‹ Nouveau système de physiologie végétale et de botanique fondé sur les mèthodes d'observation qui ont été développées dans le nouveau système de chimie organiqueChapitre 3 sur 310 · NOMENCLATURE VÉGÉTALE · texte numérisé non relu

NOMENCLATURE VÉGÉTALE

4. La nomenclature n'eat ni un vocabulaire ni un dictionnaire [1] ; ce n’eat ni un catalogue de mota , ni une collection de trailéa ; c’eat le prodrome dana lequel ou file , d’une manière prëciae et invariable , et avec une certaine méthode , la aigniücatiun dea mota dont on aura à ae aervir dana le coura de la démonatration ou de la pratique.

Sana être un traité raiaonné, elle auit un ordre méthodique. C’eat l’ordre dana lequel le aujet a’oITre naturellement à noa 'jeux ; car l’eaprit n’eat encore pour rien dana cette analyae toute matérielle , dana cette dénomination de chaque pièce et de chaque forme de l’objet que l’on va traiter.

11 eat dea choaea aur leaquellea il faut a’entendre avant toute diacoaaion ; l’attaque et la défenae ayant lieu aur le même point , il faut bien que ce point aoit reconnaiaaable dea deux partiea i un même aigne : car ai le même aigne convenait à deux choaea dilTérentea ,1a diacuaaion aérait dana le cas de ae prolonger auaai indéSniment que deux lignea parallèlea ,

[i] Le vaeaiulaàre etl le timple recneil det moti accompagiiét de leur liginficalion eseentielle t c'est rieseoUire succioct des mots d'une laopie , rangés par ordre de signes alphabétiques. Le dictionnaire est no Tocabulaire raisonné , où chaque mot est , pour ainii dire . un traité plus ou moins développé ; c'est rmventaire de toutes nos connaissances rangées d'après le même ordre que le simple inventaire des mets. Lea encyclopédistes avaient denné à cette

aana arriver à un point de jonction.

Or, on traité n’eat qu’une diacuaaion de bonne foi entre le lecteur et l’écrivain; i l’écrivain , avant tout, doit donc 6xer la valeur dea mota de la langue dont il va ae aervir pour faire comprendre aea doètrinea : il établit aa nomenclature.

5. Mais comme il procède i ce compromia , aeul et aana intervention , aon devoir, c’eat-à-dire l'intérêt de la vérité, exige de lui qu’il écarte de aon dépouillement tout ce qui pourrait paraître arbitraire et exceptionnel.

Il ne doit laiaaer à aucun mot rien qui contrediae la aignification nouvelle que aea démonatrationa aont dana le caa de lui donner; maia auaai il ne doit donner à aucun mot nulle aigni&cation qui préjuge aea démonatrationa ultérieurea. Il faut qu’il concilie le beaoin d’unité avec celui de ae faire comprendre.

Ce n’eat point en débutant qu’il doit viaer à réformer la langue adoptée ; il doit ae contenter de la dépouiller dea exprea-

détînîlion le plus grand développement possible de leur temps. Mais la tonne qu'ils avaient adoptée était telle , que ce travail ne pouvait servir tout au plus que vingt ans ; tant les progrès des sciences Isissent vite ces recueils en arrière. La forme qui s'adapterait le plus au progrès , serait celle où chaque mot formerait un traité nupriroé à part , que Ton pourrait enrichir de suppléments successif t en sorte que la colleclioo de ces suppléments serait

NOMENCLATÜRE VÉGÉTALE

sions oiseuse» et Ta|rties, des locutions barbares et entachées d’clrangelc, des roots trompeurs ou arophibolo^^iques, des doubles emplois, des néologismes [1], dont notre siècle se montre si peu avare , et dans la création desquels U apporte une si grande maladresse.

6. Sans doute il est permis de donner un nom nouveau à une idée qu'aucun autre mot reçu ne saurait rendre; de créer une locution par riicurense combinaison de deux autres ; d'cmpriinter à la langue grecque [S], dont le génie se prête si bien à nos généralisations, un assemblage de radicaux pour traduire une loi nouvelle; mais la nécessité seule peut sanctionner ces innovations; et remplacer une expression reçue par une autre qui n'ajoute rien de plus à l'image, donner un nom à un doute ou à une inconnue, c'est un de ces amusements dont il est temps plus que jamais de faire justice.

Il est une vérité incontestable, c'est que la richesse du vocabulaire est en raison inverse des progrès de la science ; car plus la science svance , et plus elle se simplifie; plus on découvre de rapports et plus on s'assure que les éléments d^ plus nombreuses combinaisons sont en petit nombre; en sorte qu'on peut établir en principe, que plus un auteur crée de mots, et moins il a découvert de choses. Les créations nominales ne sont bonnes qu'à cacher la nullité des découvertes, l'impuissance de l'observation et les plagiats de la compilation.

7. Invariablement attaché à ces principes de la philosophie de la science, on nous trouvera aussi sévère dans le choix des mots inscrits au vocabulaire, que ré-

l'hiitoirc la plu» complète et la plu» vraie de la marebe pro(;rt!Miva «le l'eipril humain. Unetablede matière* bien faite prête à tout traité mélboUique l'avantage du dictionnaire.

[i] Un niolo^itma A'cat pa* un mot nouveau, c'ett une innovation plus prcieolieuAC qii'ulîlo.

[s] Les homains avaient eux-mème* reconnu l'în* fériorité de U langue latine , à l'égard do la Ito-

servé dans la création de mots nouveaux.

Ce n'est pas là le moyen d’ètre cité par les compilateurs, mais c'est le seul moyen d'ètre utile à la science.

8. Toute science se forme par voie d'observation, et se transmet par voie de démonstration ; sa nomenclature doit être propre à faciliter l'une et l'autre de ces deux grandes investigations ; elle doit être descriptive et démonstrative,

9. La langue descriptive s'est enrichie jusqu'à Linné , qui l'a mise en ordre ; depnis Linné elle s'est encombrée. Telle qu'il l'expose dans sa philosophie botanique, elle suffit à tout désigner, à tout peindre, à tout décrire : c'est une palette, sur laquelle le descripteur trouve les nuances les plus délicates à sa disposition ; à tel point que toutes les fois qu’une plante est décrite d'après ces règles de langage , un lecteur un peu exercé serait dans le cas de la dessiner, d'après la description , comme d'après nature.

10. La langue démonstrative n’a certes pas progressé d'une manière aussi heureuse : on ne rencontre pas de vérités aussi facilement que des formes; il est plus aisé de constater des ressemblances que des rapports ; cela est incontestable. Mais qni force donc les auteurs à nous créer des mots , quand ils ne sont pas sèrs de la chose; à tracer une formule, avant d'avoir constaté une loi? 11 faut que cette manie soit bien contagieuse, et que nos institutions scientifiques soient organisées de manière à en favoriser le développement avec bien de la puissance, pour avoir résisté aux nombreux coups de fouet que la presse scientifique, mais iodépen-

gae grecque, (Ino* la créatioo do* locutico* muvelle*, ot Horace n'avait pa* craiatde traduira eat hommage en axiome t

Biserxê agragi» , molttm ri ealtida varham

Haddidarit Junetura novum

£/ nova fiefaqua nuper habainmtvaràa fidam, al Grtsco f 'oaktê oatdant, parcè daioaim. (Aae voiv.)

NOMENCLATURE DES INDIVroUALlTÉS.

dante, n'a eeaaé cia Ini infliger depuii dix

•ns.

TI. Ce sera dana la tangne ddmonatra- Uts qne nos tnppretsions porteront le plna fort ; dans l’antre , il ne noos reste A opérer cjne des réformes.

19. D'après tont ce qne nons venons d'exposer, il résulte que la nomenclature cjni Ta suivre n'est pas la partie neuve de notre ouvrage : c'est le préliminaire convenu et adopté, lei notre but n’est pas de déflnir, ce qui snppose la démonstration , mais seulement de décrire pour désigner, et de désigner par des figures , par des mots et par des signes abréviatifs, qui, sur tontss ni» planches , eonservent rigonrensemeot la même valeur : ce qui fait qne chacune de nos planches, tans

avoir l'air d'élre plus chargée de lettres que les planches ordinaires , emportera cependant avec elle son explication la plus complète. Le tableau de ces signes se trouve à la fin de la nomenclature , et en tète de la partie iconographique de l’on-. vrage.

IS. La nomenclature dénomme nonseulement les êtres, les individualités, mais encore leurs diverses parties , mcime les plus élémentaires , leurs organes , les tissus de cet organes, enfin leurs rapports les plus intimes , comme les plus éloignés.

lé.L’ordreciuenonttnivrons danseetle exposition lexicographique , n’est antre que celui dans lequel ce sujet se présente le plus naturellement A l'esprit > c’esè l’ordre d'une exposition progressive.

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