‹ Nouveau système de déligation chirurgicaleChapitre 23 sur 30 · DES MEMBRES ARTIFICIELS EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES MEMBRES ARTIFICIELS EN GÉNÉRAL

Les membres artificiels simples, pourront subir aussi quelques - unes des modifications qu'offre le fil de fer, pour la confection de pièces pareilles; et il me suffirait presque d'appeler, sur ce point, l'attention des praticiens, pour qu'ils entrevissent, de suite y tout le parti avantageux qu'ils tireraient de ce mode de faire. Cependant, passons ces moyens rapidement en revue, ne fût-ce que pour mettre, sur la voie, les chirurgiens, les fabricans et les malades, eux-mêmes, qui voudraient s'occuper de ces objets.

La base d’un pareil membre, s’il s'agit d'une jambe ou d’une cuisse, sera ou un simple bâton en bois ou en fer , ou bien une imitation plus ou moins ingénieuse d'un membre naturel. Mais, dans l'un comme dans l’autre cas, il ne pourra être question, ici, que du mode le plus facile, le plus simple et le plus commode de bien loger le moignon de la jambe ou de la cuisse , après la perte de ces parties, et de manière à rendre la station et la marche plus fermes et moins pénibles.

Si j ’en juge par ce que j'ai éprouvé, moi-même, et par l'ignorance où sont la plupart des hommes de Fart , lorsqu'il s'agit de conseils à donner pour rétablissement d'une jambe de bois convenable, je doute que les données suivantes soient mal ac~ cueillies , et qu'elles deviennent inutiles, même aux plus habiles artistes.

On est d’accord , pour les cuisses artificielles , par exemple, que le principe qui doit prévaloir dans leur confection, c’est de faire appuyer, non sur l’extrémité du moignon, mais sur l’ischion, afin de procurer, par là, à l’individu, l’avantage d’être comme assis sur son membre artificiel.

Dans ce but, on aura, d’abord, une pièce de bois, en forme d’attelle, et qui s’étendra, depuis le sol ou le niveau du pied, jusqu’aux environs de la hanche, et à la hauteur qu’on croira convenable. La partie inférieure de cette attelle , sera figurée comme un pivot, ou autrement, et la supérieure admettra , d’une manière quelconque, une ceinture qui devra la fixer à sa place.

Maintenant, pour recevoir et bien loger le moignon , on l’emboîtera dans une cage ou carcasse métallique, formée comme suit: Ce sera, d’abord, un cercle assez fort, calqué sur le volume de la partie supérieure de la cuisse, en ayant soin, toutefois, qu’il soit assez développé pour permettre au membre d’y entrer, lors que, plus tard, cette ouverture circulaire sera suffisamment garnie et, par conséquent, rétrécie. Cet anneau métallique

devra être solidement assujetti à Pat telle ; et, pour qu’il y tienne mieux encore, on dirigera, de son pourtour, un certain nombre de fils qui viendront tous se réunir au même montant en bois, après qu'on leur aura fait prendre une forme en rapport avec celle du moignon.

La réunion de ces tracés nous donnera donc un cône creux, toujours très-facile à garnir bien, et à modifier sans peine, suivant que le membre aura plus ou moins de développement; qu’il devra être soutenu, appuyé, protégé ou ménagé dans tel ou tel point; en un mot, suivant toutes les exigences de r ampute.

Je n’en dirai pas davantage, et je me réfère, pour le reste, aux principes que j’ai établis, précédemment, et aux directions que j’ai données pour garnir mes pessaires et mes gouttières.

Je n’ai pas besoin d’ajouter que, pour cet objet, comme pour quelques autres qui peuvent paraître compliqués, le chirurgien fera bien de tracer, en présence de l’ouvrier et avec du fil de fer souple, les diverses pièces de cette carcasse, et de mouler celleci sur les parties mêmes qu’elle doit emboîter. Il sera sûr, de cette manière, d‘être bien compris et de se conformer, d’ailleurs et bien exactement, aux désirs et aux besoins de l’individu que cela concerne.

Quant aux bras artificiels, il ne peut être question , ici , que du moyen d’assujettir, aux moignons, les pièces mécaniques que le génie de l’artiste adaptera à chaque cas particulier ; et, je crois qu’on par-

viendra, toujours mieux à ce but, en se servant du fil de fer d’une manière intelligente, ne fût-ce que pour tracer exactement le modèle de ce qui doit être exécuté .

Si je suis sans observation ni expérience, sur ce sujet, je puis, du moins, entrevoir, que le génie des artistes saura apporter , à cette partie de la prothèse chirurgicale, bien des améliorations, en faisant usage du fil d’acier; car, en profitant de l’extrême facilité qu on a de le mouler exactement, on lui donnera, en suite, par la trempe et l’élasticité , plusieurs des avantages qu’on est jaloux de procurer aux membres artificiels pour en assimiler le jeu , le mieux possible, à celui des membres naturels

1 A l’occasion du fil de fer , je crois devoir dire encore, que M. le Prof. Chavannes, dont le nom est cher à la science zoologique , et que j’ai eu l’avantage de citer à la page 142 du premier volume, vient , aujourd’hui , 12, octobre, d’empailler un stercoraire, auquel il a su donner une pose remarquable, et, en quelque sorte, une véritable vie, avec quelques bouts de fil métallique, seulement. Au moyen de ceux-ci , il a soulevé et dirigé les ailes , à volonté et avec la plus grande aisance; et il a pu, à chaque instant, dessiner l’attitude et l’expression qu’il tenait à donner à cet oiseau , en fléchissant et remaniant le métal, très-légèrement et toujours au gré de ses désirs. Après avoir ainsi obtenu tout ce qu’il voulait, il a laissé les tissus prendre de la consistance, en se desséchant; et dès que ce but sera atteint, il enlèvera ou coupera les petits fils.

CHAPITKE XII.

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