‹ Nouveau théâtre de salonChapitre 114 sur 132 · ROBIN E M · texte numérisé non relu

ROBIN E M

Monter dans un carrosse traîné par quatre chevaux?

ANTOINETTE

Non... monter sur un char de triomphe traîné par quatre marquis, comme mademoiselle Clairon ; être reine de tragédie, avoir une robe traînante à grands ramages et une perruque bà'ie par le coiffeur de la cour !

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Quelle noble ambition !

ANTOINETTE

Me donner tous les soirs, dans une tragédie, le plaisir d'expirer dans mes bras et ressusciter dans un petit souper, au pavillon de Hanovre, chez M. le duc de Riclielieu.

ROBINEAU

Oh! non, chez moi.

L'un n'empêche pas l'autre.

ROBINEAU

Oh! non. L'autre empêchera l'un.

ANTOINETTE, feignant l'exaltation.

Ah ! je ne savais pas que lorsque mademoiselle Clairon m'ennuyait si fort, dans son jardin, en déclamant ses tragédies du malin au soir, qu'elle me rendait un service si grand ! Elle m'apprenait son répertoire ; je le sais par cœur, avec, Ions ses effets.

Mon fils! Oui. lu l'es!...

Méropel...

Vous ne démentez point une race funeste !

Iphigénie!

Moi seule en être cause et mourir de plaisir ! les Horaces!...

ROBINEAU

Elle est superbe !

ANTOINE

Clairon est morte, Vive Clairon !

ANTOINETTE

Et Phèdre!... C'est mon triomphe... Il n'y aura pas un s ul Hippolyte dans la salle quand je débuterai...

C'est Vénus tout entière à sa proie attachée!... Hein! Suis-je assez féroce en amour?

Ah ! Tu débutes dans Phèdre et je t'épouse le lendemain.

ANTOINETTE

Ah ! prenez garde. Ce matin je me contentais de ce vicomte, ce soir il me faut un fermier-général, demain je ne voudrai plus qu'un prince... car l'appétit vient en épousant.

ROBINEAU

Je t'épouse tout de suite.

ANTOINETTE

Et vous faites bien... Voilà ma main.

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