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PUBLIÉ SOUS LA DIIIECTION DE

MM. P. BROUARDEL et A. GILBERT

TYPHUS EXANTHÉMATIQUE

ARNOLD NETTER

Professeur agrégé ù la Faculté de médecine de Paris. Médecin de l'hôpital Trousseau, Membre de l'Académie de médecine.

DÉFINITION. — HISTORIQUE. — On donne le nom de typhus exanthématique à une maladie éminemment contagieuse, caractérisée par une fièvre continue durant quinze jours en moyenne et par des phénomènes indiquant un trouble des principaux appareils et surtout des centres nerveux et des voies respiratoires. Dans les premiers jours de cette fièvre, paraît en général une éruption particulière qui est l'un de ses attributs les plusconstanlset les plus caractéristiques. L'anatomie pathologique ne montre aucune lésion spéciale à celle maladie et on n'en connaît pas encore le microbe. Le typhus exanthémalique diffère à ce point de vue des deux maladies auprès desquelles il se place au point de vue nosologique comme au point de vue historique, la fièvre typhoïde elle typhus récurrent.

Le typhus exanthématique est encore appelé typhus, lyplius péléchial, fièvre pétéchiale, typhus des prisons, des vaisseaux, des camps, fièvre de famine, etc.

Le typhus est certainement une des maladies les plus anciennes, et ses ravages qui vont aujourd'hui en décroissant ont dû être considérables aux époques reculées oùles guerres cl les famines étaient au moins aussi nombreuses et aussi cruelles que dans les siècles qui ont précédé le nôtre.

ARNOLD NETTER.

— TYPHUS EXANTHÉMATIQUE.

Rasori croit avoir trouvé dans Hippocrale des textes se rapportant à cette maladie. Il est plus affirmatif encore à l'égard d'Aëtius (cité aussi par Lind), de Rhazès et d'Avicenne.

Jacob dePartibus (1), médecin français mort en 1463, aurait bien décrit les pétéchics, ce que conteste Haeser (2).

Il convient encore de citer, en Allemagne, Georges Agricola ; en Italie, Cardano et Massa.

Tous ces auteurs sont antérieurs à Fracastor (3) auquel on attribue souvent la première description du typhus sous le nom de morbus lenticularis, description qui a pour objet les épidémies italiennes de 1505 à 1508.

A partir du commencement du xvi° siècle jusqu'au début du xrx°siècle les occasions d'observer la maladieont été innombrables et l'Italie, la Hongrie, l'Allemagne, la France, l'Espagne, l'Angleterre en fournissent des exemples variés.

Le typhus ne manque pas d'être signalé à l'occasion de chaque campagne, non seulement parmi les belligérants, mais dans la population civile.

Les guerres de la Révolution et de F Empire nous valent des monographies d'importance diverse, au premier rang desquelles il convient de placer le récit de Rasori (4) et, surtout, le traité de Hildebrand (5).

Depuis 1814 et 1815,1e typhus a moins régulièrement accompagné les armées belligérantes et il n'en a pas été question en 1870-71. Cependant le typhus a fait des victimes assez nombreuses en Espagne, au siège d'Anvers, à la fin de la guerre d'Italie. Il a surtout pesé lourdement sur la mortalité pendant la campagne de Crimée et la guerre russo-turque.

En Irlande et en Angleterre les épidémies de 1818, 1829, 1847, 1856; en Silésie, en Bohême et Galicie, celles de 1847-48 et 1856; en Algérie celle de 1868 ; en Russie celle de 1891 ont montré que même en temps depaixle typhusétaitsusceptiblederéveils terribles en plein xix= siècle.

La France paraissait avoir définitivement acquis une immunité presque séculaire que l'on se plaisait à expliquer par le bien-être et des qualités de race. L'épidémie de 1893 a montré que cette sécurité même était illusoire et le typhus a reparu dans des localités où il était inconnu depuis quatre-vingts ans.

Rien que les premières descriptions du typhus remontent à une époque fort éloignée et que certaines d'entre elles soient lues aujour-

(1) Jacod de Partibus, Commentai'ii ad Avicenn., 1498.

(2) IIaeser, Ilislorisch pathologische Untersuchungen.

(3) Fiiacastor, De contagionibus, do morbis conlagiosis ctearum curalione, traduit par le Dr Meunier, 1893.

(i) Rasoui, Histoire de la fièvre épidémlque qui a régne à Gènes en 1199 et 1800. (5) HiLDEDnAïSD, Du typhus contagieux, traduit par Gasc, 1811.

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