EMPOISONNEMENTS PAR LES POISSONS
toxiques, bouillies elles sont inoffensives; les naturels jellenl l'eau qui a servi à faire bouillir le poisson, parce qu'elle est chargée d'un principe toxique, qui détermine une gastro-entérite aiguë avec paralysies et convulsions.
' Le Lethrinus mambo, qui habite également le Pacifique, peut occasionner des accidents : vomissements, coliques, diarrhée fétide, avec grande faiblesse des jambes et des articulations, rendant la marche et même la station debout très difficiles.
SYMPTOMES. — L'intoxication par poisson vénéneux la mieux étudiée est celle qui est due au Telrodon. Au Japon, où il en existe plusieurs variétés connues sous le nom de Fougou, ce poisson sert même de moyen de suicide (Scheube).
Les symptômes de l'intoxication, qui apparaissent environ une demi-heure après l'ingestion, consistent en une sensation de malaise au creux épigastrique avec douleurs des membres, sensation de brûlure du tube digestif, céphalalgie intense et lipothymies. La mort survient en quelques heures par paralysie des muscles respiratoires.
D'après Takehashi etlnoko, le poison des Fougou n'est ni un alcaloïde, ni une albumine toxique.
L'intoxication par le genre Barbus rappelle les symptômes du choléra nostras.
D'après Dormay, dans l'empoisonnement par poissons vénéneux on observe toujours de la rougeur de la langue. Les phénomènes qui se montrent le plus souvent portent sur l'appareil digestif : sensation de chaleur de la région stomacale, vomissements, diarrhées ou constipations consécutives. Il y a constamment de la dilatation des pupilles et parfois des troubles de la vue. Des symptômes qui ne manquent presque jamais sont des douleurs articulaires assez vives; de la dysurie, des désirs vénériens, de la congestion utérine, montrent que les organes génito-urinaires sont également touchés. Du côté de la peau on constate, soit du prurit, soit de 1 erythème, suivi ou non d'exfoliation épidermique.
D'après Bouchardat, un morceau de foie de ces poissons vénéneux, porté sur les lèvres, y détermine un sentiment d'àcrelé suivi d'une sensation de cuisson. Une cuiller d'argent noircit au contact du foie ou de la chair de ces poissons. Un critérium bien plus important consiste à faire ingérer à des animaux domestiques (poules, chats, chiens, etc.) des fragments de foie ou de chair des poissons suspects. Ces animaux sont sensibles comme l'homme à ces poisons.
Dans nos climats, on ne cite guère qu'un poisson de la Méditerranée, le Tétragomère de Cuvier, dont la chair, blanche et tendre, est vénéneuse pendant l'été.
Le foie de la Roussette commune (Chien de mer), squale qui, depuis quelques années seulement, est entré dans la consommation parisienne, peut donner lieu à des symptômes d'intoxication.