S08 REVUE CRITIQUE DES CLASSIFICATIONS VÉGÉTALES
on en introduit deux dans la science, tu qu’on ne saurait se dispenser de citer ce* lui du pays. Si Adanson, qui savait le grec et le latin, avait voulu créer autant de mots grecs et latins que se le permettent les auteurs qui ignorent absolument ces deux langues, il eût mérité l’approbation des modernes, en raison qu’il aurait été plus inconséquent. Du reste, il faut avoir l’oreille bien dure, pour trouver les mots JUibora, jicosta, Fèltis, moins harmonieux et plus dilRciles à prononcer que la plupart des mots fabriqués, par les modernes, à coups de dictionsiaire, pour me servir de l’expression pittoresque des écoliers [1]. Un tort plus grave, car il est plus révolutionnaire, a été reproché à Adanson ; c’est celui d’avoir voulu réformer l’orthographe, et ramener la langue écrite à la simplicité de la langue parlée; car prenant acte en cela du génie de la langue italienne et de la langue espagnole, qui se sont débarrassées de toutes les traces de l’étymologie, il supprima les doubles lettres, les lettres qui ne se prononcent pas, et remplaça celles qui se prononcent autrement dans un mot que dans un autre.
En cela, Adanson avait précédé Dumarsais, l’abbé Beauzée, Voltaire, de Wailly, etc., dont cette innovation n’a certes pas fait négliger les ouvrages. Nous avons toujours vu que ceux qui se récrient le plus fort contre la réforme de notre orthographe sont ceux qui l’ignorent (ce qui n’est pas rare parmi MM. les académiciens) , et ceux qui ne savent qu’écrire correctement. Que sauraient cet derniers , de plus que le commun des hommes, si chacun, du premier coup, était en état d’écrire aussi bien qn’eux? Parmi ces deux classes d’opposants à la réforme, les plus ingrats sont certainement les premiers. Au reste, Adanson n’a adopté ce mode d’écrire que dans son premier volume, qu'il destinait aux savants; cl il s'est servi de l’orthographe
[0 On «'eit deniande longtemps, par exemple, ce qnc signiHail l'expression aitrolohium , consacrée par un auteur moderne , S une Icgumineuse dont la place au rang des astres avait lieu iTêton- Dcr. L'auteur consulté répondit qu'il avait voulu dé-
ordinaire dans le second, qui était la partie élémentaire de l’ouvrage, celle qui était destinée à passer sous tous les yeux; mais on ne manqua pas d’envelopper le volume classique dans la proscription dont on frappait le volume savant, c’est-à-dire la préface.
Ce ne fut qu’en 1 789, c’est à dire trente ans après la communication d'Adanson, qu’Antoine-Laurent de Jussieu présenta, au jugement de l’Académie des Sciences et de celle de Médecine, dont il était également membre, son ouvrage intitulé : Généra plantarum, secundum ordines naturales disposila ,* juxtà methoduni in horto regio parisiensi exaratum, anno 1774. La MKTaoDi dite ns jcssixo n’a pas d’autre origine ; elle s’annonce, dès son début, sans de fort grandes prétentions ; sa fortune a été rapide et brillante; la fortune avait doubléson bandeau pour Adanson ; si nous voulions réunir ici les éloges qui lui ont été prodiguésen France depuis la mort d’Adanson, et principalement depuis vingt ans , ceux qui liraient l’examen que nous allons faire de ce livre , se défendraient dilBcilement d’un sentiment peu favorable à l’organisation de nos institutions scientifiques en France. Du reste, il n’est pas un de nos lecteurs qui n’ait lu dans les livres élémentaires, et qui n’ait entendu répéter dans les cours , que le système de Jussieu a introduit en France la méthode naturelle, puis l'étude des Jamilles naturelles, et enfin une réforme inattendue dans la science des végétaux. D'après Cuvier, le livre de Jussieu opéra, en botanique, la révolution que Lavoisier avait opérée en chimie; Cuvier transcrivait une note communiquée, mais n’en jugeait pas parlui-méme; les compilateurs ont transcrit la phrase académique de Cuvier, et n'en ont pas plusjugé en connaissance de cause. Nous écrirons, nous, pour l'histoire; on nous pardonnera, sans doute,
tigiMv un légume articulé ; c'ett-à-dire que l'auteur ayant trouvé etpt/icv dans le dictiobnsire, avait remplacé le p par uu e et le I par uu r , saut j regarder de si urès.