‹ Nouveau théâtre de salonChapitre 15 sur 132 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LÉONARD, assis devant un guéridon chargé de livres.

Tous les matins, quand je me regarde au miroir, pour me souhaiter le bonjour, je suis tenté de me prendre au collet et de me mettre à la porte de cette maison... J'ai là un remords qui met de l'arsenic dans le pain seigneurial que je mange!... Oh!... Léonard! Léonard! où m'a donc conduit le vil besoin de faire deux repas par jour, et de me marier en secondes noces avec ma pupille Marguerite ! Oh ! quand je songe à ma conduite, je rougis au fond du cœur, et je n'ose me regarder en face !.. . Moi! précepteur du jeune Charles, neveu du baron Desgraffms ! . . . je suis chargé d'enseigner l'histoire) la mythologie, le latin et même le fiançais a un élève qui ne veut rien apprendre ! ... Ah ! si l'oncle de Charles savait que je ne sais rien du tout... Rah! il faut vivre! voilà mon excuse!... Préparons ma leçon... (ouvrant un livre) et apprenons dans ces livres ce que je dois apprendre à mon élève

aujourd'hui.. . (Il tressaille au bruit d'une clef qui ouvre la petite porte du pare, quitte brusquement le livre cl jC place devant le guéridon pour

cacher sa petite bibliothèque dans un bosquet.) Ail! 111011 Dieu ! le

baron serait déjà levé !

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