‹ Nouveau système de physiologie végétale et de botanique fondé sur les mèthodes d'observation qui ont été développées dans le nouveau système de chimie organiqueChapitre 112 sur 310 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

COMCOAOAIVCX »C lA fOllATlOIV (71), 9E EA BAHISCEIICE CT 01 OrflTTLOASSCCRCC (7S)«

1063. lA FOLIATION, quî est la disposition des feuilles autour de la ti(^e, nVst presque indiquée, dans les descriptions, que de deux manières : d'après les auteurs, les plantes n'aiiraient que des feuilles oppoftTes ou des feuilles alternes ; et lorsque Ton confronte la nature arec leurs descriptions, on découvre (pie, dans leur esprit, les feuilles sont opposées, pourvu | qu'elles SC rapprochent deux à deux à leur | base; qu'elles sont alternes dans tous les ; autres cas ; ils ont donné le nom de verticillées aux feuilles qui forment une coU | lerette autourdelatige.Depiiislongtcmps, | nous avons signalé te vague et l'indécision | d'une pareille nomenclature, et nous ; avions déjà indiqué la disposition en spir | raie comme venant compliquer cette no- I menclatore [1 j. La loi de la disposition des organes (716) , que nous avons reconnue , en dernier lieu, nous a fourni des formules précises de la foliation , et des caractères non moins saillants pour le diagnostic spécifique. Nous n'avons pas à revenir sur la loi dans ce chapitre; nous devons nous borner aux applications de détail.

1063. La foliation est alterne, seulement quand les fouilles ont leurs points d'insertion sur la tige, supérieurs les uns [ aux autres, mais leurs directions diamétralement opposées, les unes se dirigeant à gauche elles autres à droite, en tenant compte pourtant de la torsion que l'influence de l'ombre et de la lumière, ou bien les circonstances diverses du développe-

oii au pétiole des feuilles ; cette disposition ' rigoureusement alterne ne convient près- I

quequ'auxtigesarticulées;auxPo1ygonées, aux Ombellifères , aux Iridées, à certaines mousses, à VHypnum iîenticulatum (pl. 60, fig. lOyî), par exemple, dont les feuilles ont la même structure que celle des Iridées, aux Aristolochiées, aux Graminées, aux Cypéracées, etc. Sur les tiges non articulées, l'alternation toorue presque toujours à la spiralité d'une manière plus ou moins pronoDcée,caractére dont les descripteurs n'avaient tenu aucun compte, et qu'ils n'ont presque jamais hésité à ranger dans la disposition alterne ; ainsi , dans nos catalogues, les Rosacées, les Ameutacées, les Liiiacées, etc. , ont les feuilles alternes , quoique pourtant leur spiralité ne laisse pas le moindre doute dans l'esprit de quiconque en sera averti. Pour juger de la spiralité de la foliation d'une tige, il suffit de l'examiner de champ et à vue d'oiseau ; on a ainsi sous les yeux l'imago de rosaces superposées, mais de manière que les feuilles qui lescomposent alternent, celles des supérieures avec les inférieures; ce sont tout autant de rayonnements dont la tige apparaît le centre^ La rosace terminale, c'est-à-dire cellequi, en s'étalant , semble servir de calice ou d'involucre k la sommité foliacée , encore ramassée comme en un boulon, cette rosace, dis-je, sert , CD général , à indiquer le nombre de feuilles qui rentrent dans un tour de spire; ainsi une rosace qui offre l'image d'un calice à cinq sépales, indi<{ue que le tour de spirca été renconlrécinq fois par la spire fécondante, qu'il a donné naissance à cinq feuilles ; on exprime cecaraé* térc par les mots : foliation en spiralepar

[\‘] Sur tes T'uruê organiquet , $ i58. Mimoirt dclaSociiU d'kUloirt iiatwU^ — AnnaUs

PBYSIOLÜCll VÉGÉTALE.

dei Sciences d'observation, t. 4* P* nouveau Systèssf de chissde organique, p. 347*

CONCORDANCE DE LA FOLIATION, ETC

cintf. Si la rosace est h quatre folioles, /a Jolintion est en spirale par quatre; elle est en spirale par trois si la rosace est à trois feuilles. U n'est pas nécessaire de faire observer que les éléments foliacés de la rosace décroissent en proportions de bas en haut; mais un point sur lequel il est boa d'insister, c'est que le tour de spire ne doit jamais être supposé divisé avec ^ reiactiludo d'un cercle mathématique; non-seulement les espacements dcsfcuillcs varient; mais encore, de la forme conique de la li{jo doit nécessairement résulter une ifié|;alité croissante dans la (|radualion de chaque tour de spire , ce qui fait qu'en Qéiiéral les feuilles ne se superposent pas par raïq'ées longitudinales, mais comme les rayonnements d'un verticillequi alterneraient iiidérminient entre eux. Il est des genres, et même des familles, chez lesquels la spiralilé.conserve invariable le type de sa spiralité; il en est d'autres dont le type se modilie presque à cha(|uc espèce. Chez les Euphorbes, ou voit le tour de spire, après avoir produit jusqu'à douze feuilles, n'en offrir plus sur cer* laines espèces, t'L". lathyris exemple, que quatre, disposées en apparence comme les feuilles opposées-croisées,et superpo* sées de manière à former quatre rangées longitudinales ; dans ce genre, le caractère de la foliation n'esl plus qu'un caractère spéein4{ue.

1001. La disposition en spirale par quatre peut ainsi, dans certains cas , se rapprocher de la disposition opposée-cruisée ; mais elle s'en distingue par le mode d'insertion. Dans la preunère, les quatre feuilles qui composent la croix sont étagées les unes au-dessus des antres; dans la seconde, au contraire, les feuilles sont insérées deux par deux à la même hauteur.

1 005. Cependant U est des familles et des espèces même, chez lesquelles la disposition oppusée-cruiséc aLaodunne peu âpeu le caractère d'une rigwircuse symétrie, et dont les éléments des mêmes paires .'dteriienl de plusen plus entre eux , d'opposés qu'ils étaient d'abord vers la base de la plante. Dans ce cas, ou distingue l'opposi-

tion de la spiralité aux caractères saivantt : soit une croix de quatre feuilles; cette disposition émanera de la spiralité, quand, sur toute la tige, on observera que nomseulement les feuilles décroissent par étages, mais encore que leurs points d'insertion suivent la ligne spirale; cette disposilton, au contraire, émanera de la formule à deux paires de spires, de la formule opposée-croisée (741), quand les points d'insertion de chaque feuille ne se prêteront point à la spiralité. Ainsi, dans la spiralité, il faut qu'avant d'arriver d'une feuille à la feuille qni lui est opposée, on rencontre la feuille qui est opposée à la supérieure des quatre. Dans l'opposition croisée , altérée entre les deux feuilles opposées , on ne rencontre aucune autre insertion.

1006. La disposition croisée pressente donc deux types, l'un rigoureux , l'autre altérable; l'origine en est la même; ils émanent tous les deux do la formule à deux paires de spires (741); mais dans le premier les spires, ont marché avec la même régularité ; dans l'autre, leur marche a rencontré quelques perturbations ; une paire aura couru, plus lut ou plus tard, plus vile que l'autre, co qni a fait que iesentre croiseiAenIsont ea lieu, plus haut ou plus bas que ne les aurait produits une marche régulière ; c'est ce que l'on observe sur les Hhamnus catharticus, lycioïdeSf fiangula f alpinus i el chez le Rliamnus oleoïdes f ce caractère s'altère déjà tellement, qu'il simule la spiralité par quatre. Le Rkamnus alaterniu ùéroQe tout à coup au type, et prend le caractère de la spiralité par cinq ( 759 ).

1007. Chez les crucifères, le croisement a toujours lieu, sans ropposition, de la base au sommet et du sommet au pistil; chez les labiées, au contraire, le croisement SC conserve dans toute la rigueur delà formule; mais remarquez que les labiées sont articulées, et que les plantes précédentes ne le sont pas ; et voilà pour* quoi chez les unes la régularité s'altère, et chez les autres elle reste inaltérable (1003).

1008. Nous distinguerons donc deux variétés d'opposition binaire ; V opposition

CONCOnOANCE DE LA FOLIATION, ETC.

inaltérable, on croisée ; eiVoppositionalté^ rte, ou alterne»

1069. Nous tvoos pote en principe (743), que te typ^ de ropposttion ne pouvait eii»ter,sans la circonslance du croisement des feuilles. Il est peu de piaules qui fassent eiccption k la rè^^le; ce sont 00 des plantes à foliation alterne, dont les éléments foliacés rapprochent leurs points d'insertion ; ou des feuilles dont les pétioles se ramifient, on plutAt se décomposent, à la manière des litres; or, nous avons déjà dit (1009) que les feuilles décomposées sont des ti[*es, dont un certain nombre de loçes circulaires ont avorté. Le Zygophyllum fabogonoot fournit un eiemple frappant d'une anomalie réelle; on prendrait, en effet, pour des feuilles décomposées, les rameaut articulés de cette espèce; leur foliation est opposée, sans être croisée; car chaque articulation est couronnée de deui pétioles binés, opposés, et de deus stipules qui croisent les deux pétioles, comme sur VHumulus lupu- /us (1092) ; mais, sur toute la lon(;neur du développement foliacé, les pétioles sont superposés aux pétioles , et les stipules aux stipules. Jusque-là tout indique la décomposition d'une feuille, et non la ramification d'une ti^e ; mais de l'atsseile de chaque pétiole part un nouveau pétiole , qui est dans le cas de donner naissance à d'autres pétioles, par l'aisselJe de ses deux folioles ; et l’on remarque que la tif^e de tout ce développement est canaliculée du cAlé de la tige principale. Cependant la rareté de cette exception ne fait que confirmer la règle générale. Au reste, l'.inomalie diminue d'importance , quand on pense que la tige du Zjrgop/ijrllum est articulée, et qn'ainsi, à chaque articulation, le type recommence et ne s'organise qu'une fois.

1070. La disposition par verticilles émane ou de la disposition alterne, ou de

la disposition opposce-croisée ; dans te premier cas , chaque verliciile forme une collerette à folioles impaires, dont la foliole médiane alterne avec la foliole médiane des verticilles inférieur et supérieur; c'est là la disposition des tiges articulées dés Casiiurina, Equîsetum, etc.; dans le second cas, le verticille est en nombre pair, puisqu'il résulte de la décomposition de deux feuilles opposées, imparinerviées ; et les folioles médianes se croisent entre elles, sur toute la longueur de la tige, comme leurs feuilles se seraient croisées , si elles étaient restées simples. K arrive aussi, dans certaines familles articulées, que chaque articulation donne naissance, non à une paire, mais aux deux paires à la fois, d'où résulte le croisement; alors, lorsque les insertions de toutes les folioles se rapprochent et se confondent presque entre elles sur lo sonimetdc l'articulation, il en résulte une collerette de folioles presque toujours en nombre pair, dont il est difficile de suivre les rapports d'alternation avec les collerettes inférieures et supérieures; la foliation des Ilubiacées est organisée sur ce type (1); sur certaines espèces de cette famille, on observe distinctement la superposition des deux paires opposées-croisées, qui, chex les autres plantes, sont distantes entre elles de tonte une articulation ; et, de cette forme si distincte et si élémentaire, on passe aux collerettes pins compliquées des antres espèces de la même famille, par des nuances qui servent de guide ^ à l'esprit de l'observateur, mieux que ne seraient en étal de le faire les dessins les plus lisibles, et les descriptions les plus détaillées.

1071. Nous diviserons donc les verticilles en deux catégories : les verticilles simples et les verticilles doubles,

1079. Les'^iges à verticilles alternes sont, en généraf, arrondies; les tiges à

fl] {jeCaUumaparhf, et quelcpiei sotrei, «oot orginitè* , par lc« feuiltes , «or la di*po«itiôn alterne, et, par le« gemmes, «ur latli»po«it>Dn an »pirale; ce«t toujourftraagle luivaot, cl ooa faoglc opposé, qui

donne nsl*«ancr h un boar;;con axillaire. C'est ano altrrnilion de la di»po»ilion croi«ée , par avortemcDl d’une foliole eide aa gemme aiillaire.

CONCORDANCE DE LA FOLIATION, ETC

terlicîlles opposées sont, au cootraire, en général quaJraiiguIaires.

1075. Le point de la tige où la foliation conserve le mieux son type, c'est la gemmation; le type ne dévie, en général, que là où la tige finit; ce n'est que là où la végétation se ralentit que la perturbation commence; mais souvent , alors , la fleur ou le fruit, qui ne sont que des bourgeons terminaux , reprennent la régularité primitive de la foliation spécifique.

107-1. RAMESCENCE. La ramesccnce , qui est la disposition des rameaux de première formation autour de la tige, des rameaux de seconde formation autour des premiers rameaux, et ainsi de suite, découle rigoureusement de la foliation, qui est la disposition des feuilles, de Taisselle desquelles partent les rameaux. Nous avons déjà dit que l'une indique Pautre, et les formules que nous avons données à ce sujet sont d'un intérêt non moins grand dans les applications aux arts , que dans la classification botanique. Nous y reviendrons dans la cinquième partie de cet ouvrage.

1075. INFLORESCENCE. La flcUT, CH S3 qualité de bourgeon terminal, prend, ainsi que tout rameau, son origine dans Paisselle d'une feuille plus ou moins réduite; Pinflorcscence, qui est la disposition des fleurs autour de la tige, émane donc, comme la ramescence, de la foliation ellemême ; mais, vers le baiiL de la tige, la foliation étant sujette à éprouver des per* turbations dans la marche régulière de son type, Pinflorcscence , dans certains cas, peut affecter une disposition un peu différente de la ramescence; cependant on n'a pas besoin, en général, de longues combinaisons, pour retrouver Panalogic de la disposition florale, ainsi que Porgaiie qui, par sa transformation , ou sa décom-

[i] Nous ne tsurient trop rappeler que toute fleur, ou tout pcHiole, part , comme le* tige* , de l’aiiselle d'une Feuille plu* ou molo* réduite à l'état de follicule. Que *'il arrive qu'à l'ioktant de l'obtervation, on ne retrouve plu* les Irace* de la feuille maternelle, cela vient, ou de ce que m petitesse le souitrail aux regard*, ou de ce que l’accroiksomeat du rameau en a cFTacc jusqu'aux deruiers veitigcs,

position , a donné lieu à la déviation du type gommaire.

1076. De même que la ramescence, Pinfloresccnce est donc, en général, en spirale, soit par trois, soit par quatre, soit par cinq, sur une tige à foliation en spirale, par ces nombres ; elle est croisée, sur une tige à foliation croisée ; elle est alterne, sur une lige à foliation rigouren* sement alterne. Dans le plus grand nombre de cas, il suffira donc de trouver la formule de la foliation, pour avoir d'avance celle de l'inflorescence.

1077. L'inflorescence, dans l'une comme dans Paulre de ses dispositions, peut être sessile ou pédonculée ; et ces deux caractères ne sont pas seulement fondés sur dei différences de longueur du pédoncule, mais bien sur l'absence ou la présence da pétiole même; et, par conséquent, l'un et Pautre sont dans le cas de sc prêter à une formule précise, et de fournir deux éléments rigoureux à la dichotomie systématique.Les principes suivants 8erviron(,je pense, à en déterminer les limites d'une manière suflisamment appréciable.

1078. TERMINAISON ESSENTIELLE ÜB LA T16R (79). La fleur, avons-nous dit, termine essentiellement, soit la tige principale, soit le rameau qui est une tige axillaire. Toute continuation cesse là où le bourgeon reste clos [1]; mais le bourgeon peut rester clos à divers étages de son développement , si je puis m'exprimer ainsi.

1079. S'il reste clos avant toute espèce de développement , c'est-à-dire si se» stipules restent indéhiscentes, le bourgeon axillaire deviendra, dès cet instant, un ovaire axillaire et sessile, dont la structure affectera les mêmes caractères généraox que la gemmation elle-même ; l'ovaire

ou de ce qu’eofin le follicule est resté adhérent au pédoncule, Ta *uivî, pour ain*i dire, dao* »on développement : et, dâo* ce dernier cas, on le retrouve, à une pin* ou moins grande distance du point d'ii»sertion , »ur le pédoncule ; c'ett ce que l'on remarque *ur rinflorescence du Samolu* yaUrandi (pl.5i,fig. 6),

CONCORDANCE DE LA FOLIATION, ETC

«essUe aura une tendance prononcée à la disposition binaire ; il sera bivalve on bilociilaire , et, a'il venait à produire une fleur , ce ne aérait que par la sommité où tout ovaire produit ses sti(;mates. Ces sortes d'ovaires sont toujours infères, quand ils sont hermaphrodites, ce qui n'est presque que l'exception ; dans le plus grand nombre de cas , ils sont isolés dans l'aisselle de l'écaille, ou feuille folliculaire, qui leur a donné naissance, et les organes mâles se forment dans l'aisselle d'un follicnle du même , ou d'un autre rameau , aux dépens des premières enveloppes gemmaires ; la plante est alors dioîque , ou monoïque , d'après l'ancienne nomenclature ^ et cette inflorescence, dans un certain nombre de familles, a pris le nom de caATO!« , amentum. Nous donnerons à cette inflorescence le nom d'axillaire ou gemmaire, indistinctement : inflorescence dont les fleurs sont formées immédiatement aux dépens des premières enveloppes du bourgeon axillaire,

1080. Mais si l'enveloppe ovarienne du bourgeon est déhiscente ; si elle vient à s'épanouir, en se divisant en valves que nous nommons stipules , de son sein sort alors un nouveau développement, qui est, à l'égard des follicules gemroaires ce que la piumule est à l'égard de l'embryon ^ c'est une tigelle , un entrenœud , qui se termine d'abord par une feuille, soit dé- ▼eloppéc, soit close, en bourgeon terminal. Mais cette première feuille peut s'arrêter tout à coup, sans donner lieu à aucun autre développement ; alors l'entrenœud qui la supporte, incomplet dans sa structure interne ( 1009 ), prend les formes habituelles et le nom de pétiole. Ou bien cette feuille, d'abord close, peut rester indéhiscente, en transmettant à son organisation interne la fécondation qu'elle reçoit du dehors (570), et, dans ce cas, le pétiole devient tige et la lige pédoncule d'un ovaire, dont le calice a son analogue dans les stipules axillaires. Ou bien eufîn la feuille s'épanouit avec une tendance florale, et la sommité du pétiole, qui figure là le bourgeon terminal de toute autre lige, donne naissance à des organes

floraux animés de la même tendance et émanés du même type ; alors encore le pétiole devient pédoncule , la feuille calice , et les développements auxquels elle donne naissance tout autant de pièces de la même fleur. Nous donnerons, à cette inflorescence, le nom de pétiolaire (inflorescence dont les fleurs sont formées , non aux dépens des enveloppes ovariennes et stipuiaires du bourgeon axillaire, mais bien aux dépens du bourgeon terminal que recèle la sommité du pétiole de la feuille).

1081. Enfin, il arrive que, parle progrès du développement tigellaire , la feuille reprend peu à peu la structure et les dimensions du follicule (1027); que les follicules se transforment successivement , les uns en sépales, les autres en pétales , les autres en appareil mâle, et enfin les autres en appareil femelle; et là, la tigesc termine sans avoir en rien interrompu la disposition de sa foliation spéciale. Nous donnerons à ce mode d'inflorescence celui de tigellaire ou terminal,

1082. r.es trois modes d'infloresccncc portent des caractères de floraison (177) si faciles à distinguer, qu'il n'est pas besoin d'avoir recours à de longues inductions physiologiques pour les reconnaître, et que la classification naturelle est dans le cas d'en faire un usage aussi sûr que la classification systématique et artificielle.

1083. Dans l'inflorescence axillaire ou gemmaire f aucun organe ne précède le fruit ; il commence et il finit le rameau ; s'il a une corolle et des étamines , il les porte à son sommet ; si on observe des étamines à sa base, c'est que le follicule dans l'aisselle duquel il a pris naissance s'est transformé en étamine. L'ovaire affecte toujours la disposition delà gemme; il est le plus généralement symétrique, comme le résultat des deux valves du bourgeon ; et s'il est uniloculaire, il est à deux styles. Les follicules se rapetissent jusqu'à disparaître presque entièrement , ou ils épaississent , ou ils grandissent, jusqu'à perdre toute analogie avec les follicules inférieurs. La tige, quand la disposition est en spirale, prend en diamètre un accroissement disproporliouné par rapport

CONCOUDANCE DB LA FOLIATION, ETC

à M longueur ; et, clans ce dernier cas, les sexes sont toujours séparés sur des rameaux difTéreiils du même individu , ou sur des individus différents, ou enfin sur des portions différentes du même rameau, les males en bas et les femelles en haut; et le développement de ces rameaux à fleurs, soit mâles soit femelles, est indéfini J c’est-à-dire qu’on rencontre toujours au sommet les germes d’un développement ultérieur. Les crauinees (pl. 3;

p). 18,fig. 3; pl. 19) et les cypj^aacees (pl. 10, fig. 6, 7,8), pour l’ordreen général alterne ] les amentacees , ou arbres à chatons (pl. 15 , 9g. 1) , pour Tordre en spirale et l’uniscxualité des chatons j les HENONcuLAcÊES (pl. 14, fig. 4-l3)et!es CALYCAKTnE'ES (pl. 25, fig. 1-1 1 ), pour l’ordre en spirale cl Tbcrmapbroditisme, non dos fleurs, mais du rameau floral, du c/mton qui termine la tige; les sTNANTUE'aEES (pl. 31 , fig. 1 , 2, 3, 4 , 5j pl, 32), et familles voisines , pour Tordre en spirale et l’bermapbroditisme des fleurs j ce sont U les principaux types de Tinflorescence à Jîeurs gemniaircs ou axillaires.

1084. Dans Vtn/lorescence pciiolairc , la fleur est toujours composée de deux ou plusieurs articulations (172) ^ elle est formée de verticilles alternes entre eux, dont chacun est le résultat de la décomposition (353) du limbe de la feuille, qu’auime une tendance de plus en plus prononcée vers les transformations sexuelles : Tinfcrtcur conservant beaucoup plus des caractères de la feuille que le supérieur, le supérieur prenant les caractères intermédiaires entre la feuille et l’étamine, le supérieur devenant verticille d’étamines, et le suivant verticille d’ovaires ] ou bien le premier usurpant le rôle des trois inférieures , ou bien le second usurpaut le rôle des deux intermédiaires; eufin la fleur complète offrant 5, 4, 3, ou 2 verticilles, ce que Tou détermine à la faveur de Tordre invariable d’alternation. Ainsi la fleur des Polfgonum se compose de deux verticilles seulement, l’inférieur, qui est la corolle, donnant naissance, par sa surface iuterne , aux étamines ; les Paro^ n^c/iia (pl. 5l, fig. 1-10) offrent trois ver-

ticilles dont l’intermédiaire (fig. 9) estU corolle stamiuifère; les Liliacées en ont trois, dont les deu^ inférieurs, qui forment la corolle (172), sont composés de trois pièces staminifères, et le troisième do trois loges; le Pontederia (pl. 92, fig. 5, et pl. 23 , fig. 9 et 3) est à deux faux verlicilles par sa corolle monopétale, mais dU visée en six, et par son fruit trilocplaire organiquement (pl. 92, fig. 2), quoique uniloculaire par avortement (ibid. , fig. 4)j l’Érable (pl. aO, fig. 1 et 7) forme sa fleur sur quatre verticilles , le premier le second le troisième etlequatrième ~ /;/.

1083. Les fleurs qui se classent dans ce mode de floraison peuvent être, de même que les tiges à foliation alterne , ou articulées ou inarticulées. Elles sont articulées lorsque les verticilles s’insèrent à des distances diflérentes les uns des autres; que chaque verticille forme un étage , de manière que les distances soient dans le cas d'être considérées comme autant d’entrenœuJs raccourcis, ce que, du reste, on reconnaît, par Tanatomie, à Torganisation du tissu. La fleur de Térabte a quatre articulations; la fleur du Samolus valtrandi (pl. 51, fig. 6, 7 , 8, 10 , 1 1 , 12), quoique formée de cinq verticiilesdecinq pièces chacun, n’a qu’une seule articulation ; c’est un seul entrenmud dont le sommet recouvre les ovules , et s'épanouit en cinq valves la maturité. Ces sortes de fleurs uuiarticnlécs se reconnaissent, à ce que la déhiscence du fruit, qui est infère en apparence, atüujourslieu dansie sein (pl. 31, fig. 12) , et non au-dessous des en vçloppei florales. Les fleurs symperianthées (172) sont des fleurs à plusieurs verticilles floraux et à deux articulations seulement, dont l’une supporte exclusivement l’ovaire (les Malvacées , les Slalicécs , pl. 50).

1086. L’exemple suivant, que nous prenonspresque au hasard dans 093 çt^iserralions, mettra daiislaplus grande évidence, aux yeux de nos lecteurs, l’origine pétiolaire des fleurs verticillces, et leur fouruira les moyens de retrouver le type de la ramescence et de Tinflorcsceoce d’une plante douocc, à travers toutes les transforma-

CONCORDANCE DE LA FOLIATION, ETC

lions de tee orgenei foliacés. La ti|^e des Géranium est articulée à fulialiou oppuséccroitée; les feuilles sont péliotées, et leur limbe est à cinq grands lobes, subdivisés en dents plus ou moins profondes; à la base de chaque pétiole, persistent asseï longtemps les deux stipules membraneu* ses desséchées , qui finissent ensuite par se détacher, sans qu'il en reste la moindre trace sur la tige. Ainsi , à chaque arlicu* lation, deux pétioles opposés et <{ualre stipules croisées. Or, tout à coup, à une cerlaioe hauteur de la tige, chez le Géranium reJle^aaUf Tarliculation ne possède plus qu'une feuille seulement; oiais les quatre stipules n'v subsistent pas moins , et le pétiole qui tient la place de ta feuille opposée porte à sa sommité une Heur dont le calice alterne , par son sépale médian , avec le sépale médian de la ileur de l'artfculatioD supérieure, et se trouve à l'opposédu lobe médian de lafeuillequi prend naissance sur la même articulation qu'elle. Ce calice eut été le limbe de la feuille , si Je sommet du pétiole n'eût pas immédiatement procréé des articnlalioni florales. Une fois ce point do la difOculté expli(|ué, le type du est conforme à la dis-

position générique de la foliation des Ge^ raniumy et à la disposition du bas de sa tige, où lot feuilles , sur cette dernière espèce, aofti deux par deux , comme sur toutes les autres. Mais puisque l'une des deux feuillee de rarliciilation se transforme en organe floral, toutes les deux auraient pu subir, sansla moindre anomalie, la même déviation normale (189). ür quel phénomène suivrait 1a réalisation de celle hypothèse ? D'abord la lige cesserait de se développer au-dessus de l'articulation ainsi privilégiée, puisqu'elle serait privée de l'urgaoe fécondant du bourgeon tigellaire , de la feuille, eu un mot (1033). La lige se terminerait dono par une bifurcation de deux pédoncules (lorigères , ayant à 1a base quatre stipules plus ou moins réduites , opposées deux à deux.

Or, c'est ce qu'on observe invariablement sur les Géranium; l'iuilorescence se termine par des bifurcations de fleurs, dont les deux pédoncules parteut d'une culle-

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