CHAPITRE IL
CXAMIN DES PlIlfCIPCS SOR tCSgOSU RSFOSCIfT NOS «^THOOES ACTOSlXESo
1849. A force de s'appesantir sur les inconvénients du système sexuelj on a fini, au moins en France où la^ science est le monopole de quelques*uns , par en faire perdre de vue tous les avantages , et par élever la méthode naturelle sur scs débris. Mais cc succès n'a pas été obtenu sans beaucoup de peine et sans un certain savoir faire, et le succès de l'innovation n'a ^urtant jamais été jusqu'à l'enthousiasme, pas même jusqu'à l'engouement; c'est un succès olBciel et académique ; ce> lui de Linné fut spontané et populaire. Nous n'adopterons pas celui-ci sans doute, car la science l'a débordé en suivant la route du progrès ; mais ce n'est pas la méthode naturelle qui l'a laissé ainsi en arriére; nous sommes, au contraire, d'avis que celte méthode, préconisée par Linné comme le but de la science , et esquissée à grands traits par lui le premier, que celte méthode, dis-je, a plus contribué qu'on ne pense à rendre la scienèe stationnaire, par la rigidité presque dogmatique de ses prétentions. Cest depuis son introduction que Pou s'est familiarisé avec l'idée de l'invariabilité des formes végétales, qu'on a proclamé hautement et partout que les familles, les genres, et snrtout les espèces , étaient, dans la nature $ durables et impérissables , comme dans DOS livres; quoique chaque jour, dans nos livres, on les change , on les modifie, on les transporte d'un bout d'un système à l'autre, qu'on fasse passer, d'uti trait
déplumé, uac espèce d'un genre dans un autre, d'une famiilo dans une autre; que les familles, on les subdivise en d'autres familles , on les réunisse plusieurs ensemble , sous une même dénomination.
C'est une mutation continuelle, une refonte générale à chaque publication , à chaque édition du même livre. Depuis quarante ans, la physionomie de la méthode naturelle a changé plus de cent lais, et sa nomenclature change tous les ans. Le système de Linné n'a pas cessé un seul instant* depuis sa première publication , de SC prêter aux besoins de la classiGcation qui lui est propre; et avec une simple petite modification , il eût été encore plus naturel que nos méthodes les plus naturelles de toutes. Dans le système de Linné, il y avait donc une méthode quelconque; dans nos méthodes naturelles, U y a absence complète de méthode , c'està-dire absence de direction , absence de théorie capable de ramener jusqu'aux divergences au même but; la méthode de Linné était artificiellej ce qui est une méthode comme une autre; la méthode na- * »*
turelle eat devenue arbitraire} elle en est à la confusion des langues et au chaos ; et le peu de vrai qu’elle conserve , ce n’esf pas à elle qu’elle le doit ; il existait longtemps avant elle.
1850. Le principe sur lequel die se Lase est de réunir les êtres par le plus grand nombre de reaacmblances , et de les séparer par le plus grand nombre de dif-