Cette division est d’autant plus
régulière , que le milieu dans lequel végète la racine est moins soustrait aux rayons lumineux ; aussi la racine du Lemna (pl. 15, fig. 10 et pl. 31, lig. 8) emportet-elle son enveloppe (■), sou* forme d’une coiffe caractérisée par des formes constantes et régulières. »
811. A l’extrémité de la racine, comme à l’extrémité de tout rameau, se trouve la répétition du bourgeon d’où l’un cl l'a u-
tre émanentr Lorsque la racine se déve-< loppe dans l’eau éclairée ou dans un milieu où les rayons lumineux arrivent en se brisant plusr ou moins, le bourgeon extrême delà racine offre dans son intérieur de la matière verte.
812. C’est ce bourgeon radisulaire de l’extrémité des racines qui a reçu le nom àe spongiole , terme impropre qui préjugeait une question importante , et emportait l’idée d’une fonction , dont aucune expérience directen’établissait l’existence, ainsi que nous le verrons dans la partie physiologique de cet ouvrage.
815. Les racines se ramifient d’autant moins qd’on les force à végéter à la lumière, dans des coupes pleines d’eau, par exemple ; de même que les rameaux se ramifient d’autant moins qa’onle* force à végéter dans l’obscurité.
814. Mais , dans le milieu qui convient à leur élaboration , le bourgeon terminal de la racine ne tarde pas à éelore, en déchirant son enveloppe gemmaire, qui, dans le principe , apparaît sous la forme de la fbuille axillaire des rameaux aériens; de l’aisselle de cette feuille radiculaire part alors un bourgeon terminal, ayant, comme sur les tiges aérienne* , un ou plusieurs bourgeons axillaires, dont le développement , ou simidtané , ou successif, amène une bifurcation ou une ramification plus compliquée. Chacun de ces bourgeons , en s’épanouissant comme celui duquel il émane, est destiné à continuer la racine, exactement de la manière essentielle qui distingue le développement des rameaux aériens.
815. Les organes foliacés des racines disparaissent plus vite que les organes analogues des tiges, parce que non-seulement iissont caducs, mais encore décomposables et placés dans un milieu favor.ible à la décomposition.
816. Si l’on coupe l’extrémité d’une racine, on lui enlève son centre de développement; comme si l’on coupe, par la taille, l’extrémité d’un rameau aérien, dêl ce moment le développement cesse dans cette direction; s.1 puissance se reporte sur les bourgeons axillaires.
817. Chaque bourgeon , eoèore emprî* ■onné oo développé, est organisé snr le même type que le Ironc-racine (799), que le caudex ; il peut être ramené à une vési* cule à deux pôles de nom contraire, Pun empâté sur Porgane maternel, et Paatre libre et engendrant à son tonr; son ac> croissement a lieu par des générations successives dVmboilements de plus en plus internes; Panalomie ledémonlrepour chaque nouveau rameau en p«irlictilier ; une coupé longitudinale, qui intéresse les deux exiéémités opposées, dessine très-bien aux yeux le plan de ces emboîte* meiits concentriques. Le corps de toute, racine, comme celui de tout rameau, s'ac> croît à Pintérietir, avec la même énergie qu'il se développe àPextérieur; sa fécondité est toujours égaie sur les deux faces de sa par<»i génératrice. Toute racine durable tend donc à devenir ligneuse, comme toute tige durable ; et à cette époque elle a acquis la faculté d'eAgendrer , par toulè sa surface, comme dans le principe elle n'était apte à engendrer que par aon sommet libre; elle denne lieu à des racines advenlives y comme le tige aérienne passée à Petit de tronc donne lieu , par sa surface, à des bourgeons adi>enU/s. Nous fournirons l'explication de ce phénomène, en nous occupant plus spécialement des développements aériens.
818. La ramescence des racines, ne différant dé celle des tiges que par Pin- Huence du milieu, on conçoit comment, en changeant de milieu, l'une peut reprendre le rôle de Pantre, et vice versa ^ comment les racines sont dans le cas de ne plus produire que des rameaux , et les rameaux de ne plus prodoire que des racines. Pour déterminer cet échange dans les fonctions , il sunira de changer les positions respectives, de renverser le végétal, les racines en Pair et les rameaux dans la terre ; dés ce momeut , les bourgeons adventifs des racines donneront lieu au développement de rameaux, et les bourgeons advenSifs des rameaux donneront lieu au développement de racines; mais les bourgeons déjà éclos dans Pun et dans
Pantre milieu , en passattt dans )é tbiliett contraire, sefont frappés de moK, pour ainsi dire j par asphyxie; leurs fonctioqs cesseront, par le changement forcé dn pôle, qui les aimantait, qoi le^ abittiait,qul présidaità leur élaboration.
819. Ce phénomène de mutation de rôle se manifeste spontanément sur on assez grand nombre de plantes. Chez le /Vcus e/aslica, le Clusia rosca, le Bhisophora, le Hhus rndicansj et autres plantes exotiques, oo voit de longues racines descendre de la base des bourgeons aériens vers lé sol , oô elles viennent se ramifier comme tontes les racines ordinaires. De la base souterraine d'autres plantes indigènes, tels que les Gramensj P/m, le Typha^ etc., on voit des prolongements radiculaires, organisés comme une lige aérienne aftictllée, offrant sur chaque articulation un follicule souvent embrassant, de Paissêlle duquel part un bourgeon qni se redresse verticalement, dans lea circonstances favorables, et va végéter dans les airs. Mais ces tiges souterraioes'se dirigeol horizontalement presque toujours à fleur de terre ; elles ne plongent pas y comme les Traies racines , dont elles ^e conservent que Papparence étiolée, et Pespéce de sympathie pour une demi-obscurité. Les tiges souterraines , d'après ce que nous avons dit de l'analogie de leur structure, sont des racines déviées, comme les racines pendantes dans les airs sont des rameaux déviés; c'est, dans Pun etPaulre cas, le type de la ramescence, tel que nous Pavons établi, mais le type animé par nne impulsion différente.
8S0. En conséquence , tout ce qui végète dans les airs n'est pas rameau, tout ce qui végète sous la terre n'esl pas racine; c'est la tendance constante , malgré les obstacles, et non Pbabilation passagère, qni constitue le caractère physiologique de Pun ou de Pautre organe.
831. k l'aide de ce petit nombre de principes fondamentaux , il nous sera aisé de résoudre toutes les questions relati- < ves au système radiculaire, snr lesquelles I les butanUle» se sont silongtemps divisés.
DÉrELOPPEMENT DE LA RACINE.
f • Stmcture externe et interne des racines . j
822. La fiirface des racines, qui sont forcées de croître dans IVaii, on exposées à rinflaence d'un peu de lumière, se cottTrentde poils, comme les tif^esaérien* oes que Tort chan(^ d'habitation,
823. Celles qui sont forcées de croître contre les pat’ois ou entre les jointures d'une pierre, s'empâtentsur les surfaces, y adhèrent avec force, soit par reffet de suçoirs qu'il resterait è découvrir, soit par le seul effet d'un développement condamné à s'iosinuer dans toutes les cavités de la pierre, à subir Icsempreintes de toutes les aspérités. Nous eiamineroos plus par* ticuliéreaieol,dan8la physiologie, laqueslion de savoir si la fonction des racines ne coosisUrail pas spécialement à s'empâter, à la manière des polypes, sur les molécules terreuses, pour les dissoudre, ou les aspirer, au profit de l'incrustation ou de la cenbinaison des tissus.
82L Que les racines jouissent de la même organUatioo que le tronc, il suffit, pour PadmeUre, de se rappeler (799) que la racine principale et pivotante o'en est que le proloogenent inférieur, et que les racines qui émaacnt, comme tout autant de rameaux , de la racine principale, sont organisées de la même manière qu'elle.
Par une eection transversale , on peut ae convaiocre que la racine se compose d'emboîtements concentriques, avec les mêmes rayonnements , qu'on observe sur la tranche d'ain tronc ligncux. Une tranche longitudinale démontre que ces embolie^ menu ont lieu dans les deux sens, et qoe, par conséquent, ce sont des emboîtements Je vésicules closes. En continuant ces étndessor nne série de racines de différents égeSfOn découvre facilement que le nombre des emboitemeoCs augmente successivement par le centre et non par tout autre point; c'est le plus interne qui enfante un nouvel emboftement, et nol autre que lui. On s'exphque ainsi la raison pour laquelle les racines sont fusiformes, laridis que les troncs qui s'élèvent au-dessus du sol affectent la forme ooiiiquu. L'activité Je la racine et celle du tronc se trouvant k leur
point de contact, c'est la que les formations d'ernboilement ont lien par des générations successives ; c'est li qu'eslleiir cœur; c'est là, si je puis m'esprimer ainsi, qu'est leur ovaire. Or, éli aJniettant ce fiît , qui est incontestable, on est forcé d'admettre que c'esi toujours là que la racine et le tronc doivent posséder un plus grand diamètre, puisque c'est toujours là, si le progrès Je la végétation n’esl pas arrêté dans sa fécondité, que doivent eiistcr les emboîtements en plus grand nombre.
825, Avec les emboîtements du tronc, on trouve, dans chaque racine, les prétendus rayons mcdullair(*s , dont nous avons plus haut donné l'explication. Le liber, l’aubier, la moelle, s'y distinguent quand la racine acquiert la con-sislnnce du tronc ; ces caractères sont moins saillants, qtiand , dans un milieu humide et obscur, les rapports de consistance s'elfacent. Mais l'idée d'une série d'emboîtements, dans le tronc et dans la racine, emporte de toute nécessité avec elle l'cxislence, dans l'un et dans l'autre organe , d'une moelle, c'est-à-dire d'un emboîtement central et plus spongieux que tous les attires , parce qu'il est le dernier créé et le plus jeune. Quant à l'écorce, il est évident que, dans on milieu humide où tout tissu frappé de mort se décompose rapidement , les couches externes qui ont fait leur temps , ne sauraient se dessécher et se conserver superposées , comme si elles se trouvaient exposées à l'influence protecirice do l'atmosphère et de la chaleur. Ces propositions acquerront un nouveau degré de force, des développements dans lesquels nous entrerons au siijet de la structure du tronc.
828. Mais on s'apercevra, par ce peu de mots , avec quelle facilité les différences s'expliquent, toutes les fois qu'on est parvenu à reconnaître le type , te plan de l'organisation. Sans ce point de départ on n'a devant soi qu'un labyrinthe; en partant de ce point de départ, tout n'est plus qu'un système d'embranchements, et Ton a, pour s’en éloigner ou y revenir, une boussole qui jamais ne vous égare; on ne s'expose plus à prendre le plus ou le
moin* pour le caractère d’un nourel être, les apparences pour de nouvelles existences , et des modiBcations accessoires , œuvres de l’âge ou du milieu ambiant, pour des organisations d’un nouveau type.
887. Nous avons établi que les tissus végétaux se réduisent à une combinaison variée de deux ordres de cellules, qui sont organisées de la même manière , mais qui dirrèrent seulement, sous le rapport de l’origine , de l’élaboration et du développement dans le sens de leur longeur, cellules proprement dites et vaisseaux ( 595 ) ; il serait absurde de penser que , pour si peu de chose, le système radiculaire fît exception à la règle générale; cependant, d’après les physiologistes, on serait autorisé à admettre au moins le doute à cet égard ; car quelques-uns vont jusqu’à nier absolument, dans ces organes souterrains, la présence de leurs tubes poreux, ou au moins de leurs trachées, ou au moins de leurs vaisseaux réservés aux sucs propres.
Sans aucun doute il n’y a rien de tout cela dans une racine , puisque nous avons vu que rien de tout cela n’existe comme les auteurs l’avaient entendu (684); mais il y a dans les racines, comme dans tous les autres organes , les vaisseaux dont la structure , par le jeu de la lumière, avait donné lien à ces innombrables créations.
Les racines possèdent les cellules à spires et les vaisseaux à spires du tronc ; seulement il arrive, à cause du peu de consistance de la cellule et de la spire, à cause de l'homogénéité des deux tissus, sous le rapport de la consistance et du pouvoir réfringent, il arrive, dis-je, que la spire se distingue peu au microscope des parois delà cellule; mais, avec une attention mieux dirigée , et à la faveur de certains procédés , on en constate la présence dans tous les tissus radiculaires. Dans les gros rameaux radiculaires , dans ceux qui végètent près du sol , et qui , par leurs proportions et la consistance de leurs tissus, approchent des caractères du tronc , les
[i] Lct fs1)ric«n(s tic «ucre truli^cnc pcn«cnt qiio ct'Uv cx|icricDcc caldous le CtU Ue fuuroir ilo iiitii-
spires se déroulent, tous les yeux de l’observateur , aussi facilement que dans les tissus du tronc aérien ; mais à mesure que les racines s’enfoncent sous la terre , qu’elles diminuent de diamètre , les spires semblent disparaître ; on ne les voit plus se dérouler hors des orifices tubuleux, et l’observateur, s’il n’est guidé par d’autres théories, prononce qu’il n’en existe pas dans le tissu ; nuis, en examinant les tubes dans leur longueur, et en tenant compte des effets de lumière , il en soupçonne l’existence'; et à l’aide d’un réactif astringent il finit par la constater. Si l’on se contentait d’observer le tissu de la betterave , par 1e déchirement de la substance, et sans autre méthode d’observation , on ne serait rien moins que porté à admettre la présence des spires et des vaisseaux dans cette racine pivotante; mais une seule goutte d’acide sulfurique les rend vissibles, en attaquant plus fortement la substance de la cellule que celle de la spire. En se servant d’acide sulfurique combiné avec l’albumine, les tubes qui renferment les spires deviennent purpurins, d’incolores qu’ils étaient, tandis que les cellules perdent la coloration jaune on rouge qui les distingue , et l’on acquiert ainsi la conviction que le sucre de la plante réside en totalité dans les vaisseaux blancs, et que la substance colorante , ainsi que le mucilage , se trouvent dans les cellules hexagonales colorées, entre lesquelles s'anastomosent les vaisseaux saccbarifèrcs [I]. Nous retrouvons donc de la sorte, d’un bout de la racine à l’autre, les organes qui réunissent à la fois ce qui constituait , aux yeux des physiologistes , les caractères de la trachée et ceux des vaisseaux à sucs propres , selon que l’un de ces caractères inhérents à tout vaisseau s’offrait à leur observation plus distinctement que l’autre (656).
888. La théorie de la formation du tronc s’applique donc, avec une sévère exactitude , à la formation de la racine , qui
entions utiles an procédé de In macération. Voyrr t'iuntlre agricole, t. Il, p. 33clsuiv., l<tDav.ià^.
n'en est qu'un rameau , quand elle n'en est pas la continuation inrérieure.
8S9. La radication , qui est la ramescence des racines , peut être alterne , soit forcément , lorsque la racine pousse dans une fissure, ou organiquement, quand celte disposition se montre dans un milieu meuble. Le plus habituellementelle affecte la disposition en spirale ; plus rarement la disposition rerticillée. La tbéorie spirovésiculaire nous a donné la formule de ces diverses dispositions. La disposition des racines adventives, telles que celles du maïs, des palmiers, etc., dépend de la disposition des fibres qui leur donnent naissance; cette disposition relative ne se répète pas sur le corps de la racine , qui s’organise sur le type des racines primitives, sur le type de celles qui ne sont qne le développement régulier de la gemmation inférieure du tronc.
830. Tonte racine adventive émane d’on oi^ne vasculaire et des organes les plus avancés en développement ; c’est ce qn'on observe à l’oeil nu sur les nervures médianes du Marchantia, sur l’unique nervure longitudinale du Lemna, cette plante réduite aune feuille nomade, lestée d’une seule racine qui s’attache au milieu de sa nervure. Qne si , à la loupe ou an microscope , on croit avoir reconnu une autre origine à ces sortes des racines, si on a va la racine sortir d’une cellule , c’est qu’on aura pris, pour la cellule génératrice, la cellule qne la racine soulevait et poussait devant elle, pour se faire jour au-deliors. Nous avons déjà établi ce fait à l’égard des racines de la jeune plante du mais (371) (pl. 18, fig. 5 et 6). La germination de l’Avoine cultivée fournit peut-être un moyen plus facile d’évaluer ce phénomène; car lorsque la plumule n’offre encore , audebors de la gaine parinerviée , que les pointes de deux feuilles , si l’on pratique une section longitudinale qui passe par l’articulation sur laquelle s’insère le cotylédon , on s’assure que les racines qui se sont développées à cette région traversent tont l’étui extérieur , qui est entièrerement cellulaire, et viennent s’insérer sur l’ctiii vasculaire qui forme l’axe de la
tige. Or, si à la première apparition dn tubercule radicniaire sur la surface de la tigelle, on n’avait pas cherché à pénétrer plusavant , on aurait été porté à croire que la racine émanait d’une cellule superficielle du tissu extérieur de la tigelle.
831. Il ne faudrait pas penser que la disposition des racines adventives, dont nous venons de parler, soit aussi arbitraire qu’elle nous le semble, lorsque nous nous contentons d’envisager la portion de la surface du tronc où elles commencent à poindre à nos yeux. Le vaisseau d’où émanent ces racines est lui-mème un tronc en miniature , un tronc réduit à sa plus simple expression, un tronc rudimentaire, une cellule avec ses pâles de nom contraire et de contraire élaboration (782), son pâle à bourgeons radiculaires, son pôle à bourgeons caulinaires. C’est donc de l’extrémité inférieure de l’un des vaisseaux qui composent une nervure que partiront les racines adventives; et c’est ce qui donne l’explication la plus satisfaisante de la puissance de reproduction, que chaque parcelle du végétal et du polype élémentaire emporte avec elle , en se détachant du tissu maternel; tont tronçon ligneux qui conserve des vaisseaux intègres , a par devers lui , pourvu qu’on le place dans un milieu favorable, de quoi refaire sa radication par l’action des pâles inférieurs de ses tubes vasculaires, et sa ramescence par l’action des pâles supérieurs. Les boutures et les polypes nous apprennent à la fois que le végétal et l’animal sont tout entiers dans chacune de leurs cellules.
832. D’après tout ce qui précède, nous croyons ne pas devoir entrer dans de grands détails , au sujet du chevelu des racines , appareil qui a tant occupé quelques physiologistes , et qui se réduit à un faisceau de rameaux les plus déliés d’un système radiculaire, dont les gros troncs ont pris peu de développement , et se sont peu éloignés de la souche. Si l’on pouvait faire un faisceau de toutes les extrémités des gros rameaux radiculaires des plus grands arbres, et les réunir dans un espace d’un pied carré, on aurait ainsi \ le chevelu le mieux caractérisé.
190 piÉVElOPFEHpT DP LÀ aiCINE.
2® Or^nes reproducteurs du système ra~ diculaire; fruits souterrains»
833. Le sylôme radiculaire, avons-noaa dit (8|5), SC développe sur le méaie type que le syslèoïc caulinaire. Chacun de ses rameaux a pris naissance dans raissellc d*un fullicuje fugace, mais analogue incontestable de la feuille. Chaque follicule, dans le principe de son apparition, est clos comme un bourgeon , comme un ovaire ; il éciol en se décliiranl , et donne le jour à la continuation de la ramescence souterraine. Dans un autre théorème, nous avons donné la valeur essentielle de Torganc qui sert à reproduire Tespéce; nous sommes arrivé à ce résultat (-454), que toutes les pièces d'une articulation caulipitire SC retronvaieql dans |c irqit, et que |a graine n'étajt qu'une sommité de l’amean , qu’un bourgeon d<^»tinP i non plus à continuer, mais à déplacer, à transplanter le type de rçspécc. Un bourgeon caulinaire, s'il est riche en développement , est aussi bien apte que la graine à transplanter son espèce j c'est une graine qui ne détache qu'arlinciellement , mais qui ne dilTèrc que sous ce rapport de la graine que le vent emporte.
834* Or, tout rameau radiculaire a, de môme que le rameau caulinaire , la propriété de pousser de ces bourgeons reproducteurs de l'espèce, s'il est placé clans des circonstances analogues; qu'on découvre une grosse racine, et qu'on la laisse exposée à l'air, il ne larde pas à en éclore des liges adventives ; mais ces liges advonlives, que recèlent ainsi les mailles du tissu , pourraient tout aussi bien être recelées dans les enveloppes des bourgeons, au moyen desquels se continue I4 ramescence radiculaire (813); car la nature des deux sortes de bourgeons étant la même, pourquoi U forme ne pourraitelle pas être la même à son tour? Or, si la forme venait du la sorte s'ajouter aq caractère principal de l’organe, et que la tige radiculaire , ()ui supporterait ce bourgeon, vînt. à s'enrichir des substances propres à faciliter sa germiunliou dans les circonstances favorables , on aurait là
l'équivalenl d'une graine ; et , ai le point de stipport de cette graine venait à s'isoler du rameau souterrain , en se desséch.int, comme le fait le pédoncule de la fleur et du fruit que supporte le rapicau aérien, cet organe reproducteur emporterait avec lui le caractère essentiel d'une graine; et, dès ce moment, le système radiculaire, celle répétition souterraine du système caulinaire, aurait, comme ce dernicf, ses organes reproducteurs de la piaule, ses fruits souterrains* Ces inductions sont, comme on le voit , rigoureusement déduites les unes des autres; cherchons-en le résultat dans 1a nature.
835. Or, rien n'est plus coromtip que de trouver de ces organes doués de )a faculté de reproduire la plante; ils tirent leur origine du système radiculaire, se plaisent exclusivement dans le même milieu, et sont Incapables do fopetionoer ailleurs que dans l'ombre* Ces orgapes varient à rinfini par leurs formes accessoires; jls sont tous Identiques, eu ce qui constitue essentiellement un organe reproducteur. De même que la graine aérienne, ils ne germent que détachés du rameau maternel ; ils ne germent que dans rom|>re, et surtout dans la terre; comme la graine aérienne, ils possèdent à leur maturité un embryon et un périsperme recouvert, dans le principe moins, d'uii enveloppe qui leur serf de test. Après tout ce que nous avons exposé sur la valeur spéciale des diverses pièces du fruit cl de la graine çn général ( 483, 537), l'observateur n'exigera pas la présence d'un appareil plus compliqué, pour accorder a ces organes souterrains le caractère d'orgapc de ropruduction ; car nous avons suflisamiuenl établi que tout bourgeon restant clos, si ses fuUicules épaifsissent, est une graine , et tout bourgoon est, comme la graine, le produit d'une itcnndalion (575); tout bourgeoq a commencé par être ovule ; or les organes souterrains dont uous allons nous occuper plus CD détail, soiis le rapport do leurs formes spéciales , réunissent tous cef caractères. Mous les classerons sous trois dénomioalions dill'érentea : les auiau,
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Im tvieicolis , et le* chidmes TB*rAETi
«U «IllOll**.
BELBES.
836. On entend, par ce mot, un corp* composé d'écailles charnue* et *ucculentes, qui *e recouvrent les une* le* autres, ainsi que la lige ou la hampe qui doit donner naistaoce à la lleurj c'est le synonyme moins trivial du mot oignon*
837. Or, si l'on examine une tulipe dans le premier état de son développement (pl. Ï8, fig. 6) , on rencontre presqn'à une égale distance de la bulhe(y) et du limhe de 4 feuille (ft ), deux cnrps jumeaux inséré* suriine face de la tige à laquelle ils tiennent par un funicule (v). Le corp* f, auquel appartiennent le* radicelles rd, est le caïeu maternel qui dopiie naissance au caïeu parallèle (/3), et au caïeu qui plonge dans la terre (•) et produit la feuille (^î). On remarque, à la base du caïeu («), uue cou-
'ronne de petite* tubérosités, qui se préparent à devenir radicelles, pour que la jeune plante puisse siiflîrc à son développement, après la mort du caïeu maternel (i). A une époque moins avancée, on voit surgir ces deux corp* (°< fi) de l'aiselle d'un follicule de la bulbe (0 qui se décompose, et leur forme alors ne s'éloigne pas tellement de celle d’une graine jeune, que , par une section transversale , on n'y trouvât amplement de quoi décrire, sous les noms de test, de périsperme et d'embrypn.
Cette analogie ne fqjt que gagner au déyclopjwment ilc ce* deux organe* ; et à l'éptiquc où nous les avons représentés , la bulbe fie»i impcrforée cpmme un frujt PU un ovule; seulement on y remarque déjà la tendance à suivre la double direction, que nous avons constatée sur toute cellule qui végète, à prendre la verticale, par le prolongement en sens eontrairc de ses deux extrémités, ^ue l’on étudie l'intérieur de la bulbe {fi) par une section longitudinale (lig. 16), et on y trouvera la plumu|e des mpnocotylédones, celle du mais (163), par exemple, daus d’énormes dimension*. La radicule ici est remplacée par l’analogue de la radiculode de celte dernière plante (343), c’esj-à-dire que le
premier emboîtement delaradicnle tombe,
sans en engendrer d'aplres, et que les racines prennent naissance sur les nervures de l’emboîtement, qui constitue la première feuille, et forment ainsi peu â peu ce que l’on est convenu de nommer le plateau (346). Si le troisième de ce* emboîtements n’adhérait que par une petite portion de sa base à l’emboilement qui l’enveloppe, il jouerait là complètement le râle des embryons ordinaires, au sein d’un périsperme, lequel se trouve uni au tégument par une clialaie, selon le langage ordinaire; il adhère, au contraire, par une assez large surface, par un cordon ombilical plus large que long, par une chalaze enfin, et l’analogie en a été
jusqu’à présent moins sensible. Mais comme
comme nous avons démontré que l’adhérence de l’embryon avec le périsperme était une loi générale, que cette adhérence acquiert un assez grand volpme dasis les conifères , la dilférence cesse d'èlre essentielle ; et si notre bulbe recèle dans son sein la faculté germinative, si elle n’est ap|e à exercer celle fonction qu’en *e détachant du rameau maternel, si, la première année de sa naissance, elle ne consacre son développement qu’à sa maturation, comme cela a lieu , notre bulbe est incontestablement, par son organisation cl par ses fonctions^ une graÏM souterraine, un fruit du système radiculaire de la plante, le fruit que la racine confie à la terre comme la fleur confie le sien aux vents ; la racine a aussi, de cette manière, son inflorescence, sa fécondation ovipare et sa parturitioq, comme le rameau aérien. L’cinbulteinepl le plus externe de ces bulbes renferme de la fécule comme les périspermes; il pousse, comme un cotylédon, une première feuille (/î) qui ne tarde pas à se faner, et, dès ce moment la bulbe («) est libre, s’appartient à ellemême, se détache impunément de la bulbe génératrice (é, et les emboilemenls qu’elle recèle, et dont on aperçoit la cime naissante dans la cavité pétiolaire (<) [1], se
[i] Toute la partie de la feuille qui surmoote oettü
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193 SÉVELOPPEUÇJKT
développent à letir tour pour protéger et contiDoer la lige qui doit être florigère. Chaque pièce de PemboUemeut joue donc ici à la fois le réle de périsperme , par la substance nutritive qu'il recèle, et de co« tylédon de la graine, par son développement foliacé (yî).
838. Si nous pénétrons, par Tanatomie, dans la structure intime de la bulbe, nous puiserons, dans celte étude , de nouvelles preuves en faveur de l'analogie que nous venons d'indiquer. Âu moyen de | coupes transversales successives, on reconnaît, en commençant par la pointe de la bulbe, qu'elle se compose d'emboîter ments de cônes concentriques, qui s'isolent spontanément les uns des autres à la suite de celte dissection , et qui sont tous imperforés à leur sommet. Ainsi les plus externes enveloppent les plus internes , avec la même continuité que le test enveloppe le périsperme et celui-ci l'embryon. Si l'on commence la dissection par le plateau radiculaire, on arrive successivement, en passant par les modifications que cet organe a reçues des développements précédents, jusqu'à l'insertion des racines sur les nervures de l'enveloppe la plus externe; les rapports des nervures (ne) et des racines {rd) entre elles sont représentés sur la fig. 11, pl. 1; l'observation est faite sur une bulbe de Hyacinlhus non scriptus. On y voit que chaque nervure donne naissance à une radicelle, et qu'ainsi les radicelles ajoutent un nouveau verticelle , aux traces de verticclles que les précédentes années ont laissées, autour du plateau que nous assimilons au bile (A) des graines véritables, et cette similitude prend, par ces sortes d'observations, le caractère de l'identité. Car, une fois que les tranches successivement prises de bas en haut ont enlevé tout ce qui appartient à la substance de la première enveloppe, on arrive à rencontrer, sur la surface de la tranche, deux lignes parallèles, qu'avec le bout du scalpel on
cavité ett pleine et tant aucuoe commuoicatioa arec Pair cxtiricur.