‹ Nouveau système de minéralogieChapitre 3 sur 50 · DU NOUVEAU · texte numérisé non relu

DU NOUVEAU

Le premier système minéralogique fut inventé par le besoin qu’avaient les amateurs de ranger leurs collections dans un certain ordre. L’invention de ce système eut lieu à une époque où l’on ne connaissait encore la composition d’aucun minéral, ou du moins de très-peu, et; ne put avoir par conséquent pour base qu’un principe très-arbitraire. A mesure que les connaissances scientifiques se répandirent, on chercha à mettre les notions minéralogiques au niveau du progrès général des sciences. Linné essaya de ranger la nature inorganique d’après une classification analogue à celle qu’il appliquait avec tant de succès et de gloire aux productions de la nature organique. Wallérius et Gronstedt commencèrent à sentir l’influence que la chimie devait avoir dans l’établissement d’un vrai système minéralogique, et depuis que la chimie dans

a NOUVEAU SYSTÈME

les derniers temps a augmenté avec un succès si étonnant ses prétentions à être regardée commè une science , on sent ce'tte influence au point que les deux écoles dominantes , à l’époque actuelle en minéralogie , celle de Haüy et celle de Werner, reconnaissent l’une et l’autre, quoique avec des modifications différentes, la part qui revient à la chimie dans la création d’un système minéralogique.

La minéralogie , dans l’acception ordinaire du mot , est la connaissance des combinaisons non organiques entre les éléments , telles Jqu’on les trouve produites par la nature dans ou sur notre globe, ainsi que des formes différentes, et des divers mélanges étrangers avec lesquels ces, corps se présentent.

La connaissance des combinaisons elles-mêmes, leur composition et leurs qualités chimiques sont indiquées par la chimie , de manière que la minéralogie considérée sous un rapport scientifique , ne peut jamais être regardée que comme une partie ou appendice de la chimie.

La chimie, considérée comme une science entièrement accomplie, doit nous donner la connaissance des éléments , de toutes les combinaisons qui sont possibles entre eux , ainsi que de toutes les formes sous lesquelles ces combinainaisons peuvent se manifester.

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$i nous nous représentons cette chimie accomplie , traitée d’après un ordre systématique , elle doit non-seulement décrire les combinaisons que nos recherches ont trouvé avoir été produites par la nature , mais aussi nous faire connaître toutes celles qui, dans la suite, pourront être découvertes comme telles, de même que celles qui à la vérité sont possibles , mais qui ne pourront jamais être rencontrées comme minéraux. Il faut que cette chimie , accomplie au sujet de chaque composition, indique si elle se présente comme minéral, et , en ce cas » quelles sont les formes variées sous lesquelles elle peut se présenter , les ingrédients étrangers qui ont coutume d’altérer sa pureté , c’est-à-dire qui peuvent s’y mêler mécaniquement, etc. ; de «aanière que le domaine de la chimie accomplie comprendrait, outre nos laboratoires, le grand et admirable atelier de la nature.

Figurons-nous maintenant une partie , une branche , ou une espèce d’extrait de cette chimie accomplie , renfermant tout ce qui concerne les compositions que l’on trouve fossiles ; ce sera là la minéralogie accomplie.

Il est hors des bornes du pouvoir de l’espèce humaine de donner à quelque science que ce soit le caractère de la perfection : si un tel résultat était possible, toutes, les sciences fini-

raient par se fondre dans une seule. D’ailleurs la quantité de connaissances qu’un seul individu parvient à acquérir est si bornée, que, d’un côté, l’état imparfait des sciences , et, de l’autre , la nécessité de les répartir de manière que du moins l’espèce humaine entière puisse avoir en tout l’instruction générale à laquelle chaque individu ne saurait atteindre, nous forcent à traiter sous la forme de sciences particulières des objets qui appartiennent à la même branche de connaissances. Par un effet’de cette circonstance , la minéralogie sera probablement toujours traitée comme une science particulière ; mais il est clair qu’elle doit marcher du même pas avec la chimie , et. que chaque révolution dans les doctrines de celle-ci doit changer les doctrines de la minéralogie , de même qu’il est clair aussi que les découvertes dans le domaine proprement dit de la minéralogie , doivent servir à étendre les deux sciences.

Si néanmoins la minéralogie considérée en elle -même n’est qu’une partie de la chimie , il est clair qu’elle ne peut avoir d’autre base scientifique de classification que la base chimique , et que toute autre lui est étrangère lorsqu’on l’envisage comme science. La théorie et la disposition dominantes à telle ou telle époque dans la chimie, doivent par conséquent dominer égale-

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ment dans celles de la minéralogie , et si jusqu’à ce moment il n’en a pas été entièrement ainsi , il faut l’attribuer , d’un côté , au long retard du perfectionnement de la chimie , et de l’autre , à ce que ceux qui ont inventé des systèmes minéralogiques n’avaient pas préalablement pénétré avec la meme ardeur et la même perspicacité dans le système chimique , et n’ont par conséquent pas aperçu la liaison nécessaire des deux genres de connaissances.

Mais on a souvent , dans des entretiens sur le mérite respectif des écoles de Haüy etde Werner, demandé aux partisans du premier : Le minéralogiste aura-t-il donc toujours besoin de l’analyse du chimiste pour examiner un minéral ? Cette question fera toujours distinguer le collecteur de pierres du minéralogiste. Le premier ne cherche que des noms pour les minéraux, tandis que l’autre a besoin de connaître leur nature.

On réussit moins en minéralogie à faciliter l’examen des minéraux par l’arrangement d’après les caractères extérieurs, que dans l’histoire de la nature organique. Dans celle-ci règne une composition absolument semblable , avec la plus, grande dissemblance dans les formes , lesquelles déterminent les caractères des corps organisés ( ou animés ).

Dans la nature morte domine au contraire une ressemblance générale dans les formes , avec de grandes variétés dans la composition. Les caractères des corps dépendent à la vérité entièrement de leur composition intérieure tant qualitative que quantitative , de manière qu’une différence dans la dernière en entraîne toujours une dans la première ; mais la chimie n’est pas encore assez avancée pour qu’elle puisse de l’une conclure à l’autre. Une classification minéralogique , fondée sur les caractères extérieurs et faciles à observer, est très-commode pour celui qui étudie la minéralogie sans le secours d’un maître plus expérimenté , ou d’une collection considérable , et qui a souvent besoin de chercher péniblement les noms de minéraux qui lui sont inconnus; Mais cette classification ne forme point un système scientifique , où la commodité n’entre jamais pour rien comme principe , et qui demande la plus grande exactitude que peut comporter le progrès de la science. C’est un grand avantage que de pouvoir allier l’exactitude et la commodité ; mais lorsque cela ne se peut , la première ne doit pas être sacrifiée à l’autre. Si donc l’arrangement scientifique de la minéralogie ne permet pas le plus grand degré de facilité dans l’examen des minéraux , un système uniquement basé sur celle-ci ne saurait pré-

tendre à autre chose qu’à être placé poiir la commodité , après le vrai système , commè une table à la fin d’un livre.

Par l’influence de l’électricité sur la théorie de la chimie^ cette science a subi une révolution, et les points de vue qu’elle embrasse ont été étendus et rectifiés d’une manière plus importante pour l’ensemble qu’il n’était jamais arrivé auparavant ni par la doctrine de Stahl , ni par celle de Lavoisier. L’influence de la théorie électro-chimique s’étend même à la minéralogie , dont elle doit servir à développer les doctrines aussi bien que celles de la science mère , quoiqu’on ne soit point parvenu jusqu’ici à faire aucun essai de l’application de cette théorie à la minéralogie.

C’est par la théorie électro-chimique qu’on a appris à chercher dans les corps composés les ingrédients ou parties constituantes ayant les qualités électro-chimiques opposées ; et cette théorie nous a fait connaître de plus que les combinaisons sont liées avec une force proportionnée au degré d’opposition qui existe dans la nature électro-chimique des ingrédients. Il résulte de là , que dans chaque corps composé, il se trouve un ou plusieurs ingrédients électro-positifs , ainsi qu’un ou plusieurs qui sont

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