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té La physiologie végétale est l’étude des causes qui président à 1a végétation; la botanique est Pétude de effets qui découlent de ces causes. >
La physiologie et la botauiqne ne sont qup deux manières de considérer les mêmes phénomènes , deux formules d’observation aussi distinctes, mais aussi inséparables l’une de l’autre , que les causes le sont de leurs effets. La botanique énumère, classe et décrit les individus; la physiologie explique les phénomènes de leur existence et de leur origine. La botanique s’applique aux formes extérieures des organes; la physiologie remonte des formes à leurs fonctions. Celle-là a rempli sa tache après avoir compté, et son scalpel ne dissèque pas, il développe. Celle-ci constate les rapports et les analogies ; pour expliquer les formes extérieures , elle plonge jusqu’aux formes intérieures, elle va chercher le foyer de la vie jusque dans le sein de la molécule vésiculaire ; pour expliquer les phénomènes, elle s’attache à les reproduire ; elle les analyse à l’aide de Tanatomie et de la chimie, elle procède à la synthèse à Faide des inductions ; son ambition n’est pas de ravir le feu du créateur au ciel , mais de parvenir à démontrer que , pour créer à son tour, c’est ce feu seul qui lui manque. « Donnez-moi un point d’appui , a dit la statique , et Je soulèverai le* monde. » La physiologie veut
arriver à pouvoir dire avec assurance :
« Donnez -moi une vésicule organique douée de vitalité, et Je vous rendrai tout le monde drganisé. »
Enfin, la botanique n’est que la langue parlée de la science végétale ; et la physiologie, c’est la science elle-même.
Toute science n’est , en définitive , qu’une rigoureuse démonstration.
S. Or, la méthode la plus naturelle de la démonstration est celle qu’ont adoptée les géomètres ; elle consiste à dégager des vérités inconnues par la combinaison de vérités connues. Et pour arrivera ce résultat, elle nomme, figure et décrit des formes; elle démontre comment celles-ci s’cngcndrcntles unes des autres ; elle expose leurs propriétés et leurs fonctions et elle les classe de manière à faciliter l’application de la théorie.
3. Telle sera la marche que je suivrai dans l’exposition de ce nouveau système. Je le divise en cinq parties principales: Daus la première , Je nomme et désigne les formes végétales; J’expose la langue de la science {Organonymie),
Dans la deuxième , je cherche à démontrer la filiation de ces formes, leur généalogie, la formation et le développement des organes; je remonte, à travers toutes leurs modifications , Jusqu'à leur type pri-
BITISION DE rOUVRÂGE.
mitif, leur commune origine;
j'écris ainsi l'histoire de chaque organe ( Organogénie ).
Dans la troisième * je cherche à déterminer les rooclions des organes, par l'élude de leurs phénomènes, par les conditions de leur existence et les résultats de leur' élaboration ; je décris leurs lois et les habitudes qui en découlent (Organophjrsie ou Physiologie),
Dans la quatrième, je profite de tous les résultats obtenus par les précédentes recherches, pour grouper les êtres par leurs rapports les plus intimes; je les classe de manière à faciliter non -seulement le travail mécanique de la mémoire, mais
encore davantage le Iravail philosophiqâa de la comparaison ( Organotaxie ).
Dans la cinquième partie , enfin , de ces démonstrations théoriques, je cherche à tirer des inductions pratiques; car dans ce monde, où tout s'enchaîne, où tout concourt pour sa part à l'harmonie universelle , une vérité ne saurait jamais être purement spéculative , puisqu'une vérité étant l'expression d'un faitne saurait être telle si elle ne tient à rien. 11 faut donc que toute spéculation ait son rapport pratique, que toute théorie ait son résultat utile à l'homme ; sans quoi elle est incomplète ou chimérique. Cette cinquième partie sera intitulée : Technologie,