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rite incontestable, de la pllis haute mora- ,li(é, et dont les travaux feront longtemps l’orgueil de la France. Hais ce n'est pas la constitution académique qui les a ren> dus tels ; elle ne les a fait servir qu'au charlatanisme des membres incapables, qni ne manquent pas de se poser , de manière à pouvoir briller de ce reflet qui leur est étranger. Tous les beaux travaux ont été faits par des auteurs non académieiens ; il est un fait remarquable , c’est « que les hommes , une fois devenus académiciens , n’ont presque plus rien reproduit de saillant ; on dirait qu’en entrant dans le sanctuaire , la puissance de leur illusion tombe tout è coup. Si donc, à tout prendre, on s’attachait i reconnaître quelque mérite intrinsèque à l’institution, ce serait celui des oripeaux d’une décoration , qu’on recherche au péril de sa vie, at qu’on néglige de porter après les avoir conquis.
9118. Mais, on bien l’Institut est une récompense que l’on propose à l'émulation ; on bien c’est un corps de travailleurs réunit pour contribuer aux progrès des sciences ; ou bien enfin c’est un tribunal chargé de vérifier les découvertes , et de décider du mérite et de l’opportunité des applications.
Dans le premier cas , pourquoi borner le nombre de ses membres à six par chaque science ? Est-il défendu à Dieu d’en faire naître un plus grand nombre , sur un espace de 54 millions d'hectares, et dans une population de SS millions d’habitants ? S’ilen naît un plus grand nombre, on sera donc réduit à l’arbitraire ou à la faveur dans le choix; dès ce moment que signifiera la récompense? Le prix doit nécessairement arriver au mérita ! qu’est-ce donc qu’une institution qui suppose plus de mérites que de prix ? C’est de fait une institution qui s’attache à interdire et à étouffer le mérite, au lien de le provoquer et de le faire naître.
Dans le second cas, c’est-à-dire si l’Académie n’a été créée que pour se livrer à des travaux spéciaux, pourquoi encore la constituer juge des travaux d’autrui?
Dans toutes les questions elle sera nécessairement Juge et partie, ce qui , dans la rnySIOLOGIE VtGtTAlE.
jurisprudence de tous les sièoles , est une cause légitime de récusation. Et pais, comment croire que six membres , souvent décrépits, vu qu’ils ne sont renouvelés que par la mort , puissent suffire à cette immensité de travaux qui pèse actuellement sur toutes les sciences ? et encore six membres accablés sous le poids des sinécures, encore plus que sous celui des ans ou de l’inexpérience imberbe! Que voulei-vous qu’apporte à la masse commune d’activité, un homme qui a contracté l’obligation salariée de passer deux heures à professer à la place Cambrai , une heure à professer à la Sorbonne, quatre heures à voter à la chambre des pairs et à celle des députés, toutautant au conseil d’Élat, et la soirée enfin aux bals officiels ou à ceux de la cour? Il ne Ini reste vraiment que le temps d’écrire le bon à tirer au bas du travail, du soin duquel il se repose sur les préparateurs , les dessinateurs et les compilateurs que l’État met à son service.
Dans le troisième cas , c’est-à-dire si l’Académie n’est organisée que comme tribunal , je n’en sache pas de moins conforme à l’esprit de notre droit français , je n’en sache pas de pire. Car, sur soixante-treixe membres votants, vous n’en avezjamais que six ou sept qui puissent être considérés comme compétents, et un seul qui se soit donné vraiment la peine de compulser le dossier scientifique, et d’examiner la question soumise à la sanction de ce grand corps. En définitive , vous n’ètes réellement jugé que par un seul homme; et il est admis que ce seul homme a toujours raison ; or, quand ce juge a prononcé, le public s’imagine que le jugement émane des soixantetreize juges. Observez que c’est jugé en dernier ressort; ainsi un rival, un ennemi , peut se trouver votre juge , et vont accabler non pat de. sa réfutation , mais de la toute-puissance de l’Institut; un sot, comme vous savez que les sots te glissent partout, peut te trouver infaillible, et écraser , pendant plusieurs années , un homme d’esprit ; il a le pouvoir de retarder de dix ans au moins le triomphe d’une vérité utile : et , après que l’opinion publique a annulé son jugement, l’Institut ,
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compromit ptr U bévue d'un confrère, tient pourtant à ne pat t'avouer vaincu ; il lutte , dant l'intérét de l'etprit de corpa, contre la conviction de l'opinion publique. Si c'eat là de la momUté , il biut avouer que c’rtt la première foit que la moralité a profité au charlatanitme. Le charlatanitme en effet ett habile à te préterver det juffementt défavorablet et à turpren* dre leajugenentt flattenrt. Je vait voua en donner un eiemple irrécuiable : Noua avont une Académie de médecine qui réunit tontec lee cclébritéa médicaiee de la capitale :ai un médecin tenait à faire juger ta découverte , par le plut grand nombre poeaible de jugea compétente, U ne aanrait trouver nn tribunal plut conforme à aet vœux. Hait l'Académie dea aciencea potaède antai une tection compoaée de aix médrcina ou chirurgieiM aenlement ; et il ett oonatant que ce ne vont pat toujoiira let plue habilea ; chacun d’eux eat également membre de l'Académie de médecine.
Or, à l'Académie de raédecne , nn auteur tiendrait fort peu à avoir Un rapport , pintèt de leur main , que de celle d'nn antre membre une aeule foie académique ) et pourtant le même auteur tient plue à obtenir nn rapport à l'Académie dea aciencea qu'à l'Académie de médecine ; il aait que ce rapport d'un aenl , paaaant aana contrôle an milieu dea eonveraationa de aoixaate-aept oonfrèrea ineompétenla, loi allouera > dant l'opinion publique, nne plut grande aomme de gloire , qu'un rapport diacuté aoieonellement, et pendant plutienra téaneea , par nne fouie déjugea compétenta , à l'Académie de médecine.
Celui qui préfère de tela lauriera n'a-t-il pat en vuedetromper la erédulitéde l'opinion publique? et un corpa , dont la conatitntiou ae prête à de pareillea anpercheriea , pent-il être conaidéré comme nn tribunal digne de ce nom ? Et ai l’on ae rappelle enaoite qu’à la anite delaconcluaion de certaine rapporta iégaliaéa par l’aaaemblée, te trouvent aouvent juaqu’à dix mille franca de gratification pour l'auteur jugé, n'ett-on paa porté à faire dea réfleliona péniblet , aur la pnitaauce que l'on dtmne {»r là anx rivahtéa et aux co-
teriet ? n'eat-il pat permit de prévoir qu’il pourra ae trouver , dant le corpa le plua probe , dea membrea qui n'béaiteront paa à acheter , par oe moyen , dea créaturea à leur ambition , dea partiaanaà leura rèveriea , dea aouteneura à leura poléaiiquee , dea llatteura et dea prônenra à leura écrite ? C'eat une bien mauvaite loi que celle qui ne auppoaepaa le magiatrat corroptibla et corrupteur.
Il n'eat paa moral , de quelque petot de vuequ’oncttviaagel'AeadéBiiedcatoiencea, il n'eat paa moral de loi laiaaer à elle-même le choix de aes membrea , et de ne pat remplacer l’éieelion autocratique par 1e onneoura largement établi. Car, autrement, il eat certain que chaque membre parviendra à faire paaaer au fauteuil aa progéniture , avant tout autre concurrent, et aea créatunea avant tout candidat indépendant. Comment attendre que dea pèrea aavanta et électeura réfutent leur voix à un enfant d'uu confrère aavant et éleoteor an même titre ? et comment auppoaer que l'Académie admette jamaia dant ton aein , par l'effet de aa propre volonté , un auteur qni n'a d'autre titre à leur bieoveillanee que dea décou vertea qui ont froiaaé un aaaex grand nombre de æamemfarea ? Cela n’eat paa dana la nature actuelle de l’homme.
Enfin il u’eat paa moral d’ajouter, à la pniaaaoce déjà ai écrasante que confère l'habit de l’Académicien , la puiaaance det places pobliquet ; de confier dea digniléa de police ( chef de division, chef de bu^ reau ) à dea faomowa qui ont déjà tant d’intérêt à surprendre les sécréta les pins intimes de leurs rivaux en fait d’étudec. ChacuD comprendra la portée de cette réfiexion , et nous n'avoua paa miaeioa de donner ici dea exemples. Il eat dangereux et lunette à plus d’un titre aux progrès det aciencea , d'élever le savant à toute autre dignité; il faut euGu proclamer les fonctions de savant , comme étant incompatiblea avec la moindre fonction salariée de la hiérarchie politique.
il n'eat paa rationnel de laiaaer , à na profraaeinr , le droit de désigner son remplaçant pendant aa viet Car, en nommant