‹ Nouveau théâtre de salonChapitre 101 sur 132 · LE RECIT DE THEUAMENE · texte numérisé non relu

LE RECIT DE THEUAMENE

Vous vous esquivez tous, de votre aveu ! Vous êtes De vieux gardes- du-corps changés en allouctlcs ! lit toi, tu viens après, selon l'usage ancien, Me faire un long récit d'académicien !

Eli bien, vieux professeur de classique morale, Tu vas payer tout seul pour la garde royale, Car tu seras jugé, mais en dernier ressort, Par un conseil de guerre, et j'obtiendrai ta mort.

Tliéramène essaye de parler.

Silence! Souviens-loi de ton vers, vieux Basile,

Tout fait, et sans s'armer d'un courage inutile!

Inutile as-tu dit? Et comment le savoir?

Il fallait essayer, et faire son devoir !

Inutile est un mot honteux de ridicule,

Le mot déshonorant du poltron qui recule,

Et fuyant du péril les hasards orageux,

Nous dit : Si je voulais je serais courageux.

Mais sois-Je donc ! Après, on dira dans la ville,

Si lu meurs : Son courage, hélas! fut inutile!

Les fils de tes soldats, Platée et Marathon,

Les Grecs de Salamine ont fui devant un thon!...

Un monstre prétendu vient nager sur nos grèves,

Ils avaient tous des dards, des javelots, des glaives,

Et ce las de gredins, voyant sur le galet

Mon pauvre fils tomber de son cabriolet,

Vers l'église voisine, oubliant leur promesse,

Se sont précipités pour entendre la messe !

C'est à moi de laver l'injurieux affront

Qu'une lâche conduite imprime à notre front;

Je vais me rendre seul sur la plage voisine,

Sans gardes; qu'on me donne un couteau de cuisine;

Vous allez voir comment votre héroïque roi

Traite un lisible monstre, objet de votre effroi;

Et quand j'aurai lavé ses écailles sanglantes,

Je l'empaille (oui net pour le Jardin des plantes; ' Puis, ayant accompli cet exploit triomphant, J'irai donner enfin trois pleurs à mon enfant.

Hi Œnoiie, en habit de veul', douue un couleuu a Thésée. Thésée brandit l'arme et crie : Poussons au hohstreI

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