. Vous avez une religion qui tout eu consacrant lés hiérarcliies sociales, rantorité des lois, celle des supérieurs , la soumission aux puissances, en un mot toutes les inégalités qtiMl a plu au Créateur d'établir entre les hommes, pose cependant en principe l'égalité morale de tous , abaisse toutes lés têtes sous le joug d'une même loi divine, pénètre tous les cœurs de la même foi , les embrase de là même charité, et fait lever tous les regards vers le$ mêmes espérances. Ce qu'aucune sagesse humaine ne tenta^ n'imagina jamais, parce que les faits humains démentaient toujours le principe, la fraternité entre tous les hommes , le christianisme l'a pris pour hase de ses doctrines, de ses préceptes , de ses vertus. Une simple parabole , en expliquant le mot de prochain , a pour jamais aboli l'esclavage.

On peut dire encore , on a dit que la servitude était légitimée par l'intérêt de l'esclave; que , s'il est heureux sous l'autorité d'un maître, c'est un crime à ce dernier de lui donner une liberté dont il ne saura pas faire usage , aux dépens d^une vie qui va se trouver compromise , et qui s'écoulait en paix d^ns l'abondance de toutes choses.

Sans doute ; et nous concevons que dans ce cas , le serf libéré redemande ses chaînes. Mais qui vous a dit de l'assassiner ? On n'échappe pas à un crime par un autre plus grand ; et c'est l'assassiner que lui reti-' rer tout à coup la protection dont il jouissait , pour l'abandonner à lui-même , quand une longue servi*-

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