FAMILLE ARGENT
Premier ordre. Argentum , argent natif, avec toutes ses variétés.
Second ordre . Sulfuretum argenti, argent sulfuré.
Première espèce , Bisulphuretum argenti , argent sulfuré. La formule chimique de sa composition est A g -f- 2 S.
Deuxième espèce , Sulphuretum argenti , stihii etferri , Sprôd-glanzertz , analysé par Klaproth, Beytr. 1 , 166.
Argent . . . . • 66.5. \
Antimoine f . . io.o. f contenant Fer ...... 5.0. ( soufre
Soufre . i2.o. J
Cuivre , arsenic et mat. pierreuse . « i-5.
Perte .... . . 5.0»
Si la perte indiquée dans cette analyse est supposée être entièrement de soufre , elle donnera 17 pour cent de cette substance, lorsque les métaux n’en demandent que i6,5o. Klaproth a obtenu par l’eau régale 1 3 pour cent d’oxide d’antimoine. Cet oxide a été séché , mais non chauffé jusqu’au rouge , et Klaproth l’a jugé équivalent à 10 parties d’oxide d’antimoine chauffé à rouge ; mais cet oxide, d’après mes expériences, contient de l’eau et de l’acide muriatique , et il ne peut être évalué à plus de 9 parties environ. Ce mi-
néral semble être plutôt un mélange qu’une com* binaison chimique de sulfure d’argent , d’antimoine et de fer.
Troisième espèce , Sulphuretum argenti et stibii cum oxido stibico , mine d’argent rouge , analyse' par Klaproth, Beytr. I, i55.
Argent. » 62.0.
Antimoine 18. 5.
Soufre. . n. o.
Acide suif ur. 8.5.
i prenant cPoxigène en > degrés proportionnels \ d’oxidation
Aucun chimiste 11e supposera que l’acide sulfurique ait été trouvé dans ce minéral. Klaproth ne pensait pas non plus que l’oxygène appartînt au soufre. Proust a découvert depuis que le sulfure d’antimoine a la propriété , dont ne jouissent point les autres sulfures, de se combiner chimiquement avec l’oxide d’antimoine , et que le crocus d’antimoine est cette combinaison qui, par la fusion, peut être, dans la plupart des proportions, mêlée tant avec l’oxide qu’avec le sulfure d’antimoine , et avec les sulfures d’autres métaux moins combustibles que l’antimoine. La couleur du minéral donne à connaître qu’il contient une combinaison qui ressemble au crocus d’antimoine. Si cette combinaison , comme j’ai cru m’en apercevoir dans une expérience faite à la hâte sur un beau crocus d’antimoine cristallisé, est formée de deux molécules de sulfure d’anti-
minéralogique.
moine avec une molécule d’oxide d’antimoine , = 2 Sb S3 H- Sb O3 , alors deux tiers de l’antimoine contenu dans le minéral seront combinés avec du soufre , et un tiers avec l’oxigène. Mais 62 parties d’argent prennent 9,176 parties de soufre , et 12, 334 parties d’antimoine (| de 18, 5) en prennent exactement la moitié , c’est-à-dire 4, 588 parties. La composition de ce minéral peut donc être exprimée ainsi : Sb 03-i- 2 SbS3 64-Ag S2 et en nombres :
Argent . . 62.00. Sulfure d’argent . . . 71.176. 6, Antimoine ï8.5g. Sulfure d’antimoine . 16.^22. 2. Soufre o . 13.76. Protoxide d’antimoine 7.217. 1.
Oxigène . 1.1 5.
Ce qui , pour ce qui concerne même le soufre, coïncide avec les résultats obtenus par Klaproth,
. . ' ; ' 4- <■ : ' V yÿ ..... ■ ... / , "/ . ; f, /
T, / •oisieme ordre, Stibiures ou Àntimoniures.
On sait que l’antimoine a deux oxides jouissant de propriétés acides; il s’ensuit que, comme l’arsenic, le tellure et le soufre, il peut, dans son état non oxidé , remplir la fonction d’une substance électro-négative , par rapport à d’autres métaux , comme par exemple l’argent et le plomb. L’avenir pourrait d’ailleurs faire découvrir encore un plus grand nombre de stibiures.
5o NOUVEAU SYSTÈME
Quatrième espèce, Stibietum biargenti, argent antimonial, analysé par Klaproth, Beytr. t. III, p. 175.
Argent . .77. ) prenant oxigène en degrés C 5.798. 2. 77.
Antimoine 23. ) proportion d’oxidation \ 2.85o. 1. 23.
L’analyse donne donc ce stibiure exactement à la formule Sb ■+* 2 Ag.
Cinquième espèce , Stibietum triargenli , argent antimonié , silber-spiesglans , Klaproth , Beytr. t. II , p. 3oi.
Argent . . 84- \ prenant oxigène en degrés C 6.2 3. 82.8.
Antimoine 16. 3 proportionnels d’oxidation l 2.0 1. 17.6.
L’analyse s'éloigne donc très-peu du calcul fondé sur trois molécules d’argent etune molécule d’antimoine ; il n’y aurait probablement pas de différence du tout, si, dans la méthode d’analyse, l’argent n’avait pas été précipité par du cuivre , ce qui le rend un peu cuivré. La formule de la composition de ce stibiure sera Sb -f- 3 Ag.
Quatrième ordre, Tellures.
Première espèce , Biteliuretum argenticum setellurètum auri , or graphique, analysé par Klaproth, B. III, p. 20.
Tellure 60. prenant d’oxigène en C i4*8 20 61. 38.
Or. . 3o. > degrés proportionnels < 2.4 3 28.89.
Argent 10. 3 d’oxidation ( 0.74 ï 10,28.
'MINERALOGIQUE. 5l
La proportion d’or dans cette analyse paraît être échue de 2 p. 100 trop haut. Le minéral est. par conséquent, en supposant l’analyse d’ailleurs exacte, Comme l’indique la formule suivante = Ag Te2 — J-* 3 Au Te6.
La disposition de For à prendre six volumes de tellure , paraît tenir à la propriété de ce métal de se combiner de préférence avec trois volumes d’oxigène, de soufre, et même de tellure dans sa combinaison ordinaire avec ce dernier métal. Ici cette quantité se trouve doublée.
Deuxième espèce , Bitelluretam argenti, avec bitelluretum plumbi , et trilelluretum auri , W eisserz, Gelberz, analysé par Klaproth, B. III,
Tellure « . . .
Oxigène j
Or .
en degr.
Plomb .
proport. .
Argent, . . . .
Trace die soufre-
d’oxidat. (
En considérant ces nombres , on trouve que la quantité d’argent est à-peu-près d’un pour cent trop faible. Mais lorsqu’on voit que dans l’analyse de Klaproth , deux tiers de la quantité d’argent obtenu sont résultés par la fusion avec le carbonate de potasse, d’une masse granulaire de quartz , qui faisait douze fois le poids de l’argent , on ne doit pas être surpris que toute la
quantité d’argent n’ait pas été complètement extraite, pour donner l’exactitude la plus rigoureuse dans la proportion de ce métal pour le résultat. En écartant une légère erreur dans la proportion de l’argent , ce minéral se trouvera contenir une molécule d’argent, deux de plomb, trois d’or, et quinze de tellure; et par conséquent , il sera, comme je l’ai démontré dans un Essai publié il y a long-temps (Mém. de l’acad. des Sciences de Stockholm, i8i3, second semestre, et Journal de Schweigger, novembre 1812) , composé de manière que si les métaux étaient oxigénés au degré nécessaire, on en obtiendrait des tellurates neutres. La formule de la composition de ce minéral est donc Ag Te2 -+- 2 Pb Te2 -f- 3 Au Te3.
Cinquième ordre , Aurures.
Première espèce , Biauretum argenti , elec~ trum, analysé par Klaproth , B. IV, p. 3.
Or o . 64. \ oxigène en degrés pro- Ç 5.12.2 64.68.
Argent 36. $ portionnels d’oxidation \ 2.66,1 35.12,
La formule est par conséquent A g’ -f- 2 Au.
Deuxième espèce, Aüret. biargenti, argent aurifère, analysé par Fordyce, Phil. trans. , 1776 , pag. 523.
Argent 72. \ oxigène en degrés pro- C 2.32.2 j4.
Qv , ' t 28. ) portionnels d’oxidation \ 2*24.1 26,
La proportion d’argent dans cette analyse est devenue un peu trop forte. Mais comme l’analyse a été faite à une époque où la chimie n’avait pas encore tous les moyens de parvenir à la précision qu’elle a maintenant , il ne faut pas en être étonné. Ce minéral paraît dans tous les cas être =s 2 Ag + Au.
Sixième ordre , Hydrargyrures.
Première espèce , Bihydrargyretum argenti, amagalme native , analysée par Klaproth , B. I , pag. i83.
Mercure 6/J. 7 oxigène eu degrés pro- C 5, 12. 2 65.32,
Argent 36. y portionnels d’oxidation 1 2.66.1 34.68.
La formule sera donc Ag 2 Hg.
Septième ordre, Carbonates.
Première espèce , Carbonas argenticus ( sli » bio-carbonas argenticus ) , argent carbonaté , analysé par Selb. Aikins, Diction., P. II, p. 2q5.
Argent 72,5; acide carbon». 12,0; oxide d'antimoine i5,5.
Déjà la circonstance que l’argent est ici sous forme métallique , et qu’il n’y a pas de perte indiquée , semble annoncer qu’on ne peut avoir une grande confiance en ce résultat. L’acide carbonique , tel qu’il est indiqué , contient proba-
blement l’oxigène de l’argent. Dans ce cas, le résultat de l’analyse est tel que ce minerai peut être considéré comme un sel double avec deux acides, et l’argent partagé également entre l’acide carbonique et l’oxide d’antimoine ; la composition du minéral serait de Ag O3 -p 2 GO2 avec Ag O2 Sb CK.
Ceci n’est dit que pour provoquer l’attention sur la possibilité d’une composition pareille du minéral, si, parla suite , il devait encore y en avoir assez pour une analyse exacte.
Huitième ordre, Muriates.
Espèce unique , Marias argenticus , argent corné.
La formule est Ag O2 -p- 2 M O2.
Famille Fer.
Premier ordre , Fer natif.
Première espèce , Fer datif, selon Klaproth T mêlé avec un peu de plomb et de cuivre.
Deuxième espèce, Fer météorique, mêlé avec du nickel.
Deuxième ordre , Sulfures.
Première espèce , Quadrisulphuretum fer ri 7 pyrite = Fe -p- 4
MINERALOGIQUE, 55
Deuxième espèce, Bisulphuretum ferri , pyrite magnétique = Fe -+• 2 S.
Troisième espèce , Bisulphuretum ferri , avec sulphurelum cupri , cuivre pyriteux de Hitterdal en Norwège , analysé par Klaproth , B. Il , pag. 281.
Fer . . . . * f7-5.
Cuivre . . * . 69.5. >
Soufre et perte 23.0. )
oxigene degr. prop d’oxidation
en }
ion 3