‹ Nouveau système de déligation chirurgicaleChapitre 20 sur 30 · MÉCANIQUES · texte numérisé non relu

MÉCANIQUES

C’est, en effet, à ce moyen auxiliaire que j’ai dû avoir recours, je ne dirai pas , en désespoir de cause, mais à cause de l’emploi considérable de forces que réclame ce point orthopédique; cet emploi est bien au-dessus de ce qu’on peut prétendre d'un homme ordinaire, surtout s’il s’agit du traitement de plusieurs sujets à la fois.

La presse, dont je me sers à cet usage, réalise,

exactement et sans effort, ce que j'obtiens, péniblement, par les pressions dont je viens de parler. Elle consiste dans une vis, dont l'extrémité peut être coiffée, par une petite plaque mobile et légèrement concave, destinée à appuyer sur les diverses nuances de la convexité scapulo-costale , et à les emboîter. Ce levier , d'un pied et demi environ de longueur, sur deux pouces de diamètre, prend son point d'appui à la hanche , par le moyen d’un large et fort lien semi-circulaire, dont les deux extrémités viennent s'attacher à une petite traverse de deux pieds de longueur. C'est à celle-ci qu'est adapté l'écrou pour le jeu de la vis, et pour régulariser les rapports de cette dernière avec les points qu’elle doit comprimer à l'aide de sa plaque terminale.

Lorsque l’instrument est placé, il suffit de serrer la vis, ou d'en soulever l'extrémité libre, pour presser , à volonté, sur cette plaque, et pour refouler les saillies sur lesquelles elle appuie. Mais, par cette même manœuvre, la hanche, ou plutôt la partie inférieure de l’arc rachidien, se trouve fortement attirée vers la ligne médiane.

Ainsi donc , par la répulsion forcée , d'une part , et par la traction , non moins vive et énergique , mais inverse , d'autre part, je parviens aux deux buts essentiels que j'ai en vue : la rétrocession de la bosse, et celle de la hanche vers la ligne médiane, mais dans une direction opposée.

J’obtiens, en un mot, par l'effet de cet instrument, exactement le même résultat que si j’agis*”

sais sur la convexité avec mes deux mains réunies , tandis qu’avec le genou ou ma hanche, je chercherais à repousser, en sens inverses, la partie inférieure du torse.

J’ai la facilité, en outre, d’arrêter la pression réciproque des deux régions opposées , au degré précis que je désire, en faisant soutenir le bout libre du levier, sur un point fixe et en dehors du sujet que je presse actuellement ; par exemple , sur le dossier d’une chaise. Je dois ajouter, cependant, que cette fixation n’est point absolue, et que l’individu , ainsi pressé des deux côtés, peut, à volonté et par un léger mouvement, modérer ou renforcer l’action de la presse. Il la renfonce et la modère, , en effet, alternativement et successivement, en variant son attitude, et suivant qu’il est plus ou moins i incommodé ou fatigué par cette compression. Il est parfaitement libre à cet égard.

J’oubliais de dire que , pour assurer l’effet de cette : petite machine, en forme de croix, l’individu qui \ doit en supporter l’effet, doit être placé sur une chaise, de manière que son aisselle, du côté con- ■ cave, soit appuyée sur le dossier de la chaise, comme f elle serait passée sur l’épaule de l’opérateur, si i celui-ci devait agir seul et indépendamment de la presse.

Je n’ai pas besoin d’ajouter, qu’à une plus facile j et plus juste application de la dynamique, cette : presse joint encore certaines convenances, et pré- « vient des manœuvres qu’il peut être bon d’éviter. ,

Ainsi, on serait obligé de passer les bras, les mains et le genou sur les régions que comprime la presse, afin d’obtenir les mêmes effets qu’avec celle-ci, sans compter le désagrément, pour l’opérateur et l’opéré, d’être exposés au contact mutuel de leur transpiration.

ARTICLE VIII

Poses et attitudes , dans les déviations vertébro-eostales .

On réussit, assez souvent, à aider ou, du moins, à ne pas gâter l’action de tous les moyens indiqués jusqu’ici , si l’on examine avec attention , quelle est la pose et l’attitude qui présentent le plus d’avantages au sujet en traitement : i° lorsqu’il est assis ou debout ; 20 lorsqu’il se livre à telle ou telle occupation sédentaire; et 3° lorsqu’il est dans le cas de marcher et de faire un exercice quelconque , soit en chambre , soit en plein air.

On observera donc, très - facilement , qu’en appuyant fortement tel ou tel pied, contre un corps résistant, le côté convexe sera rejeté et penché vers la ligne médiane, tandis que l'autre fera saillie en sens inverse. Indiquez donc ce facile accessoire , ou , du moins , faites éviter la pose opposée qui donnerait, infailliblement, des résultats contraires et fâcheux.

J’ai donc recommandé , dans ce but, à une jeune personne, lorsqu’elle écrirait, dessinerait, etc., de se mettre sur un fauteuil dont les bras, au heu

d’être tournés contre la table, seraient parallèles au bord de cette dernière , afin que le côté convexe pût s’appuyer contre l’un des bras du fauteuil, qui ferait , ainsi , l'office de compresseur.

J’ai fait sentir, de même, à un autre individu, combien il lui importait, en dessinant et écrivant, d'avoir le coude du côté concave, soutenu à un certain degré d'élévation, au moyen d'un livre ou d'un corps quelconque rembourré.

Pour remplir les deux indications ci-dessus, j'ai fait ajuster, à une simple chaise et au côté correspondant à la concavité costo-rachidienne , une béquille mobile en tous sens et à crémaillère, laquelle fait exactement l'office de notre béquille axillo-pelvienne, et à laquelle vient se serrer un lien assez large, qui tend à comprimer toute la convexité qui existe de l'autre côté, sans intéresser le côté concave. La mobilité de cette béquille permet tous les mouvemens et toutes les attitudes, , et la crémaillère sert à hausser ou baisser l’épaule, au degré convenable.

J'ai conseillé, également, pour des occupations sédentaires, de tendre, autant que possible, l’extrémité inférieure attenant au côté convexe, et de retirer l'autre à soi.

J'ai pareillement obtenu , d'une jeune demoiselle, lorsqu'elle était de bout, qu'elle se plaçât sur le pied du côté convexe ; qu’elle avançât légèrement l’autre, en laissant pendre le bras, nonchalemment ,

du premier côté, et en plaçant la main de I autre bras , sur son côté correspondant.

On peut , par ces poses diverses, et en donnant quelques directions faciles, obtenir une inclinaison manifeste et favorable, qui se produirait tout différemment , si l'on négligeait d’y regarder de près.

On devra donc régler et établir l’attitude du corps et des extrémités, telle qu'elle doit être, et insister pour qu'elle soit observée avec quelque suite, dans les trois positions d’une personne assise , debout ou en marche .

Dans la promenade à pied, on se trouvera bien d'avoir la main du côté convexe placée sur la hanche correspondante, tandis que l’autre main paraîtra occupée à faire mouvoir et élever une canne, un parasol, un petit sac, etc,, et toujours avec Tintention de déjeter en dedans la saillie spinocostale.

Grâce à faction de la béquille et du compresseur fixe, on peut autoriser, sans aucun inconvénient , la marche, le saut, la course, la danse, la voiture et le cheval même. Le compresseur mobile, serait, d'ailleurs, facilement applicable à une voiture et à un lit d’auberge, s’il s’agissait d’un voyage de long cours.

ARTICLE IX

Exercices variés. — - Gymnastique .

Les résultats des moyens que je viens d’indiquer, sont, en général, plus heureux, plus prompts et plus faciles, lorsqu’en physiologistes judicieux, nous savons faire agir tel ou tel appareil musculaire, et que, par des jeux et des exercices appropriés, nous tirons de fatonie, et nous exerçons, convenablement , certains muscles dont l’équilibre ou l’antagonisme ont été rompus. On a recommandé l’escarpolette , le volant , l'escrime et des exercices gymnastiques de toute espèce.

On ne peut trop applaudir, assurément, à des vues aussi sages, et le médecin ne saurait assez élever sa voix, en faveur de ces moyens préventifs et curatifs , si négligés chez les jeunes personnes d u sexe. Combinés adroitement, ils ont seuls redressé bien des tailles contrefaites, et, sans eux, il est rare qu’on obtienne des résultats durables.

Il est un exercice, à la portée de tout le monde et que je puis recommander: c’est celui avec un bout de bâton , suspendu transversalement à une hauteur proportionnée à la taille de l’individu , et auquel celui ci se pend avec les mains et se balance. Mais ce bâton doit être placé obliquement, de manière à avoir fune de ses extrémités plus haute que l’autre ; et c’est celle qui est plus élevée, qu’il faut faire saisir de la main du côté concave, afin de courber et de

faire saillir da vantage celui-ci , et de ramener Ta titre en sens contraire.

ARTICLE X

Gymnastique clinique.

Lorsque la faiblesse est si grande , qu’il est presque impossible de se livrer, hors du lit, aux exercices corporels ; et lorsque les personnes bossues sont obligées de passer une partie de la journée sur le lit, comment recourir aux mouvemens propres à combattre la cause présumée du mal ; c’est-à-dire, la faiblesse de certains muscles? Gomment mettre en jeu cette action musculaire dont on attend , avec raison , des effets aussi heureux ?

On doit surtout, à Shaw , i idée de l’emploi de la mécanique vivante , comme élément essentiel du traitement des gibbosités. Il a cherché à la mettre à exécution, dès l’année 1821 , surtout après avoir été témoin des beaux résultats dûs aux exercices variés, introduits, en Angleterre, par le capitaine Cl ias , de Berne. Aidé des conseils et de Inexpérience de cet habile et zélé professeur de gymnastique, il a posé les bases d’un des grands moyens de redressement, et en a démontré la facile et heureuse application.

C’est dans ce but aussi, que, déjà en 1829, et dans le Journal des Progrès, Tome XIII, page 170- 181, j’avais indiqué un moyen simple de satisfaire

à cette grande indication : lequel j’ai compris sous le nom de gymnastique clinique .

Les exercices, au lit même des malades, ont ce grand avantage, qu'ils peuvent avoir lieu pendant que les appareils compressifs déploient toute leur action. Car, il faut le dire, c’est au lit que les individus en traitement obtiennent les plus beaux résultats , et, c’est là aussi, comme pour une foule d’affections chirurgicales, de maladies osseuses et articulaires, par exemple, que se trouve la condition sine quà non du succès.

Hors du lit, tout est souvent remis en question, dans certains traitemens des déviations vertébrales. La colonne épinière n’est pas aussi bien soutenue dans la station et la progression ; le poids de la tête l’écrase; de faux mouvemens et des inflexions vi*cieuses , viennent lui imprimer de mauvaises directions; les appareils agissent moins bien , de sorte que tout le temps qui se passe hors du lit, est, non-seulement perdu pour l’effet des agens mécaniques, mais on rétrograde visiblement vers le mal, et on perd une partie du bien qu’on avait péniblement obtenu.

C’est donc un véritable progrès , que celui d’avoir réunis, sur le lit même , tous les moyens propres à développer la force et l’agilité musculaire, et à favoriser les mouvemens les plus variés. Mais ces moyens seront d’autant plus heureux , et à propos, si, lorsqu’ils pourront être mis en jeu, leur action se reporte , presque tout entière, sur l’appareil lui-

même, et s'il renforce, notablement, f énergie des pièces diverses qui la composent.

Essayons de faire ressortir ces propositions, et de donner une idée de l’espèce de gymnastique qu’on peut obtenir à la faveur de mon appareil mobile.

On se rappellera que le bout de la corde à laquelle est attaché le bâton, passe sur une poulie. Or, la personne en traitement, peut, elle-même, en [tirant sur cette corde, se soulever et se bisser plus ou moins ; elle tendra , par là, à se courber en sens inverse de l’état pathologique de sa colonne épinière , et à produire encore une plus forte pression sur le sommet de la plaque.

De cette manière, ce sommet portera tout le poids du corps, et les côtes convexes se trouveront, par conséquent, fortement comprimées par ces élévations successives.

11 y a plus : les tractions sur la corde pourront être vives, fréquentes et saccadées , et leur effet compressif et répulsif, se produira, par là, avec plus davantage encore.

Mais, ne voyez-vous pas, que, pour obtenir ces mêmes effets salutaires, vous avez, en outre, le choix de faire agir les deux mains à la fois, ou Y une plutôt que l’autre, et, par conséquent, les muscles d’une des moitiés du corps seulement , si l’exercice prédominant de ces masses musculaires vous paraît surtout avantageux»

Supposons, maintenant, que fa jeune personne en traitement soit fatiguée, parues mouvemens des

extrémités thoraciques, et qu’elle veuille se reposer: elle sera libre alors, d’arrêter la corde, de manière que son dos soit complètement détaché du lit, et qu’elle se trouve comme sur une balançoire. Il lui sera Facile, dans cet état, d’imprimer tous les mouvemens possibles à cette dernière , en n’agissant qu’avec les extrémités inférieures.

Mais chacun de ces mouvemens sera une espèce de choc , sur-ajouté au poids du corps, et qui va doubler l’effet, déjà considérable, de cette position. Celle-ci , du reste, pourra changer à l’infini et donner lieu à une foule de mouvemens variés et d’inflexions diverses, qu’il sera d’autant plus facile de multiplier et de combiner, qu’on pourra se servir de poulies de renvoi, de mouffles , etc.

En somme, mon compresseur mobile semble fait exprès pour se prêter à toutes les intentions du praticien, et pour réaliser, sur-le-champ, toutes les indications qu’il croira devoir poser.

ïl aura, de plus, cet avantage, qu’on ne craindra pas d’indisposer les malades, en leur recommandant mon moyen énergique : c’est qu’ils se font un véritable jeu de ces exercices bizarres , et, qu’on a plutôt besoin de modérer leur ardeur, que de les exciter à accélérer leur guérison par des procédés dont il leur est donné de connaître, si bien, toute la portée.

Le petit bâton transversal peut servir, d’ailleurs, à remplacer la plupart des exercices qu’on obtient, au moyen d’une foule de machines ingénieuses et très-compliquées, qu’on aperçoit dans les vastes

salles destinées à la gymnastique. Ce luxe de procédés divers qu'on y déploie, aboutit, en dernière analyse, à exercer , diversement , les extrémités supérieures et inférieures, et à provoquer, de leur part, une combinaison d’efforts variés. Eh bien! il n’est aucun de ces efforts que je ne puisse reproduire, au moyen de mon bâton , lorsqu’il est suspendu à une corde.

Figurez-vous, en effet, que le bout libre de cette corde, après avoir passé sur une poulie, tienne en suspension un poids quelconque. N’est-il pas évident, que cette résistance pourra être vaincue de toutes manières , et par des tractions dans tous les sens imaginables? qu’une poulie de renvoi les variera encore? que les pieds pourront y prendre part, au gré de l’orthopédiste, et alternativement avec les bras , et dans telle ou telle position du corps que l’on jugera favorable ?

Mais une considération du premier ordre, tend à faire donner la préférence aux exercices du bâton, sur la plupart de ceux en usage dans les grands établissemens d’orthopédie. C’est que dans presque tous les mouvemens qu’on cherche à y provoquer, les quatre extrémités agissent avec la même vigueur . Les deux membres supérieurs et les inférieurs sont appelés , en effet , à faire les mêmes efforts ; et , certes , cette action , répartie, au même degré de force et sans distinction, sur les quatre extrémités, et sur toutes les masses locomotrices, est, le plus souvent, un grossier contre-sens en orthopédie. Car, en bonne règle, l’un des côtés doit l’emporter, sans cesse,

sur l’autre pour l’exercice , et il faut , constamment, faire prévaloir ce côté là, dans la gymnastique et les jeux.

Or , le bâton , au moyen de l’inclinaison qu’il peut prendre et garder, déterminera, toujours et à volonté, une prédominence partielle de contractions musculaires, dans tous les exercices quels qu’ils soient. Ainsi, par exemple, c’est le côté droit qui est en excès, et c’est le côté gauche qu’on doit chercher à mettre plus particulièrement en jeu , en tout état de cause et aux dépends du côté droit. On y parviendra en plaçant le bâton de telle manière, que celui de ses bouts que doit saisir la main gauche, soit toujours le plus élevé, et que, par conséquent? cette main soit aussi celle qui ait toujours le plus d’efforts à faire, et sur laquelle roule la plus forte besogne. Sans vouloir provoquer de réformes trop radicales, sur ce point, dans les grands instituts orthopédiques, je dois, cependant, appeler l’attention de mes confrères , sur les moyens dont ils font usage , afin de les faire mieux coïncider avec le but qu’ils se proposent.

Il est, du reste , un autre moyen facile de réaliser les bons effets de la gymnastique clinique , soit pour les personnes affectées de gibbosités, soit encore en faveur des individus faibles, convalescens , ou que leurs infirmités forcent de garder le lit.

Un montant est placé au pied du lit, et s’élève de quelques pieds au-dessus de ce dernier. Un trou, ou mieux, une poulie donne passage, dans la partie

supérieure, à une corde. A l’extrémité de cette corde, qui pend derrière le montant, on fixe un petit sac qu’on peut charger plus ou moins pesamment:, et qui tend , constamment , à descendre. La personne , fixée sur le lit, s’occupera à remonter de temps en temps ce sac, en tirant sur l’autre bout de la corde, de la manière que lui prescrira son médecin, et avec l’effort que celui-ci jugera convenable.

C’est ici, en effet, que la coopération d’un homme de l’art, judicieux , est absolument nécessaire; qu’il importe qu’il détermine quels sont les muscles qui doivent être mis particulièrement en action , et comment il faut les exercer.

Voici quels sont les différens exercices qui peuvent avoir lieu sur cette couchette surmontée cl’un montant vertical : Avec les deux mains réunies, ou, alternativement avec l une ou l’autre main , s’il s’agit de fortifier tout l’appareil musculaire . on saisit la corde placée comme il vient d’être dit, et on soulève, en tirant dessus , le sachet plus ou moins pesant qui y est attaché. En lâchant ensuite la corde, le poids redescent brusquement , pour être de nouveau enlevé avec effort, et relâché de même, et ainsi de suite.

S’il n’est question de rappeler la force que d’un côté seulement, l’exercice, dont nous venons de parler, n’a lieu qu’avec la main et le bras de ce même côté là; du côté gauche, par exemple, si la convexité est à droite, et vice-versa . Or, cette

main et ce bras et, par suite, tous les muscles du côté correspondant, qui s’attachent au tronc, sont, diversement, agités mis en jeu, par les mouvemens variés qu’ils exécu tent quand on tire sur cette corde; et je dois dire qu’il en est peu qu’on ne puisse imiter très-bien par ce procédé. Car si, d’un côté, il faut tirer à soi , pour soulever le poids qui pend derrière le montant fixé au pied du lit, d’autre part, en faisant passer ïa même corde derrière la tête, sur une poulie de renvoi , on pourra faire remonter le petit sac, en poussant devant soi .

De ces deux mouvemens de traction et de répulsion , et des efforts qu’ils nécessitent, naissent ainsi des exercices tellement variés, avec les extrémités thoraciques, que l’homme de l’art pourra, faire choix, à volonté 5 de ceux qu’il croira particulièrement convenables et utiles, et les faire exécuter, aussi long-temps et aussi souvent qu’il le jugera nécessaire.

Veut-il, également, mettre en jeu les efforts musculaires des extrémités abdominales , et lui importet-il , par exempte, d’obtenir ceux qui accompagnent la progression et même l’ascension d’une échelle, d’une colline? Il fera ajuster aux pieds ét en forme d’étriers, des cravates qui seront fixées à la co rde qui passe sous la poulie de renvoi; de sorte qu’en étendant et fléchissant, alternativement, les deux cuisses et les deux jambes , et en appuyant des pieds , il sera facile de faire descendre et remonter, alternativement aussi, le pesant sachet; c’est-à-dire,

qu'on pourra exécuter, avec les extrémités inférieures, les mêmes efforts, auxquels on est obligé de se livrer, quand on veut faire une ascension quelconque.

Maintenant, à ces efforts des pieds, des jambes et des cuisses, ajoutez ceux que, simultanément, vous pouvez faire avec les mains et les bras, sur une autre corde à votre disposition , comme pour saisir un point d’appui et vous y accrocher : vous aurez, par ces combinaisons, le complément de tout ce qui nous arrive, quand nous gravissons la montée la plus escarpée.

Il est évident qu’au moyen de ces dispositions assez simples, on peut, dans un lit , imiter l’homme qui scie, celui qui tire, pousse , soulève , marche, monte et gravit. Mais ce qui est ici surtout de la plus haute importance, c’est que tous ces exercices variés se feront toujours avec tel degré de force qu’on croira utile et nécessaire, puisqu’il ne s’agira, en effet, que de modifier, en plus ou en moins, la résistance fixée à la corde, par l’addition ou la soustraction d’une partie du poids des sachets.

Remarquez bien encore, que ces efforts, sur ce montant, sont d’autant plus précieux, qu’ils ont lieu dans une position avantageuse pour l’épine affectée, et sans qu’elle soit fatiguée par le poids de la tête ou des parties superposées à la déviation. Ajoutez enfin, que ces exercices deviennent des espèces de passe-temps, d’occupation, de récréation, de jeux même, qui rompent agréablement la triste mono-

tonie du séjour prolongé sur un lit, et qui sont d’autant plus commodes, qu’on peut les prendre, les laisser, les reprendre et les varier à l’infini, suivant une foule de circonstances qu’il est inutile d’énumérer.

Du reste, on voit encore ici que, fidèle à mon système, j’écris surtout en faveur du grand nombre, et que je m’applique, sans cesse, à ramener mes moyens aux termes les plus simples . Il sera toujours assez facile de les surcharger de ressorts et de poulies : la tendance naturelle de l’homme de l’art, du malade ou de ses parens, pour ce qui s’éloigne de la simplicité, et le besoin qu’ont les ouvriers, en général, de faire briller leurs talens et leur génie inventif, sont d’assez surs garans, qu’ici comme partout, on ne restera pas en arrière en fait de luxe de machines et de moyens ingénieux et très-compliqués.

Je dois le répéter, le mérite essentiel et incontestable de ceux que j’indique, et qui constituent ma gymnastique clinique, c’est d’être simples, faciles à saisir : à la portée des ressources pécuniaires et de l’intelligence de tout le monde; les plus expéditifs et les moins gênans que je connaisse L

1 La gymnastique clinique se recommande , d’ailleurs , tout particulièrement, comme agent soit théi apeutique , soit hygiénique. Aussi l’ai-je conseillée, avec succès, aux convalescens, aux personnes valétudinaires, nerveuses , hypocondriaques ; à tous les sujets délicats , scrofuleux, rachitiques, scorbutiques ; aux gens casaniers par inclination ou besoin; à certains paralyti-

ARTICLE XI

Innocuité, de mes moyens.

Nous avons vu que tous nos liens sont larges et ouatés, d’où il résulte qu’ils blessent rarement, et qu’on s’habitue, bien vite, à leur pression et à l’espèce

ques. Ne pourrait- on pas établir quelques moyens analogues dans les maisons de détention?

Dans les hôpitaux , ils doivent surtout trouver faveur, et principalement dans ceux pour les enfans, où ceux-ci ont tant besoin d’activité , de passe-temps et d’objets de récréation. J’ai introduit ce moyen d’exercice à l’hospice de Lausanne, où l’on a vu un malade perclus de douleurs, regagner ses forces et assouplir ses membres demi-ankylosés , en même temps qu’il a égayé la chambrée, par ses mouvemens grotesques et les lazzi auxquels ils donnaient lieu.

On pourra, sans doute, rendre mon appareil pour les malades plus élégant, plus compliqué et plus recherché; mais je ne le conseille pas, et je ne vois pas trop ce qu’on y gagnerait. Des trous à une planche ou à un montant, qui donnent passage aux cordes et qui font l’office de poulies, n’ont pas l’inconvénient de faire du bruit comme ces dernières , et les sacs de toile , en glissant le long de la planche, sont également inaperçus, et sont, sous ce rapport, préférables à des poids métalliques qu’on accrocherait aux cordes , et dont le frottement serait incommode et bruyant; il faudrait, au moins, rembourrer les montans. Je le répète , c’est par son extrême simplicité et sa facile application que je désire que mon moyen se distingue. Il peut ainsi s’adapter sur le plus triste grabat, comme sur la couche somptueuse préparée par la mollesse, et permettre au pauvre et au riche de soutenir leurs forces musculaires, et d’en acquérir

de gêne qu’ils occasionent dans le début. On peut éviter, d’ailleurs, toute irritation , en les desserrant, au besoin ; en variant la pression , et en interposant de petits matelas ouatés, là où ils seront jugés nécessaires pour protéger les parties.

Les frictions spiritueuses, dont j’ai parlé, viennent encore fort à propos, pour durcir les tégumens et détruire leur sensibilité , quand elle a été momentanément exaltée.

Du reste, il est facile de voir qu’aucun de ces liens ne peut blesser les seins, et que le bassin n’est comprimé que d’un côté, et JAMAIS circulairement et de manière à le déformer.

Quant à la poitrine, on peut dire que le gilet ne presse pas davantage que le corset ordinaire des femmes; que son action n’est point circulaire , comme celle de ce dernier; que le côté concave ne la perçoit point , puisque la béquille axillo-pelvienne le protège; que la compression n’atteint guère que la moitié de cette cavité; qu’elle peut donc, en quelque sorte, être assimilée à une simple pression

même, tout en leur donnant les moyens d’un travail et d’un jeu propre à faire diversion aux circonstances où ils se trouvent.

Comme hygiénique proprement dit, et pouvant être utile aux personnes actuellement bien portantes, mon nouveau système se recommande encore d’une manière avantageuse.

On pourra en faire usage, partout : dans un jardin, comme dans un salon ; dans un cabinet de travail, et même au coin du feu; debout, assis ou couche , etc., suivant les circonstances, les besoins ou les caprices de chacun.

semi-circulaire , et bornée, presque à la partie convexe et antérieure du thorax.

Cette dernière proposition ou estimation ressort de ce que la saillie de la bosse , sur laquelle passe le lien, protège toute la région dorsale, tout comme la béquille soulage ce qui concerne la région latérale. Aussi tous les mouvemens et tous les exercices restent faciles, malgré la présence de ces divers moyens contentifs.

D'ailleurs, à chaque instant, de jour comme de nuit, la personne, elle-même, peut modérer leur action et la faire disparaître complètement. Il suffira* pour obtenir ce dernier résultat, dès qu’on le croira nécessaire ou simplement utile , d’adapter, à la partie antérieure du gilet, quelques attaches pareilles à celles du second dos et qui le serrent par derrière. Les unes seront, en quelque sorte, les régulatrices des autres; et leur action pourra se modifier réciproquement , de manière qu’en serrant ou relâchant celles qui sont par devant, on relâchera et serrera celles qui agissent par derrière, et vice- ver s a .

ARTICLE XL

Simplicité de mes moyens , et facilité qiiils ont d'étre mis à

la portée de tout le monde .

Tous les hommes de l’art qui ont pris la peine de visiter les établissemens orthopédiques les plus célèbres , et de chercher à se rendre raison du jeu

des machines de tous genres qu’on y entasse, seront frappés de la simplicité de mes appareils; et j’aime à croire qu’ils voudront bien leur accorder , aussi , ce qui ne s’allie guère qu’avec la simplicité : une plus grande énergie et une utilité plus générale.

Pour mettre mes confrères à même de mieux juger de mon travail actuel et de son application facile, je vais passer en revue mes divers moyens, en les plaçant, successivement, dans l’ordre où ils doivent être appliqués , lors d’un pansement ordinaire.

Le sujet en traitement est déshabillé, dans ce qui concerne la région postérieure et latérale du thorax , et on a eu soin de recouvrir, préalablement, tout le reste du corps ? suivant les exigences delà température actuelle, et d’après les règles qu’imposent la pudeur et les convenances. On vient de faire disparaître toutes les pièces d’appareils, de sorte que les saillies osseuses se trouvent maintenant à découvert.

La personne est assise ou debout ; le bras du côté concave soutenu sur le dossier de la chaise ou sur l’épaule de l’opérateur. Celui-ci porte une main sous Faisselle du côté convexe, et l’appuie suffisamment, tandis que , de l’autre main , il procède aux pressions , massages et frictions, pendant le temps et avec la force convenables.

Le gilet est ensuite réappliqué sur la chemise, et avec la différence que réclament, à ce sujet, les deux modes de compression que j’ai indiqués, et suivant qu'on veut faire immédiatement usage de

l’un ou de l’autre des compresseurs connus. Dans les deux suppositions, on réitérera, en masse , de nouvelles pressions, qui auront pour but d’asseoir, mieux encore, les diverses pièces de compression et de constriction.

Si les bras , les mains et le genou ne suffisent pas, pour cette opération subsidiaire, on fera jouer la presse mécanique sur tous les points qu’on veut assouplir et faire céder encore, et aussi long-temps qu’on le jugera à propos.

Comme cette forte pression a , ordinairement, un effet marqué, et que ce résultat avantageux se manifeste par un léger relâchement des liens, on resserrera ceux-ci avec le jugement et la prudence nécessaires. C’est, du moins, la conduite qu’il faudra tenir, si l’on a recours au compresseur fixe.

Mais, si c’est au compresseur mobile qu’on veut confier la suite de l’opération de redressement, on placera l’individu sous la corde de suspension, et l’on y adaptera l’appareil que j’ai décrit, et dont on connaît le jeu facile. On le dirigera à volonté, en indiquant la pose sur le dos ou sur le côté , suivant qu’on aura à repousser, de préférence, la partie postérieure, ou celle plus ou moins latérale de la convexité thoracique.

On le voit, d’ailleurs, l’appareil sera exactement le même, soit qu’il s’agisse d’abandonner la compression ultérieure à l’agent fixe ou au mobile; mais avec cette différence essentielle, que si le compresseur fixe doit être en action permanente, les

liens seront strictement serrés; tandis qu’ils ne seront que modérément appuyés, si l’on veut faire usage du compresseur mobile.

On conçoit, sans peine, la raison de cette différence ; mais si l’on avait quelque doute sur l’utilité delà présence d’un appareil complet , lors qu’il ne serait question que de faire agir le compresseur mobile, je dois rappeler que je tiens, comme à un précepte de rigueur , que, dans aucun cas, le thorax ne soit sans un soutien permanent, et qu’il faut donc, toujours, être en mesure de recourir à ce soutien, chaque fois que, pour des besoins, naturels ou imprévus, des leçons, des repas, etc., le sujet en traitement devra quitter momentanément le compresseur mobile.

Or, dans toutes ces suppositions , on s’empressera de serrer tous les liens du compresseur fixe, afin que l’absence d’appui, même instantanée, ne gâte rien au bénéfice obtenu; et qu’en rentrant sous la corde de suspension, on n’ait rien perdu de l’effet produit par l’influence de ta compression mobile. Il va sans dire, qu’on relâchera ces mêmes liens, aussitôt qu’on recourra, de nouveau , à ce dernier mode de compression.

C’est dans ces circonstances qu’on pourra apprécier l’avantage des quelques liens placés sur Je devant du gilet, puisque leur constriction seule équivaudra à celle des liens du second dos, et mettra, ainsi, tout individu intelligent en demeure de les serrer, par précaution , quand il devra quitter la

corde verticale, et de les desserrer, immédiatement, après qu’il se sera remis sous l’action énergique de ce même moyen.

Il est clair, qu’on ne tiendrait pas une conduite moins prudente , s’il était question de la fracture d’un membre. Or, le redressement d’une déviation spino-costale exige, exactement, avons-nous dit, les mêmes procédés, les mêmes précautions, que les solutions de continuité des os des extrémités, si, du moins, l’on est jaloux d’obtenir des résultats prompts, heureux et sûrs.

On voit, au surplus, que je ne veux négliger aucun des moyens propres à mieux arriver au but, pourvu qu’ils puissent se concilier avec le principe que j’ai établi pour le redressement mécanique des arcs costo-rachidiens anormaux. On remarquera, en effet, que je suis constamment resté fidèle à ce principe, d’agir, simultanément et contrairement, sur les extrémités de ces arcs d’un côté, et sur leur centre de l’autre. Car il est assez indifférent, pour l’effet, d’attirer les unes et de repousser l’autre, comme je l’indique au sujet du lit, ou de repousser les premières et d’attirer le second, ainsi que je le fais au moyen de la béquille.

L’essentiel sera, toujours, d’éviter le système irrationnel des tractions opposées sur la tête et le bassin, ou, ce qui est la même chose, sur les bouts de la courbure spinale. On renoncera d’autant plus volontiers à ce mode fâcheux, peu énergique et excessivement compliqué et difficile à manier, qu’on

aura à sa disposition, aujourd’hui, des moyens entièrement différens, et bien propres à abréger beaucoup une médication , jusqu’ici aussi longue que pénible et coûteuse.

Tout praticien intelligent sera donc à même, maintenant, de saisir le mécanisme simple de ces moyens, et d’en faire une judicieuse application. Et comme le mal n’est pas un de ceux où les indications varient rapidement , où les changemens dans l’appareil soient fréquens , et où la réapplication de ce dernier offre de grandes difficultés, on pourra s’en rapporter encore aux soins d’une personne intelligente, étrangère à l’art de guérir, et qu’il suffira de diriger, de loin en loin , après qu’elle aura été suffisamment éclairée. La cause du mal, ses effets, ceux qu’on veut obtenir de l’appareil , la manière d’agir de ce dernier, les procédés à suivre, et les détails que réclament les pansemens de tous les jours : tels sont les objets sur lesquels doivent rouler les explications.

Ce sont, du reste et le plus souvent, des jeunes filles , qui sont affectées de déviations spino-costales , et les convenances exigent que des mamans, des femmes de chambre, des personnes du sexe, en un mot, soient chargées des détails déligatoires de chaque jour. Eli es s’acquittent, en général, mieux que les hommes , de ces soins minutieux de toilette ; elles en suivent les effets sans peine, et n’ont guère besoin que d’une surveillance, à des intervalles plus ou moins longs, pour être maintenues dans la bonne

voie, et pour faire et recevoir des observations convenables, afin qu’on avise aux changemens à apporter à quelques pièces de l’appareil, s’il y a lieu.

Les femmes sont plus propres que nous à ces petits soins : ce sont des objets de leur ressort, et elles s’en acquittent si bien, qu’on peut les leur confier en toute sécurité. Ii m’est arrivé, assez souvent, d’avoir été des semaines et des mois même, sans revoir des jeunes personnes , ainsi soignées et abandonnées. Mais si, le plus souvent, je n’avais que des éloges à distribuer, malgré ce défaut de surveillance > j’ai eu lieu , dans quelques circonstances , de regretter vivement l’absence de mes conseils et de V œil du maître. L’éloignement des sujets affectés; fopinion avantageuse qu’avaient de leurs talens, les mères ou les gouvernantes; leur déplorable négligence , ou le contentement qu’elles éprouvaient pour des résultats obtenus et jugés sufïisans ; voilà une partie des causes qui m’ont fait gémir, et que je dois signaler aux hommes de l’art, afin qu’ils les évitent, s ils le -peuvent .

Nous devons, d’ailleurs, abandonner aux dames, tous les détails de toilette propres à masquer ou à atténuer l’aspect que présente une jeune personne qui est en licitement, et qu’on voudrait produire dans le monde. On pourra y avoir égard, dans la confection de la béquille et de ses diverses pièces; on se relâchera , momentanément , pour un bal, une soirée, de la rigueur des constrictions et de l’élévation de l’épaule , par la béquille. On aura une plaque

plus légère et moins saillante; on permettra d’innocens remplissages, sur quelques endroits suffisamment protégés; d’ailleurs, on s’en rapportera à l’art de la tailleuse en dames , pourvu qu’il soit bien dirigé , etc.

J’ai été l’heureux témoin du bonheur qu’éprouva une demoiselle, âgée de 19 ans, d’avoir pu , enfin , , se parer avec une certaine robe. C’était là le terme 3 de son ambition , et, grâce à quelques petits ma- f néges , elle a été pleinement satisfaite. En partageant I l’extrême contentement de M1Ie G.* j’ai eu l’avan- • tage encore d’apprendre ce qu’est, en termes de l’art, une robe lisse.

Il n’a été question, jusqu’ici, que des gibbosités latérales; mais s’il s’agit d’une déviation postérieure, les mêmes principes seront applicables, et avec bien plus de facilité : position, massages, pression , compression , tout sera exécuté avec les seules réserves apportées par la différence de région.

La presse est cependant inadmissible, et je lui substitue un cylindre plus ou moins volumineux ou élevé, sur lequel se couchent et se roulent, plusieurs fois par jour, les sujets en traitement I. Ce

1 On conçoit aisément, qu’un pareil rouleau auraitégalement une très-grande efficacité dans les déviations latérales. En y plaçant, directement sur le côté convexe, les jeunes personnes contrefaites, et en leur recommandant des mouvemens de va et vient , dans cette position et avec la tête inclinée en bas , il est clair qu’on aura , par là , un moyen très-énergique de compression locale. (Voyez , du reste , les figures et leurs explications où se trouve un compresseur nouveau, le dorso bisaxillaire.)

moyen suffît , assez souvent, pour assouplir et repousser en avant la saillie spinale. Le compresseur mobile n’a, d’ailleurs, rien de particulier; et le fixe prend son point d’appui sur les deux moignons de l’épaule, au moyen de liens larges et ouatés, placés, à peu près, dans le genre du 8 de chiffre des auteurs.

Si la déviation occupe les vertèbres cervicales, la tête se présente dans une mauvaise position. II est, assez souvent , possible de la ramener ou de corriger cette défectuosité , en agissant avec prudence sur le front, le menton ou les tempes, et en prenant son point d’appui sur le thorax, au moyen d’une tige métallique. Les massages que l’on connaît, les attitudes qu’on fait prendre et garder, les efforts variés qu’on engage à faire et à soutenir, contribuent, puissamment, à d’heureux changemens , lorsqu ils sont encore possibles.

Ces derniers mots s’appliquent, du reste, à toutes les affections en général, et à celles des os en particulier. Il est bien clair, en effet, qu’ici comme ailleurs, des bornes sont imposées à la volonté et à la puissance de l’artiste ; et que là où il y a ankylosé complète, amalgame de plusieurs vertèbres entre elles, destruction du corps de quelques autres, etc., il faut savoir se résigner. Or, ces circonstances se rencontrent trop souvent; et, si elles attestent les heureux efforts de la nature, contre un mal grave antérieur, elles nous commandent aussi les plus

grandes réserves pour ne pas donner lieu à sa reproduction.

Dans les déviations des côtes, où celles-ci, au lieu de se présenter sous la forme, plus ou moins régulière, d’un segment de cercle, affectent celle d’angles plus ou moins aigus et presque tranchons, du côté de la bosse; lorsque les côtes, vis-à-vis, sont, en même temps, droites ou même concaves, et que, pour surcroît de malheur, les vertèbres déviées figurent, elles-mêmes, une incurvation angulaire, il semble qu’il y a bien peu de choses à espérer. Le cas est, en effet, très-difficile et embarrassant, C’était, cependant, celui de la jeune demoiselle à la robe lisse! Mais où trouver encore une pareille force de volonté, un caractère si prononcé et une résignation à tant d’épreuves? Elle voulait remettre sa taille absolument et à tout prix , et elle ne se plaignait que de ce qu’on ne faisait pas agir la presse, assez souvent et avec assez de violence. Guérir ou mourir , telle était sa devise; et il lui est même échappé de s’écrier un jour : Guérir , et puis . mourir !

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