‹ Nouveau système de physiologie végétale et de botanique fondé sur les mèthodes d'observation qui ont été développées dans le nouveau système de chimie organiqueChapitre 111 sur 310 · SS · texte numérisé non relu

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1055. La plancbe 13 représente les | bour(]eons Je quelques-uns Je nos arbres fruitiers à leur état J'bibcrnation. Chacun d'eux (g) est recouvert Jes écailles ou follicules qui formaient leur pluoiule automnale y et qui, Je même que la foliation Je ces Rosacées , sont rangées en spirale par cinq. Chacun d'eux porte à sa base l'écusson (cc) , cicatrice durable laissée par la chute Je la feuille nourricière. Mais les deux valves Je son enveloppe ovarienne qu'il avait rejetées sur le côté en germant, sont tombées à leur tour, lavées par la pluie, ou arrachées par le vent. Dès que le printemps exerce son influence sur ces germes adhérents à la plante, on voit les follicules s'écarter et s'épanouir comme le calice de certaines fleurs ; les follicules herbacés se développent progressivement, jusqu'à acquérir plus haut ou plus bas les caractères de la feuille ; et quand leur rosace étalée donne immédiatement naissance à un bouquet floral, elle produit l'effet d'une corolle dont le pistil porterait un stigmate de fleurs; tel est le bourgeon épanoui (pl. 11, flg. 3) du bourgeon à fruit du cerisier ( pl. 13 , f)g. 6 g ). A cette époque , tous les premiers follicules desséchés par te hàlc et le froid sont tombés, comme l'avaient fait les valves ovariennes; et le bourgeon épanoui se trouve séparé de la cicatricule (cc), par une sorte d'entrenœud qui porte l'empreinte de ces follicules (Jl) gravée en stries transversales, qu'on distingue avec netteté sur les fig. 5 et 6 de U pl> 13.

1051. Dans le cours des nombreuses démonstrations que nous leur avons déjà fait parcourir , nos lecteurs auront dû remarquer plus d'une fois que l'approche du développement floral s'annonce, sur toute la tige , par des symptômes d'un caractère frappant. La feuille se modifie d'étage en étage en follicnle; le follicule SC rapetisse à la taille d'une squame ou d’un poil ; les entrenœuds se raccourcissent , et , par conséquent , les follicules se rapprochent; c'est ce qu'on observe sur toutes les Inflorescences (533) , et c’est ce qui a lieu aussi sur les inflorescences de

bourgeons. Ce pbéoomènen'a pat échappé à la sagacité du pépiniériste, et il sert de base à l'art tout entier de U taille et du palissage de nos arbres à fruilt,

1055. Encfi'et, ou distingue, sur le»

arbres fruitiers spécialemeot , comme on pourrait le faire au besoin sur toute autre espèce d'arbres, deux sortes de bourgeons : le bourgeon qui ne recèle qu'une tige à foliation, et le bourgeon qui recèle une tige à floraison, Les pépiniéristes nomment l'un bourgeon à bois, et le second bourgeon à fruit; car, en fait de classification , chacun se place au point de vue qui l'intéresse. Le principal caractère des deux est daps leurs diniensioea relatives sur le même arbre ; le bourgeon à boiseti grêle, mince, aplati contre la tige; le bourgeon à fruit est gros , rebondi , faisant saillie au-debors. Le bourg^onàbois s'élance d'un seul jet den» les airs dès l'instant qu'il se (développe ; c'estune hampe léuillée dont put bourgeon axillaire ne devient rameau la première année ; aussi acquiert-elle un développement si extraordinaire, qu'elle absorbe à elle seule L'éUboralion de toutes les portions avoisinantes du végétal, ce qui lui a fait donner par les agriculteurs le nom de branche gourmande. Le bourgeon à fruit , con-

traire , semble ne croître que pour se ramifier, et ne se ramifier qu'afin de fructifier ; il pullule de bourgeons à fruits; chacune de ses feuilles en recèle un ; ei comme toutes ces feuilles se sacrifient, non à la nutrition de la tige, mais à oeile de leur bourgeon axillaire, elles se trouvent ramassées les unes contre les autres; la tige, tout aussi régulièrement organisée que la lige du bourgeon à bois , ne semble, au premier coup d'œil, qu'un faisceau d'organes , mais d'organes riches en fruits, qu'un organe lui -même d'une nature spéciale, d'oû suintent, par toute sa surface, des larmes qui sc coagulent en jeunes fruits ; notre avare laboureur a donné à ce bourgeon composé le nom de BounsK, comme le Latin, plus jouisseur, l'avait surnommée peslb p&êcieose, gemma, La fig. 1^« de la pl. 13 représuule une branche gourmande de Cerisier avec scs

bourgeons à bois. La fig. 6 reprriente les bourses , ou bourgeons couiposés de bourgeons à fleurs du même arbre, La fig. S représente les bourgeons à bois du Prunier; et la ()g. 5 les bourgeons à fleurs du même. La Eg. 4, pl. 11 , oflre un fragment et un bourgeon à bois du Pêcher ; la fig. 6 de la même planche offre un bourgeon à fleurs isolé. Les plus riches bourses du pêcher ne dépassent pas trois bourgeons ; on les voit représentés de face et ' de proGI sur les fîg. 3 et 4 de la pl. 13; et ici cette association de bourgeons n'est pas le résultat d’une organisation gemmaire, spéciale 3 cette espèce; elle ne constitue pas essentiellement l’appareil ' axillaire de la feuille ; chaque feuille ne ' renferme pas trois bourgeons à la fois ' dans son aisselle , comme nous l’avons vu sur le Ficus rubiginosa (pl. 11 ,Eg. Sggg).

‘ Car, sur le Pêcher, on trouve indistincte- ' ment les bourgeons à fruit solitaires, as-

* sociés par deux, par trois, et même quoi- ' que plus rarement, par quatre; il est

* facile de s’assurer que cette association ’ n’est qu’un rapprochement, que ce triple

* ou quadruple bourgeon, en apparence, ’ n'est qii’unebourse; et chacun d’eux porte ‘ à sa base {ce pl. 13, fig. 3 et4) la cicatri-

ciile de la feuille dans l’aisselle de laquelle • U, est isolé. En portant l’analyse dans le sein de ces organes , on découvre que le bourgeon médian des trois est un bourgeon ' à bois; mais , en même temps , on s’aperçoit que, par l’ordre de la foliation , il est terminal. Les écrivains pépiniéristes, qui avaient remarque que, lorsque les deux latéraux se développent, le médian reste stationnaire , et qu’en général les bourgeons à fleurs isolées réussissaient moins que ceux qui appartiennent à un groupe de trois, ou au moins de deux , en avaient t conclu que le médian était destiné à ser- S vir de nourricier aux autres; ils avaient

f attribué à la sommité de la tige un effet

A qui résulte de l’organisation privilégiée é de la tige elle-même, à un bourgeon qui

* n’est pas viable , parce qu’il est le dernier conçu , la fécondité qui réside dans la structure de la bourse elle-même.

I* 10^. Chez un grand nombre de plan-

DES GEMMES, ETC. S5g

tes , les bourgeons terminant avortent; ils restent stationnaires, et ils alfectent même une structure dilTérente des bourgeons axillaires; chez d’autres, le bourgeon terminal est un bourgeon à bois dont les feuilles ne se développent qu’après les bourgeons à fleurs. Si tous les entrenœuds de la sommité d’un rameau de Peuplier (pl. 13, fig. 1) s’étaient raccourcis, comme cela a lieu sur le Cerisier et sur le Prunier (pl. 13), le bourgeon terminal, qui est à feuilles et qui reste stationnaire ( se serait trouvé le médian des trois, qu’aurait supportés la première cicatricule (ce), que l’on trouve à la base de cette branche; et on aurait eu ainsi sous les yeux la disposition des bourses du pêcher.

1057. Il est de ces images qui peignent si vivement aux yeux certains rappruchements, qu’elles équivalent aux démonstrations les plus complètes. Que nos lecteurs jettent les yeux sur les bourses inférieures du rameau de Cerisier (pl. 13, fig. 6); qu’ils remarquent (|ue cette tige, ainsi rabougrie, est un cylindre imperforé à la base et au sommet, autour duquel les bourgeons sont disposés en spirale, à des distances très-rapprochées, et que tout cet appareil était primitivement renfermé dans le sein des follicules protecteurs, dont on remarque les stries transversales 3 la base (fl), et à une époque plus ancienne, dans le sein des deux valves ovariennes qui se sont détachées en automne, et qui avaient mdri du printemps Jusqu’à la fin de l’été; et à la suite de ces combinaisons de souvenirs et de dissections, l’unité typique, d’où émane ce développement organi(|iie (991), sera conçue d’une manière nette et lucide ; or ce que l’on conçoit est vrai ; le faux n’est pas concevable, il est absurde.

1058. La disposition des bourgeons autour d’une tige effeuillée, indique d’avance la disposition de la foliation, et réciproquement, puisque chaque bourgeon, soit simple, soit composé , naît dans l'aisselle d’une feuille. Mais cette corrélation n’existe que pour les bpurgeons qui sont munis k lenr base d’une cicatricule, organe qu’on n’observe pas à la base des bourgeons, advenlifs. Ainsi les bourgeons des rameaux

Diyiiizr hy ( avoglc

Ô550 STRUCTUHE et DÉrELOPPEMENT DES BOURGEONS, ETC.

cle« Lilas, «l(*s Érables, du Fr?ne, sont opposés'Crois^t ; ceux des Poiriers, Pommiers, Pêchers, sont spiralés par cinqj en sorte qu'en hiver on peut connaître la foliation d'un rameau donné, tout aussi bien qu'en été, ce qui ajoute un caractère de plus à ceui dont fait usa^je, en cette saison, U botanique forestière.

101S9. Nous ne saurione trop recommander aux auteurs qui s'occupent de botanique descriptive, de faire entrer dans leurs planches l'analyse du bourgeon, à l'instar de l'analyse du fruit delà graine; ces deux organes s'expliquant souvent l'un par l'autre, et devant servir tôt ou tard à fournir, parla combinaison de leurs carac* tères, le type générique, ou au moins spécifique de l'organisation des plantes, type dont l'un est Wilpha et l’autre Vomèga, l'un le commencement et l'autre la fin.

1060. Dans le principe de la formation, le bourgeon terminal est enveloppé par les stipules, qu'il ouvre en deux ou quatre valves en se développant en dehors. Celles qui se divisent en quatre valves sont, en général, plus durables que celles qui ne s'ouvrent qu'en deux. Cellcs ci tombent de bonne heure , comme deux moitiés de calottes, qui passent inaperçues à cause de leur petitesse, et qui tombent vile, parce que, formant la voâle, et le bourgeon ne pouvant pas les fendre en deux, les soulève, et les arrache de leur point d'insertion. L’absence ou la présence des sllpu« les ii'esl donc qti'un caractère de forme et de convention. Toute feuille possède à sa base Torgane d'où émanent des stipules; mais l'organe d'où émanent les stipules ne dure pas sur toutes les feuilles de manière à être aperçu des observateurs. Soit, par exemple, la pltimiile de l'Érable { pl. 99, fig. 3 }, réduite à deux feuilles; dans l'aisselle de leurs pétioles, on rencontre le bourgeon d'où sort la tige ( ibitî, , 6g* Cg^); si l'on examine a la loupe ce petit luber- ’ciilc gemmaire on verra qu'il com-

mence déjà à se scinder en deux calottes, par une fente longitudinale qui croise les deiix^feuilles. Lorsque la continuation de la tige soulève cette enveloppe , elle rejette ses deux calottes chacune d'un côté de la feuille qui lui correspond , et elle les détache ainsi, comme les dents du péristome des mousses ( pl. CO, 6g. 5 cT) rejettent au loin l'opercule ( y) , et de cette manière, la base de la feuille n'offre jamais de trace d’opercule; il en est de même du bourgeon terminal du Lilas, du Frêne, etc.

lOGl. La préfoliation ( 71 ) (plancheO, 6g. 1-15), que Linné indiqua, et dont il a fait dans sa description un si faible 'uaage ; la prénoraison (177), cette gemmation de la fleur, de laquelle les modernes atiendaieftt, dans ces derniers temps, des réstiltatsai importants pour la classi6cation ; ce ncsonl là que des effets particuliers d'une cause qui les explique tous, à la manière des lois générales, je veux dire de la foliation (799), dont nous avons trouvé les formules dans les théorèmes précédents.

Nous parierons en son lieu de la prédoraison ; mais quant à la préfoliation, dont on se contentait d'étudier les caractères sur une coupe transversale da bourgeon, la foliation nous en indique d'avance les caractères généraux ; et à son tour la préfoliation peut maintenant, et en vertu des principes que nous avons posés , nous prédire la foliation (71 ), qui est la disposition des feuilles sur la tige. Ainsi h fig. 19, pl.9, est la tranche de la disposition en spirale ( 731 ); la 6g, 9 est celle de la disposition en spirale par trois (739); les 6g. 6, 7 , 15, sont celles de la lüsposUion alterne ( 727 ) ; les 6g. 11,15, 11, sont celles de la disposition opposéc-croisée ( 74l ) ; les 6g. 2 , 3 , 4 , 8 (57 ) , sont des tranches prises à une trop grande hauteur du bourgeon, et qui n’ont intéressé qu'une seule feiiiiie ; elles donnent le caractère de la feuille en particulier, mais non celui de la foliation dans son ensemble.

CONCORDANCE DE LA FOLIATION, ETC

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