DE LA RACINE
écarte l'une de l'autre sans déchirement# Sur les tranches suivantes, on voit pea à peu celte double ligue s'étendre en se courbant, rapprocher scs bords, et eafio les joindre ensemble, et former ainsi un cercle complet. Dès ce moment, tout ce que circonscrit ce cercle se détache spontanément de la tranehe ; c'est une de ces sommités d'emboîtements cqncentriques, que nous trouvions , en commençant les tranches par le haut de la bulbe. Il est donc évident qu'en commençant les tranches par le bas, nous avons mis à nu la chalaze (134) de l'une des enveloppes plus internes, chalaze d'autant plus vaste, que nous étions plus près de la surface génératrice de l'enveloppe extérieure , et qui diminue à mesure que le nouvel organe se développe dans l'intérieur de sob test. Mais en continusot ces dissections, on reconnaît, de tranche en tranche, pourvu qu'on ne cesse de combiner les données de la logique avec les images de la dissection , on reconnaît que les organes que l'on découvre les premiers sont les plus internes. Peu h peu, toujours en remontant, les plus internes se montrent consécutivement, prenant naissance , par dcschalazes de plus en plus spacieuses, sur ceux dont ils sont immédiatement enveloppés; mais en même temps, l'on remarque que tous ces points d'insertion décrivent une spirale, disposition qui est celle de la foliation de la tige , en sorte qu'en reprenant, par la pensée , les emlA>jtcments du dehors au dedans, on a une grande vésicule périspermatique*qui a engendré , par un point quelconque de sa paroi interne, une autre vésicule, laquelle a engendré de la même manière une : autre vésicule, et ainsi de suite. Mais leurs chalazcs respectives doivent être rangées en spirale dans la capacité ; puisque chacune de cos vésicules ne peut pas être génératrice par le même point qu'elle a été engendrée , qu'elle est l'une par un point contraire à celui où elle est l'autre, sorte d'alternation qui, emprisonnée dans ; un espace circulaire , doit produire la spi- I ralitc. 11 serait trop fastidieux de donner I sur nos planches les tranches successives
d^une semblable dîsseclîon^pour facililcr rintelligence (lu texte, autant que pour diriger le lecteur dans ces sortes d^nves> tigstions , nous nous sommes contenté d'en figurer deux, arbitrairement prises (fig. 12,13, pi. 1 ) sur une série de quatorze que nous avons dessinées avec le plus grand soin, quant aux rapports généraux. Sur la tranche 12, on voit les parallèles («) marcher Piinc vers l'autre, et sur la tranche 13, on les trouve réunies et circonscrivant le plateau d'où l'on voit par|jr, comme une tangente, une nouvelle trace de séparation {«), dont le lecteur devinera la marche et la direction , en examinant ses rapports avec d'autres doubles lignes qu'on remarque sur la même tranche.
859. Mais il se présente, dans tout le cours de cette étude, une circonstance des plus importantes, que nous avons exprès négligé de mentionner parmi les autres, parce qu'elle appartient à un autre ordre de développement. Dès les premières tranches , on a lieu de remarquer, vers le bord , une petite nuée de points colorés (g) sur cette substance incolore j peu à peu des doubles lignes se forment autour d'eux ; et sur les tranches 1 2 et 1 3, ces doubles lignes ont déjà fait beaucoup de chemin*, sur la trancbelS, les points (g) en sont presque tout à fait circonscrits j «ur les suivantes le cercle s'accomplit, et plus bant l'on s'assure que ces points (g) appartiennent à la substance de la hampe florale. 11 est donc évident que la hampe florale a pris naissance dans le sein de l'enveloppe de l'aisselle, de laquelle elle semble seulement partir plus tard j il est évident que celte hampe, avec toutes ses feuilles caulinaires, s'est trouvée un jour emprisonnée tout entière dans la substance close d'un follicule , qu'avec ce follicule elle formait une bulbe complète. Or , si tous les follicules , emboîtés réciproquement dans la bulbe que nous venons de décrire, venaient à engendrer à leur tour un développement semblable dans leur sein , on aurait un emboîtement de bulbes, au lieu d'un emboîtement de follicules; pour nous servir du terme rsTstoLocie végêtsie.
rustique, au lieu d^an oignouy oh aurail des gousses (pl. 6, fig. 7); ce mot trivial achève d'expliquer la chose.
SfO. Et quand ce développement a lieu simultanément dans une bulbe, on voit l'enveloppe générale déchirée, par suite de tant de tiraillements internes, et brisée jusque dans la structure de ses vaisseaux longitudinaux, dont les spires se déroulent alors tout aussi distinctement que celles du Phormium tenax , le lin de la Nouvelle-Zélande.
8f1. Alors, au lien d*un fruit uniovulé, la nature nous offre l'analogue d'un fruit pluriovulé, dont le péricarpe serait déhiscent; et chacun do ces ovules bulbeux a par devers lui tout ce qui constitue la graine; on n'a (]u'à le détacher et à le remettre en terre, pour qu'il reproduise son espèce sans aucune modification.
842. Prenez une inflorescence de monocotylédones à fruits uniovulés et sesstles; par exemple, la queue florale du Pontederia cordata, dont la pl. 26, fig. 3, donne un bout de rameau; raccourcissez la tige; épaississez les follicules, les enveloppes florales , et supposez-les tous en même temps clos, comme ils l'ont été dans le principe, et vous aurez ainsi l'inflorescence bulbifère que nous venons de décrire.
843. Nous venons de ramener la structure de la bulbe à celle d'un bourgeon clos, à celle de la graine. On connaissait déjà la métamorphose de l'un de ces orga nés dans l'autre; nous venons de réduire la métamorphose an rôle d'une simple transformation. Certaines plantes bulbeuses produisent des bulbes, au lieu de fruits normaux , dans le sein de leurs en veloppes florales , comme dans raisselle des écailles qui enveloppent la base de la hampe; tels sont, entre autres plantes, les AHiumf les Cepa^ et, parmi les gramens, le Poa hulbosa de nos muiailles (456); et toutes ces bulbes florales, détachées de la plante à leur maturité, prennent racine dans la terre tout aussi bien que les graines de forme ordinaire.
814. Le développement des bulbes présente encore une circonstance qui n'est
m BÉVXLOPPEM^KT
pas sans ajonlcr iin poids de plus à l’analojjic; un remarque, en effet, que la plupart d'entre elles ne peuvent grossir, et partant inûnr, qu'à la sarface du sol, qu'aux rayons du soleil qui mûrit les bul> bes de l'inflorescence. C'est un point que les jardiniers ne perdent pas de vue dans la cullure des oignons, et que nous avons eu plus d'une occasion de remarquer, à regard du Poa buîbosa, qui croit si com> muuéoieot sur les bords de nos routes.
Tous les individus, en effet, dont laracine est profondément enterrée, conservent leur cbaiimc aussi grêle que celui de toute autre graminée; ceux au contraire qui possèdent à leur base une bulbe bien caractérisée, ne tiennent au sol que par les radicelles du plateau radiculaire; alors, pour nous servir d'une expressto;i d'horticulture, la bulbe de ceux-ci est toujours très-bien aoiUeCf c'est-à-dire qu'elle offre, dans sa consistance et sa coloration , tous les caractères de la maturité la plus complète.
845. En conséquence, la bulbe est une gemmation d'abord close , possédant alors toute la structure d'une graine, et qui, après sou épanouissement, en conserve encore les propriétés; sa radication a lieu par verticilles , comme sa nervation ; et scs nervures, prenant toutes naissance autour du point d'insertion du follicule , autour de sa chalaze ou de son hile, il s'ensuit que lorsque le follicule externe qui l'a engendrée s'est oblitéré, on remarque une grande lacune plus ou moins circulaire, que les radicelles couronnent de leurs insertions respectives; cette lacune, c'est le plateau qui s'accroît en surface, toutes les fois qu'un futiiculc vient à sc décomposer, comme le premier de tous. S'il arrivait que le follicule externe et générateur produisît, outre un follicule plus interne , un certain nombre de gemmes dans son aisselle, la chute de ces gemmes, ou leur décomposition , laisserait aussi , sur le pourtour du plateau, des traces équivalentes à leurs points d'insertion, et le plateau offrirait une couronne i\^Jersà cheval J lieu d'une circonférence unie.
C'est ce qui se remarque sur les plateaux
DE tA RACINE,
de certaines bulbes ; sur celle* de cinihusj par exemple. Le plateau est l'analogue du hile de la graine.
TOBBBCOLSS.
84G. Le tubercule n'est qu'une modtfî- * cation de la bulbe; c'est une bulbe qui, par la nature de sou organisation, ne peut être qu'annuelle.
847. Suppose!, en effet, que la bulbe , dont nous venons de nous occuper, ne produise d'autres emboîtements, dans le sein de sa propre substance, quel'embottement (g pl. 1 , fig. 13 et 15) qui donne lieu au développement de la hampe florale, et qu'à la place des autres emboîtemenli centraux, qui sont destinés à former U réserve des bourgeons des années suivantes, elle enrichisse cette vaste capacité de substances soit amylacées, soit tout autrement périspermatiques; dès ce moment, la bulbe
pl. S8 , fîg. 6) restera plus ou moins arrondie et stationnaire comme un périsperme, et son bourgeon germera, à U manière de l'écusson que l'on remarque sur certaines graines, sur celle du maïs (pl. 17 , fig. 11 , e) , par exemple; or , à part l'adhérence un peu plus fortemenC prononcée de la gemme au périsperme, chez le tubercule que chez la graine , il serait impossible d'assigner, entre ces deux ordres d'organes , une différence essentielle.
848. Soit en effet te tubercule d'une Orchidée (pl. 35, fjg. 13, th 3); comme chez la bulbe, on y trouve une gomme dont la première feuille (ùl) prend sa direction vers les airs, et laisse loin derrière elle, dans une vaste cavité , le reste des emboîtements (g) qu'elle prépare, en les devançant, à suivre la même route; tout ce qui se développe derrière 1a gemme est envahi p(ir un périsperme farineux (o/j, dans leq^el la gemme puise sa nutrition, par les nervures (ne) qu'elle y plonge, comme tout autant de cotylédons (3GI).
Notre tubercule d'Orchis possède donc toutes les pièces d'une graine monocotylédone, toutes, jusqu'au funicule(^) qui l'unit à la lige maternelle (cl), et qui part
;ȃVELOPPEMENT DE L& RACINE.
ikraiMeiJttleraii Jet premiers folliculct i \Jl) , CMDme le fuuicule Je Ja graine d'un | fruit soiovnlé part Je Paistelle du péri> : carpe et du placeota (107). 8i le premier faJiicule eût élê de$iipé k rester clos , il eût él^ le fSérîcarpe , et la tige eût été le placenta.
849. Uoe foie que U tige(cf) aura épuité tous les sucs Je too tubercule spécial, au profit du Jéveioppeoient des fleurs qui la tenDinent; une fuis que la maturité des graioes aérieopes aura achevé le cercle de U végétation, notre graine souterraiue, notre bulbe, aura rempli les mêmes phases; elle rompra son fanicule, en même temps que Iss graines aériennes rompront le leur, et, mieui partagée qu'elles, les dépouilles du tubercule maternel {ib i) resteront son héritage; et, quoique réJiiiies à une sim> pie efaarpeoXe, à un aimple tissu épuisé, çelles>ci feurniront un riebe engrais à son unique développement.
850. flemarquea que la place du funi' cnlet^njest toute arbitraire dans Paisselle du follicule générateur; que 1a dcscriptioii n'a aucun moyno de faire coonaitre le point de la surface ligellaire sur lequel doivent se montrer, et les radicelles ad* vrolives {rd) (car cette plante n'en a pas d'autres), et le fuoicule de l'unique tubercule qu'eUn est apte à procréer, pour se remplacer. Bemarquei surtout que la Mrudjire interne du funicule ne dilTére •aucunement de celle d'une radicelle. Uappeloos-oooa en même temps (800) que la racine s accroît , comme la tige , par des bourgeons dont U structure est analogue à celle des bourgeons aériens , et dont la destination, sous l'influence d'une cause analogue, peut devenir la même ; et nous ne verrons p^ua, dans le funicule duüibercttie, qu'une radicelle favorisée, qu’un bourgeon qui, au lieu de s'allonger, s'est arrondi, et qui, au lieu de dormir, comme uo germe stérile au sein de cet appareil , n reç« , avec le bienfait de sa fécoudaiion , celui de 1a germination.
851. ici, cooame cbci la bulbe ordinaire (897), la première feuille {blj tombera et ae fanera, de même que les enveloppes de in grmne ordinaire tombent et au lanent ,
liDC fois brisées par la plumule (g) qui cbcrclic k sc développer. Ici , comme* chez les plantes à racines pivoUoies, noua avons uoe radiculode, qui continue à servir de périsperme,qui s'épuise et se corde au profil du développement de la tige aérienne, comme les racines pivotaolesdu radis et de la betterave. Il devient donc évi* deotque les plantes monocolyiédones peuvent posséder des racines pivotantes, tout aussi bien que les plantes dicotylédones,
85i. Les botanistes ne pensaient pas de même; et dans le désir qui les possède de trouver des dirrérencesessentiellcs entre ces deuigrandes divisions du régne, ils avaient perdu de vue ces rapports de la plus complète identité. Quelle dilTéreuce assignerait-ou entre les tubercules des ürebis et les racines pivotantes? Lalroiiverait-ou daut les dimensions? mais il est des radis bien moins volumineui que les tubercules de certains Ûrebis; la (orme turbinéedes uns et la forme sphérique ou arrondie des autres ? mais il est des tubercules d'Urchit louiaussi bien turbinés que ceux des racines pivotantes; il en est qui poussent deux ou trois prolongemeoU radiculaires, comme les raciucs pivotantes qui fourchent; tels sont ceux que représente la fig. 1 l,pl. 21, qui dans le principe {ib, 2) n'ont presque qu'un seul prolongement acumioé, et qui dans la suite {tb 1), en poussent successivement jusqu'à quatre. 6e rejetterait- on sur les cercles concentriques qu'offre une tranche de betterave? mais ces cercles ne s'observent plus sur une tranche de radis, du tubercule dedahiia, de la pomme de terre, qu'on étudie CCS organes avant ou après leur épuisement.
8i>3. La racine pivotante o'est doue pas un caractère distinctif des plantes dicutylédunet.
854. Il est, parmi les dicotylédones, des tubercules qui ne produiMot qu'une gemme chacun, ainsi que nous venons de le voir dans les Orebis ; tels sont ceux des Vahiiüf des Anémones, etc. Mais il en est d'autres qui eu possèdent un plus grand nombre; telle est la pomme de terre, •lruitsoulerrain,doutle rachis s'est épaissi
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DÉVET-OPPEMENT
outre meiTire , et dont les bour({eons disposés en spirale, autour de lui, se sont trouvés assez espacés entre eux et assez peu saillants au-dehors, pour recevoir du labourenr le nom pittoresque d'jreux. La pomme de terre est la racine de l'Orchis , qui, an lieu de s'arrêter à un seul développement gemmaire, a continué il suivre son impulsion, et à transformer successivement ses bourgeons radicaux en bourgeons foliacés, son organisation interne en cellules enriebiesde fécule ; enCn qui, au lieu de s'arrêter à un premier développement sous la forme d'un fruit unique, a pris les caractères des épis incrustés de fruits qui s'y développent indélinimenl, comme ceux du Maïs , de l'^runi, des Pipéracées, et des Fucus dans leurs types respectifs. Ces analogies ne seraient que hardies , si l'on se contentait de lire cette page; elles ne seront que rationnelles, si l'on reporte son esprit aux théorèmes de la première section.
855. Ajoutons une analogie nonvelle et non moins piquante à toutes celles que nous avons déduites de la démonstration. Si l'on venait à confier à la terre la portion isolée d'un tubercule, sur laquelle ne se trouverait pas un œiV, c'est-à-dire une gemme, la substance périspermatiqne'se décomposerait sans profit. Si, au contraire, on a soin de conserver un œil sur un fragment de tubercule de pomme de terre, il en sort une touffe fcuillée et fertile , comme du tubercule entier. Si l'on coupe, loin de la surface maternelle, le tubercule pivotant du Dahlia, il reste stérile; car il est privé de son œil , qui se trouve sur la portion de la tige à laquelle ce tubercule est attaché. Hais si l'on a soin d'enlever cet œil, en le laissant en communication d'une portion quelconque de son tubercule , il se développe , comme si le tubercule était entier.
De même , que l'on confie à la terre un embryon isolé de son périsperme, même quand le périsperme est membraneux (127) et peu infiltré de substaces nutritives, l'embryon meurt avant de se développer. Ce périsperme se décomposerait aussi sans profit séparé de son em-
DK LA RACINK.
bryon. Qu'on se contente an contraire de n'enlever qu'une portion du périsperme , sans toucher en rien à la portion qui adhère à l'embryon, la germination a lies comme à l'ordinaire. Ces trois ordres d'expériences, nous les avons souvent répétées sur le Hais et sur l'Avoine. Nous avons souvent retranché le périsperme de VÀvena, jusqu'à la pointe du cotylédon (564), en ne laissant, par conséquent, que la portion du périsperme qui revêt la partie dorsale de ce scutellum, et qui là se réduit à fort peu de chose, elle chaume en est sorti aussi vigoureux que d'un grain intègre.
Ainsi, par une soustraction de substance, nous avons ramené la graine à la condition d'un œil de tubercule, de même que , par la théorie, nous avions ramené l'œil do tubercule à la condition d'une graine.
L'analogie se complète et se confirme ainsi , par quelque bout qu'on la prenne.
casDitss Taaçairrs , tises socTsaBsiaas, anizosiu.
856. Du tubercule de la pomme de terre au chaume traçant, il n'y a que le passage d'une tige en spirale à une tige articulée ; et en général , les organes qui ont reçu le nom de tiges souterraines , ne sont pas autrement organisés que le chaume articulé; ilsoffrent, comme celui-ci, 1°le follicule qui, n'ayaut point à végéter dans les airs, ne subit pas la transformation caractéristique de la feuille; 2° le bourgeon axillaire , qui , à la première circonstance favorable, part en chaume aérien; 3° l’articulation et l'entreœud (480) , deux portions du même organe, du cotylédon dn bourgeon, mais, ici surtout , cotylédon et périsperme à la fois; car icj il n'est plus fistuleux, il est plein ; et sa moelle, au lien de rester atrophiée dans le sein de la cavité fistuleuse (pl.lO, fig. 5),s'enrichit de fécule indéfiniment (295),
857. Chaque articulation a donc, ici surtout, tout ce qui caractérise une graine; isolée des articulations inférieures et supérieures, elle a de quoi se suffire à ellemême; elle germe, comme une graine complète, si on 1a confie à la terre ; et ce
o'ett pat par ira antre procédé qu'on te procure les plants de certaines espèces , telles qne la eanne k sucre , VArundo donax, etc. , les tjrpha , les laioiis , etc. En effet la graine aérienne de ces espèces serait incapable, à cause de sa petitesse, de donner, la première année, des produits aussi vigoureux que notre immense fruit souterrain.
8S8. I>es premiers observateurs ne virent que des racines dans ces chaumes traçants ; ils étaient dans Terreur. Les observateurs d'une époque plus avancée n'y ont vu que des tiges souterraines \ cette expression couvrirait une erreur non moins grande, si elle impliquait une autre idée que celle d'une simple analogie, dont nous avons suffisamment déterminé la valeur dans cet ouvrage. Le chaume traçant n'est point une racine normale, puisqu'il produit des bourgeons aériens \ le chaume traçant n’est pas une tige normale , puisqu'il ne peut croître que là où il peut germer; qu'à l'air il change de forme, tout aussi bien que la branche mère d'une raciqe; qu'il y prend des feuilles, en perdant ses follicoles ; qu'il y acquiert de la matière verte, en se dépouillant de sa fécule, et que la racine placée dans les mêmes circonstances engendre tout aussi bien des bourgeons aériens que lui. Le chaume traçant ne naît pas d'un bourgeon aérien de la tige ordinaire , mais de la surface radiculaire, qui donne le jour aux racines comme à lui; par son origine, par le milieu qui lui convient, parla substance qu'il élabore, il est racine; par ses moyens de reproduction, par l'analogie de sa reproduction avec lagermination, il est un fruit, soit isolé, soit composé; par sa structure plus développée et l'analogie de ses diverses pièces avec celles des articulations caulitiaires, il est tige ; enfin, par la combinaison de ses dilTéreoces et de ses ressembUnces, il est dans la terre ce que la graine est dans les airs, la graine qui recèle üaos son sein les éléments de la tige et de la racine, car l'embryon est le compendium de ces deux organes extrêmes (473), et qui ne devient tout cela, qu'en sacriüaut ses enveloppes et sa forme primitive.
859. On a donné le nom de Rhizomes (qui ressemblent aux racines) à ces chaumes traçants; l'expression est fausse, car elle est incomplète. On eût dû les appeler ou Caulorhizomes ( organes intermédiaires entre la tige aérienne et la tige souterraine ou racine ) ; ou , comme nous Tavops dit plus haut , fructification souterraine; idée que le bon sens du peuple , qui ne démontre pas, mais qui devine la nature, avait rendue avec bonheur, en désignant les tubercules de Solanum tuberosum, par les mots de pohmi db trrrb et blx souterrain. Car le peuple a la simplicité de croire que la nature, oubliant quelquefois les règles rigoureuses qui sont l'œuvre des savants, peut faire une pomme sans pépin, ou placer les pépins à la surface de la pomme ; et ce qu'il y a de plus cruel encore pour l'orgueil du monopole scientifique, c'est qu'après avoir fait de la plus docte science, on arrive à confirmer Tinterprélation du peuple, qui, sans le trop comprendre, avait du moins eu le mérite de se tenir plus près du phénomène que le savant.
RACINRS ADVBNTIVES.
860. Lorsqu'on lient une tige de saulo plongée dans l'eau , on ne tarde pas à voir Técorce verdâtre soulevée par des tubercules blancs etaualognes à ceux que nous avons dessinés sur les articulations du maïs (pl. 10, fig. 3, «); bientût ces petits boulons crèvent et laissent sortir un prolongement radiculaire qui emporte , à son extréaiité , un fragment de l'enveloppe déchirée ; et l'autre fragment reste, sous forme de gaine et de collerette , autour de la base de la racine. Ce sont là les analogues des bourgeons qui poussent plus tard sur la partie de l'écorce qui reste exposée à l'air; ce sont des bourgeons radiculaires, parce qu'ils végètent dans ce milieu, et qui, daus l'atmosphère, seraient devenus tout aussi bien bourgeons aériens. Nous avons averti depuis assez longtemps les observateurs [t], que rien n'était plus er-
[i] BuUttin universel des science» H de f Industrie, S* KcUon , mai lâaS , lur les IcuUceiUs.
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DÉVELOPPBMËNT DK LA RACINB.
roné qiie c]*admMtr« , comme venait de ]e faire iin anlenr, que la place de ce# développemenU advenlifs élait marcftiée d'atance «tir l'écorce, et que chacon de ces bourj^ns sommeillait sons IVnveloppe de ers petites taclies que Gueltaril avait désffrnées sons le nom de qlandes lenticn* lairesj caroes lâches ne pénèlrent pas plus avant que IVplderme [î], et les racines partent de plus loin ; elles tirent leur ori* gine des orf^nnes vasculaires , du ligneux, ainsique nous l'avons déjà établi (343). En procédant à l'observation d'une cia> niére un peu plus consciencieuse , on voit ces tubercules se former à cdic de ces taches, comme sons ces taches | et lorsque ces taches se trouvent soulevées par le développement intérieur de l'un de ces organes, à la faveur de la dissection on s'assure qu'il n'eitisle, entre ces taches ou glandes épidermiques et le corps blanc qui surgit au-dessous, aucune espèce de communication.
S61. Ces racines sont donc adventives, comme les bourgeons adventifs, qui certes poussent sous les écorces privées de lentilles glandulaires, aussi indifTérea)ment que sur les écorces qui en sont tachetées.
862. Observe* qn'en disant que les racines adventives se seraient développées dans les airs en bourgeons adventifs, nous n'avons parlé qu'au* yen* privés du verre grossissant ou du flambeau de l'analogie; h l’oeil nu , en effet , la place de l’un et de l'autre de ces développements, soit tige, soit racine , etit été la même ; mais à l'aide de la théorie, nous l'avons déterminée de la manière la plus rigouretisc(801 ). Nous sommes arrivé i ce résultat, que rien n'émane que d'un vaisseau; qne chaque vaisseau était le compendium de la tige; que chaque vésicule vasculaire avait son pôle descendant et son pôle ascendant, son pôle radiculaire et son pôle caulînaire.
(t] Ces tache* , snvqiiellcs ta phy»iologic atlait faire jouer un û grand rôle, ne »oni trc«*«ouvt*nt , et Burtoiit rlicf le* Amcnlacée», que de» Krrmèt, animatii immobiles, «pii l'stUchcnl pour engcudrcr,
Or , comme le pôle radicfilaife d'on vais-* seau se trouve contigu et souvent aoodé bout à bout avec le pôle caoliuaire (Ton antre, et que ces points de contact ne sont pas susceptibles d'âtre abordés, ni & la vue simple, ni par le scalpel, leora développements respectifs doivent ten> hier partir de la même place.
8(j3. Mais il est démontré secondairement, par là, que chaque portion la plus développée de la tige ligneuse, c'est-àdire fortement vasculaire , a , par devers elle, de quoi se fournir d'un système radiculaire et d'un aystème eaulinaire, tank qu'elle conserve un tronçon doué de vitalité et garni de vaisseaux intègres.
861. Les liges souterraines des foQgères offrent cela de particulier , qne les betirgeons qui en émanent s'y forment profondément , et que leur système vasculaire y est si serré dans ces régions, qn'en pratiquant des coupes, soit obliques, soit transversales, on obtient des conâgnrations quelquefois bizarres, qui ont filé beaucoup l'attention des botanistes descripteurs; nous y reviendrons en nom occupant de la structure du pétiole.
PIANTIS SAKS BACmiS.
865. Il existe un ordre de plantes dont le système radiculaire ne se développe pas ; ce sont les plantes dont la graine germe sur les rameaux , soit caulinaires , soit radiculaires, d'une autre plante, et oontinue à se développer à ses dépens; ce sont les plantes parasites. Le gui {f^scum album), le Loranlhus , croissent ainsi sur les rameaux du pommier, du chêne, ete.
\iOrobancke, le Monotropa, le Lathmn, le Cj^tinus fij'pocistU, poussent sur les racines des plantes de nos climats; la première sur celles du chanvre, du thym , du mélilot, la deuxième sur les racines do chêne , la quatrième sur celles des
qui m*‘uront là où iU ont pomlu, et dont le corfM èpui»é rc4lc aiîaclié à IVcorce , pour serrir de bouclier à la ^jêiicTatioa qoutcI1c<
DÉVELOPPEMENT DE LA RACINE. tOd
las, etc. ; snr les rscines des vég^taus de IiTa croit nne (leur monstrueuse, acatile et apbylle, le Rafflesia. Nous allons trou- Ter l'esplication de rorj]'anlsation spéciale à cet plantes, daos ce que nous avons déjà dit aillcnrs au sujet de la radiculode (366). Nous avons découvert en elTet que chaque boàrgeon e( le rameau qui en provient possèdent tont aussi bien une radiculode que les embryons des (jraioet; que celte radiculode reste enq>àtée dans le sein de la tige maternelle ; en sorte que tout rameau , qui est à lui seul un végétal complet, soit sous le rapport de la structure, soit tous celui île l'imlépendance de la vie et des fcDclinns , que tout rameau enfin peut être considéré comme un individu p.arssile. Or comme , par ton système descendant, il reçoit du rameau , sur lequel sa radicule est empilée, la nourriture tout élaborée qui est destinée k son accroistement , il peut vivre , engendrer et nourrir i son tonr des dCveloppements parasites, c’est-à-dire des rameanv, en se passant de racines.
866. Les résultats du procédé de la greffe en écusson , ponr ne pas nons occuper ici des autres procédés , réalisent mécaniquement ces résultats théoriques.
En elTet , si l’on enlève avec soin un bourgeon complet d'un tronc ligneux, et qu’on le loge et i|u'on rapplique contre la snbstancp ligneuse et entre l’écorce d’un autre individu de la même espèce, ou d’une espèce analogue, le bourgeon se développe avec la même énergie que tous ceux du même individu ; mais sa radiculode reste toujours empâtée contre le ligneux comme celle des bourgeons axillaires , et ne pénètre jamais pins avant, elle ne pousse aucune autre racine; on a t'ait là un parasite de toute pièce. La dissection , h tous les âges possibles , démontre ce que nous avançons.
867. Or, ce que nous venons de produire avec le bourgeon, celte graine caulinaire, une certaine aHinitéspécialeleproduitavao le bourgeon ovarien, avec l’embryon de certaines graines, lorsqu’elles ont le bonheur de tomber sur un. de ces organes rameux qui couvieonent à leur nutrition spéciale ;
leur radiculode fend l’écorce, va s'empâter, se greffer sué le ligneux du raqjeau; et la plante nouvelle croît , à l’instar des rameaux naturels de Is plante ancienne, soutirant à ses vaisseaux les sucs que celle-ci a pris à la terre par ses radines, et qu'elle a élaborés dans ses tissus, et, par conséquent, se dispensant du soin de pousser des racines pour son propre compte, comme d’une onéreuse inutilité,
868. El remarquez une analogie piquaote ! Les parasites des rameaux aériens s’appropriant des sucs caulinaires, si je puis m’exprimer ainsi, végètent avec la structure, l’aspect et la coloration des rameaux caulinaires; le Gui et le Loranthus, parasites des rameaux du ebénn, du pommier, sont ligneux, à écorce verdâtre, munis de feuilles réelles ; ils croissent le jour, puisqu'ils élaborent la matière verte. Les parasites, au contraire , des rameaux souterrains, n’ayant à s’approprierquedes sucs radiculaires, des sucs élaborés dans l’ombre, croissent, à la manière des racines, flasques, pâles et étiolés, n’élevant jamais leurs maigres follicules écailleux jusqu’à la dignité de la feuille ; fongueux par l'aspect, fongueux par l’odeur , fongueux par leur développement nocturne , et dormant ou SC desséchant au soleil , incapables qu'ils sont, faute d'uiie sève aérienne, d'élaborer les rayons lumineux. Tels sout VOrobanchc, le Monotropa, le Lalhrma, le Cylimis, le Raffitsitt.
869. La petite cuscute tientleroilieiientre cesdeuxordresde parasites ; elleprcnd naissance sur les racines des légumineuses, du Mdlilot, dn Genêt, de YOrtie; mais bientdt elle's’aUacheàla surface des tiges, autour desquelles elle roule la sienne, à la faveur de petits godets, espèces de suçoirs qui lui servent de radiculodes; en sorte (|u’elle se suffit plus haut, si on coupe sa grêle et débile tige plus bas; mais elle garde presijue toujours l’aspect et la structure appauvrie des parasites de la racine. 11 est vrai qu’elle 6nit par tuer la lige hospitalière ; ce qui porte à penser que les sucs qu'elle lui soutire ne sont plus des sucs élaborés par les organes aériens.
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870. Les plantes rangées dans la cryptogamie, qui sont prirées de la propriété d'élabocer la matière verte , sont des parasites de racines ou d'écorces frappées de mort. L'analogie, appuyée sur un grand nombre d'obsenvations , nous autorise à considérer cette règle comme générale; aussi ces plantes, que nous réunirons plus* bas sous le nom de plantes nocturnes , n'ont-elles d'autres racines que la radicu- Iode emp&tée sur la surface hospitalière. Sur le parasitisme de ces plantes, il ne saurait s'élever de doute, à l’égard des végétaux élémentaires qui croissent sur les fenilles; des moisissures (pl. S9 , fig. 11, 19) qui croissent sur les membranes ou qui sont produits par la fermentation; des lichens [ibid,, fig. 7) qui s'attachent aux écorces; ni d'une masse d'Agarics {ibid,, fig. 1), de Bolets {ibid,, fig. 5) , de Lycoperdons {ibid, , Bg. 5) , de Pezizes, d'IIypoxylons, etc., que l'on trouve empâtés sur des surfaces ligneuses d'une dimension appréciable. Le doute ne naît qu'à l'égard des espèces qu'on trouve sur le sol ou sur la pierre. Mais la nature n'admet pas, entre des végétaux si homogènes, de si grandes anomalies; il n'est pas probable que, les uns ne pouvant vivre qu'à l'état de parasites, les autres qui ne diffèrent presque en rien des premiers, puissent se suffire libres et abandonnés & leur élaboration propre. Nous avons eu plus d'une occasion de relever , dans le cours de nos recherches, les méprises dans lesquelles sont tombés à cet égard les descripteurs, qui n'onl étudié les espèces de ce genre que dans leur cabinet; tel Agaric qu'ils nous donnent comme ne venant que sur la terre, nous l'avons bien trouvé, comme eux, sorüinl du sol, même en groupes assez nombreux; mais, en les
déterrant avec soin, nous reeonnaisaioiM que les pieds s'inséraient sur un fragment enterré de racines; Vj^garicus Jusipes Bull, est dans ce cas. II est arrivé à quelques auteurs de prendre , pour la racine propre d'un agaric, la racine hospitalière qui, en pivotant, semble en être la continuation ; c'est ce qui est arrivé à l'égnrd ùeVu4gancus contortus, variété ou plutôt iifdividti de Vjégaricus amants, qu'on s'est * ^contenté de décrire d'après Rulliard, qui en a représenté le groupe posé sur une racine enfoncée dans le sol. Si l'on veut apporter, dans cette élude, un esprit d'observation, et suivre le développement de ces productions anormales, depuis* Tœuf d'où ils sortent, on s'assurera que nul ne croit que sur un débris végétal enfoui dans la terre ou se décomposant à la surface; que si, plus lard, on ne trouve aucune trace do ces débfis, c'est qu'ils ont été dévorés par la décomposition, qu'ils ont cassé par l'extraction, ou qu'ils ont été enveloppés par la substance du Jungus auquel ils ont donné naissance.
Jusqu'à présent , l'élude de ces êtres anormaux, si variables, si fugaces et si rebelles à une culture régulière, n'a eu pour « objet que leurs formes et non leurs mœurs ; elle a été aveuglément descriptive , et presque jamais physiologique; elle est à reprendre sous tous les rapports. Nous avons assez de figures pour nous retrouver au besoin ; il nous reste à découvrir la loi des transformations de ces êtres, et surtout la nature des espèces végétales sur les débris desquelles chacun d'eux croît de préférence ; il reste surtout à savoir si la même espèce ne changerait pas notablement scs caractères extérieurs , en changeant d'habitation et de plante hospitalière. Mais ces dernières considérations commencent à rentrer dans le domaine de la physiologie; noos y reviendrons CD leur lieu.
SrnUCTüEB ET DÉVELOPPEMENT DE U TIGE, ETC. ' SOt