O NOUVEAU SYSTÈME
La couleur est foncée verdâtre , tirant un peu sur le brun. Il n’est point cristallisé , mais la texture est feuilletée, et, par la division mécanique, on le coupe sans difficulté en rhomboïdes dont les angles sont ceux de la chaux carbonatée. La cassure est inégale , les morceaux séparés ont les bords peu aigus, et extrêmement opaques. Il est rayé par la chaux fluatée , mais il raye lui-même la chaux carbonatée : sa poudre a une couleur verte d’olive. Nous avons déjà , page 3i, donné le résultat de son analyse.
(26) a. Manganèse phosphaté ferrifère de Limoges.
J’ai eu occasion d’examiner ce minéral pendant l’impression même de ce mémoire. J’ai déjà communiqué (p. 62) le résultat d’une analyse faite par M. Vauquelin, à une époque où on ne connaissait point encore les méthodes que nous possédons à présent pour séparer l’oxide de fer de l’oxide de manganèse.
J’ai dissous le minéral dans l’acide muriatique ; j’ai précipité la dissolution en y ajoutant un excès d’hydrosulfure d’ammoniaque, avec lequel j’ai fait digérer le précipité pendant quelques moments, pour décomposer toute trace de sousphosphate qu’il aurait pu contenir. Le mélange
a été filtré, et le précipité a été lavé avec de l’eau aiguisée par de l’hydrosulfure d’ammoniaque. Cette précaution a été employée à cause de ce que l’eau pure dissout une petite partie du sulfure de fer précipité , en prenant une couleur verte. La présence d’une petite quantité de l’hydrosulfure , ou du gaz hydrogène sulfuré dans l’eau , lui ôte cette propriété.
Le liquide filtré a été neutralisé par de l’acide muriatique , et le gaz hydrogène sulfuré chassé par l’ébullition. On l’a ensuite sursaturé d’ammoniaque , et l’on y a ajouté du muriate de chaux aussi long-temps qu’il s’est formé un précipité. On a laissé déposer le phosphate de chaux dans un flacon bien bouché , on a décanté le liquide, et on Fa remplacé par de l’eau pure ; on a répété cela une couple de fois, et on a ensuite jeté le précipité sur un filtre , et on l’a lavé.
Les sulfures métalliques ont été séchés et ensuite grillés ; les oxides ainsi obtenus ont été repris par l’acide muriatique et séparés de la manière ordinaire par du succinate d’ammoniaque.
100 p. du minéral ont produit 68 p. de phosphate de chaux , équivalentes à 32.79 p. d’acide phosphorique ; 35.5 p. d’oxide de fer, équivalentes à 31.9 p. d’oxidule ; et 3g.4p. d’oxide brun de manganèse, équivalentes à 35.8 p. d’oxidule de manganèse. Gomme ces nombres se rappro-
chent très-près d’un atome de chaque principe constituant, en indiquant cependant un petit excès de l’oxidule de manganèse , je crus devoir examiner ce dernier avec une attention particulière. Je trouvai alors que ce minéral contient une petite quantité de phosphate de chaux, qui se précipite avec l’oxide de manganèse. Je l’ai extrait en traitant ce dernier avec de l’acide nitrique faible ; j’ai neutralisé le liquide et j’y ai ajouté de l’acide oxalique. Il s’est formé un précipité , dont une - partie a été redissoute par de l’eau bouillante. La partie non dissoute, décomposée au feu , laissa un mélange de carbonate de chaux et d’oxide de manganèse , d’où l’acide nitrique faible a extrait avec effervescence 2.9 p. de carbonate de chaux , équivalentes à 3.2 p. de phosphate de chaux, qu’il fallait retrancher dm poids de l’oxide de manganèse.
L’analyse avait donc donné :
Acide phosphorique . . 32.8,
Oxidule de fer . . . 81.9.
Oxidule de manganèse 32.6.
Phosphate de chaux * 3.2.
ioo.5
Dans cette combinaison, les deux bases contiennent la même quantité d’oxigène , c’est-à-dire qu’elles sont dans le même rapport entre elles , comme dans la tantalite de kimito et dans la pyrosmalite. L’acide y est combiné avec deux fois
autant de base que dans le phosphate neutre , puisqu’il donnerait un sel neutre avec l’une des bases. Le résultat calculé donne: acide phosphorique 33.23, oxidule de fer 32.77, oxidule de manganèse 34.00.
(26) b. Tantalite.
Je n’ai point encore eu occasion de voir le travail qu’ont fait conjointement MM. Léonhard et Vogel , sur la tantalite de Bodemais. Son apparence extérieure, ainsi que les phénomènes qu’elle produit avec les flux au chalumeau, paraissent indiquer d’autres proportions dans ses principesconstituants, que celles que j’ai trouvées dans les tantalites de Kimito et de Broddbo. Il est donc probable que cette tantalite forme une espèce particulière.
Dans mes recherches sur les tantalates ( Afhandl, IV, 265), j’ai indiqué une tantalite de Kimito dont la pesanteur spécifique et les propriétés extérieures diffèrent de celles de la tantalite ordinaire. M. Ekeberg l’avait déjà distinguée sous le nom de tantalite qui donne une poudre couleur de cannelle. Dans la première analyse que j’en fis, j’eus une telle augmentation de poids, que je ne pouvais que l’attribuer à quelque inadvertance dans ma première pesée de la portion qui devait être analysée ; ce que je ne pouvais point
vérifier, n’ayant plus de cette pierre à ma disposition.
Quelques années après, M. Nordenskœld , jeune savant très-distingué, visita les mines de Kimito et y trouva une nouvelle portion de cette même tantalite , qu’il eut la complaisance de me remettre, de laquelle je fis une nouvelle analyse avec presque le même résultat. Cette analyse a été publiée dans les Afhandl. i Fys. , etc. , VI, p. 23y. V oici les résultats que j’ai cru devoir en tirer : la tantalite , qui donne une poudre couleur de cannelle , est un mélange de tantalite ordinaire avec une grande quantité de bïtantalure de fer non oxide , visible même à l’œil , lorsqu’on fait tailler et polir la pierre. La quantité de tantalure de fer varie ; à mesure qu’il est abondant la pesanteur spécifique augmente (je l’ai eue jusqu’à 7.94), et la couleur de sa poudre devient plus claire él plus ressemblante à celle du tantale pur. C’est la présence de ces principes non o xidés qui cause l’augmentation du poids des substances obtenues par l’opération analytique , et qui fait que cette espèce de tantalite ne se dissout dans le verre de borax , qu’avec une grande difficulté et après une longue exposition au feu , par laquelle le fer et le tantale s’oxident.
Je n’ai point assigné de place particulière dans le système, à cette tantalite. Il est clair qu’elle
doit se trouver ou auprès de la tantalite ordinaire comme variété par mélanges étrangers, ou quelle fera un genre particulier, tantalure , à la famille du fer.
(27) Manganèse oxide hydraté.
Les minéralogistes ont jusqu’ici confondu deux minéraux dont l’aspect extérieur est parfaitement le même , mais dont la nature chimique, ainsi que l’usage économique, sont très différents. C’est l’oxide de manganèse au maximum , ou le
superoxide, Mn, et l’hydrate de l’oxide noir, Mn •4- Aq. On m’apporta il y a quelque temps, d’Undenaes en W estrogothie , un échantillon d’oxide de manganèse cristallisé , qui était si beau et d’apparence si pure , que je n’hésitai point d’en détacher un morceau , dont M. Arfwedson se chargea de faire l’analyse. Il se trouvait alors que cette belle mine de manganèse ne donna que fort peu d’oxigène ; mais qu’au contraire la chaleur en dégagea une grande quantité d’une eau très- pure. Cette observation conduisit M. Arfwedson à entreprendre un travail suivi sur les oxides de manganèse. Il arriva à cette conclusion que l’on trouve dans la nature deux oxides de manganèse. L’un est le superoxide ; au feu il donne environ 10 p. ioo de son poids d’oxi-
gène, et, quand il est pur, il ne laisse point dégager d’eau. L’autre est l’hydrate de l’oxide , qui donne d’abord 10 p. 100 d’eau, et ensuite, à une chaleur blanche, 3 p. 100 d’oxigène, en laissant pour résidu un oxide brun marron, que cet habile chimiste a reconnu pour être la combinaison d’un atome d’oxidule de manganèse
avec deux atomes de l’oxide Mn + 2 Mn, c’està-dire qu’il s’est formé par l’action de la chaleur une quantité d’oxidule qui a remplacé l’eau auprès de la partie de l’oxide non décomposée. M. Haüy de son côté venait de trouver que l’espèce minérale considérée comme de l’oxide de manganèse, renfermait en effet deux formes primitives , dont l’une était un prisme rectangulaire, et l’autre un octaèdre. En examinant ensuite , d’après les caractères trouvés par M. Arfwedson , les deux espèces de forme cristalline, il trouva que la première appartient au superoxide , et l’autre à l’hydrate de l’oxide. C’est de cette manière que la cristallographie et l’analyse chimique , marchant à coté l’une de l’autre , parviendront un jour à donner à la minéralogie la forme d’une véritable science.
On distingue ces deux espèces l’une de l’autre par la couleur de leur poudre : celle de l’hydrate est brune , et celle du superoxide est noire. On trouve cependant fort souvent l’hydrate mêlé
avec le superoxide cristallisé , ce qui paraît devoir être attribué à une espèce d’épigénie, par laquelle un atome d’oxigène du superoxide s’est combiné avec de l’hydrogène et a formé alors la quantité juste d’eau qui sature l’oxide ainsi privé de l’un de ses atomes d’oxigène. Dans ce cas la poudre est d’un noir moins parfait, souvent tirant au brun ; et lorsqu’on chauffe l’oxide dans un tube de baromètre, on voit l’eau qui se condense dans la partie froide du tube. Il est bien évident que sous un point de vue économique, il n’est point indifférent d’employer l’une ou l’autre de ces deux espèces d’oxide. Pour ceux qui emploient le manganèse dans les verreries, les deux espèces paraissent également bonnes ; mais pour les pharmaciens et pour ceux qui s’occupent des préparations propres au blanchiment, le superoxide doit être préféré , puisqu’il donne trois fois autant d’oxigène que l’hydrate de l’oxide. Il doit l’être de même pour les chimistes qui veulent s’en servir pour la préparation du gaz oxigène.
Il y a encore une troisième espèce d’oxide de manganèse qu’il faut distinguer des deux précédentes. Elle vient de Piémont ; on la trouve cristallisée en octaèdres : elle diffère de l’hydrate en ce qu’elle ne contient point d’eau et ne s’altère point par l’action du feu. Elle se dissout dans l’acide muriatique en dégageant du gaz oximu-
ria tique et en laissant de la silice en grande partie gélatinée. Dans une expérience analytique cette pierre m’a donné :
Silice 15.17,
Oxide de manganèse brun-marron 75,80.
Alumine . . « . * . . 2.80.
Oxide de fer •.<«»'• „ . . 4-T4-
Ces rapports se rapprochent très-près de la formule Mg^ S, c’est-à-dire celle d’un sous-silicate où l’oxigène de la silice est - de celui de l’oxide, et lequel , si l’on échangeait le silicium contre l’hydrogène , donnerait l’hydrate. Cependant je n’ose point affirmer que telle est la composition de cette pierre , puisque si l’alumine , dont une portion n’a point pu être séparée de la silice , sans traiter cette dernière au feu avec un alcali, y a été à l’état de feldspath , le rapport de l’oxide de manganèse et de la silice ne sera plus le même. Ce n’est que lorsque l’analyse aura été répétée sur un échantillon parfaitement pur , c’est-à-dire où la silice , qui reste après la dissolution de l’oxide de manganèse , ne contient plus de substance étrangère, que le résultat de l’analyse sera concluant.
(28) VFaweïlke .
Je viens d’examiner cette pierre , dont j’ai déjà
MINÉRALOGIQUE, 27g
fait mention p. 78, de manière à pouvoir à présent lui assigner la place qu’elle doit occuper dans le système. Je viens de trouver qu’elle est un sous-phosphate d'alumine probablement mécaniquement mêlé avec une petite quantité de fiuate neutre d’alumine.
Cette analyse n’a pas été sans ses difficultés ; ce n’est cependant pas ici le lieu d’en faire l’ex- * position , qui fera l’objet d’un mémoire particulier. Yoici en peu de mots comment l’analyse a été faite :
200 p. de wawellite en poudre fine , i5o p. de cristal de roche porphyrisé, et 600 p. de souscarbonate de soude , ont été mêlées ensemble et exposées au feu rouge pendant une demi-heure. La masse ainsi frittée a été digérée, pendant vingt quatre heures , avec de l’eau , jusqu’à ce que les parties solubles dans l’eau aient été parfaitement extraites. L’eau qui contenait le phosphate de soude , avec un excès de soude et un peu de silice , a été mêlée avec du carbonate d’ammoniaque et évaporée , ce qui en a précipité la plus grande partie de la silice. On a ensuite filtré , saturé, par de l’acide muriatique, laissé évaporer l’acide carbonique, sursaturé d’ammoniaque caustique , qui en a séparé encore un peu de silice , et on a fini par y ajouter du muriate de chaux aussi long-temps qu’il s’est formé un pré-
•iSo NOUVEAU SYSTÈME
cipité. Le sous-phosphate de chaux ainsi obtenu pesait 1 56.25. On le fît dissoudre dans de l’acide muriatique, on y ajouta un excès d’acide sulfurique , et on évapora jusqu’à ce que les vapeurs acides n’at taquassent plus un morceau de verre superposé. On étendit alors la masse dans l’alcohol qui laissa non dissoutes 2o5. 5 p. de gypse, en dissolvant en même temps l’acide phosphorique et l’excès d’acide sulfurique. On a séparé ces derniers acides moyennant du muriate de baryte, qui précipita d’abord l’acide sulfurique ; et ensuite , par l’addition d’un excès d’ammoniaque caustique , on précipita l’acide phosphorique. Le sous-phosphate de baryte ainsi obtenu , pesait ?45.8 p. , équivalentes à 66.8 p. d’acide phosphorique. La quantité de gypse obtenu indique une quantité de 70.91 p. d’acide dans le phosphate de chaux mêlé avec du fluate de chaux ; en en retranchant les 66.8 p. d’acide phosphorique, il en reste l±.\i p. pour l’acide fluorique.
La partie de la wawellite frittée que l’eau avait laissée non dissoute , ainsi que celle précipitée par le carbonate d’ammoniaque, traitées par la méthode suivie pour l’analyse des pierres siliceuses , orit donné 70.70 p. d’alumine, 2.5 p. d’un mélange d’oxide de fer et d’oxide de manganèse, et enfin 1 p. de chaux.
Dans une autre expérience je trouvai que la
wawellite contient 26.8 p. 100 d’eau. L’analyse avait donc donné.
Alumine . . 35.35.
Acide phospliorique .... 33. {o*
Acide fluorique ...... 2.06.
Chaux . . . « . o.5o.
Oxides de fer et de manganèse 1.25.
Eau . . 26.80.
Par un calcul fort simple on trouve que l’acide phospliorique y est combiné avec deux fois autant de base que dans le phosphate neutre. Le reste de l’alumine neutralise exactement la quantité trouvée de l’acide fluorique. Quant à la quantité de l’eau, si, comme on doit le supposer, elle est partagée entre les deux sels, le phosphate en prend une quantité dont l’oxigène est égal en quantité à celui de la base, tandis que dans le fluate , l’eau contient six fois autant d’oxigène que l’alumine. On ne peut déterminer si le fluate d’alumine y est chimiquement combiné avec le phosphate ou non ; dans ce cas il y aurait neuf atomes du dernier sur un du premier. Comme de petites quantités de fluate de chaux accompagnent les phosphates de cette dernière base , dans les trois règnes de la nature , on peut supposer que les deux acides se trouvent ensemble dans la wawellite par la même cause. C’est par une telle raison que je les ai marqués dans la formule comme n’étant que mécaniquement mé-
langés, en substituant une virgule au 4-, qui est le signe de combinaison.
Des minéralogistes moins versés dans l’art difficile des analyses exactes s’étonneront peut-être qu’une telle quantité d’acide phosphorique ait échappé à la sagacité des célèbres chimistes qui avant moi ont fait l’analyse de cette pierre. Mais rien n’est plus facile qu’une telle circonstance. Ayant trouvé que la terre de la wawellite donne de l’alun avec de l’acide sulphurique et de la potasse , qu’elle est entièrement soluble dans la potasse caustique , et qu’ enfin dissoute et précipitée! par un alcali, elle se retrouve sans perte appréciable dans le précipité , on devait être conduit à la considérer comme de l’alumine pure. S’il n’y avait point eu d’opposition entre le résultat de l’analyse et les proportions chimiques, inconnues lorsqu’on fît ce travail, nous aurions probablement encore long-temps ignoré la présence de l’acide phosphorique dans cette pierre.
(3o) Diaspore.
On a long-temps considéré cette pierre comme un hydrate d’alumine. On a fait de même d’une espèce de turquoise et d’un minéral que l’on a appelé wawellite terreuse. Aucune des analyses
MINÉRALOGIQUE. a83
de ces pierres n’a donné un résultat qui s’accorde avec la composition de l’hydrate de l’alumine , qui , comme on sait , se laisse produire par des procédés chimiques. On peut donc soupçonner que ce qui a été pris pour de l’alumine pure n’en est pas. L’analyse de la wawellite nous fait voir combien il est facile de se tromper.
Un minéral trouvé en petite quantité à Huelgoat, et nommé plomb-gomme, à cause de sa ressemblance avec la gomme, a été considéré comme un mélange d’hydrate d’alumine et d’oxide de plomb. La générosité de M. Gillet de Laumont m’a mis en état d’examiner cette production singulière ; mes expériences ont prouvé que le plomb-gomme est un aluminiate de plomb avec eau de combinaison , mélangé d’une petite quantité de sulfite des deux bases ; cette pierre trouvera donc sa place à la famille du plomb , dont elle fera la dernière espèce. Elle ne se trouve point parmi les espèces énumérées, parce que cette partie de l’ouvrage était imprimée avant que les expériences n’eussent encore rien décidé sur la composition du plomb-gomme.
L’analyse de cette pierre a été faite de la manière suivante : on l’a chauffée dans un petit appareil propre à recueillir l’eau, qui a été reçue dans de la potasse caustique , pour ne point laisser échapper l’acide sulfureux qui se dégageait en
même temps. L’alcali a ensuite été traité par de l’acide nitro-muriatique , et l’acide sulfurique ainsi produit a été précipité par du muriate de baryte.
La pierre privée d’eau a été digérée avec de l’acide muriatique concentré, dans un flacon bouché ; l’on y a ensuite ajouté de l’alcohol, et on a filtré. Sur le filtre il est resté du muriate de plomb : la dissolution alcoholique contenait du muriate d’alumine. On en chassa l’alcohol par l’évaporation ; l’acide sulfurique ne troubla point le liquide , preuve que tout l’oxide de plomb en était séparé. L’alumine a été précipitée par de l’ammoniaque ; la quantité d’oxide de plomb a été
déterminée par le poids du muriate obtenu. Le muriate était entièrement soluble dans l’eau, en laissant un peu de silice. La dissolution précipitée par du sulfate de soude ne se troubla plus par l’addition d’un alcali ; c’était donc du muriate de plomb pur ; l’analyse a donné :
Oxide de plomb 4°-ï4'
Alumine » «, «, „ « <, . . „ . . „ 87.00»
Eau ........ » . « « « . 1 8.80.
Acide sulfureux ........ J 0.20.
Chaux, oxides de manganèse et de fer 1.80.
Silice ^ .v 0.60.
L’oxigène de l’oxide de plomb est 2.878 ; celui de l’alumine est 17.181 ; or l’alumine se combine