VI. ACASicixiss
1886. Chapeau {pileus, pl. 59, fig* 1, d à substance molle et cotonneuse, en général blanche , dont une surface ou page est, comme la page éclairée des organes her* bacés (1595), toujours dirigée vers le zénith , et l'autre , qui correspond à la page
obscure , regarde le nadir, et porte les organes reproducteurs {sports f jo) enchâssés dans le tissu de lamelles perpendiculaires {Lamella: at, y, feuillets qui rayonnent, du pointd'aUachede la plante, comme centre , vers la circonférence. Ce point d'attache se trouve tantôt au bord du chapeau , et alors l'Âgaric est sessile contre une tige d'arbre en général perpendiculaire au sol ; ou bien le point d'attache se trouve au centre de la page inférieure du chapeau , et alors il sc prolonge en un pédicule perpendiculaire , qui s'insère, par sa base, sur les feuilles ou les débris des végétaux en décomposition.
Dans le premier cas, les lamelles sont en éventail , et ne couvrent qu'une demi-circonférence; dans le second, elles graduent complètement le cercle et avec la plus élégante régularité. Le pédicule porte souvent une collerette (cort/’/m, annu^ lus {c)j qui pend du point d’ioierlion des melles , et à sa base une autre enveloppe déchirée, opposée à la précédente, qui prend le nom de Volva {bl).
Cette famille ne comprend que le genre ^garicus, qui est le plus nombreux de toute la cryptogamie. Le Champignon de couche , la seule espèce , crainte de funestes méprises , dont la vente soit permise sur les marchés de Paris; la Balingoule, ou champignon du Panicaut; le Mousseron (deux champignons egalement comestibles); la Fausse Oronge ci Voronge ciguë (champignons vénéneux), appartiennent à ce genre si fécond en empoisonnements. C'est en automne, et pendant les pluies, que les espèces sauvages apparaissent en plus grand nombre dans nos bois.
OisERViTiONS. Le développement des Agarics peut être étudié dans toutes ses phases, sur les meulesdc fumier qu'on prépare pour la culture du Champignon découché. Les jardiniersont grand soin de n’en déposer te blanc ( espèce de moisissure blanche qui en recèle les germes), qu’entre plusieurs couches de fumier; ils savent que le grand jour en arrêterait le développement. La faculté germinative du blanc se conserve presque indéfiniment dans un grenier sec cl aéré. L’Agaric n'est d’abord qu’un petit luburcule blanc comme la neige, qui grossit plus ou moins, selon les es*
PIlEMliRE DIVISION DU RÈGNE VÉGÉTAL.
pèceit annt de s^épaootUr. Si on pratique une coupe longitudinale à travers sa substance, à rcUc époque (pl. 50, fig. S), on le trouve muni de tous ses organes, mais enveloppé et enfermé herméliqueracnl par une enveloppe cvlcrnc (6/) Le pédicule joue, dans le sein de celte enveloppevle rôle d'un placenta columeilaire, dont Ici feuillets (s) formeraient les cloisons, et Ip chapeau (f) le péricarpe. Car alors ces trois organes sont aussi intimement et aussi organiquement adhérents que chez les fruits proprement dits. Si on pratique une coupe transversale et horizontale, à travers la substance de cet orpane rudimentaire, on obtient, sur la tranche, la eonOguration I.i plus exacte des fruits multiloculaires. Mais les lamelles recèlent les organes reproducteurs, comme les cloisons de certains fruits proprement dits se couvrent d'ovules, qui, h un certain âge, sont aussi peu saillants sur la surface de leurs placentas (494)i et partant aussi peu visibles que les spores des Agarics. Or, si nous avons présentes à respril les analogies qui ont été amplement développées dans le cours de rel ouvrage, nous n'aurons pas de peine à considérer l’Agaric comme étant composé, 1<> d'une corolle qui prend le nom do voiv/if et qui recèle peut-être les organes miles ; 2" d’un fruit multiloculaire, à placentas pariétaux, dont la déhiscence serait basilaire (10). Car après l’épanouissemeul de la vo/r/ifl], le chapeau se détache, par sa base, du pédicule qui leur servait t\c pince nln; H s'étend horizontalement, les lamelles s'étendent dans la même proportion que lui, cl les spores mûrissant à l'air ne tardent pas à tomber, comme des graines imperceptibles à l'adl nu, qui couvrent le papier blanc d'une |)oussièrc verte, purpurine ou noire. Mais en se déiachant du pédicule, ces lamelles ne se délarbcnl pas aussi facilement et tout de suite les unes des autres j clics entraînent avec clics la couche externe du jiédicule; elles en restent quelque temps recouvertr» comme d’un voile (cor/ina), dont elles se séparent plus ou moins tard, par un mécanisme variable à l'infini. Car tantôt celte membraoe de rebut se prête i l’cxlension des lamelles, et elle retombe ensuite en collerette autour du pédicule; tantôt entraînée par les lamelles, elle sc détache du pédicule, avant de se détacher de la surface des lamelles ; et elle retombe ensuite le long du pédicule , comme un cordon ou un bandeau plus ou moins froissé ; tantôt opposant une certaine résistance
[i] Le chapeau emporte et conserve souvent des lambeaux de la volva. qui saltAciient i sa surface, comme des verrues pelliculeuses. l.our présence sert principalement à distinguer V^ffaricui pseudo-
à U (ractioD des lamelles, sa subslaoca se déchire en réseau aranéeux, qui reste suspendu à la surface inférieure dq chapeau, comme une toile d’araigncc : tantôt enfin elje est mise en lambeaux, dés les premiers instants du développement des lamelles, et on n'en trouve ensuite pas la moindre trace. La substance de la volva est sujette aux mêmes accidents ; organe qui a fait son temps, sa durée est plus ou moins éphémère, et sa présence infiniment inconstante. A râge le plus tendre, le pédicule est toujours plein 1 ce n'est que par Iç progrès du développement quM devient fisUiIeux chez quelques espèces. A l'âge le plus tendre , toutes les lamelles sont égales entre elles: elles ont toute la longueur du rayon de la même circonférence. Mais a mesure que le globe grossit, les lamelles plus âgées se délacheol les premières du pédicule, et ce sont les dernières venues qui, douées d'une plus grande énergie de développement, se trouvent adhérentes au |>édiculc à l'époque de l'épanouisscmcnl. (>n en trouve alors de quatre à cinq grandeurs différentes ( pl. S9, fig. 1 ), mais toutes alternant réciproquement avec la plus grande régularité. Quelques espèces, telles que Védgaricus pectinaceuSf n'en offrent que d'une seule longueur.
C'est lâ rbistoirede tous les Agapes ; les différences ne sont ducs qu'â des accidents. Or, lorsqu'un genre sc montre si nombreux en espèces fondées sur de semblables différences, on doif admettre en principe, que ces espèces n'ont aucune fixité, et quece ne sont que des formes attachées à des circonstances de localité, dont on n'est pas encore parvenu à délcnniDer la valeur. C'est dans cei sortes de familles proléiforpies qu'on devrait surtout se montrer sobre de créations, cl c'est la marche contraire que les auteurs, surtout les débutants, ne manquent pas d'adopter. Le nombre des espèces s'est multiplié de telle sorte, que les descriptions les plus minutieuses ne sauraient plus tenir A les faire distingue;. On a eu recours aux figures ; mais Bulliard, qui en a figuré le plus, s'est si peu occupé de la partie physiologique de cef Cryptogames, qu'il serait facile de ramener le tiers au moinsdescs beaux dessins ù n'èlre considérés que comme des accidents des autres. On ne saurait s'imaginer, avant de s'étre livré à cette étude avec le flambeau de robserration physiologique, on ne saurait, dis-je, s'imaginer combien la moindre circonstance influe sur les caractères
auranliacut ( fausse oronge ) qui est véoeneux , do V Agaricus aunsnliacus (oronge vraie), qui est coin e»liblo.
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