‹ Nouveau système de minéralogieChapitre 46 sur 50 · ro · texte numérisé non relu

ro

L’art produit sans difficulté le carbonate vert. Dans une analyse que j’en ai faite , je l’ai trouvé composé de 7 1.7 p. d’oxide de cuivre; de 19.73p. d’acide carbonique, et de 8.57 p. d’eau; mais je

n’ai pu produire le cai'bonate bleu. En examinant ce qu’avait déjà fait Pelletier sur ce sujet, j’ai trouvé que toutes ses préparations n’ont été que l’hydrate de cuivre , combiné avec d’autres substances, en général alcalines, qui l’ont empêché de se décomposer aussi vite que quand il est isolé. Dans mes expériences, je trouvai que l’alumine , la silice , la colle forte , l’albumine, etc. , précipitées avec l’hydrate de cuivre, lui communique la propriété de ne pas noircit par l’exposition à l’air. Ces observations m’ont fait naître l’idée que la couleur bleue de ce minéral, qui est entièrement celle de l’hydrate de l’oxide de cuivre , pouvait fort bien être due à une combinaison de l’hydrate avec le carbonate en forme d’un sel double à unique base, dans lequel la base était partagée entre l’acide carbonique et l'eau , tous les deux étant considérés comme substances électro-négatives , pour ne pas dire acides. 24 à 2S p. d’acide carbonique absorbent, pour former le carbonate neutre (Cu O), précisément deux tiers de l’oxide de cuivre, et le tiers qui en reste forme l’hydrate avec l’eau. Ces vues s’accordent bien avec les analyses précitées , et le résultat calculé d’après cette idée ,

c’est-à-dire d’après la formule Cu Aq2 -J-Cu C2 , donne :

MINERALOGIQUE.

Oxide de enivre 69.18»

Acide carbonique 25.6o.

Eau . 8.27.

Quelque temps après la publication de mon mémoire , un chimiste anglais très-habile , M. Philips, qui ignorait les idées que j’avais émises sur cette combinaison, reprit l’examen du produit de la nature, ainsi que de celui de l’art, connu sous le nom de cendres bleues , et que l’on dit être préparé par un procédé secret, auquel on soumet des dissolutions de nitrate de cuivre , obtenu du départ de l’or par la voie humide. 11 les trouva composés de la manière suivante (1) :

Oxide de cuivre 69.08.

Acide carbonique 25.76.

Eau . 5.46.

Cependant il ne se forma point la même idée sur la nature de la substance en question. Comme il peut y avoir plusieurs manières de se représenter la nature de ce composé , je vais exposer ici les rasons qui m’ont déterminé à choisir celle que j’ai indiquée dans le texte. J’ai considéré le carbonate vert comme un sous-carbonate avec eau

de cristallisation (Cu C-hAq.), puisque tous les sous-sels de l’oxide de cuivre ont cette couleur, et contiennent tous de l’eau. D’un autre côté, je

(1) Journal of (lie royal instit., IV, 276.

considère le carbonate bleu comme étant la combinaison de l’hydrate avec le carbonate neutre de l’oxide de cuivre , parce que la plupart des sels neutres de cette base sont, bleus , et que par conséquent la couleur bleue intense de l’hydrate n’en peut être gâtée. On peut me répondre qu’un tel genre de combinaison est nouveau , et que nous n’en connaissons aucun autre exemple. Quoique cela en soi-même ne prouve rien pour le contraire, je puis ajouter que nous ne manquons point d’autres exemples dans lesquels le carbonate de magnésie , appelé magnesia alba, et le carbonate de zinc artificiel , sont déjà connus. J’ai donné les résultats de mon examen de ces substances, dans un mémoire sur les combinaisons qui dépendent des affinités faibles, Afhandl. i Fysik , etc., t. VI, p. 5. Je crois donc, d’après cela, pouvoir considérer comme établi, que le carbonate bleu est la combinaison de deux atomes du carbonate neutre avec un atome de l’hydrate de l’oxide de cuivre.

(16) Cuivre hydraté.

Cette substance , appelée par les Allemands kieselmalachit , n’a pas encore été suffisamment examinée. Elle contient de l’oxide de cuivre et de l’eau, mais certainement elle ne doit point être

regardée comme ün hydrate pur de l’oxide. Il arrive fort souvent qu’une partie est entremêlée d’une silice calcédonienne , tandis que l’autre partie en est presque dépourvue. Elle donne quelquefois des huiles de gaz acide carbonique, et quelquefois elle n’en donne'point du tout. Il paraît qu’elle contient une combinaison d’oxide de cuivre avec une substance électro-négative quelconque, probablement la silice , et quelquefois aussi l’acide carbonique , entremêlés de silice en proportions variées. Un morceau très-pur que M. de Bournon m’en a donné, m’a fourni de l’eau, de l’oxide de cuivre et de la silice gélatineuse , d’où je conclus que la formule tirée de l’analyse de M. John, représente probablement

bien sa composition à l’état de pureté.

(17) Cuivre arséniaté.

M. de Bournon a distingué jusqu’à cinq espèces différentes de cuivre arséniaté, qui ont été analysées par M. Ghenevix , et quelques-unes par M. Vauquelin. Les analyses des diverses espèces, et même celles des varié tés sont si différentes, qu’il serait nécessaire de soumettre cette matière à de nouvelles recherches. M. Haüy ayant examiné les mesures de M. de Bournon, n’a point eu des résultats assez décisifs pour prononcer

en dernier ressort; mais il a considéré comme un exemple à présent inouï, celui d’une combinaison qui offre cinq points d’équilibre essentiellement distincts les uns des autres. Cependant , comme on peut croire que l’acide arsenique est susceptible de former un sel neutre avec Foxide de cuivre , et deux ou même trois sels avec excès de base, et comme il serait fort possible que quelques-uns des cuivres arséniatés continssent de l’acide arsenieux, ce nombre de combinaisons différentes ne présente rien d’étonnant , d’autant plus qu’un des arséniatés analysés paraît avoir été un arséniate double de cuivre et de fer. Ainsi il ne faut rien décider sur la nature de ces différentes espèces d’arséniate de cuivre, avant d’en avoir examiné de nouveau la composition.

(18) Coh ait gris. Cobalt arsenical.

M. Stromeijer vient de publier un mémoire sur la composition du cobalt gris et du cobalt arsenical de Riegelsdorff , qui nous donne des renseignements importants sur la nature de ces substances. Il a trouvé que le cobalt gris de Skutterud , en Norwége , est composé de

Arsenic 43-47 Cobalt 33.io i Fer. 3.23 0ude Soufre 20. 08

sulfure ds cobalt 49-^9pyrite jaune . . 7.0 3.

arsenic .... 4^*4^*

En reprenant l’examen du cobalt gris de Tunaberg , en Suède, il y a trouvé la même composition. Klaproth a fait son analyse de ce dernier, dans l’idée que le cobalt gris ne contient point de soufre, et le soufre lui est échappé. Le résultat que M. Stromeijer a tiré de son analyse , ne me paraît pas s’accorder avec ce que nous savons des affinités de ces substances. L’arsenic ayant une grande affinité pour le soufre et pour le cobalt, on ne peut croire qu’il soit resté libre de toute union avec ces deux corps , lorsqu’on réfléchit au contact intime qui a dû exister entre ces trois corps, au moment où ils se sont réunis pour former une masse cristallisée homogène. Il me paraît bien plus probable que l’arsenic a du partager le cobalt avec le soufre , et qu’en conséquence le cobalt gris doit être considéré comme une combinaison analogue au mispickel (le fer arsenical), lequel, d’après ce que nous verrons plus bas, est formé d’un atome de bi-arseniure de fer et d’un de bi-sulfure de fer. En admettant que la petite quantité de fer trouvée par M. Stromeijer n’est point essentielle à la Constitution du cobalt gris , et qu’elle doit y être dans le même état de combinaison que le cobalt, c’est-à-dire à l’état de mispickel ,1a quantité de ce dernier fera 8.9 p. 100, et il renfermera 3.8 p. d’arsenic et 1 .9 p. de soufre; il en reste pour le cobalt gris 33. i

p. de cobalt, 39.67 p. d’arsenic et 18. 18. p. de soufre. Or ces nombres représentent un atome de cobalt , un d’arsenic et deux de soufre , ce qui revient exactement à la composition du mispickel. Le cobalt sera partagé égal ement entre Je soufre et l’arsenic, et la quantité des deux corps électronégatifs sera justement celle qu’il faudrait pour donner des sels avec excès d’acide dans le cas d’oxidation des radicaux. En admettant cela , le cobalt gris sera composé de

Cobalt 35.49*

Arsenic 4^* 2 •

Soufre 19.33.

Dans les gi.i p. de cobalt gris, qui restent après la soustraction des 8.9 p. de mispickel, il aurait dû y avoir cobalt 32.4, arsenic 4i*25 , et soufre 17.16, différences du résultat trouvé qui n’excèdent point les limites ordinaires de l’inexactitude souvent inévitable dans nos observations.

Le cobalt arsenical de Kiegelsdorff a donné :

Arsenic 74.22 arseniure de cobalt 51.70.

cobalt 20. 3ï arseniure de fer . 9-17.

Fer . . 3.42 ou pyrite de fer . . 1.55.

Soufre 0.89 sulfure de cuivre • 0.20.

Cuivre 0.16 arsenic . • • . . 36.88*

13 est évident que dans cette mine on ne peut considérer le cobalt et le fer comme étant dans le

même état de combinaison où ils se trouvent dans le cobalt gris, puisqu’elle ne contient point de soufre; et si l’on fait abstraction du soufre et du cuivre, on voit qu’elle est composée d’arseniure de cobalt mêlé avec un peu d’arseniure de fer, qui paraît ne lui appartenir que comme un ingrédient accidentel. Le cobalt et l’arsenic sont très-près dans le rapport d’un atome à trois ; mais comme le fer a aussi absorbé sa quantité d’arsenic , cela change les rapports, et tout bien pesé , le cobalt arsenical examiné , paraît avoir été composé de Co As2 mêlé avecFe As2, et avec de l’arsenic , qui se rencontre d’ailleurs fort souvent disséminé visiblement dans les mines de cobalt.

Le cobalt arsenical gris noirâtre , analysé 'par M. Laugier, s’accorde fort bien avec la formule Co As-j-Fe. As, qui vient d’être citée dans la table , et il paraît qu’il est un arseniure double de ces deux métaux. Pour la variété blanche argentine , il est évident, d’après l’analyse du même savant , qu’elle n’est autre chose qu’un mélange du précédent arseniure double avec du mispickel , et peut-être aussi avec un peu de cobalt gris, qui lui communique une couleur plus pâle.

(19) Zinc calamine.

Nous devons la connaissance de la composi-

tion , tant des carbonates que du silicate de l’oxide de zinc , à un excellent travail de M. Smithson , inséré dans les Transact. phil., ï8o3. Il y donne la composition du silicate de la manière suivante :

Silice . . 25.0»

Oxide de zinc 68.3,

Eau . • • • 4.2.

Perte ... 2.5.

Comme l’oxigène de la base y est 1 3.4) et celui de la silice 12.57 , on voit que ces deux substances en doivent contenir une quantité égale. Mais la quantité d’eau trouvée ne s’accorde point également bien avec les deux autres ; et comme le changement de transparence des cristaux de la calamine par la perte de l’eau , indique qu’ils contiennent de l’eau combinée , j’en entrepris un nouvel examen pour déterminer ce point. Je me suis servi des cristaux d’une calamine qui vient du pays de Limbourg.

2 gr. 646 de calamine cristallisée, chauffés dans un petit appareil pour recueillir l’eau , construit de manière que les gaz développés pendant l’opération peuvent sortir par un tube , remplis de muriate de chaux , et pesés avec l’appareil, donnèrent o gr. 198 d’eau pure , et o gr. oo3 d’acide carbonique); chauffés ensuite dans un creuset de platine , ils perdirent encore ogr. 009

Cette perte était de l’acide carbonique , car la calamine introduite dans une éprouvette remplie d’acide muriatique et renversée sur du mercure , donnait un peu de gaz acide carbonique, et la silice gélatineuse qui resta, en prit une apparence écumeuse.

D’après cette expérience, la calamine contient 7.46 p. cent d’eau et o. 4$ p. cent d’acide carbonique. 1

ioo p. de calamine chauffées au ropge, ont été décomposées par de l’acide sulfurique étendu d’un peu d’eau, et la masse gélatineuse a été évaporée jusqu’à faire volatiliser la plus grande partie de l’excès de l’acide ; reprise par l’eau elle a laissé 26. 73 p. de silice non dissoute. Le liquide précipité à chaud , par du carbonate de soude, a donné du carbonate de zinc, qui, décomposé par le feu, a laissé 78. 17 p. d’oxide de zinc : l’oxide a été redissous par l’acide muriatique. Le muriate, évaporé à siccité et repris par l’eau , a laissé encore o.3 p. de silice non dissoute.

Dans cette solution neutre , on versa de l’ammoniaque jusqu’à ce que l’oxide précipité se fût redissous. L’ammoniaque laissa une masse blanche et floconneuse, qui pesait o.3 p., et qui, examinée au chalumeau , se réduisit à un globule métallique, dans lequel l’acide nitrique découvrit la présence du plomb et de l’étain. En retranchant

o.3 p. de silice et o.3 p. d’oxide de'plomb et d’étain des 73.17 p. d’oxide de zinc, il en reste 72.57 p. pour l’oxide pur, qui cependant, dissous et traité avec du gaz hydrogène sulfuré , donna encore des traces d’étain , mais en trop petite quantité pour qu’on pût le peser.

La calamine a donc donné :

Silice ..... 24.893

Oxide de zinc . 66.887.

Eau . 7 .460.

Acide carbonique o.45o.

Oxides de plomb

et d’étain . « 0.276.

Si les 0.45 p. d’acide carbonique ont été combinées avec l’oxide de zinc, en forme de carbonate terreux (c’est-à-dire Zn Aq6-+-3 Zn G) , elles correspondent à 2.2 p. d’oxide de zinc et à o.4o p. d’eau. Les 64-6 p., d’oxide de zinc qui restent , et qui ont été combinées avec la silice , contiennent 12.83 p. d’oxigène , la silice en contient 12. 5i p. et l’eau 6.275; de manière que celle-ci contient la moitié moins d’oxigène que l’oxide de zinc : la composition de la calamine sera

donc représentée par Zn3 Si2 -4- 3 Aq. , ou par 2 ZnS-\-Aq . La composition calculée d’après cette formule est :

Silice . . . 26.28.

Oxide de ziuc 66.87.

Eau . . * • 7,4°*

(20). Les pyrites .

M. Stromeijer vient de publier dans les Annales de physique de M. Gilbert ( nouvelle série, t. XVIII, p. 189), un examen de la pyrite magnétique et du fer sulfuré au minimum artificiel. M. Stromeijer a trouvé que ce sulfure se dissout par l’acide sulfurique étendu , en dégageant beaucoup de gaz hydrogène sulfuré , mais qu’en opposition avec la théorie, il laisse toujours une certaine quantité de soufre, qui n’a point été combinée avec l’hydrogène, et il en conclut que ce sulfure contient plus de soufre que n’indique la théorie des proportions chimiques. Le même phénomène a toujours lieu avec le sulfure de fer au minimum artificiel , en sorte qu’il ne paraît pas être accidentel : ce phénomène est donc une anomalie qu’il sera cependant facile d’expliquer.

Dans mes expériences sur la composition des sulfures de fer( Annales de chimie, t. LXXVIII, p,ia5), j’ai prouvé qu’il y a un sulfure de fer au minimum composé d’après les proportions chimiques ; mais ce n’est point le même sulfure que l’on obtient , lorsqu’ après avoir employé un excès de soufre on fait fondre le sulfure obtenu : ce dernier sulfure contient toujours un excès de soufre, que la chaleur seule n’en peut dégager. On obtient le vrai

sulfure au minimum , lorsqu’on chauffe des lames de fer avec du soufre , dans une cornue , en agmentant le feu jusqu’au rouge ; les lames de fer ne se pénètrent point entièrement avec le soufre; on n’obtient qu’une croûte de sulfure de fer attachée au fer métallique. En pliant les lames refroidies, le sulfure s’en détache et tombe en morceaux. Le contact du fer non combiné avec la croûte du sulfure , fait que ce dernier ne contient point de soufre en excès, mais il ne contient pas non plus de fer excédant, puisque la masse n’étant point fondue le fer n’a point pu se mêler avec le sulfure. Dans les expériences de M. Stromeijer on a toujours employé du soufre en excès ; et s’il existe une combinaison qui, à la température d’un feu rouge , peut contenir plus de soufre que le sulfure au minimum , elle a dû se former à cette occasion , et en effet c’est ce qui a eu lieu, comme le prouvent les expériences de cet habile chimiste.

M. Stromeijer a trouvé que la pyrite magnétique et le fer sulfuré artificiel ont la même composition, et que ioq p. de fer y ont absorbé 67 p. de soufre, c’est-à-dire un septième de plus que n’absorbe le fer pour former le sulfure au minimum. Cette quantité paraît d’abord en opposition avec les proportions chimiques , puisqu’on ne peut point considérer le sulfure au

MINÉRALOGIQUE. 26 î

minimum comme Fe-f-7 S, et la pyrite magnétique comme Fe H- 8 S.

Je ferai voir dans les pages suivantes que les deux oxides de fer ont la propriété de se combiner et de donner un oxide composé, qui, considéré comme un degré d’oxïdation particulier, ferait également exception aux lois des proportions chimiques. Or, si les différents degrés de sulfuration du fer sont également capables de s’unir tout comme les oxides , ils doivent le faire dans un tel rapport, que le soufre de l’un soit un multiple par un nombre entier de celui de l’autre, et l’on aura, par exemple , les combinaisons suivantes : Fe S4 -f- 2 Fe S2 , Fe S4+ 4 Fe S2 , Fe S4 -+- G Fe S2 ; et d’un autre côté, Fe S2 -+-2 Fe S4, Fe S2-+- 3 Fe S4 , etc. Si nous calculons en centièmes la composition que doivent avoir ces différents sulfures , nous trouvons :

Fe 54 -4- 2 Fe S2 FeS^-+-4FeS2 FeS't-t-ôFe S5.

Fer 55.85. 58-4. 59.6.

Soufre 44* 1 5-. 41*^* 4°*4“

, Fe S2 + 2 Fe S4 FeS2 + 3FeS^

Fer 5o 4- 49^5*

Soufre 49*^» 5o-75*

J’ai présenté ici des exemples de combinaisons admises par la théorie , mais que probablement la nature ne produit point toutes. M. Siromeijer a analysé deux sulfures de fer dont la composition

a6'2 nouveau système

s’écarte de celle des sulfures au minimum et au maximum , et dont par conséquent on doit trouver la composition d’accoi'd avec quelqu’une de ces formules. La pyrite magnétique lui a donné : fer, 5q.85, et soufre , 4°- i5. Or cette composition est entièrement d’accord avec la formule Fe -f-6 Fe S2, dans laquelle le fer sulfuré au minimum contient trois fois autant de soufre que le sulfure au maximum. Une autre pyrite qui venait des Pyrénées , et qui était sensiblement magnétique , donnait 56. 37 p. de fer et 43.63 p. de soufre, combinaison qui se rapproche de trèsprès de Fe 84 -4- 2 Fe S2 , dans laquelle les deux sulfures contiennent une quantité égale de soufre. Les recherches faites pour découvrir si cette pyrite était une masse homogène , n’y indiquèrent aucun mélange sensible.

Je dois cependant observer que la nature produit fort souvent des mélanges de sulfures métalliques , dans lesquels on distingue aisément à l’œil les différents sulfures , si on fait tailler et polir le minéral.

Il existe encore un autre sulfure de fer connu sous le nom de pyrite blanche , et dont la forme primitive des cristaux et la couleur diffèrent de celles de la pyrite jaune ordinaire. Lorsque cettejpyrite n’est point régulièrement cristallisée, elle se recouvre d’une efflorescence de sulfate

d’oxidule de fer, et finit par se désagréger entièrement : les parties cristallisées se conservent sans altération. Il est probable que ce phénomène est dû à une interposition de particules de fer sulfuré magnétique. J’ai eu occasion d’examiner des cristaux de cette pyrite , qui m’ont été donnés par M. Haüy , et dont la composition ne m’a point paru différer de celle de la pyrite jaune. J’ai dissous 100 p. de pyrite dans l’acide nitro-muriatique , et jai précipité la solution par de l’ammoniaque caustique en excès ; le liquide ammoniacal neutralisé par l’acide muriatique, a été précipité ensuite par le muriate de baryte : j’ai obtenu 66. i5 parties d’oxide de fer , qui contenaient i.oop. d’oxide de'manganèse^et 86. ySparties de sulfate de baryte. La pyrite a laissé 0.8 parties de silice insoluble dans les acides , ce qui donne :

Fer ... 45-°7‘

Manganèse 0.70.

Soufre . . 53.35.

composition qui s’accorde parfaitement avec celle de la pyrite jaune qui, dans son état de pureté est composée de 40.74 p. de fer, et de 54.26 p. de soufre. La pyrite blanche traitée par de l’acide muriatique concentré, n’a point donné de trace de gaz hydrogène sulfuré , mais l’acide s’est au premier instant coloré un peu en jaune , par la pré-

sence d’une petite quantité d’oxide de fer , dont presque tous les minéraux contiennent des traces plus ou moins considérables.

J’ai rangé la pyrite blanche dans le système , comme une espèce particulière , à cause de la différence de ses caractères physiques d’avec ceux de la pyrite jaune. Je me propose de l’étudier encore mieux , sur - tout celle qui effleurit , ainsi que le sel qui se produit et la partie qui résiste à la décomposition.

(21). Mispickeh

La composition de ce minéral a long-temps été méconnue , jusqu’à ce que les expériences de MM. Chevreul , Stromeijer et Thomson y ont mis la présence du soufre hors de doute. Il est évident que ce minéral ne peut être considéré comme un arseniure simple , mais comme une combinaison d’un arseniure de fer au maximum avec du sulfure de fer au maximum. Les analyses de Chevreul et de Stromeijer ont donné :

Chevreul. Stromeijer. Résultat calculé.

Fer - • . 34-938. 36.o4* 33.5 1. atome.

Arsenic » . 43. 4*8. 42*88. 4^-5 ï.

Soufre . . 20.1 32. 21.08. 20.0 2.

Ces nombres s’approchent très - près d’un atome de fer, d’un d’arsenic et de deux de soufre, comme je viens de le faire voir par la comparaison

MINÉRALOGIQUE. s65

précitée. Dans ce cas, le fer est partagé en deux parties égales, dont l’une est unie à l’arsenic, tandis que l’autre l’est au soufre, tout comme nous l’avons vu précédemment dans le cobalt gris. Je préfère le nom de mispickel à celui de fer arsenical, puisqu’il est très-probable qu’un arseniure de fer sans soufre peut être découvert.

(22). Fer Gxidulé.

Je ne crois pas qu’on ait jamais trouvé l’oxidule de fer à l’état isolé , dans la nature. Son affinité très-forte comme base salifiable, ainsi que la grande facilité avec laquelle il se porte à ün plus haut degré d’oxidation , font qu’il est trèsdifficile de l’obtenir, même à l’aide des procédés chimiques. Dans la nature, il se présente toujours combiné avec d’autres oxides; et dans les minéraux où on l’a considéré comme le plus pur, il a été trouvé combiné, ou avec de l’oxide de titane, ou avec de l’oxide rouge de fer. Nous devons cette dernière observation à M. Proust. Comme la combinaison des deux oxides se fait toujours dans des proportions fixes, on était d’abord tenté de croire qu’elle était en effet un degré d’oxidation particulier entre l’oxide noir et l’oxide rouge. Voici quelques expériences que

s6Ô NOUVEAU SYSTÈME

j’ai faites pour déterminer ce point et que je considère comme décisives.

J’ai choisi une mine de fer attirabJe à l’aimant , qui ne contenait rien d’étranger , excepté une partie de sa gangue, dont on ne la trouve jamais entièrement exempte; je l’ai porphyrisée en rejetant avec l’eau les parties les plus légères , et retirant ensuite , moyennant une barre aimantée, une partie de la poudre : je le fis sous l’eau , afin que celle-ci pût enlever toutes les particules qui pouvaient se trouver mécaniquement adhérentes au fer attaché à l’aimant. J’ai ensuite séché la poudre à la température de l’étain fondant ; j’en ai dissous 5 grammes dans de l’acide nitro-muriatique : la dissolution étendue d’eau a été filtrée ; elle laissa sur le filtre une petite quantité de la gangue siliceuse de la mine, qui pesait ogr.121 : le liquide filtré fut précipité par de l’ammoniaque caustique. L’oxide de fer obtenu , bien lavé et ensuite chauffé à un feu rouge , pesait 5 gr.061 ; il n’était point du tout attirable à l’aimant , et il ne contenait aucune trace d’oxide de manganèse. Le liquide d’où il était précipité, fut soigneusement examiné : on n’y découvrit que du nitrate et du muriate d’ammoniaque.

J’ai répété cette même expérience avec une mine de fer , qui était elle-même un aimant : 5 grammes de cette mine ont laissé o gr. 119 de

résidu insoluble , et ont produit 5. 069 gr. d’oxide de fer rouge. D’après mes expériences sur la composition de l’oxide de fer, 100 p. de l’oxide rouge contiennent 3o.66 p. d’oxigène ; d’où il suit que dans la première de ces expériences, 100 p. de fer ont été combinées avec 3g. 16 p. d’oxigène , et dans la dernière, avec 3g. 2 p. Or, ces nombres ne s’accordent point avec ceux que l’on a trouvés pour les deux autres oxides de fer , s’il faut considérer cette mine comme un degré d’oxidation particulier. Si, d’un autre côté , nous la considérons çomme composée des deux oxides de fer unis ensemble , il se trouve qu’elle contient un atome d’oxidule de fer et deux atomes d’oxide rouge , de manière que l’oxigène de ce dernier est un multiple de l’oxigène du premier par trois , et que le fer l’est par deux. La composition calculée d’une telle combinaison , est :

Fer 7 179. — 100.00. oxidule de fer 3i.

Oxigène 28.21. — 80.29. oxide de fer 69.

En étudiant plusieurs combinaisons de radicaux combustibles avec l’oxigène , qui ont paru s’écarter des proportions générales , je crois avoir reconnu qu’elles ont été composées de deux oxides du même radical , et que c’est sur- tout les oxides dont l’ oxigène est dans le rapport de

i : i \ , qui peuvent se combiner de cette manière: Je considère comme de telles combinaisons , l’acide nitreux de M. Gay-Lussac , l’oxide vert de cobalt , l’oxide rougeâtre de manganèse , un oxide verdâtre d’urane , que l’on obtient en chauffant l’oxide d’urane pur, à une chaleur rouge , dans des vaisseaux ouverts , etc.

(23) . Fer chromé .

Ce minéral mérite d’être examiné avec beaucoup d’attention, pour déterminer dans quel état de combinaison le fer s’y trouve. Je regarde comme décidé que le chrome n’y est qu’à l’état d’oxide , puisque les analyses n’ont point donné une perte qui ait été équivalente à la quantité d’oxigène qui aurait dû se dégager de l’acide chrômique pendant l’expérience. On a trouvé de l’alumine dans ce minéral ; elleparaîtn’être qu’accidentelle : mais si on reconnaissait dans la suite qu’elle ne l’est point , le minéral se placerait dans la famille de l’aluminium comme un chrômite double de fer et d’alumine.

(24) - Fer titane.

M. de Bournon nous a fait connaître un fer titané que l’on a trouvé en fort petite quantité

à Oisan accompagnant l’anatase ; M. de Bournon a nommé ce minéral craitonite ; il en a déterminé la forme cristalline. On avait cru d’abord qu’il contenait de la zircone ; M. Gillet de Laumont a bien voulu me confier une petite quantité de cette substance extrêmement rare , pour que j’en fisse l’examen. Malheureusement la quantité n’a pas été suffisante pour une analyse complète , surtout comme il fallait commencer par des recherches sur la nature de ses principes constituants. J’y ai trouvé de l’oxide de titane et de l’oxidule de fer , dans des proportions qui diffèrent peu de celles que Klaproth a trouvées dans le menacane ; mais j’ignore si la craitonite contient quelque autre chose que ces deux oxides.

(25). Hedenbergite.

Je nomme ainsi, pour rappeler un ami et compagnon de travail , dont la science regrette la mort prématurée , un minéral qui a été décrit et analysé par M. L. Hedenberg, et qui vient de Mormorsgrufra à Tunaberg. Gomme dans le précédent mémoire, p. 1 26, il a été dit que j’ai considéré comme deux espèces minérales différentes , deux variétés de quartz rubigineux dontce minéral devait être l’une , je vais présenter un extrait du mémoire de M. Hedenberg sur cette matière

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