PHYSIOLOGIE EXPÉRIMENTALE
mi profesiear à iine eliaire , on no lui a pai roconnu le droit d'éiire tout aenl et «elon ton caprice , et encore moins la faculté innée de faire le meilleurchoix. L’expérience, au contraire , a démontré, plut d’iina fois , que le profeaaeur avait grand soin de te faire remplacer par l'homme la moins capable de l’éclipser dans l’esprit de ses élèves. 'S'il est, en outre, reconnu que la voie du concourt toit seule propre à fournir les chaires des ntrilleura professeurs , on ne saurait contester que rien ne soit plus éloigné du mode de concoiira, que le choix d’un seul homme , qui désire se faire remplacer è une chaire , dont il continue à percevoir les émoluments.
3119. ACsDâMias scGONOAiaas. Nous comprenons , sous ce nom, les petites sociétés acientiGques, cher lesquelles on prélude à l’Institut; espèces d’académies borgnes, où l’on singe les allures des académiciens à habits brodés , où l’on fait des rapports comme i l’Académie , où l'on convient de s’endormir, comuse à l’Académie, à la lecture des étrangers , pour rèvc> , pendant ce profond sommeil , qu'on est membre de la grande académie, par cela seul qu’on siège, dansla petite académie, séria même banquette qu'un grand académicien. Telles sont la Société phUomalitfue , la Société d'histoire naturelle, etoelle de géologie de France ; foyers d'intrigues au petit pied , où les fils de MM. les membres de l’Institut vont , é l’ombre de leurs pères , coter leurs chances d’avancement et celles de leur candidature. Le seul avantage que noua ayons reconnu i ces sociétés libres, c’est la faculté qu’on y trouve de discuter des opinions, d’ouvrir une polémique avec les membres de l’Institut, qu’au Palais-Maxariu le règlement condamne au mutisme.
Carie membre de l’Institut ne doit jamais descendre, de son fauteuil, dans l’arène du lecteur sans titre, du v'dain de la science ; et dans ces petites sociétés, on a soin de remplacer les fauteuils par des banquettes.Mais de cette petite satisfaction de la roture , le public n’en relire pas le moindre proGt ; le public qui hante les séances se plaît très-peu à ces soirées ; il laisse les .académiciens parvenus et candi-
dats causer de leurs sffaires scientifiques, plutôt que de leurs travaux.
9130. AOADÎnix DS MaDxciss. C’est , sans contredit, celle qui offre le plus de garanties, par le nombre de juges compétents qu’y rencontrent toutes les questions de sa spécialité , et par les discussions orales , dont , sur chaque point , les membres ne te font pat faute. Mais placée, comme l’Académie des sciences, sous la haute dépendance de Vautorilé, elle ose peu psr elle-même ; elle attend qu’on la consulte ; elle ne s’impose aucun travail, aucun objet de recherches; elle ne con- \ çoit la nécessité de se livrer à des expôriences concluantes que sur la demande du pouvoir. Quant aux mémoires qui lui sont soumis , elle les discuta avec plus d’abandon et de bonne fui , qu’elle ne les juge en connaissance de esuse; car elle improvise toutes ses discussions, sur le rapport inattendu de deux de ses membres; aussi arrive-t-il infailliblement que la discussion finit par tout jeter dans le doute ; on a entendu tant de choses pour ou contre , qu’on finirait par ne plus croire à la médecine , si on ne la voyait que dans acs comptes rendus ; et messieurs les praticiens doivent s’estimer heureux que leur clientèle ne lise pas les séances académiques. L’Academie de médecine donne des prix , nomme à des places aussi bien que l’Académie des sciences ; elle a aussi un habit brodé; mais point de but, ni de * direction, point d’Iurmonie; ses séances sont le champ-clos hebdomadaire de toutes les haines médicales , qui , comme on le sait, sont les pires des haines ; c’est 14 qu’elles se portent ou se rendent des coups , qu’elles font des révélations foudroyantes, qu’elles se tendent des pièges avec autant d’esprit que peut en laisser la passion , jusqu’à ce que la sagesse du plus grand nombre mette fin au scandale par la clôture , qui no décide rien , et qui satisfait également les deux adversaires. Mais au moins les abus que nous venons d’indiquer se signalent d’eiix-mèmes; ils n’y couvent pas , comme à l’Académie des sciences ; la discussion les amène 4 se dénoncer de leur propre voix ; en sorte que,
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«i l'AcacIcmie de médecine ne contribue pa« plus que l’Académie des sciences au proRrèf , il faut hautement avouer que , parla nature de sa constitution, elle lui est beaucoup moins défavorable.
il 91 . UBttvM d’hiSTOIBI RATCaitLE. C’cSt ici que la réforme devrait pénétrer avec son marteau impitoyable ; car c’est ici que les vieux usages se sont transformés en abus moins susceptibles d’étre corrigés autrement. Le Muséum d’histoirenaturelle est une espèce de république oligarchique, indépendante du pouvoir, qui la protège, l’alimente et ne la contrôle jamais. Cette république est régie par des professeurs inamovibles ; la dignité de professeur est en quelque sorte héréditaire ; puisque ce sont les professeurs qui ont la puissance de nommer les professeurs, dont le nombre est limité à une dizaine , et qu’il leur est permis de présenter leurs propres enfants et leurs gendres à la candidature.
Ou concevra sans peine que , de cette façon, il pourrait se faire un jour que le Muséum soit régi par une seule famille professorale; ce résultat se réaliserait infailliblement , s’il arrivait qu’un professeur n’eùt que des enfants mâles et les autres que des biles; à chaque vacance, la même place contenterait deux pères à la fois [1]. Les professeurs nomment en dernier ressort les employés de l’établissement et en règlent les honoraires , ce qui est une garantie que la plaie des sinécures et le scandale des émoluments exorbitants ne se montrera jamais dans les rangs de MM. les employés subalternes; et cependant la plupart d’entre eux ont rendu à la science plus de services que tel de MM. les professeurs. On maudira un jour l’institution qui condamna Cuvier â subir 60,000 fr. de sinécures , et I.aurillard ,son préparateur, â toucher 9,000 fr. C’est l’État qui rémunérait Cuvier , c’est Cuvierqui avait voix au chapitre pour alimenter Laurillard.
Le bâtiment se compote des collections
[i] Dans ce moment , uD 'seul père a réuni les suffrages sur son fils cl sur ses deux gendres | ses pe-
des trois règnes , et des petits palais de chaque professeur. On y distingue une galerie zoologique , une galerie anatomique , une galerie minéralogique , une ménagerie, un herbier, des carrés destinés anx démonstrations botaniques, et, dit-on, aux démonstrations d’agriculture ; des serres et orangeries, où l'on cultive à grands frais des plantes exotiques , et enfin une bibliothèque.
La dotation , pour tout ce matériel , est de 560,000 fr. de revenu. Avec ce matériel et cette dotation , il n’y pas de doute que cet établissement devrait être une pépinière , pour ainsi dire , de découvertes et d’applications ; mais il y a plus de six ans que le pouvoir a dû se convaincre que cet établissement ne peut servir que comme un cimetière de tous les trésors qu’on y adresse des quatre parties du monde.
Nul catalogne n’est là pour constater la valeur de cette propriété nationale et pour éclairer les recherches des travailleurs. Les ballots s’ouvrent au gré des professeurs , qui y puisent les objets de leur compétence , et se chargent de les rendre à leur destination , sans avoir pris la précaution de les faire enregistrer , et de mettre par lâ à couvert leur responsabilité personnelle et celle de leurs employés. Un professeur a le droit de sortir et d’emporter dans son cabinet , de prêter même â qui il veut, on échantillon de la plus haute importance , et de le rapporter â la collection, quand il le juge à propos. Il n’est nullement tenu de mettre la collection qui rentre dans son domaine â la disposition destravailleursdu dehors; il a même le droit , sous les prétextes dont lui seul est juge , de leur en refuser entièrement la communication. C’est une faveur insigne qu’il leur accorde, en leur ouvrant les tiroirs des armoires, et il ne l'accorde, comme on le pense bien, qu’à ceux qui lui en sauront gré. La plupart des collections ne sont pas encore olas-
tits-eafaots ne sont pas encore adultes, mais lev place est marquée au Muséum.
PHYSIOI.OClJi EXPÉRIMENTALE.
âée<, et partant août inutile» i Tétude; d'autre» »ont dans un état si incomplet qu'on s'est demandé souvent, avec une certaine anxiété, comment il se faisait qu'un simple employé , sur les économies de ses faibles émoluments, soit parvenu h se créer une collection qui s'est ven* due 60,000 fr. à sa mort, quand il est avéré que la collection correspondante du Huséum , en tenant même compte de sa réputation , n'en vaudrait pas 10,000. CependantrÉtat se montre assez ma^jnanime à allouer é cet établissement les dépenses qu'il réclame; et on nous a révélé à la Chambre le chinVe et le malheureux emploi de ces sommes allouées avec une facilité digfne d'un meilleur usage; on a signalé quela nouvelle galerie minéralogique avait été construite de telle sorte que la moitié des échantillons sera soustraite à la vue du public; nous avons dit dans quel esprit (2068) on a tracé le plan des serres. Or le dixième de cette somme eût sufQ pour enrichir et classer chaque collection de la manière la plus heureuse.
Le jardin possède un professeur d'agriculture qui ne professe pas et ne saurait professer l'agriculture ; un carré d'agriculture qui ne saurait servir aux démonstrations d'agriculture, car Je doute qu'une charrue ou un semoir pussent y tourner sans briser les grillages au bout du sillon; une école de botanique et des serres surtout oû le despotisme des professeurs dispute de pluseiTplus, à l'élude indépendante, les faibles avantages, que l'usage et la complaisance infatigable des employés avaient accordés jusqu'à ce jour aux auteurs. Jusqu'à présent, la porte des serres nous avait été ouverte , tout aussi bien que celle de l'enclos; tout a changé , cette année, par la volonté d'un homme que nos travaux , il est vrai , n'ont certainement pas ménagé , nous en coove* nons; aussi nous étant présenté, comme d'habitude, dans les serres, à une époque où la rédaction du présent ouvrage réclamait l'analyse d'une plante qui se trouvait en fleurs, un domestique accourut nous inviter de smrlir à la minute, parce que nous n'éUons pas porteur d'une carte
d'entrée , telle qu'elle venait d'être votée par les professeurs , sur 1a demande du possesseur officiel des serres. On nous procura, quelques jours après, trois de ces cartes, signées du professeur luimême , avec l'injonction de ne parcourir les bâches qu'accompagné d'un jardinier.
Nous renvoyâmes ces trois impertinences à l'administration , et nous eûmes recours à une autre obligeance qu'à celleque l'Etat croit payer dans l'iutérét de ceux qui élu* dient.
Or, il est reconnu qu'un simple jardinier a droit de cueillir des bouquets tout entiers dans ces serres; M. le professeur en couvre sa chemiuée; il est reconnu qu'un étudiant a droit d'analyser sur place une fleur, et même d'obtenir un certain nombre d'échantillons pour ses études de cabinet. La condition de la permission était donc une injure gratuite et un moyeu de nous fermer la porte , en ayant l'air de nous l'ouvrir ; l'auteur avait compté sur le respect que nous professons pour notre personne.
Dans sa spécialité, chaque professeur jouit des mêmes privilèges que le professeur des orangeries ; quand Cuvier travaillait sur Tichlbyologie , il était défendu de livrer à qui que ce fût uii bocal de poissons, et du moins Cuvier travaillait, sur les poissons , et au Jardin des Plantes les Cuvier sont devenus rares. Observez que toute réclamation serait inutile; ces messieurs ne sont responsables qu'envers leur conscieuce, et nous ne connaissons pas, pour notre compte , les moyens d'arriver à la barre de ce tribunal.
L'herbier, cette bibliothèque d'écliautillons desséchés , de plantes indigènes et exotiques, était, il n'y a pas longtemps, dans un riche désordre; les adeptes seuls avaient la clef de ces trésors enfouis ; les professeurs ontdroit de prêter, à qui bon leur semble, les liasses à consulter cl à emporterebezeux; les étudiants non protégés sont tenus de porter leur bureau dans la salle commune et d'étudier sous les yeux de ces messieurs.
En un mot, les collections du Muséum appartiennent eu toute propriété aux prg^
PHYSIOLOGIE EXPÉniMENTALE,
fetsenrs) la pablic nVn a en propre que U promenade ] les travaiileura n'ont droit à rien, si ee n'est k quelques fareurs, qu'ils doirerit payer d'une ample reconnaissance.
La conscience immédiate est qne la seience , jusqu'il ce jour , n'a pas retiré la eentièoie partie du profit qu'elle était en droit d'attendre d'un établissement si bien fourni et si bien doté. On y chaulTe des plantes pendant l'htrer, on les arrose en plein vent pendant Tété; on les jette au rebut quand elles dégénèrent; mais en fait de physiologie expérimentale et d'agriculture théorique ou pratique, on laisse aux particuliers , aux laboureurs et jardiniers de province, le soin de s'y livrer è leurs frais.
912^. Aoraes sociérés savantbs. Nous avons encore la Société éC jégrieulture j la Société d' Horticulture f oû l'on fait des rapports , où l'on couronne les efforts dociles, où l'on console, par des encouragements, les auteurs dévoués, que la presse indépendante a pu mutiler de son fouet scientifique, et où le bureau du président se couvre de fleurs et de fruits, et s'entoure, une fois tous les ans, d'un cercle de dames qui éclipsent les fleurs et les fruits par les grâces de la nature et parcelles de Part. Cesten vérité amusant; mais si c'est antre chose, ce n'est pat ce que nous cherchous; c'est encore trop académique.
S1S5. niroaux raorostfi a tous les amis