‹ Nouveau système de minéralogieChapitre 4 sur 50 · H NOUVEAU SYSTÈME · texte numérisé non relu

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électro-négatifs (i) ; ce qui veut dire, lorsque la composition consisté en oxides , qu’à chaque corps qui, dans la composition, constitue ce que nous appelons une base , doit répondre un autre corps qui joue le rôle d’un acide, quand même ce dernier, dans son état isolé , n’aurait pas les caractères généraux qui distinguent les acides forts , c’est-à-dire , quand même il n’aurait pas le goût acide , et qu’il ne réagirait pas sur les couleurs végétales comme feraient d’autres acides. ,Un corps qui, dans tel cas, est électro-négatif relativement à un autre plus fortement électro-positif, c’est-à-dire , qui est un acide relativement à une base plus forte, peut, dans tel autre cas, être électro-positif relativement à un corps plus fortement électro-négatif , c’est-à-dire , peut se combiner comme base avec un acide plus fort. Ainsi , par exemple , dans la combinaison de

(i) Je dois avertir ici une fois pour toutes, que des re'flexions postérieures m’ont engagé à faire ce changement dans les dénominations , dont j’ai déjà dit quelque chose dans mon Essai sur la Nomenclature et sur le Système électro-chimique. {Journal de physique, anhée l8ii, octobre; Mëm. de Vacad . des sciences de Stockholm , 1812 9 part. I.) Par électro-positifs, on doit donc entendre ici des corps inflammables et des bases salifiables ; et par éîeclronégaüfs, l’oxygène et les acides qui se portent au pôle positif de la pile.

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deux acides, l’acide plus faible sert de base à l’acide plus fort.

Toute combinaison de deux ou plusieurs oxides a donc la nature d’un sel , c’est-à-dire , qu’il a son acide et sa base , desquels, lorsqu’on se représente la combinaison décomposée par la pile , le premier se portera vers le pôle positif, et l’autre vers le pôle négatif. Ainsi dans chaque minéral composé de corps oxidés , qu’il soit de nature terreuse ou saline évidemment reconnue , nous devons rechercher les ingrédients tant électro-négatifs qu’élec tro-positifs, et après avoir trouvé la nature et la quantité de ceux-ci , l’application critique de la théorie chimique nous dira ce qu’est le minéral dont il s’agit.

La combinaison la plus ordinaire d’oxides parmi les minéraux , est celle qui en contient trois , dont deux servent de base et le troisième d’acide , et moins fréquemment deux acides et une base , ressemblant aux deux classes des doubles sels , que nous connaissons par la chimie. Il n’est pas rare qu’il y ait même trois ou quatre bases pour un acide ; mais il est trèsrare que l’on trouve une combinaison chimique de deux bases, étant unie chacune à un acide différent : si, dans ces combinaisons, on suppose une soustraction de l’oxygène qu’elles contiennent , il en résulte des combinaisons analogues

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entre les radicaux inflammables ; et lorsqu’ aucun de ceux-ci ne possède une très- forte affinité pour l’oxigène, comme par exemple le fer, le plomb , l’argent , l’antimoine , l’arsenic et le soufre , il arrive très-souvent que la nature produit la combinaison, tantôt inflammable, tantôt oxidée.

Si maintenant, avec ces idées théoriques, nous passons en revue les productions du règne minéral, quelle lumière il en jaillit au premier coup d’œil sur les masses formées de différents métaux unis entre eux ou avec le soufre, ou de diverses terres et d’oxides métalliques! L’ordre paraît dans ce chaos apparent , et la minéralogie devient une science. Nous découvrons aussitôt une grande classe de minéraux, dont la nature, semblable aux sels , avait été pressentie quelquefois par les chimistes, mais sans qu’ils eussent fait d’autre usage de ces pressentiments. Cette classe est formée par les minéraux dans lesquels la silice prend la place de l’acide , et renferme des variétés nombreuses de sels simples , doubles , triples et quadruples, à différents degrés de neutralité, ou avec excès d’acides ou de base. De la même manière on découvre des classes moins étendues , où l’oxide de titane, celui de tantale et plusieurs, autres oxides métalliques non regardés jusqu’ici comme des acides , jouent le rôle d’acides

de manière que toute l’immense série des minéraux terreux peut être classée d’après les mêmes principes que les sels.

Le résultat de ces réflexions naturelles et simples me paraît pouvoir devenir le pas^le plus important que la minéralogie ait jamais fait vers son perfectionnement comme science.

Pendant les cinq dernières années, la chimie a reçu d’un autre cô té un développement plus élevé, par la doctrine des proportions chimiques , qui doit donner à la minéralogie la même certitude mathématique , si je puis parler ainsi , qu’elle donne et qu’elle a déjà donnée en partie à la chimie. Personne, en raisonnant conséquemment, ne pourra se représenter que les lois chimiques qui se sont déjà confirmées dans nos laboratoires par des expériences variées, ne soient également applicables dans le grand ensemble de l’univers. C’est la même nature qui agit par-tout , ce sont les mêmes lois qui règlent ses opérations , soit, qu’elles soient dirigées quelquefois par le travail de l’homme vers un certain but , soit qu’elles soient déterminées dans le sein de la terre parle libre cours de circonstances variées à l’infini. Si donc l’analyse chimique de beaucoup de minéraux n’a pas justifié jusqu’ici l’application des proportions chimiques à la minéralogie, la cause ne peut en être attribuée au défaut d’exactitude de l’appli-

tion deslois, mais à l’imperfection de nos moyens; imperfection qui , en dépit de nos plus grands soins, succombe à des difficultés que nous apercevons quelquefois , mais qui aussi échappent souvent à notre attention ; cependant nous ne manquons pas d’un grand nombre d’analyses , dont le résultat s’accorde parfaitement avec les proportions chimiques , ou qui s’en approchent de si près, que les différences peuvent avec raison n’être regardées que comme des erreurs d’observation difficiles à éviter.

J’essaierai principalement ici de diriger l’attention des lecteurs vers les circonstances qui contribuent le plus à empêcher de saisir les proportions chimiques en minéralogie , parce que je crois qu’il n’est pas impossible qu’en observant toutes ces circonstances avec le soin nécessaire , on ne parvienne enfin au point que chaque analyse conduite avec réflexion donne un résultat concordant avec les proportions chimiques.

I) La première de ces circonstances estle défaut de précision dans l’analyse , défaut qui se rencontre quelquefois même dans les ouvrages de nos plus grands maîtres. Celui qui jette un coup d’œil sur la moins difficile des analyses, celle des sels et la différence des résultats qu’elle a donnés , avant que la doctrine des proportions

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chimiques fût établie , et fit sentir la nécessité de recourir aux expédients auparavant non employés , pour acquérir le plus haut degré de certitude , ne trouvera assurément pas étonnant que l’analyse des diverses productions minérales composées n’ait pas pu atteindre une plus grande certitude de résultats. Si nous comparons par exemple les analyses que nos plus grands chimistes ont données du sulfate de baryte , ou du muriate d’argent, ou du phosphate de plomb, et d’autres substances dont il est à présumer qu’elles ont été soumises à l’analyse dans le même degré de pureté , nous trouvons que les résultats de ces analyses s’éloignent beaucoup non-seulement l’une de l’autre , mais aussi des proportions que nous regardons maintenant comme exactes. Si la même chose avait lieu relativement à beaucoup d’analyses minérales dont nous ne pouvons au surplus être certains qu’elles ont été faites sur des minéraux chimiquement identifiques , on ne saurait en tirer aucune conclusion contre l’exactitude de l’application des proportions chimiques à la minéralogie. Le premier obstacle se trouve par conséquent dans la difficulté de faire une analyse minéralogique , de manière que le résultat réponde entièrement aux justes proportions. C’est cependant le moins difficile à écarter.

II) Un obstacle plus imp ortant, c’est la difficulté,, pour ne pas dire l’impossibilité , de jamais obtenir dans le règne minéral une combinaison pure et dégagée d’ingrédients étrangers accidentellement mêlés dans sa masse en molécules non appréciables ; c’est ce que l’on saisira encore plus clairement en jetant un coup d’œil sur la formation des minéraux. Nous les rencontrons ou cristallisés , c’est-à-dire , ayant passé d’une forme liquide à un état solide lentement et régulièrement , ou ayant été séparés rapidement, et n’ayant formé que des grains cristallisés , comme par exemple le marbre de Carrare , le îépidolithe d’Utoe , ou enfin ayant été précipités du fluide qui les contenait , sans prendre de forme cristallisée. Ges précipités se sont ensuite endurcis et réunis en masses fréquemment composées de combinaisons différentes, et souvent entremêlées de cristaux qui se sont formés en même temps. 11 est clair d’après cela que lès masses de pierres formées de précipités durcis , ne peuvent donner par aucune analyse des résultats coïncidants avec les proportions chimiques, excepté quelquefois peut-être dans les cas où de pareils précipités ne contiendraient accidentellement qu’une seule combinaison, ce dont il ne manque pas d’exemple. Mais la doctrine des proportions chimiques appliquée à l’a-

naïyse de ces minéraux , nous fera connaître de quel différent mélange de combinaisons la masse amorphe est composée.

D’un autre côté , nous pouvons attendre des résultats plus satisfaisants de l’analyse des minéraux régulièrement cristallisés , quoiqu’il arrive rarement qu’un cristal, quelque régulier et transparent qu’il soit, ne contienne pas quelque ingrédient étranger. Qu’il nous soit permis unmoment de suivre un raisonnement qui, par la comparaison des expériences de nos laboratoires , sur les dissolutions des sels, nous conduise à ce qui, dans des circonstances analogues, peut avoir eu lieu dans le sein de la terre (i). Nous

(i) Cet exemple est principalement tiré des solutions dans l’eau, quoiqu’il soit également applicable aux autres liquides mélangés cristallisants. L’opinion que les minéraux ont été produits par l’action d’une température très-élevée, et d’un refroidissement subséquent , n’a pas encore perdu tous ses partisans, quoiqu’un simple cristal décrépitant ÿ une simple pétrification soit une preuve incontestable pour tous ceux qui peuvent sentir ce qui est prouvé par leur existence. 11 est vrai, d’un autre coté, que l’on trouve souvent des cristaux qui, en conformité de ce qui a été admis jusqu’ici théoriquement, ne peuvent avoir été dissous dans l’eau, par exemple, les sulfures et les arséniures métalliques» Mais il faut se rappeler que dans les dissolutions qui ont; eu lieu sous la surface de la terre, il y a un agent dont nous ne pourrons jamais disposer de la même manière dans nos

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