‹ Nouveau système de physiologie végétale et de botanique fondé sur les mèthodes d'observation qui ont été développées dans le nouveau système de chimie organiqueChapitre 172 sur 310 · PREMIÈRE DIVISION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE DIVISION

eUértourî dr ces pjtrasilPN^ «Hon qu'iî» viennent sur les racines et les tices mortes d’une plante plutôt que d’une autre, sur les foiitllcs plutôt que sur les racines, à la base du tronc ou au sommet dos branches mortes d’un arbre encore debout, dans un fourré épais ou dans une éclaircie; enfin selon que l’tqwque de la maturation les surprend plus ou moins larii. Ft, dès que la lumière leur arrive plus ou moins directem^t ces parasites mûrissent; ils ne vivent souvent qu’une nuit. S'ils poussent contre une paroi verticale, leur pédicule devient arï|tié; leur chapeau, qui, de sa nature, doit être toujours horizontal, devient plus ou moins excentrique; tandis que lorsque le pédicule pousse sur les débris ligneux gisant h la surface du sol, il s'élève droit et perpendiculaire, et sert de pivot à un chapeau régulièrement conformé . Surpris dans leur développemrnl à la première phase, leur chapeau est clohuliforme, et leurs feiiilb'ts cachés ; à la seconde, le chapeau est conique; il se creuse ensuite s’il lui est donné de se développer davantage. Très-souvent toutes ces phases de développement SC rencontrent sur le mémo groupe, et dans ce cas, elles s'cx|Uiquent les unes par les autres. Elles formeraient souvent tout autant d'espèces dilférenlcs, si on les rencontrait isolément. Une étude longue et désespérante des espèces qui croissent aux environs de Paris, les descriptions et les figures à la main, m’a convaincu de l'impossibilitu uon-suulctnent de les classer par <les dichotomies naturelles, mats encore de les déterminer avec précision. Je vais citer quelques-unes de mes observations les plus satllsnles.

h'y^gnricus amarut est , en général , assez reconnaissable à ses groii|>es nombreux et serrés. à son pédicule jaune, orné d‘uu collier Jaune, à son chapeau châtain plus ou moins lavé de purpurin , et à ses feuilles qui varient du gris verdâtre au Jaune , à l'olivâtre, et enfin au noir. Le chapeau ne dépasse pas un à deux pouces: son pédicule droit ne dépasse pas quatre pouces ; mais scion que le groupe est plus ou motnsserré, il se tord plus ou moins , pour présenter la page supérieure à la lumière ; quand il est moins serré , et que la lumière le surprend plus tôt, son chapeau régulier est borizontal , et son pédicule central est perpendiculaire. Mais dans le premier cas, les chapeaux imbriqués les uns sur les autres, et formant la tortue y déversent leurs gongxi^* ou ipore* les uns sur les autres , et alors la surface du chapeau parait noirâtre et fuligineuse , caractère qui , Joint à la torsion du pédicule, a donné lieu à l’espèce que Bulliard a désignée sous le nom A'Jg. contortus. Dans le second cas, il prend des formes si réduites et un aspect tellement différent de son type, qu’il faut

DD RÈGNE VÉGÉTAI,. «37

l'avoir étudié dans tous ses passages , pour le reconnaître â ces traits ébauchés. Ainsi , au mois d'octobre 1837, je découvris deux groupes d'AgarIcs sur le tronc d’un ormeau de la grande ailée dcsTuileries, A la hauteur de vingt A vingt* cinq pieds environ. Les pédicules étaient arqués, le cha;>eau énorme , du centre duquel pendait une membrane en collier ; c’est A ce signal seul qu’on aurait pu les distinguer de VAgarfeus tesselatus , qui croit ordinairement sur TOrmcau ; car la couleur des feuillets qui caractérise YAgarieus amarus ne se manifesta que très-tard , au bout de huit Jours, cl cela sur l« groupe supérieur. Or, U membrane manquait sur plusieurs de ces individus A feuillets non enrore colorés. Isolément offerts A la deichptioB, ils auraient donc pris le nom A' A. iesseiaius,

VAgarfeus ulmarius, dont VA. iessetatus n’est qu’une variété, nous l’avons rencontré fréquemment sur les ormes du boulevard qui conduit du Luxembourg aux Invalides , avec des formes qui variaient énormément A chaque fois, selon qu’il venait sur les cicatrices superficielles du tronc , ou dans le creux de l’orme ; et si alors la fente du tronc était étroite , le champignon se moulait en passant , de manière à no plus rien conserver des traits de scs congénères. Nous sommes sûr que VAgaricus exotique , que l’on vient de publier sous le nom d'A. ficicolay n’est pas autre chose que notre >4. u/mar/i/s, tropcommun sans doute pour qu’on se soit arrêté A le bien étudier. Nous avons rencontré des amateurs qui , chaque année , entreprenaient de longs voyages , pour sc livrer A l’élude de la cryptogamie , et qui u’avaicDt jamais vu VAgaricus ufmarius.

En 1835 , au bois de Boulogne , nous reacontrârncs, solitairement perché sur un chicot , à la base creusée d’un troue de faux-acacia, un Agaric, dont aucun cryplogamiste ne vint A Imut de trouver le nom : un chapeau lisse et d’un bleu noir, relevé par derrière et rélléchi par devant, dépassant A peine l’épaisseur de son gros et ventru pédicule , sur lequel les feuillets descendaient assez bas ; il avait la forme exactement d’une burette : je le désignai sous le nom A'Agaricus urceolus. Par ses caractères il se serait approché de VAgaricus eryngil. Au mois d’octobre 1839, on m'apporta du Jardin des Plantes un large groupe d'Agarics venu sur la surface d'un tronc coupé depuis longtemps. Les plut grands étaient ceux qui recouvraient les autres, et qui étaient en contact avec une plus grande masse d'air. Leur chapeau était large et évasé, leur pédicule central ; comparés dans cet état A VAgaricus urceolus , la différence était immense ; cl pourtant à l'ombre de ces grands individus , SC trouvait Vurceolus , avec tous ses

PREMIÈRE DIVISION DU RÈGNE VEGETAL

caractèrei eiieolielt , et en grand nombre.

La plupart des espèces ne sont dtsllncles réellement que par la couleur ; or, chez les Agarics, rien n’est plus variable que la couleur. Qui ne connatt rincoDstancc de la livrée de Vj4. peetlnaceus , dont la page éclairée est tanldt purpurine , tantôt rouge de brique , tantôt gorge de pigeon, tantôt Jaune , etc. Or, un caractère variable dans une espèce est variable dans toutes; que deviennent dans cette hypothèse le plus grand nombre des espèces ?

Faut-il pour cela abandonner une étude aussi ingrate ? Non , certes ; mais il faut prendre une direction qui la rende féconde et abandonner entièrement Pancienne. Ayez moins en vue de créer, des espères , que de découvrir la généalogie de celles qui sont inscrites dans nos catalogues , et les influences qui leur impriment les formes par lesquelles on les distingue. Ne négliger aucun caractère , mais poursuiver-cn le développement. J'avais conçu l'idée d’appliquer , à la classiflcation des Champignons , la méthode qui m'avait si bien réussi , pour distinguer les espèces fossiles des Àmmonitet , dont les plus petites ne sont que le jeiineôgc des grandes [1] : c'était de négliger les dimensions , pour constater , par des moyennes , les proportions et les rapports numériques des organes du même Champignon ; les rapports , par exemple , de la longueur et de la largeur des feuillets , en prenant pour toutes les espèces la longueur =: 30. A cet effet, on constate la longueur des plus grands feuillets, en droite ligne , du pédicule au bord du cha|>eau entièrement développé ; on prend ensuite leur plus grande largeur ; et par une règle de trois. dont30 est le troisième terme, 00 obtient le quatrième qui est le signe de la largeur. Lorsque le chapeau ne se développe pas et reste roulé sur le bord , on suit le contour interne de la lamelle ou feuillet. C’est par cette méthode que nous avons trouvé 30 ; 5 pour les feuillets de l’Oroogc ciguë vcrlc {^garlcus butbotus B.) (pl. 59 , fig. 1 ) J 30 ; 3,8 pour l’/^rpophytlum sinapisans de Paulet; 30 ; 8,3 pour Vj4garicus tulfureus ; 30 : 9,3 et 30 : 9 pour les plus vieux individus de VAgartcus araneotut ; et 30 : 10 pour les plus Jeunes de ce versatile Agaric ; 80 : 6,8 pour i'Agaricut nudus f etc. J'jnvitc les descripteurs à faire entrer ce caractère dans la phrase spéciflqiie ; on peut le constater tout aussi bien sur les figures bien faites , pounu que les groupes en soient nombreux, que sur les individus vivants.

[i] L.de Buch, dans ws travaux subeéquenU sur les Ammonitet, a adopté rette mélhodcquenou»avions appliquée A ces fussîles, dC-s i8Ji, dans le Lycée.

Les Agarics se décomposent très-vite , après leur entier développement ; les vers s'y mettent ; U sera intéressant d'étu Jier les mouches que chaque espèce donne. Ils fondent souvent en une eau noirâtre , d’une odeur cadavéreuse ; un fort petit nombre sc dessèchent â l'air. Quelques espèces, à l'état frais, laissent suinter, en se cassant, un suc laiteux alcalin , caustique et âcre. Tous doivent être considérés comme délétères , à leur phase de décomposition.

Nous nous sommes étendu sur cette famille , plus peut-être que ne comportent les limites de cet ouvrage , à cause que la plupart des idées que nous avons émises, au sujet des Agarics, sont d’une application immédiate à toutes les familles qui vont suivre dans la classe des nocturnes.

YII. BOLÉTINÉES (933).

1887. Celte famille ne diffère de la précédenle, quVn ce que les placentas, qui supportent les Sftores (Gongyles) , au lieu d'élre rangés en lamelles , forment des tubes prismatiques {Boletus, pl. 59, Hg. 3), des cellules peu profondes et hexagones {Morcheüa) f ou anastomosées sur la page obscure du champignon. Les individus naissenttous, comme les Agarics, dans le sein d'une votva plus ou moins éphémère , qui dure autant que le champignon lui-méme chez le Boletus voluaceuSf chez le Phallus impudicus f dont le nom seul est une description suffisante. Au sortir de la volva^ les organes reproducteurs du champignon sont recouverts de la coriina , qui laisse des traces plus ou moins durables, et qui subsiste assez longtemps autour du pédicule du R. annularius.. Tout ce que nous avons dit des Agarics, relativement à la couleur des organes et à leurs propriétés, s'applique immédiatement aux Bolets, dont l'un est comestible. La substance du Boletus cyanescens bleuît lorsqu'on entame le champignon , même sous l'eau (1347 , 5<>).

Genres ; Polyporus (pl. 59, fig. 4), Boletus ( fig. 3 ) , Merulitis , Morchella, Phallus^

OssBavATiovs. Pour bien comprendre Tanalogie physiologique des BoleU , qu'on sc représente les feuillets inégaux de l'Agaric soudés ensemble par leurs extrémités respectives , et éloignant leurs parois les unes des autre» , faute

Page 1