T Y P 1 1 U S E X A N T H 15 M A T 1QU
permettent de distinguer l'exanthème typhigue de l'éruption de ht dothiénentérie.
Les lâches rosées lenticulaires n'apparaissent pas avant le sixième jour, tandis que l'éruption Lyphique se montre le troisième ou le quatrième.
Elles peuvent être abondantes, occuper le tronc, les membres, mais elles ne deviennent jamais conllucnlcs commel'estsouvcnt l'éruption du typhus.
Elles disparaissent d'une façon insensible sans laisser de trace, tandis que bon nombre d'éléments Lyphiqucs subissent la transformation pétéchiale.
L'éruption de la fièvre typhoïde est effacée le quatrième ou le cinquième jour, tandis qu'il existe des traces de l'exanthème lyphique après dix à quatorze jours. Le plus souvent on en trouve encore des vestiges au début de la convalescence.
L'éruption du typhus rappelle souvent celle de la rougeole et de la roséole; mais, contrairement à ce qui se passe dans la rougeole, la fièvre persiste après l'apparition de l'exanthème. Griesinger a fait remarquer avec raison que ce caractère plaide contre l'assimilation que Hildebrand a voulu établir entre le typhus et les fièvres éruptives.
Symptômes nerveux. — Dans la première semaine le lyphique accuse une céphalalgie obtuse, des douleurs dans le tronc et dans les membres, un sentiment de fatigue, une tendance au vertige surtout dans la position verticale, des bourdonnements d'oreille. Il est incapable de fixer longuement sa pensée sur un point déterminé, sa mémoire diminue. Cependant il ne manifeste pas au dehors les altéralions de l'intelligence, avant la fin du premier septénaire. Le sommeil est touché dès le début; il est de courte durée, interrompu de rêves nombreux et généralement de nalure trisle. Souvent même l'insomnie est conlinue.
A la fin du premier septénaire ou au début du second le malade n'accuse plus de phénomènes douloureux. Les troubles de l'intelligence s'accentuent. La mémoire se perd de plus en plus. Le malade n'a plus une idée exacte du temps, du lieu. Il ne reconnaît plus les personnes qui l'entourent. Il a parfois perdu la notion de la personnalité et il se croit changé en une autre personne. Il lui vient des idées fixes d'un caraclère généralement trisle.
Ces idées délirantes ordinairement ne donnent lieu qu'à des plaintes ou des gémissements qui tranchent sur l'apathie habituelle.
Mais il n'en est pas toujours ainsi. Il peut y avoir un délire actif cl les tentatives de suicide ne sont pas exceptionnelles. Hildebrand, Jacquot, Barrallier, Murchisononl cilédcsobservalions très curieuses qui mcllenlen évidence les traits principaux du délire habituel du typhus : fixité, caractèrede tristesse, incohérence. Henri Guencaude Mussy, «pu contracta le typhus en Irlande en 1817, s'imaginait avoir commis un
SYMPTOMATOLOGIE.
tt— 29
meurtre pour lequel il était poursuivi en ballon par des soldats. Peu de temps avant de tomber malade, Gucneaude Mussy avait lu le récit d'un meurtre et assisté à l'ascension d'un ballon où se trouvaient des militaires.
La carphologie est commune chez le typhique dont les mouvements s'accompagnent généralement de tremblements plus ou moins marqués.
Troubles de l'appareil respiratoire. — 11 est à peu près constamment lésé. Il est de règle de constater pendant le second septénaire quelques râles secs aux bases. Dans des cas plus accentués il y a en même temps de la matité dans une certaine hauteur. Avec la malité on note des vibrations exagérées, du retentissement de la voix, de la respiration puérile ou même soufflante et des râles sous-crépitants. Tous ces phénomènes ne donnent pas en général lieu à des plaintes du malade qui n'accuse ni point de côté, ni toux, ni expectoration.
On note seulement une accélération des respirations et une coloration légèrement violacée.
Ce n'est que vers la fin que le malade commence à tousser et que les efforts de toux peuvent amener un mucus demi-transparent adhérent, peu aéré et souvent teinté de sang.
Au moment où le typhus se termine, ces accidents respiratoires s'amendent et la résolution de la pneumonie ne larde pas à se produire. Dans ces cas cependant la convalescence est plus lente et la crise moins franchement dessinée.
Troubles de l'appareil digestif. — Au débuL la langue du typhique est normale ou couverte d'un enduit blanc épais. A une époque plus avancée la langue se sèche, se racornit, l'enduit prend une teinte brune.
A la fin du second septénaire les bords de la langue deviennent humides, l'enduit se détache par plaques, laissant la muqueuse rouge et luisante. Il est des cas graves dans lesquels la langue se fendille et où les fissures laissent sourdre le sang qui se mélange à l'enduit lingual.
La muqueuse de la bouche et du pharynx se dessèche comme celle de la langue et se recouvre de fuliginosités épaisses formées par le mucus desséché.
La soif est un phénomène constant et persisle jusqu'à la convalescence. L'anorexie l'accompagne presque constamment. Le malade se refuse de bonne heure à ingérer des aliments solides.
La diarrhée est loin d'être exceptionnelle. ALondon Fevér Hospilal, on l'a rencontrée dans un tiers des cas, coïncidant ordinairemcnlavec un certain degré de température et du gargouillement avec sensibilité du ventre. Les médecins anglais attribuent le plus ou moins de fréquence de la diarrhée à la quantité plus ou moins grande de boissons ingérées.
M. Combemalc a signalé des cas de diarrhée cholériforme.
ARNOLD NETTER.
— TYPHUS EXANTHÉMATIQUE.
La rate est augmentée de volume au début de la maladie. Cette augmentation, habituellement moindre que dans la fièvre typhoïde, est de courte durée, et a généralement pris lin au milieu du second septénaire.
L'urine du typhique est moins abondante et plus concentrée. Elle renferme plus d'urée, comme l'ont montré Parkes et Buchanan. Il y a une diminution notable des chlorures qui peuvent disparaître complètement le huitième jour. On y trouve souvent de l'albumine (20 l'ois sur 28, d'après Murchison). L'albuminurie, généralement peu marquée, peut être assez abondante.
MARCHE. — DURÉE. — TERMINAISONS. - Hildebrand avait assimilé le typhus aux fièvres éruptives. Il admet dans le typhus simple régulier huit périodes :
1° Époque de la contagion ; 2° époque de l'opportunité (incubation); 3° époque de l'invasion; 4° époque inflammatoire; 5° époque nerveuse; G0 époque de la crise; 7° époque de la rémission; 8° époque de la convalescence.
Murchison admet six périodes: 1° incubation ; 2° invasion, qui part du débuL jusqu'à l'éruption ; 3° stade de l'excitation nerveuse ; 4° stade typhoïde ; 5° rémission ou crise ; 6° convalescence.
La durée moyenne du typhus est de quinze jours.
Elle peut osciller entre dix et vingt-deux jours.
Dans les cas qui se terminent par la mort, celle-ci peut survenir beaucoup plus tôt et on a vu l'observer dès le deuxième ou le troisième jour.
La proportion des décès est fort variable. Elle ne dépend pas seulement de l'âge des malades, de leur santé antérieure, mais aussi de l'épidémie. Murchison donne le chiffre moyen de un sur cinq et Lyons pense qu'en Irlande la proportion est de un sur trois. C'est le chiffre moyen des décès en France en 1893. Cependant on a souvent relevé des chiffres moins 'élevés : 19 p. 100 (Allemagne, de 1886 à 1888), 14,43 p. 100 (Kœnigsberg), 11,6 (Amsterdam).
COMPLICATIONS. — Les complications du typhus peuvent porter sur de nombreux organes et appareils. Elles varient suivant les épidémies.
Nous avons indiqué l'altération habituelle des organes thoraciques dans le typhus. Ces altérations peuvent acquérir une gravité plus grande etacquérir l'importance de complications. Elles se présentent alors sous l'apparence de bronchite simple ou capillaire, de pneumonie hyposlatique, de pneumonie franche. Ces affections paraissent d'ordinaire seulement au cours du deuxième septénaire; mais elles peuvent se manifester dès les premiers jours. Elles veulent être cherchées et peuvent ne pas donner lieu à de la douleur de côté, de la toux ni de l'expectoration. M. Combemale (1) a vu plusieurs malades
(1) Combemale, Des complications pulmonaires graves dans le typhus exanthiimatique (Bulletin général de thérapeutique, 1891).
FORMES
expectorer de véritables vomiques. La gangrène pulmonaire n'estpas exceptionnelle chez les sujets qui présentent des escarres ou qui ont beaucoup pâti. On note assez souvent de la pleurésie.
La raucité de la voix traduit l'altération habituelle du larynx. Il peut y avoir des ulcérations des cordes vocales, de la périchondrile laryngée amenant un œdème de la glotte qui nécessitera une intervention. Le laryngotyphus appartient autant au typhus qu'à la fièvre typhoïde.
La phlegmatia alba dolens a été assez fréquente dans les épidémies observées par Graves et Stokes. Elle a été signalée pour la première fois par Tweedie. Murchison l'a rarement constatée.
Nous avons déjà signalé les accidents qui peuvent résulter de Y affaiblissement du cœur.
Les sujets atteints du typhus ont assez souvent des escarres au sacrum, au niveau des trochanters et de toutes les parties du corps exposées à la pression. Il peut y avoir également de la gangrène des extrémités des membres ou d'un membre entier, de la gangrène de la bouche.
On a noté la production de phlegmons, d'otites. La suppuration la plus commune et, en tout cas, la plus étudiée, est celle qui occupe la glande parotide. La parotidite est généralement une complication du deuxième septénaire. L'inflammation de la glande n'aboutit pas toujours à la suppuration.il peut y avoir des suppurations ganglionnaires.
FORMES. — La prédominance de certains symptômes a fait admettre l'existence de plusieurs formes. Voici celles qu'ont admises Barrallier et Murchison.
Le typhus inflammatoire s'observe surtout chez les sujets jeunes et robustes et chez les personnes appartenant aux classes aisées. On y note l'intensité plus marquée de la fièvre, l'injection du visage, la céphalée violente, le délire aigu au cours duquel les tentatives de suicide ne sont pas exceptionnelles.
Le typhus ataxique, adynamique ou ataxo-adynamique, est tout défini par son épithète.
Dans le typhus siderans, la mort peut survenir après deux ou trois jours, quelquefois même en quelques heures. Des cas de ce genre ont été, à maintes reprises, observés dans les guerres du premier Empire à Saragosse, à Torgau, à Wilna, à Mayence. On en a signalé en Irlande et dans la campagne de Crimée.
En opposition avec le dernier il faut placer le typhus léger dont la durée est courte, et auquel Hildebrand a donné le nom de typhus levissimus quand il ne s'accompagne pas d'éruption. La nature de ces cas resterait méconnue sans la notion étiologique. Généralement, le début est brusque. Le malade ressent des frissons, de la douleur de tète. Il se plaint de lassitude et de courbature générale. La peau est
32 ARNOLD NETTER. — TYPHUS EXANTHÉMATIQUE.
chaude et sèche, le pouls accéléré, la langue esl chargée, le sommeil est troublé. L'examen organique ne révèle aucune altération. Quelquefois seulement on entend quelques sibilancesdansla poitrine et la percussion indique une légère tuméfaction de la rate. Ces symptômes vont en s'accenluanl pendant trois ou quatrejours. Du cinquième au septième jour la maladie tourne d'une façon critique. La défervescenec s'accompagne généralement de sueurs prol'uses et coïncide fréquemment avec une éruption d'herpès. Ces cas sont souvent qualifiés de synoque, de fièvre éphémère, d'embarras gastrique.
Jacquot a désigné sous le nom de iyphisalion à petite dose un certain nombre de symptômes qui surviennent chez les sujets exposés à la contagion et qui ne sonfpas atteints de typhus. Ces accidents consistent dans du malaise, une fièvre légère, de la perte d'appétit, des nausées, de la fatigue, de la céphalée, un sommeil troublé et quelquefois de l'affaiblissement intellectuel. Cet état peut durer plusieurs semaines. Combemale a signalé au cours de l'épidémie de Lille des
faits semblables. , . , , ,
La prédominance des accidents thoraciques caractérise le broncholyplius ou pneumolijphus dont la durée moyenne serait de 6 à 9 jours et qui ne s'accompagne ordinairement pas d'éruption (1).
DIAGNOSTIC. — Le typhus exanthématique peut être confondu avec un certain nombre d'affections qui, dès le début ou à une date plus avancée, s'accompagnent de l'état typhoïde. Le plus souvent le diagnostic est facilité par les commémoralifs, la connaissance dune épidémie actuelle, le fait bien établi que le sujet vient d'une maison où il y a eu des malades, qu'il a été en contact direct ou indirect avec des tuphiques. Mais, même dans ces cas, il pourrait s'agir d'une autre maladie et, au début d'une épidémie, ces éléments manquent absolument C'est à ce moment cependant que le diagnostic est le plus important, car de lui dépend l'institution précoce des mesures prophylactiques qui permettront d'enrayer l'épidémie des son début Cest Généralement dans l'exanthème et dans les renseignements fournis parle tracé thermométrique que l'on trouvera les éléments principaux
dUotpouriait confondre le typhus avec la fièvre typhoïde, le typhus récurrent, la fièvre rémittente, la rougeole, la varie le, la memngite cérébro-spinale, la pneumonie, le delirium tremens, l'urémie, 1 endocardite ulcéreuse, la pyémie.
1 va sans dire qu'il conviendra dans tous les cas de s'assurer par l'exploration de l'état des organes, et que l'on évitera ainsi de confondre la pneumonie ou l'endocardite avec le typhus
La marche de la température et l'exanthème fourniront des renseignements précieux. Mais on n'y trouvera pas désignes palhognomo-
(1) Griesingeh, Archivfiir physiologische Hcilhundc, X.
FORMES
niques, car on pourrait les retrouver dans quelques-unes des maladies.
Dans la fièvre typhoïde l'éruption, ordinairement peu abondante, peut devenir généralisée comme dans le typhus et présenter le caractère pétéchiah La prédominance de troubles des organes abdominaux ne suffit pas à éliminer le diagnostic du typhus. C'est généralement dans l'allure plus insidieuse du début que l'on trouvera l'élément le plus important. Il y a des cas dans lesquels il sera nécessaire de suspendre le diagnostic quelques jours. Pour ces cas, la recherche du bacille d'Eberth dans le suc retiré par ponction de la rate ou dans le sang hâtera souvent la décision.
Le typhus récurrent a un début plus brusque, plus solennel, le thermomètre y atteint plus immédiatement les chiffres élevés. La rate est toujours volumineuse et sensible à la percussion. L'examen du sang y montrera le Spirochœle d'Obermeier.
Dans la méninyite, la céphalée est beaucoup plus angoissante, le délire plus intense, plus violent. Ilyadelapholophobie. L'expression du visage exprime la souffrance et l'inquiétude, au contrairede l'apathie du typhus. La raideur de la nuque est habituelle.
La fièvre rémittente ne s'observe qu'à une latitude plus voisine des tropiques, dans des régions où. sévit la malaria. Le sujet a ordinairement l'habitus du paludéen. La rate est volumineuse, dure. Le sulfate de quinine procure un amendement.
L'exanthème du typhique peut faire songer à la rouyeole. Mais, dans celle-ci, l'éruplionestplus précoce, elle est marquée à la face respectée dansle typhus. Au momentde sonapparilion la température s'abaisse. Avant l'éruption il y aies symptômes de i'énanthème, coryza, éternuement, larmoiement. La rougeole frappe surtout les enfants et peut être généralement rapportée à la contagion.
L'inftuenza peut donner lieu à une éruption simulant celle de typhus, mais dont l'apparition est généralement plus précoce. Le début de l'influenza est plus rapide, les manifestations catarrhales généralement plus marquées. Les différences, manifestes quand il s'agit de typhus de moyenne intensité, sont bien moins évidentes quand le typhus est léger et la confusion a très souvent été faite au début des épidémies.
La pneumonie du sommet s'accompagne souvent de phénomènes lyphoïdeset,malgré une exploration minutieuse, elle peut rester latente plusieurs jours. On sera donc assez exposé à la confondre avec le typhus. Cependant le début est ordinairement plus facile à préciser, la sécheresse de la langue plus marquée, les respirations plus fréquentes. La rougeur de la pommette, l'existence de vésicules d'herpès aideront parfois à préciser le diagnostic.
Il convient d'insister tout particulièrement sur le parti que le médecin pourra tirer des éléments suivants :
TlUITÉ DE MÉDECINE. VI. 3
34 ARNOLD NETTER. — TYPHUS EXANTHÉMATIQUE.
1° L'existence de cas transmis aux infirmiers, aux religieuses, aux
médecins.
2° L'âge souvent avancé des malades.
3° La prédominance de V épidémie dans la saison froide.
4° La condition sociale des premiers malades, généralement des vagabonds.
Dans le cours de nos enquêtes nous avons souvent aussi soupçonne le typhus chez les malades dont le séjour à l'hôpital est relativement court, que la maladie se termine par la mort ou la guérison. Dans l'un et l'autre cas le malade de fièvre typhoïde séjourne plus longtemps.
Dans une enquête dont il a été chargé par le Local Government Board, Speara tiréégalement grandparti decesélémentsdediagnostic. On pourra comme lui songer à la possibilité du typhus lorsque l'on entendra parler de la coïncidence de cas de fièvre typhoïde et de
rougeole. , PRONOSTIC — Le tgphus exanlhémalique est d'une façon générale plus grave que la fièvre typhoïde et surtout que le typhus récurrent.
La morlalité moyenne est de 1 pour 5 ou 6 cas. Elle diffère suivant les épidémies, suivant l'âge des sujets. Elle est d'autant plus grave qu'ils sont plus avancés en âge. Barrallier a vu une mortalité de- 23,6 p. 100 au-dessous de trente ans, de 37,5 de trente à cinquante ans de 59 p. 100 au delà de cinquante ans.
Le typhus exanthématique est plus grave chez les sujets pauvres et misérables. Graves a bien signalé la gravité plus grande en 1827 chez les Irlandais aisés et riches, mais à ce moment la distinction entre les divers typhus n'était pas faiteetla plupart des Irlandais pauvres avaient du typhus récurrent. On s'explique aisément l'influence défavorable d'un mauvais état de santé antérieur, des fatigues, des émotions
Murchisonaindiquélesprincipauxélémentsdepronostic.Ontiendra le plus grand compte de l'état du cœur, d'une fréquence insolite du pouls, eldes respirations, d'une albuminurie marquée, d un myosis notable, du tremblement. Le relâchement précoce des sphincters es Se mauvais augure, ainsi que le tympanisme. Murchison attachait une grande importance à l'aspect de l'éruption, considérait comme TèsgVave un exanthème généralisé et foncé. Les autres auteurs ne
PSqS Te8 S Cavité apparente d'un cas de typhus le médecin ne doU jamais abandonner tout espoir. On voit la guérison survenir parfois dans les cas les plus désespères.
Souvent après la crise il faudra encore se préoccuper des comphralions si diverses et dont quelques-unes sont si graves
ÏrMtÈmENT. - Le traitement du typhus doit être distingue en
prophylactique et curatif. ™mhipn le
Traitement prophylactique. - - Nous avons dit combien
TRAITEMENT
typhus est contagieux. Il faut s'attacher à rendre le malade inoffensif pour son entourage. Quand on le pourra, Usera isolé dans un hôpital, dans une salle particulière. Si cela est impossible, on s'efforcera de réduire le plus possible le nombre de personnes qui l'entoureront. On avertira celles-ci du danger et des mesures nécessaires pour l'éviter. L'idéal à ce point de vue sera d'isoler d'une part le malade dans un hôpital, de placer d'autre part en surveillance dans un lazaret les personnes de sa famille. Cette manière de procéder a pu arrêter radicalement dès le début l'épidémie dans beaucoup de localités (1).
S'agit-il d'un vagabond, qui a pu transporter sa maladie dans plusieurs localités avant d'appeler les secours médicaux ? On cherchera autant que possible à reconstituer son itinéraire et on procédera à la désinfection des divers gîtes qui l'ont abrité.
On tiendra du reste toujours pour susjjects les vagabonds et on ne manquera pas, avant de leur permettre l'accès de l'hôpital, de les soumettre aux mesures suivantes : bain ou tout au moins nettoyage aussi complet que possible, séparation de tous objets, des vêtements ou hardes qui seront désinfectés et qui, pendant le séjour à l'hôpital, seront remplacés par des linges et vêtements propres. Il sera bon de couper les cheveux à ces sujets. Ces mesures devront être généralisées non seulement pour l'entrée à l'hôpital, mais encore pour l'entrée dans les prisons, les asiles.
Les asiles devrbntdu reste être nettoyés et désinfectés aussi souvent que possible et leurs clients soumis à une visite médicale fréquente.
Il faudra placer les typhiques dans une salle spéciale. Nous avons dit que nous ne redoutons guère la transmission à distance, mais il est bien difficile d'éviter les contacts entre malades, et surtout entre les typhiques et des convalescents, et c'est pour cela que les salles d'isolement sont indispensables dans le typhus.
Le tribut que paie le personnel hospitalier sera certainement réduit si ce personnel a soin de se nettoyer les mains et le visage au moyen d'une solution antiseptique, de porter dans les salles un costume spécial, de ne jamais prendre ses repas en dehors des salles de malades et après des ablutions.
Dans les pays où le typhus est endémique, on se trouve bien de choisir de préférence des infirmiers ayant déjà eu cette maladie.
Les moyens de désinfection pour le typhus seront ceux qui nous sont si utiles dans la plupart des maladies contagieuses : vapeur sous pression, lavages,pulvérisations antiseptiques. Nousavonsvu que la contagion est surtout directe, que le contage semble exister à la surface de la peau. 11 ne sera pas mauvais de chercher à rendre inoffensifs les produits de sécrétion et d'excrétion, matières fécales, urines, produits expectorés. Il semble cependant que leur rôle soit relativement effacé.
(1) Si'ottiswood Cameuon a arrêté ainsi une épidémie commençante à Leeds en 1X90 {Congrès international d'hygiène à Londres, 1891, IX, 164).
36 ARNOLD NETTER. - TYPHUS EX ANTHÉM ATIQUE .
La discussion à laquelle nous nous sommes livré ne nous a pas permis d'accepter la génération spontanée du typhus. Mais il faudrait se garder de ne pas retenir le rôle important de la misère, de la /anime, delà mauvaise hygiène, de T encombrement.
L'opposition s,' remarquable qui a été relevée an moment du siège de Sébastopol entre les armées françaises etanglaisesmontre combien, en se préoccupant de l'hygiène, il est possible de diminuer le nombre des cas de typhus. L'armée anglaise, qui vivait à côté de la noire, qui agissait parallèlement, na eu que 6 lyphiques pour 10 000 lundis que les Français étaient décimés. Jacquol a montré que dans les corps de troupe français la proportion des cas de typhus a été beaucoup moindre là où le chef de corps se préoccupait de surveiller 1 hygiène et le ravitaillement de ses hommes.
Il convient sans doute d'attribuer pour une large part aux mesures prises par l'état-major et le corps médical allemands 1 absence de typhus dans l'armée allemande pendant la campagne de 1870-71.
Le corps médical militaire français a su aussi préserver a peu près complètement l'armée pendant l'année 1893. ■ ■ ;
Traitement euvatif. - La saignée (Clutterbruek et A^strong) les stimulants (Àlison, Graves, Sfokes), l'hydrothérapie (Currie), la quinine (Dundee), l'émétique (Rasori), le mercure ont été Bucc^ve ment préconisés comme moyens de médication systématique du typhus. Certains de leurs partisans pensaient ainsi non seulement améliorer, mais même faire avorter la maladie.
U faudra surtout se préoccuper de l'hygiène. Autant que possible le malade devra respirer une atmosphère facilement renouvelée et ne pas habiter une salle encombrée. On veillera à la propre e du corps. On aura soin de lui fournir des boissons en assez grande quantité. On l'alimentera en lui faisant prendre du bouillon, du lait delà limonade vineuse. Les Préparations alcooliques (grogs potion de Todd etc ) ne devront pas être uniformément administrées à loue les cas ei faudra réserver les fortes doses aux malades chez lesquels la aTbles e du pouls traduit un certain degré de défaillance du cœur '"Le: lotions'froides seront toujours utiles. On se bains, des vessies de glace autour du cuir chevelu dans le ce » de température très élevée et de phénom^
bemale a obtenu de bons effets des bains froids, à Lille «1«M M Petrowski a préconisé les lotions, au Congrès de Rome, en 1894.
LacthalalgiePsouvent si pénible des premiers jours requerra parfois l'usage de" préparations opiacées. Graves recommandela poudre
"'(^retiendra la liberté du ventre sans chercher à déterminer de
13 On éveillera l'appareil respiratoire, le cœur, e. s'il y a de ce côté quelque accident on instituera la médication appropriée.
Legrain(l) a traité les sujets atteints de typhus par L'injection sous-cutanée de sérum de convalescents. L'injection a été suivie d'un abaissement très prompt de la température qui se prolongea trente à trente-cinq heures, d'un relèvement du pouls, d'une amélioration de
l'état général.
Douze typhiques graves traités de la sorte ont guéri. Raynaud (d'Alger) a obtenu des résultats analogues.
(1) LEGRAtN, Histoire d'une épidémie de typhus exauthématique {Gazelle des hôpitaux, 4 juillet 1895).
TYPHUS RECURRENT
PAU
ARNOLD NETTER
Professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, Médecin de l'hôpital Trousseau, Membre de l'Académie de médecine.
DÉFINITION. — HISTORIQUE. — On donne le nom de fièvre récurrente ou de typhus récurrent à une affection fébrile, conlagieuse, caraclérisée par des accès durant en moyenne de cinq à sept jours, accès suivis ordinairement après cinq à sept jours d'apyrexie d'un nouvel accès reproduisant à peu près exactement le premier. Au cours des accès le sang des malades renferme un organisme délié, flexueux, mobile, découvert par Obermeier et qui porte le nom de Spirochsete Obermeieri.
Le typhus récurrent a été pendant longtemps confondu avec d'autres fièvres continues, les fièvres paludéennes ou la fièvre jaune. Il a été pour la première fois bien séparé du typhus exanthématique en 1843 par Craiyie el Hendersonel plus lard par Jenner et Murchison. Griesinyer a montré les relations qui existent entre la fièvre récurrente et la fièvre bilieuse typhoïde des pays chauds.
Nous avons dit que le typhus récurrent n'a été individualisé qu'en 1843. Craigie (1), Henderson (2) n'eurent pas de peine à établir que l'épidémie qui sévit à celte date en Ecosse était identique à celles que les médecins irlandais avaient observées en 1800-1801 et en 1817-1819.
La description laissée par Rutty (3) des épidémies de 1738, 1741, 1745, 1748, 1764, se rapporte évidemment à la même maladie, ainsi que celle que Huxham (4) donne des fièvres observées à Plymoulh en 1741. Spittal (5) pense que la première description de la fièvre récur-
(1) Craigie, Notice on a fébrile disorder which lias prcvniled nt Edinburgh during the su.mmerofls.i3 [Edinburgh mcd. chir. journal, 1S43).
(2) IIf.ni.brson, On some of the caractcrs which distinguish llie fever at présent épidémie from typhus lever (Edinburgh mcd. journal, 1843).
(3) Huttv, A chronological hislory or the weather und scason and of the prcvailung discases in Dublin from 1725 to 1765.
( !) Huxham, Observulioncs de aërc et morbis epidemiois.
(5) SpiTtal, The antiquity of tlic fever prévalent in 1843 (Edinburgh monlhly med. journal. 1844, IV).